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L^imagination ardente des femmes, et quelcpiefois rafTectation , les florte à dire qu^elles ab' horrent les personnes on les choses qui ne leur ont causé qn'un peu d'humeur ou de dépit.
ABÎME, GOUFFRE. Vabime emporte l'idée d'une profondeur sans fond connu; le gouffre , celle de l'ouverture d'une profondeur qui attire , engloutit , absorbe tout ce qui en approche. On tombe dans un abîme , on s'y précipite ou on y est précipité; on est attiré , entraîné, emporté malgré soi dans un gouffre, dès qu'on s'en est approché. — Au figuré, on dit que le jeu est un gouffre , si l'on yeut «primer que le jeu absorbe beaucoup d'argent qu'on ne revoit plus ; on dit que le jeu est un abi^ne , si l'on veut signifier qu'il cause la perte entière de ceux qui s'y abandonnent.
ABÎME , PRÉCIPICE. Vabûne ne suppose qu'une profondeur immense ou inconnue ; le précipice suppose une profondeur formée par des lieux élevés et très escarpés, dans laquelle on est en danger de tomber lorsque l'on est sur ces lieux, et d'où il pst presque impossible de se retirer lorsqu'on ^ est. La profondeiv de Vabùne n'est pas apparente , quelquefois elle est couverte d'eaux ou d'autres matières ; la profondeur du précipice est visible , l'œil la mesui'e avec effroi. Un vaisseau qui fait naufrage se perd dans les abùnes de la mer ; il ne faut qu'un faux pas dans un chemin étroit entre deux précipices pour tomber dans l'un ou dans l'autre. La profondeur d'un volcan est un abîme , on n'en connaît pas le fond.; les profondeurs formées par les montagnes escarpées des Alpes , et que ces montagnes bornent de tons côtés, sont des précipices.
ABÎMER, GÂTER. Ce qui est abîmé est gâté entièrement partout; on ne peut plus s'en servir, du moins au mênie usage. Ce qui est gâté ne l'est qu'en partie , et l'on peut encore s'en servit , soit en faisant disparaître le défaut , soit en refaisai^t la chose. Une robe qui n'a qu'une tache est une robe gâtée , elle n'est pas abîmée ; on peut faire disparaître la tache , et on s'en sert comme auparavant. Une robe couverte de taches est une robe abîmée, on ne peut plus s'en servir. Une couturière gâte une robe quand elle laisse dans la façon un défaut que l'on peut réparer, ou qui n'empêche pas d'en faire usage; elle Yabime lorsqu'elle la fait tellement mal qu'il n'est plus possible ni de la faire convenablement , ni de s'en servir telle qu'elle est. Les dames disent sonvent, par exagération , qu'une chose est abîmée, lorsqu'elle n'est ^ue gâtée. La grêle a gâté les vignes lorsqulelle les a endommagées
de manière à diminuer la récolte ; elle les sk abîmées lorsqu'elle les a endommagées au point de détruire tout espoir de récolte , quei~ quefois même pour plusieurs années. On peut pratiquer, quoique avec peine, un chemingâtc r un chemin abîmé est impraticable.
S'ABÎMER, S'ENFONCER. On dit s'enfoncer dans l'étude, dans la débauche, dans le jeu ; et s'abîmer dans l'étude, dans la débauche, dans le jeu. S'enfoncer indique seulement l'action de s'y livrer de plus en plus ; s'cUfimer ajoute à cette idée celle de s'y livrer entièrement , sanÀ réserve , sans retenue, sans voir ni prévoir la fin. Un homme qui veut devenir savant s'enfonce dans l'étude; un homme qui a la passion des sciences abstraites s^y abîme.
ABJECT, BAS, VIL. Bas et abject ne diffèrent que par les degrés. Ce qui est abject est très boj, dans une profonde humiliation ; csir abject ne se dit qu'au figuré.r L'idée de ces deux mots, relative à la' hauteur ou à l'élévation , ne peut pas être confondue avec celle àëi>il, relative au prix des choses, au cas qu'on en fait. On est ^as par sa place , vil selon l'opinion ou par l'appréciation des qualités ; il faut donc dire bas et abject , car celui-ci renchérit sur l'autre. On peut donc dire 'vil et abject , car les deux idées sont différentes; mais on ne dira guère t^iV et bas, parce que bas s'appliquant également au prix des choses , dit moins que dH. Les denrées peuvent être à ba^ prix , sans être à dH prix. Ces deux termes, comme synonymes èi abject, ne doivent être employés ici que dans le sens figuré.
' Ce qui est ba,s manque d'élévation ; ce qui est abject est dans une grande bassesse ; ce qui est 'vil , dans un grand décri. On ne co. isidère pas ce qui est bas ; on rejette ce qui est abject; on rebute ce qui est dU. L1l0^lme bas est méprisé, l'homme abject rejeté, l'homme 'vil dédaigné.
Plus un rang est élevé, plus celui qui l'occupe paraît bas s'il n'en conserve pas la dignité; tant il est vrai que Thoiome ne peut être ciTeotivcmcnt grand que par lui-même !
Un hommage abject humilie celui à qui on l'offi'e, plutôt que de le rehausser; tant il est vrai qu'il n'y a ae commerce honorable qu'entre- ceux qui se respectent eux-mêmes! Les honneurs sont 'vils dès qu'ils sont vendus on prostitués; tant il est vrai qu'ils tirent principalement Içur prix du mérite qui les reçoit.
Un homme est bas qui déroge à la dignité de son état ; un homme est abject qui se ravale jusqa a faire entièrement oublier ce
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qu'il est ; nn homme est 'vil qui renonce à sa propre estime et à celle des antres.
Une profession est basse qoand elle est abandonnée au panvre petitpeuple ; telles sont les professions mécaniques qui ne demandent ni talensni avances, et qui n'obtiennent ni faveur ni considération. Une profession e^t abjecte quand elle rabaisse l'homme au-dessous de lui-même , et le réduit à des humiliations dures pour l'homme de coeui* ; telle sera, par exemple, la domesticité. Une profession est vile lorsque l'opinion y attache une sorte d'infamie , ou qu'elle n'est exercée que par des hommes regardés comme infâmes.
Dans une condition basse il faut paraître , par une modeste réserve, se souvenir toujours de ce qu'on est, et se montrer par ses sentimens, digne d'un autre sort. Dans uiv état abject il faut être humble , mais debout et ferme sur les ruines de sa fortune. Dans un état 'vil il faut montrer , par une généreuse patience, et par une inaltérable dignité, qu'il reste toujours assez d'honneur à qui la vertu reste.
Un sentiment bas est loin d'un grand homme; un sentiment abject, loin de l'homme de cœur; un sentiment ^vil, lojn de l'homme d'honneur.
Celui qui, par lâcheté, souffre les injures est bas; celui qui les souffre par insensibilité et sans rougir est abj'ect; celui qui les souffre par intérêt, avec une sorte de satisfaction, pour acheter la fortune à cepiûx, est bien 'vil.
Le lâche flatteur qui n'a pas seulement le, courage de se taire est bas; le grossier court isan qui ne sait que ramper est abj'ect; l'homme vénal qui ne "sait que vendre son honneur et sa conscience pour acquérir est le plus dU des hommes.
Tout vice est bas , car tout vice dégrade; mais nous appelons plutôt vices. ^£^5 ceux qui ne demandent aucune sorte de vigueur et d'énergie; l'avarice, par exemple. Les vices abjects sont ceux qui nous forcent à nous humilier, à ramper, à nous traîner dans la fange; telle est l'ambition. Les vices plus particulièrement dUs sont ceux qui flétrissent, déshonorent, font de l'homme une bête ou méchante , ou féroce, ou même brute; telle est l'ivrognerie. (^Extrait de Roubaud.)
ABJECTION , BASSESSE. On joint or'dinairement à ces deux mots une idée de mépris; comme si ce qui ne dépend pas de nous pouvait nous attirer ce sentiment.
V abjection y dit labbé Giiard, se trouve dans l'obscurité où nous nous enveloppons de notre propre mouvement, dans le peu d'estiine nu'oi^ 9 VQ^x nous, <l^ns le reh^t qu'on ei^
fait, et dans les situations humiliantes où l'on nous réduit. La bassesse se trouye dans le peu de naissance , de mérite , de fortune et de condition.
D'après cette dernière définition, et l'idée commune de mépris qu'on attache au mot bassesse, l'on pourrait conclure que le défaut de naissance , de mérite , de fortune et de condition est digne de mépris : c'est une erreur grossière; les mots basses.se et abjection n'ont été accompagnés de l'idée accessoire de mépris que par^ l'orgueil, l'injustice, et la soif de s'élever au-dessus de ses semblables. H n'y a que le vice qui nfériXe le mépris, et tout ce qui n'en porte pas l'empreinte ne peut en être atteint. La nature ne place personne dans Vabjectibn ou la bassesse. La première dépend absolument des autres et non de nous-mêmes, comme le dit l'abbé Girard. Nous ne sommes dans Vabjection que parce que les autres nous repoussent, nous rejettent. Cette abjection mérite le mépris si elle est fondée sur l'horreur du vice et l'amour de la vertu ; elle ne le mérite point si elïe n'est fondée que sur l'orgueil et l'injustice.
La nature ne fait naître personne dans la bassesse. Il a plu aux hommes qui sont au-dessus des autres d'imprimer la flétrissure de bas" sesse à des états qu'ils regardent comme audessous d'eux; mais cette flétrissure ne saurait atteindre ceux qui se trouvent dans ces états, sans qu'ils y aient contribué en la moindre chose. Ils peuvent les relever par, leurs bonnes qualités et leurs talens. Le fils d'un éultivateur et le fils d'un roi qui viennent de naître ne sont pas plus méprisables l'un que l'autre , mais ils peuvent le devenir par leurs vices. Le Romain qui quittait sa charrue pour aller défendre sa patrie n'ébait point jdans la bassesse, et l'infâme Néron sous l'éclat de la pourpre était dans un. état qui mérite à juste titre ce *nom , avec l'accessoire de mépris dont on Ta accompagné.
ABJURATION, RENONCIATION. Ce qui est abjuration aux yeux de ceux qui regardent comme fausse et pernicieuse une religion à laquelle on renonce , est renonciation pour ceux qui font profession de cette religion et qui la regardent comme vraie. Les catholiques appellent abjuration la renonciation solennelle aux dogmes de la religion protestante , parce qu'ils regardent ces dogmes comme des erreurs; et par une raison seinblable, les protestans donnent le même nom à la renonciation solennelle aux dogmes de la religion catholique.
Le mot abjuration n'a pas une signification aussi çtendue que le \w\^^ ^bjurçr- l\ ^%
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borné à signifier nne renonciadon solennelle à nne erreur, à nne hérésie ; au lieu ^p^dbjwrer se dit des opinions, des sentimens, des divers mouvemens de l'ame. ■
ABJURATION, APOSTASIE. Ces deux mots se disent de Taliandon que fait une personne de la religion qu^elle professait , pour en embrasser une autre. Aux yeux des partisans de la nouvelle religion qu'il embrasse , il fait abjuration d'une religion supposée fausse ; et dans ce sens cette action est louable. Aux yeux des partisans de la religion qu'il quitte, il commet une apostasie, c'est-à-dire un crime.
ABJURER, RENONCER À. En parlant d'une religion, abjurer emporte l'idée d'une religion fausse ou regardée comme telle. Les catholiques VomainS disent que l'on abjure la religion protestante'; les protestans , qu'on ab» jure la religion catholique. Renoncer à n'emporte point cette idée. Il a renoncé à la religion protestante, à la religion catholique. Abjurer suppose un acte solennel et public; renoncer à ne suppose que le détachement : il n'emporte ni n'exclut l'idée d'un acte solennel.
Abjurer se dit d'une chose qu'on a reconnue mauvaise, dangereuse, pernicieuse, fausse, sans fondement, et suppose une sorte d'aversion née de l'expérience ou de l'examen. Tab' jure des erreurs qui m'ont égaré , un système qui m'a entraîné dans des conséquences fune^ tes, une passion qui a causé ma ruine, des soupçons injustes, des craintes mal fondées.
Renoncer à ne marque point ces idées accessoires. On renonce à une chose par quelque motif que ce soit, souvent sans haine, sans aversion-, quelquefois même enl'aimaht encore.
ABJURER , RENIER. On abjure ce qu'on rejette comme faux , comme mauvais , comme dangereux, comme pernicieux ; on renie, lorsqu'on nie que l'on est attaché à une personne, ou à une chose à laquelle on est réellement attaché. On abjure la doctrine de Luther pour embrasser celle de l'église romaine ; on renie la religion qu'on professe. On renie son père. Saint Pierre a renié Jésus-Christ. Oh abjure une religion pour en embrasser une autre dont le fond est le même ; on renie une religion pour en embrasser une autre dont la croyance est tont-à-fait différente. Un protestant abjure la doctrine de Luther ou de Calvin pour se faire catholique , et il^'en est pas moins chrétien ; un chrétien renie sa religion, renie la foi chrétienne pour se faire mahométan ; il n'est plus chrétien.
ABLUTION , LAVAGE. Abhitioh est un terme qui se dit d'une cérémonie religieuse qui consiste à liiver le corps ou une partie du
corps. Presque tontes les religions ont en leurs ablutions. Chez les catholiques romains , l'obïution est une cérémonie que fait le prêtre à la messe. Elle consiste à se faire verser sur les doigts, après la communion, un pen de vin et d'eau, qui tombe dans le calice, et que le prêtre boit ensuite.
Les médecins, les chirturgiens et les apothicaire;» disent aussi Vablutiàn d'un médicament, pour dire l'action de le laver avec dé l'èau.
Lavage est le terme ordinaire dont ou se sert dans tous les autres cas ponr signifier l'action de laver. Le lavage des vitr^,le lavage du linge sale, le lavage des légumes que l'on met dans la soupe ou dans les ragoûts.
ABOI , ABOIEMENT. Aboi se dit particulièrement en parlant de la qualité naturelle du cri du chien. Un chien qui a Vaboi rude , aigre , perçant. Un aboi effrayant. Aboiement se dit plutôt des cris mêmes. De longfs aboiemens , des aboiemens continuels. On dit : Faites cesser les aboiemens de ce chien , et non pas : Faites cesser son aboi ou ses abois,
ABOIEMENT, JAPPEMENT. Aboiement se dit du cri du chien dirigé contre une personne ou contre un ânimal;/a/^men^ exprime le cri du ehien sans marquer ce rapport. Les cris des chiens qui poursuivent mi cerf, un lièvre, un sanglier, sont des aboiemens ; les cris d'un chien qui demande à manger ou qui se réjouit d'être sur le point d'aller à la chasse sont Aes jappemens, — Aboiemetit se dit plus particulièrement des gros chiens qui ont la voix forte, tX. jappement des petits chiens.
ABOIEMENT. V. Aboi.
ABOLIR, ABROGER. Le temps et le non usage abolissent ; il faut un acte positif pour abroger. Une loi est abolie , lorsque depuis bien long-temps elle est oubliée et sans vigueur; elle est abrogée lorsqu'elle est annulée par une autre loi. Une loi abrogée ne peut plus être exécutée ; une loi abofie n'est pliû exécutée depuis long-teml^s.
ABOLITION , ANÉANTISSEMENT , EX- TINCTION. Ces trois mots- se disent des usages, des coutumes, des lois, des institutions. Vabolition s'opère par le temps et le non usage. U anéantissement est une suite de Vaboliùon , c'est une abolition entière ; Vextinction est une cessation des principes qtii donnaient le mouvement et là vie : ce qui est aboli n'est • plus en activité, en vigueur; ce qui est anéanti ne peut plus produire aucun effet; ce qui est éteint n'a plus de principe d'action.
ABOLITION. V. Abrogatioit.
ABOLITION, ABSOLUTION. Par Vabolition, le criminel est soustrait à la peine; par Vabsoludon , l'accusé est déclaré inuoceiit.
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ABOLITION i RÉMISSION , PARDON , GRÂCE. On coafond mal à propos ces termes.
Us appartiennent à la jonspmdence criminelle.
Grâce est le terme générique; pardon est cette clémence dont ose le prince ^yerrun homme qni a participé à on crime , sans en «tre ni l'anteiir ni le c(Mnplice$ ccnnme lorsqo'nn homme 6*est tronyé dans nne querelle oà il a été commis lùi assassinat. La rémission a lieu dans les cas de meurtres involontaires, oa qni ont été commis en défendant sa vie.
VaboUdon est différente ; dUe siqipose qne le crime e&iafce et qa*il n*est pas de tiatare à être remis, he prinee use alors de saa antorité^ souveraine , et fait grâce an conpalite, si celuici est déjà jagé» VftboUcion n^écarte que la peine; l'inâmie smbsÎAte.
ABOLQS.. T. AnoaciL.
ABOMINABI£ , DÉTESTABLE. Dans le sens propre^ oes deux mots diâlèrent par la caose qni produit le sentiment qu'ils expriment. Une chose est dite abominaMe parce qu'elle révc4te des sentim^is religieux gravés dans le cœur ; une chose est dite décescMe parce qu'on en connait ks qualités extrêmement manTvaises , les suites pernioteqses. Le blasphème est «me action àbmninable$ l'avarice est un vice détestaèle,
ABOMINABLE, EXÉCRABLE- Dans le sens propre, exécrable ajoute à l'idée d'a^em^Aa^/e celle de mériter d'être poursuivi, proscrit, détmit, anéanti, repoussé avec ind^nation, avec horreur. IjC parricide est un crime abo*. minable ; la doctrine du parricide serait une chose exécrable,
AROMINAfeLE , DÉTESTABLE, EXÉ- CRABLE. Dans le sens éteudu et exagéré, ces troi» mots servent à marquer simplement les divers degrés d'excès d'une chose très mauvaise , de façon c^abominable dit plus que détestable, exécrable plus qp^abôimnable. Un roets est détestable lorsque est si mauvais qu^on ne peut le manger qti'âvec répugnance; il est abominable lorsqu'il est si mauvais qu'oh '<ï vejette de la bouche ou qu'il eSccite des nausées ; il est exécrable lorsque l'idée seule t'u fait bondir le cœur.
ABOMINATION, EXÉCRATION. Dans le sens propre, V exécration ajoute à l'idée d'abomnation le désir de la destruction, de l'anéantissement. Les sacrifices humains sont en abomination ; une» religion qtti les ordonnerait devrait être en exécr€Uion, Tout ce qui blesse d'une roanière révoltante les principes isacrés de la religion et des moeurs est l'objet de ^'abomination ; tout ce qtti tend à établir ou a propsgei- la violation de ces principes est l'objet de Vexécration,
ABONDAMMENT, COPflSUSEMSNT ,' BEAUCOUP, BIEN. Ces adverbes -sont rektils à la quantité. Bien a rapport à la quantité du qualificatif ou au degré de la qualité ; il faut être bien vertueux on bien froid pour résister à une jotie femme ; ou peut mettre bien de la sagessedansses discours, et bien de la folie dans ses actions. Beaucoup a rapport à la quantité, ou nuttiérique, oucommensurable, ou considérée conune telle : beaacoupdt gens n'aiment point , ne sont point aimés , et se vantent cependant d'avoir beaucoup d'amis; on ne peut avoir beaucoup de prétentions sans rencontrer beaucoup d'obstacles ; abondamment, à la quantité des substmaces destinées aux besoins de la vie : la fourmi ne sème point et recueille abondamment. Il se joint ici à la quantité de la chose une idée accessoire de l'usage. Copjieusement est presque technique et ne s'emploie que lorsqu'il s'agit des fonctions animales : ce malade a été sauvé par une éva.cuation de bile très copieuse. J'ai dît que la quantité à laquelle beaucoup avait du rapport était «onsidérée comme susceptible de mesure ; c'est pourquoi Ton dit beaucoup de dévotion , d'où l'on voit encore que beaucoup exclut l'article le , et que bien l'exige , car on dit aussi bien de l'humeur. (Mnqyclopédie,)
ABONDAJVIMENT,COPIEUSkMENT.w4^oJi.
dainment est de tous les styles; copieusement li'est que du style familier. Le premier marque un rapport à une source , à une cause , à un principe qui produit ; le second marque un rapport à la consommation. Une terre produit des subsistances abondamment, et non pas copieusement ; une personne boit et luauge copieusement , et non pas abondamtnent. — Abondamment s'applique plutôt à de grands objets, tels, par exemple, que les récoltes, ou aux objets considérés en grand ; copieusement ne se dit guère que de petits objets, ou, pour mieux dire, que des objets considérés en petit ou en détail , tels , par exemple , que les consommations d'un repas. Votre vigne vous fournit du vin abondmnment, et vous en versez copieusement à vos convives.
ABONDAMMENT, À FOISON. Abondamment suppose des productions qui se succèdent en une quantité plus que suffisante ppur les besoins; à foison suppose une i-eproduclion fréquente, une multiplication qui fait que les choses se trouvent sous la main en grande quantité. Chaque année la ten*e produit abondamment des Fruits ; et l'on tix>dve ces fruits à foison dans les greniers, dans les magasins , dans les marchés.