‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 71 sur 253 · APPARTENANT , APPARTENANTE · texte numérisé non relu

APPARTENANT , APPARTENANTE

Adjectif verbal , tiré du verbe appaurtenir.

Les graiçmairiens ne sont pas d'accord sur l'emploi de cet adjectif verbal. Les uns veulent qu'on dise une maison appfurtenant à un tel , les autres une maison appartenante à un tel. Beauzée est du nombre des derniers , et l'Académie partage cette opinion; elle dit les biens appartenons à un tel ; une maison à lui appartenante.

Voltaire a dit une ville appartenante aux Hollandais; Barthélemi, des officiers appartenans aux premières familles d'Athènes.

Nous préférons la première opinion', parce qu'ici le mot appartenant tient beaucoup plus du verbe que de l'adjectif.

APPAS, ATTRAITS , CHARMES. Attraits, ce qui attire, ce qui tire à soi. Le propre des attraits est donc de nous faire pencher , incliner, aller vers un objet. Il est visible que cet effet est le premier degré d'intérêt qu'inspire nn o)]iet aimable. Une femme, même modeste, avouera bien de faibles attraits, mais non ces puissans appas que lui prodigue nn adorateur. Le mépris, la haine, la jalousie, feront dire qu'une femme n'avait d'autres droits au rang où elle a été élevée , qu'un peu à^attraits peut-être et beaucoup d'artifice. *

Appas a beaucoup d'analogie avec appât.

Le propre des appas est d'exciter, comme l'appât , le goût et l'envie de posséder l'objet et d'en jouir. Les appas ont donc un'plus grand effet que les attraits, ils sont plus puissans. Comme l'appât trompe, les appas peuvent tromper, et l'on est bien fondé à dire des appas trompeurs et perfides. Ce n'est pas qu'il y ait toujours dans les appas, de l'art ou de l'artifice. A la vérité, il y a des appas faux, factices, empruntés , comme ceux des coquettes ; mais il y en a de simples , de naturels , d'innocens , comme ceux de la bergère. Appas ne peut jamais être pris en mauvaise part, qn'autant qu'on y joint une épithète qui le flétrit. Il ne faut même pas imaginer

( ito ) APP

que dei appas trompeurs soient tonjmirs artU ficiels ou apprêtés. Pour être trompeurs, il suffît qu'ils ne tiennent pas ce qu'ils semblent promettre; c'est-à-dire qu'ils trompent les désirs et les espérances qu'ils avaient fait concevoir, on plutôt que nous nous soyons trompés nous-mêmes à cet égard ; et le reproche tombera fort bien sur des appas très réels et très avoués. Les appas sont donc on simples on naturels , on apprêtés et factices; tandis que les attraits sont tonjours l'ouvrage de la nature. Ils ont aussi moins de force et de puissance que les charmes, qui d'ailleurs ne tiennent rien de l'art , et que le fard affaiblirait plutôt que de les relever. Malherbe réonit souvent les appas et les charmes y et s'arrête toujours sur ces derniers, comme sur le plus haut degré de l'éloge.

Charmes est le même mot que charme ^ enchantement , avec une analogie bien sensible. Le propre des charmes est de noos frapper et de nous enlever , par une force secrète, mystérieuse, toute-puissante, irrésistible. Ménage dit qu'ils agissent par une vertu occulte et magique. Ainsi les attraits préviennent favorablement et nous attirent; les appas flattent le cœur ou les sens , et nous séduisent; les charmes s'emparent en quelque sorte de nous , et nous enchantent.

Let attraits inspirent le penchant on battrait; les appas, le goût et le désir; les charmes , l'amour ou la passion et l'enthoa* siasme. Si les attraits se font suivre , comme dit Girard, les appas se font aimer et recher* cher; les charmes ae font aimer, rechercher, adorer. Avec des attraits, une femme est agréable, même sans être absolument jolie; elle plaît. Avec des appas , elle est séduisante par un genre de beauté .ou par des beautés animées; elle entraîne ou captive. Avec des ' charmes , j on ne demande pas si elle est belle, elle est plus que belle; elle ravit, elle transporte.

Il ne faut que certains traits intéressans ou piquans pour avoir des attraits. "Les appas consistent dans un assemblage frappant de traits ou jolis ou beaux , qui semblent attaquer le cœur et l'obliger à se rendre. La grâce surtout, plus belle qae^a beauté, forme les charmes ; les charmes et les grâces font également des je ne sais quoi, tout ce qu'on veut, tout ce qu'on sent.

Ce que nous avons dit des attraits, des appas, des charmes, par rapport à la beauté du corps, est assez clair et assez développe pour que le lecteur l'applique facilement a tout autre objet uu physique ou moral* ( Extrait de Roubaud.)

APP ( îiï

APPÂT ^ liEtntRE. Ap^ âe dit de la pâtare qne l'on expose dans les endroits convenables pour attirer des oiseanz, des poissons on d'antres animaux, dans le dessein de les prendre ayec des pièges tendnrdans les mêmes endroits , on de s'en emparer facilement de quelque antre manière.

Le leurre n'est pas tonjonrs nne patnre réelle, mais quelque chose qui ressemble à une pâture, et qu'on expose aussi pour attirer et prendre des animaux. Vappât et le leurre se montrent à découvert.

Au figuré, Vappât et le leurre agissent ponr nous tromper , l'un sur le cœur par les attraits, l'autre sur l'esprit par de fausses apparences.

APPÂT, PIÈGE. Le piège est nne machine destinée à surprendre et à attraper des ani- On le cache pour le dérober à la vue.

Vappât est la pâture que l'on met sur le fiège, on vers le piège, pour attirer les animaux. Le piège n'agît point sur nous , il attend que nous y donnions ; on est pris dans le piège.

APPÂT, EMBUCHE. Vappât est une patate qui attire les animaux pour les prendre. Ces deux mots ne sont synonymes qu'au Hgnré, et l'on entend par em^ucAe, une entreprise secrète pour surprendre quelqu'un dans le dessein de lui nuire. Vembéche se cache, Vappât se montre à découvert. L'embuche n'agit point snr nous , et ne suppose de notre part ni un mouvement dç cœur , ni nne erreur de jugement , mais seulement de rignorance ou de l'inattention. On est surpris par Vembûche.

APPÂT. V. Amorce.

APPAUVRIR , RUINER. Ces deux mpts ont rapport aux richesses, à la fortune , mais le second enchérit sur le premier. Appauvrir c est rendre pauvre , ruiner c'est priver de tons moyens, de toute ressource. On app€tuvrit un homme en diminuant successivement ses richesses; on le ruine lorsqu'on continue de \ appauvrir , jusqu'à ce qu^ n'ait plus rien. Les dépenses folles appauvrissent celui qui s'y livre ; et en les continuant , il court a sa ruine. Celui qui est appauvri est pauvre; celui qui est ruiné est indigent.

APPELER, NOMMER. On nomme pour "^Hi^il,er. dans le discours , on appelle pour w'Q J%^ d^i)^ le besoin. Le Seigneur appela ^^H? ks.ftniip^ijuçi. çt^les nomma devant Adam V^UV, IJinstc^içç' jïç.^urs noms. Tel est le sens ""^Ç^-^hpbs^u. rineiaiiîp^s toujours nom^ ^^r les choses par leur nom, nî appeler toutes ^ïtes de gens à son secours. (Girard.)

APP

Appeler n'est point synonyme de nommer ; lorsqu'il signifie inviter à venir à soi, comme dans les cas posés par l'abbé Girard. Appelezmoi cet homme et nommez-moi cet homme , sont des phrases fort différentes. C'est toi qui l'as nommé, je le dis et me nomtne, ce n'est pas dire, c'est toi qui l'as appelé , je le dis et VD^ appelle. Mais dans une acception secondaire, appeler signifie dire le nom de la personne ou lui donner un nom , sans l'intention de la faire venir à soi ou à son secours , et c'est alors qu'il devient synonyme de nommer.

Nommer, dire le nom ou donner un nom.

Appeler annonce proprement des signes faits avec la main; appel est un signe fait pour faire venir. Mais comme en appelant il est assez ordinaire que l'on nomme les personnes, on a dit appeler pour nommer. Comment Vappelez'vous ? Comment se nomme-t-il ? Nom" mer marque le nom propre de la personne ; appeler n'énonce qu'un signe ou nne qualification distincte quelle qu'elle soit. On nom." me quelqu'un par son nom, on X appelle de diverses manières.

Appeler demande à sa suite quelque nom ou quelque signe particulier pour qu'il signifie nommer; mais on ne nomme les gens que par leurs noms ou propres, on patroniriiiques , ou usités ; et on les appelle ou de leurs noms, ou de • différentes qualifications. Vous nommez Tibère, et vous Vappelez monstre. Yous nommez Louis XII, et vous l'oppelez le père du peuple. (Extrait de Rou-

BAUD

APPELER , ÉVOQUER. 'Appeler se dit des hommes et des animaux qui vivent avec nous et autour de nous sur la terre. C'est leur faire un signe de la main ou de la voix pour leur indiquer que nous voulons qu'ils viennent, qu'ils paraissent.

Évoquer signifie faire apparaître , et se dit des mânes , des esprits , des ombres , de tons les esprits dont le séjour est censé dans le sein de la terre. On évoque les âmes des morts , les esprits infernaux.

On appelle simplement par le nom ou en faisant signe de venir; on évoque par des prestiges, par des paroles ou des actions mystérieuses. *

APPELER, INVOQUER, Nous appelons les hommes ou les animaux qui sont comme nous sur la terre; nous invoquons la Divinité, les saints, les puissances célestes, et tout ce qne nous regardons comm« au-dessus de nous, soit par l'habitation dans les cienx, soit par la dignité et le pouvoir sur la tene.

On appelle pour quelque chose que ce soit;

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