‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 83 sur 253 · ASI · texte numérisé non relu

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et de h grandeur d'un sojet ; un philosophe | par laquelle elle la domine et la gonverne , éans

est Vouyrier et \ artisan de sa propre fortune. Bocihours dit qu'il faut , à la yérité , ou joindre à ces mots une épithète. qui les relève, oa leur attribuer un régime qui les tire de lear bassesse naturelle.

Il est à remarquer qu'ils ont en effet quelquefois un régime au figuré , tandis qu'ils n'en ont point au propre. On ne dit point f Vartisan, Y ouvrier d'une porte, d'une serrure; mais ^ dit Vartisan de sa grandeur , im artisan '■k fourbes et de calomnies , ouvrier de la piRc, d'une révolution, de fictions ingénieuses , buyrier de sa fortune.

n me semble qu^artisan se dit communément pour auteur, inventeur, créatenrj; ou cehd qui règle, dirige , conduit la chose; et qa'oumer signifie plutôt exécuteur, négodateor, agent, ou celui qui travaille , opère, met en ceuvre les moyens. Ainsi je dirais plutôt qu'un homme est Vartisan de sa. maison, de son malheur, d'une calomnie , d'une. fiction qu'il crée, qu'il invente, qu'il fabrique , qu'il forme ; et qu'il est Vouyrier d'une paix, d'un» entreprise, d'une révolution, d^une conjuration qu'il négocie , qu'il réalise, qu'il poursuit, qu'il effectue; mais on ne se sert guère aujourd'hui, dans ces cas-là, que du mot artisan.

ARTISAN, ARTISTE, artisan se dit de celui qui exerce une profession mécanique ou rinteUigence n'est pas absolument nécessaire.

Artiste se dit de celui qui exerce un art on le génie* et la main doivent concourir.

Les arts mécaniques ne sont pa^ tellement bornés au travail de la main qi^ l'esprit et le génie ne puissent les perfectionner. Sous ce point de vue, un artisan qui réussit à donner aux ouvrages de 'son art des formes nouvelles , plus agréables , et qui sait les varier avec goût , peut passer pour un artiste,

ARTISTE. V. Artisaw.

ASCENDANT, EMPIRE. Ces* deux mots expriment ce qu'on peut sur l'esprit des autres.

Autrefois les astrologues appelaient ascendant le degré de l'écliptique qui se lève sur l'horizon au moment de la naissance de quelqu'un, et lui attribuaient une influence considérable sur la vie et la fortune du nouveauné, qui consistait sur-tout à lui donner du penchant pour une chose plutôt que pour nne antre. Ce mot n'est plus usité an

qu'on .puisse quelquefob en apporter la raison. Ainsi Ton dit qu'un tel homme a beaucoup A^ ascendant sur l'espidt d'un antre, pour dire qu'il tourne son esprit à son gré, et le détermine à ce qu'il veut.

Hascendant est dans celui qui l'exerce, une supériorité habituelle qui dirige à son gré la volonté d'un autre; dans celui qui est soumis, une habitude irréfléchie de céder aux impulsions d'un autre, soit par l'opinion confuse qu'on a de son mérite et de ses lumières , soit par timidité, par crainte, par faiblesse, par pusillanimité, ou par quelque antre causç qu'on ne saurait expliquer. ' ^ *

V empire est nme espèo» à! ascendant, taa^ plus fort que V ascendant ordinaire , et dont on peut mieux assigner la cause/L'art de trouver et de saisir le faible des hommes forma l'empire qu'on prend sur eux. C'est par un ton affecté qu'il réussit.^ Ses airs sont tantôt sou** pies, tantôt impérieux, et toujours propres à soumetti^e nos idées à celles qu'on v^eut nous faire adopter. Vempire vient d'un ascendant de domination arrogé avec art ou cédé par imbécillité.

Vascendant se conserve par une espèce d'illusion ou de vertu magique ; Vempire .par l'ar^^e flatter, d'inspirer la crainte, de se renore nécessaire.

Celui sur l'esprit duquel nous avons de Vascendant n'a pas la force de nous résister ; celui sur l'esprit duquel nous avons de Vempire n'en a pas le courage.

ASCENDANT, INFLUENCE. V influence ne domine pas ; n'enti'aîne pas comme Vascen» dant; elle ne détermine pas l'effet, elle aide à le produire. Uinfluence ne conunande pas , elle incline. Celui qui a de Vascendant sur une personne est sur delà déterminer; celui qui n'a que de Vififluence sur cette personne peut espérer de concourir à sa détermination.

ASILE, REFUGE. Asile, lieu où l'on est en sûreté contre le danger, où l'on est à l'abri de quelque mal, où l'on ne peut être saisi , d'où l'on ne peut être enlevé.

Refuge, lieu où l'on se sauve pour éviter un péril, un dan^r pressant. Il se dit aussi des personnes : vous êtes mon refuge*

TJ asile suppose un danger quelconque que l'on craint, le refuge un danger pressant, une poursuite actuelle à laquelle on veut échapper. Comme la Divinité est le refuge des malheureux , et qu'il n'y a pas de gens plus malheureux que les criminels , on a été naturellement porté à penser que les temples étaient

propre , mais on l'emploie encore au figuré , et on indique par - là certaine supériorité qu'une personne a quelquefois sur une açtre, | un asile pour eux. (MoiïTesQuiEU.)

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( tSô)

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On dMccfae» on m prépare mi a$ile par prudence 9 par précaution, ponr le mal à ▼enir ; on cherche nn refuge par nécessité et eontfjB le mal présent.

Vasiie ne se prend que ponr nne retraite konnéte et respectable; et il n'en est pas de sémt du refuge, La solitnde est nn asile pour le philosophe; les bri^ande ont des refuges eoBune les bétes féroces. Un honnête homme recherché injustement trouve un etsile chez tti ami; nn Tolenr poursuivi par la justice IrouYe nn refuge che< ses eomplices. Les rédoits où s'assemblent de» joueurs, des yagahomèM , des fainéant i s'appellent des refuges et non des agiles,

itôPEGT, TUE. La vue n'a rapport qu'à l'àetioa de l'eeil sur nn objet; Vaspect supposé dans l'omet di£férentea maniérée d'être Offert a la vue.

On peut Toûr nne chose en face , par derfHkté , de côté , de bas en haut , de haut en bfts î «'est toujours la vue de l'objet , mais de Toljet Ta de différente» manières ; et ces différentes manières se nomment des a5;pecrj. Pour bien juger des choses, il faut les voir sous tous les aspects.

Fise ne suppose aucun changement, aucune inodifieation dans le sujet qui voit. Quand je tois un objet sous différens aspects, IB'est toujours la même action de voir ; le changement ne s'opère que dans l'objet qui est prétenté sons det faces différentes.

L'oi^cf suppose donc dans l'objet un changement qui fait telle ou telle impression sur le sujet qui voit. Tant qu'il n'y a pas dans cet objet Une modification particulière qui fait impres^on sur l'ame, on n'anra que la vue de l'objet. Un bosquet offre nne vue agréable A ce jugement est une opération de notre esprit qui résulte uniquement de l'Impression ^u'a faite sur nous la vue du bosquet. Un bos^et offre un aspect agréable si l'agrément que nous lui trouvons résulte de l'impression qu'ont faite sur nous les différentes parties dont il est composé. "Vaspect de ce bosquet tti'a charmé.

Phèdre dit dans Racine, en parlant d'Hip- JJctyte:

J« le vis f je rougis , je palis à sa ^ue.

Elle ne devait pas dire à son aspect, parce qu^l n'y a rien dans ce sa jet qui produise ces hnpressions diverses , qui toutes viennent du coeur de Phèdre. Hippolyte lui-même est, pour ainsi dire, étranger à ces impressions» mais il en est autreihent quand Énone dit à Phèdre :

Qn dira que Phèdre trop eQ| D« ion ëpo%x trafiiJEftit Vaspeci

Aspect est idi le mot propre^ On suppose que Thésée est instruit de tout. L'objet inspire des craintes, il fait impression sur le cœur de Phèdre; ce n'est pas sa vue qu'elle doit fuir, c'est son aspect,

A cet air ▼énérahle , à cet auguste aspect , Les meurtriers stti^ris sont saisis de respeet.

( YOLTJUaB. )

Je puis dire d'an homme qui s'avance hardiment vers l'échafaud , que la vue de l'échafaud ne l'effraie point, c'esté'dire qu'elle ne fait aucune 'impression sdHni, et alors c'est vue qui est le vrai terme," parce qu'il n'y a point d'impression de l'objet sur le sujet. Mais je dirai d'un antre, qu'à Vaspect de l'échafaud il tomba en défaillance, parce qae l'objet offre de quoi faire une forte impressioa sur le sujet , et que cette impression a lieu.

Je vois mon père qui n'a point de reproche à me faire, et qui ne parait nullement disposé à m'en faire, et cette vue ne me trouble point parce qu'elle ne cause point sur moi une impression extraordinaire, et qu'il n'y arien dans mon père qui soit propre à produire cette impression; mais si je sais que mon père est irrité contre moi, ce courroux est une disposition qui fait impression sur moi , et je dis : à Vaspect de mon père je fus déconcerté.

La vue det grandeurs ne fait ancube impression sur son ame stoïque. "Vaspect àti grandeurs lui inspira une ambition démesurée.

Aspect exprime quelque chose d'inopiné, de subit, d'extraordinaii^e que ae marqae pas le mot^ue. Quand cet accessoire n'existe pas, vue pent se mettre au lieu dH aspect, parce que la vue continue peut faire sur)'ame la même impression que l'aspect, lorsque l'objet est la source de cette impression. Ainsi roa dira la vue de ces malheureux (fit enfin une impression sur son ame. Alors l'objet fait impression sur le sujet , . comme dans les exemples où nous avons employé aspect, et c'est cette impression seule qui peut rapprocher les mots vue et aspeef.

ASPIRER, PRÉTENDRE. Ces deux mots désignent des efforts pour parvenir à nne chose , pour r^btenir. Mais le premier désigne des efforts soutenus par un désir ardent, et le second des efforts soutenus par des idées vraies ou chimériques de droit, de mérite, de justice. "^

Aspirer (Césigne la poursuite ardente" d'une chose qui dépend des hommes ou du sort; prétendre suppose nne justice ^ui doit être rendue, on pris; qui doit être accordé aa mérite.

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