AS
Un homme (([d'ospire anx honneurs , &it pour y parvenir des efforts proportionnés à ses désirs ; nn homme qui prétend anx honneurs s*en croit digne, on agit comme s'il s'en croyait digne.
Celui qui aspire à quelque chose emploie pour y parvenir la rase , l'artifice , quelque^ fois la force et tous les autres moyens que lai inspirent ses yiolens désirs; celui qui prétend à quelque chose expose ouvertement ses droits vrais ou chimériques, et s'efforce de les faire valoir.
Celui qui aspire est affligé , humilié quand il ne réussit pas; celui qui prétend , quand il n'obtient pas, est mécontent et crie à l'injustice.
ASSAILLIR, ATTAQUER. Se porter contre quelqu'un ou quelque chose pour lui nnire , est l'idée qui forme la synonymie de ces deux mots ; mais assaillir signifie s'y porter brusquement et comme à l'improviste, et attaquer signifie s'y porter ouvertement et sans sorpriset
Celui qu'on attaque doit «^attendre à être attaqué, il doit être prê^ à se défendre. Celui qu'on assaille est en quelque sorte surpris et par le moment de Vattaque qu'il n'avait pas pré7u,et par l'impétuosité subite, et quelquefois par le nombre des assaillans.
AssaÛUr suppose que l'ennemi est ou se croit en sûreté: On assaille un camp retranché, nnp forteresse.
Dans le langage ordinaire , il n'est pas nécessaire d'être plusieurs pour assaillir; il suffit -^'attaquer avec impétuosité et à l'improviste la personne, les personnes ou la chose. Un homme qui voyage est assailli par un voleur, si celui-ci commence par s'emparer de lui pour le dépouiller; il est attaqué par le voîenr, si celui-ci se présente à lui, et le menace de le tuer s'il ne lui donne sa bourse. On est assailli -psiT un orage, parce que l'orage fond subitement et à l'improviste.
An figuré la différence de ces mots subsiste. . Vous êtes attaqué par un créancier qui vous poursuit en justice; vous êtes assailli par une multitude de créanciers qui semblent s'être donné le mot pour vous poursuivre en même temps, chose à laquelle vous n'avicE pas lieu de vous attendre. Jamais tentationplus dangereuse ne vint assaillir mon cœur. ( J.-J» Rousseau.) Mille mouvemens contraires m^ assaillirent à la fois.
Les choies' assaillissent et n* attaquent pas? û n'y a que les hommes ou les animaux qui o^taquent. On est assailli et non pas attaqué par un orage ; on est assailli par une grêle de pierres.
Si ) ASS
ASSASSIN, MEURTRIER , HOMiaDE.
Le ^ens général de ces trois mots est , qui jl tué un homme ou des honunes ; la différence consiste dans la manière dont l'action a été
faite.
Celui qui a tué ou tenté de tner un homme à dessein prémédité, par trahison, avec avantage , soit que l'honmie fut sans défense ou le plus faible , est nn assassin^
Celui qui, de dessein prémédité, a tué ouvertement un hommesans qu'il y eût ni rixe , ni duel , est un meurtrier.
Homicide se dit particulièrement de celui qui a tué un homme involontairement ou dans le cas d'une défense légitime.
Vassassin est un lâche qni a craint de se mesurer avec son ennemi ; le meurtrier , un scélérat qni tue pour tuer , ou parce qu'il est paye pour le faire. Vhomicide involoup taire est nn malheureux qui mérite la piti^
Vassassin se cache , il se place au passage de celui qu'il veut faire périr , eu aposte des gens pour consonuner ion crime. Les OT#iirtriers agissent avec plus d'audace , ils «attaquent à force ouverte. Les meurtihrs te rassemblent ordinairement pour n'avoir point de résistance à craindre.
Quoiqu'un juge ordonne la mort du haut de son tribunal , qu'un militaire la donne sur le champ de bataille , qu'un exécutei^r des hautes œuvres ôte U. vie en vertu d'un jugement , ils ne sont point appelés homixtidu parce que leur action est commandée ou autorisée par les lois , ou qu'elle se foit en vertu d'une autorité légitime.
ASSEMBLAGE. V. Agewcemïtjt.
ASSEMBLAGE, ASSORTIMENT. Vas^ semblage est une réunion de plusieurs choses qui n'eut aucun rapport entre elles, ou qui sont considérées comme n'en ayant aucun.
Vassortiment est un assemblage de choses qui ont des rapports entre elles , et qui sont considérées relativement à un. effet commun qu'eUes produisent ou qu'elles doivent produire.
On peut augmenter ou diminuer 1 assem^ blage, sans que pour cela ilthange de nom; mais si l'on retranche de Vassortiment de»
choses qui rompent l'effet ou la tendance au but commun, ce n'est plus qu'an assemblage ou un assortiment imparfait.
ASSEMÎiLEU, JOINDRE, UNiR. Ce»
trois mots indiquent les rapports que peuvent avoir entre elles des parties destinées k former un tout.
Assembler , c'est , dans plusieurs arts, mettre toutes les pièces d'un Quvrage à leur pUc^
âSS
ASS
après qaVIlea ont été taillées* Un menuisier. Après avoir fait les différentes pièces d*ane commode , les assemble , c*est-à-dire qa'il met chacane à Li place qu'elle doit occuper. Jusque-là ces pièces ne sont pas liées , ne sont pas jointes les unes aux autres , elles peuvent être déplacées à volonté. L'ouvrier les joint par de^ rainures , par des clous , par des chevilles , ou de quelque autre manière^', et alors on ne saurait les séparer sans effort. Toutes ces pièces ainsi jointes peuvent présenter des irrégularités qui, sans nuire àla jonction, peuvent nuire à Tensemble et empêcher quelque partie de concourir à un seul et même ouvrage parfai^. Pour parvenir à ce but, l'ouvrier unit ces parties en faisant dbparaître les irrégularités ; alors les parties ne sont plus distinguées les unes des autres , elles sont unies, c'est-à-dire, qu'elles concourent parfaitement entre elles à former un seul et même ouvrage.
Dans un sens plus étendu , ces trois mots ont à peu près le même sens , si ce n'est qvL^ assembler ne suppose pas des parties taillées et disposées d'avance.
On assemble des personnes dans le dessein de les mettre ensemble ; on les joint par quelque lien moral qui les attache les unes aux antres ; ou les unit en leurinspii^ant les mêmes intentions.
Assembler ne marque que le rapprochement des individus; y o//iâ&*e, un lien quelconque ; unir , une conformité d'opinions et de vues. Deux personnes assemblées quelquefois par le hasard sont jointes par les nœuds du mariage , et souvent ne sont pas unies.
Ce qui est assemblé peut se séparer; ce qui est uni résiste à tous les efforts , il peut être séparé et dissous sans être désuni.
ASSEMBLER, RASSEMBLER. On a dit :
On assemble ce qui n'avait jamais été assemblé ; on rassemble ce qni avait été séparé.
Cette observation manque absolument de justesse. Un conseil s'assemble régulièrement deux fois par semaine, et cependant à chaque fois il s]assemble , et si , outre ces assemblées ordinaires, on, veut on former quelqu'une d'eitraordinairc , on dit encore qu'on assemble le conseil , quoiqu'il ait déjà été assemblé un grand nombre de fois. Un amateur de peinture cherche partout de bons tableaux pour se former un cabinet ; les tableaux qu'il trouve n'ont jamais été ni assemblés ni séparés , et cependant il les rassemble.
L'auteur de cette assertion a confondu le verbe rassembler où la préposition re estabso- Inment itérative, avec le verbe rassembler où cette préposition re donne au verbo assem- 1
bler dés accessoires différens de la Tepétition de l'acte. À l'égard de cette repétition , rassembler n'est pas plus synonyme di assembler, que reprendre de prendre , redemander de demander , repromettre de promettre , et quantité de verbes de cette espèce dont on ne s'est pas avisé de faire des synonymes. Dans le sens de l'auteur , il est vrai qu'on rassemble ce qui avait été séparé , mais cela'' ne fait rien à la synonymie que nous cherchons ici.
Assembler , c'est rapprocher différens objets les uns des autres , les mettre ensemble.
Rassembler , c*^st rapprocher des choses éparses et éloignées les unes des autres.
Nous assemblons les personnes on les choses qui ne sont pas éloignées de nous , qne nous avons sous la main , que nous connaissons , que nous savons ou trouver. On assemble ses livres , quand on les prend dans divers endroits où l'on sait qu'ils sont, pour les mettre ensemble : mais si l'on a des livres à Bordeaux , d'autres à Paris; si l'on en a à la ville et à la campagne , et«qu'on veuille faire de tous cas livres une seule bibliothèque, on les rassemble: c'est l'éloignement des objets les uns des autres qui forme la différence. On assemble le conseil , tons les membres du conseil sont connus , on sait où les trouver. On assemble ses amis , ses connaissances , lorsqu'ils sont tous dans le lieu où l'on est ; on les rassemble, lorsqu'ils sont épars dans différentes provinces , dans différens pays.
On assemble les troupes qui sont dans le lieu ou dans les environs. Le général fait as" sembler chaque année toutes les troupes de la province pour les passer en revue. On rassemble toutes les troupes qui sont éparses dans des lieux éloignés les uns des autres.
Ce prince avait rassemblé dans cet endroit la plus grande partie de ses forces. ( Yol-
TAIRS. )
On assemble les choses que l'on possède , que l'on n'est pas obligé de se procurer, de chercher ; il ne s agit que de les mettre ensemble.
On rassemble les choses que l'on est obligé de chercher pour les trouver , qu'on est obUgé de se procurer à prix d'argent on autrement.
Il n'est pas seulement question de les mettre ensemble , mais il faut des peines , des soins , des dépenses pour se les procurer ; et ce n'est que^ lorsque ces soins ont eu du sncoès qu'on peut les assembler. Un seigneur assemblait autrefois tous ses vassaux pour les mener à la guerre ; un partisan cherche partout des hommes qui veulent se joindre à lui , il les rassemble. ,
En assemblant on forme des assemblées;
ASS ( i33 )
en rassemhîant on forme des rassembiemens.
Il y a encore cette différence entre assembler et rassembler, en parlant des hommes de gaerre , qne le dernier semble indiquer quelquefois un projet à exécuter , ce que n'indiqae pas toujours le premier. Un prince assemble beaucoup de troupes dans une province , afin d'y avoir des forces imposantes ; on prince raji^mi/tf beaucoup de troupes dans nne province frontière , dans le dessein de faire une invasion chez Pennemi. ASSEMBLER. V. Appareiller, Agkkckr.
ASSENTIMENT, CONSENTEMENT.L'a*senûment est une action par laquelle l'esprit se range d'un avis, d'une opinion, y adhère, l'approuve , par sentiment aa par conviction. \a consentement est un acte de la volonté par lequel on consent à une chose soit avant qu'elle K fasse , soit au moment où elle se fait* V assentiment ne se dit que des choses de spéculation. On donne son assentiment à une opinion , à une proposition.
Le consentement ne se dit que des actions.
On consent qu'âne chose se fasse.
V assentiment suppose la conviction ; il est libre, c'est l'esprit qui le donne , et il est toujours sincère. Le consentement est souvent forcé , et ne prouve pas toujours que l'on croie que la cfaiose à laquelle on donne son consentement soit bonne.
On peut donner son consentement à une chose sans y donner son assentiment^ c'està-dire nu'on peut , par quelques considérations particulières , consentir qu'elle se fasse , sans adopter les motifs qui engagent à la faire.
Vassentiment tombe sur la chose même ; on l'adopte , on y adhère, on la trouve juste et vraie. Le consentement ne toqjbe pas sur la chose même, mais sur l'aiaion par laquelle la chose s'opère. Celui qui donne son assen- 1 tinent est du même avis que celui qui le lui
ASS
le caprice du tyran ; V assujettissement suppose des lois que le maître peut changer à son gré. , Dans V asservissement , la crainte glace toutes les faculté^ de l'ame ; l'homme est dégradé. Dans Vassujettissement , l'exécution des lois laisse parfois quelque place à la ju^tice^ mais la nécessité de se soumettre à toutes , quelque injustes qu'elles soient , produit l'abattement ; l'homme est avili.
Asservir désigne un état violent , une extrême contrainte; assujettir marque un état habituel , une habitude d'obéissance.
Au figuré, asservir se dit des personnes ou des choses qui ont pris sur nous un tel empire , soit à cause de nos relations avec elles , soit à cause de nos opinions , de nos passions ou des circonstances, que notis ne pouvons ou ne voulons pas leur résister. Nos passions, nos devoirs nous asservisêenT;'nn maître non* , asservit à des devoirs pénibles. Mais en ce sens , le pouvoir qui asservit n'est pas toujours si* absolu que dans le sens politique/On ne -peut pas résister à un tyran , mais on doinpt* quelquefois ses passions, on surmonte ses pên-* chans , et l'asservissement cesse. On est as^sen^t à la mode , aux usages ; mais on peut se «eustraire à cet asservissement. On s'asservit quelquefois volontairemeifl. Un poète s'asservit aux règles.
Assujettir au figuré dit, comme au prop#e, quelque chose de moins impérieux, de mdins tyrannîque qu'asservir. Une place assujettit^k' des devoirs gênans; en la quittant» on fait cesser Vassujettissement.
. Vassujettissement n'est pas toujours l'e^et de k force ;tl est souvent celui de la volonté >. de la nécessité , et l'on dit plus souvent s'assujettir que s'asservir. On s'assujettit à des de;, voirs, à des règles, à des usagées; on s'assujettitAUn. fantaisies, aux caprices de quelqu'un. ^ On fréquente les voisins asèez pour entretenir un commerce agréable , trop peu pour s'y assu-
jettir. { J. J. Rousseau.)
Celui qui est asservi est fortement attaché ; il a beaucoup de peine à reprendre sa liberté : celui, qui est assujetti est plus libre de rompre
ses liens. '
Asservir indique un état constant, permanent, qui produit une contrainte coptinuelle; ^vub wjui Lcuiui *cï» **rtijiittn» « »*»* ww«w vi-w v,v» assujettir marque un état susceptible -d. jntervitnde,ànne dépendance extrême, qu'onde- j captions, et dont la principale gêne consiste pouille entièrement de leur liberté, saus règle ^^^^ |^ répétition fréquente des actes. Nous
den^nSe ; celui qui donne son consentement ne juge pas la chose, mais n'empêche pas qu'elle se fasse.
ASSERVIR, ASSUJETTIR. Ces deux mots peuvent se prendre au propre ou au figuré.
Dans le premier sens , asservir se dit d'un pays dont on réduit les habitans à un état de s^r-
ni loi que la volonté du tyran.
Assujettir un pays c'est le soumettre à certaines règles, à certaines lois, obliger les habitans de les observer» sans leur laisser la liberté de les examiner on de les changer.
V asservissement ne jsupposç d'antres lois que
répétition fréquente sommes asservis par un homme qui a pris sur nous de l'ascendant et de l'empire,; nous sommes assujettis à faire certaines choses ^aux
mêmes époques.
ASSERVIR, SOUMETlISlE. Dans le sena
politique, asservir c'est réduire ^> U servitude ;
ASS ( t34 ) AS9
êtfumeftrê cVst ranger soat sa dépendance 1 1 davantage; et l'on dit en Toxlà suffisamment , muA son autorité , en mettant hon d*état de lorsqu'on en a précisément ce qu'il en faut
résister.
Soumettre est an terme générique qni martfjXe une certaine disposition , mais susceptible de beaucoup de degrés. La soumission Ta depuis la déférence iusqu'i V asservissement.
Soumettre exige, d'un côté, une supériorité, one autorité quelconque , et de Tautre une infériorité, une dépendance vague. On est soumis à la force, à la nécessité, à la loi, à la Tolonté» au jugement d'autrni; on Test plus oa moins, ^écea•airement ou volontairement.
, asservir suppose d*uQ côté une puissance trèa fost« ou on pouvoir tyranniquei et de l'iuitrtf une extréJoDie dépendance, une dure contrainte. On est asservi par des passions vio- Itntepy par dea devoi^ et par des besoins presaana et sans cesse renaiiwana , en un mojt par I*opproBiioi).
Uni qui est asseryi peut rarement résister; cftlni qui est soumis peut quelquefois cesser de rétre, «a repoussant les motiû qui l'y ont portée
On est toujours asservi par nue force supéneare; on. est quelquefois soumis par des niotiis d'intérêt, de prudence, d'estime , d'attachement , etc. , sans qu'il y ait une forcç extéiieure qni influe sur la soumission^
■■■ àSSEKYIR, SUBJUGUER. Asservir est Taete d'un tyran , subjuguer celui d'un conquérant. Celui qni asservie abuse de sa puissance ; celui qui subjugue use de son droit.
Subjuguer cfxprime un empire ou un ascendant plus ou moine absolu , mais sans exiger nécessairement, comme o^^emr, l'oppression on l'abus. Subjuguer ^ c'est mettre sous le joug; mais il y a un joug doux, un joug léger, comme un joug pesant, un joug de fer.
Subjuguer exige d'une part une ki^ree on un ascendant victorieux, et de Tantre une forte dépendance , une grande impuissance. On sub^ fugue des ennemis , des rebelles par la force des armes ; des passions , par la force et par l'empire He la raison^; des esprifs faibles , par l'ascendant du génie ou la force de l'esprit.
ASSEZ, SUFFISAMMENT. Ces deux mots regardent également la quantité; avec cette
pour l'usage qu'on en veut faire.
À l'égard des doses et de tout ce qni se consume, assez paraît marquer plus de quantité que suffisamment; car il semble que quand il y en a assez , ce qni serait de plus y serait de trop ; mais que , quand il y en a suffisant' ment, ce qui serait de plus n'y serait que Taboadance sans y être de trop. On dit aussi d'une petite portion et d'un revenu médiocre, qu'on en a suffisamment ^ mais on ne dit guère qu'on en a assez.
Il se trouve dans la: signification amassez plus de généralité; ce qui, lui donnant un service plus étende, fin fend l'usage plus compiUQ ; au lieu que suffisamment renferme dam son idée un rapport à l'emploi des choses, qui, lui donnant un caractère plus particulier, en borne l'usage k un .plus petit nombre d'occasionS' (GiaAR]>.)
ASSIÉGER, OBSÉDER. Assiéger o'est entourer d'armes et de soldats une ville, une place, un camp, ou quelque autre lieu, dans le dessein de s'en emparer par la force. Etre assiégé se dit des personnes qui sont dans nue place ainsi entourée. Au figuré, enfermer, environner. Les eaux nous ont assiégés; ses créanciers ^assiègent. .
. Obséder signifie proprement assiéger , mais il ne se dit qu'au figuré, où il signifie être assidu auprès de quelqu'un, pour se rendre maître de son esprit , et lui faire faire ce qu'on désire de lui. Les personnes et les chosef noas assiègent, comme nous assiégeons les choses et les personnes. Il n'y a que les personnes oa les êtres intelligens, et les êtres moraux qui obsèdent, et ils n*obsédent que des personnes. Qn assiège paf l'assiduité , par les assauts , par les pourshites, pour parvenir à un but quelconque ; on obsède par l'assiduité , par l'artifice, par la malignité, pour pan^enir à gagner et gouverner la personne; ainsi, obséder quelqu'un c'est Vassiéger sans cesse, le circonvenii' ou l'envelopper par les circuits artificieux de la séduction , pour s'emparer de son esprit et de ses volontés. Mille ennuis jol^ assiègent ; les malheurs Yassiégeaient de
différence, qp^assez a plus de rapport à la quantité qu'on vent avoir , et que suffisam" ment en a pltis à la quantité qu'on veut employer. *
L'avare n'en a jamais assez; il accumule et soulfaite sans cesse. Le prodigne n'en a jamais ^uffisammeru ; il veut toujours dépenser plus qu'il n'a.
On dit c'est fusez lorsqu^on n'en veut pa*
I toutes parts. Je suis assiégé d'une fonle d'importuns. Ses créanciers \ assiègent. H est obsédé par sa femme, par ses enfans, par ses héritiers. L'homme poli et fin obsède les femmes; l'homme rustique et brutal les assiège,
ASSIETTE , SITUATION. Ces deux mots viennent de l'ancien Verbe seoir, qui signiile mettre en place, placer sur. Le verbe asseoir ajoute à seoir la particule à qm lui fût sigai-
ASS
ASS
ûer étaUif et reposer sur le Uea , sqr Vem* placemept, sur la 'base.
Assiette se dit de la manière dont un o<H>p8 est posé sur mi aatre relatÎTeiueiit à la solidité , à la fermeté , à Tlmi^obilité » à la difficulté d'être ébranlé.
La situation embr «isse proprement les divers rapports locaux quQ la chose peut avoir avec les objets qu'elle regarde ou qui la regardent ; ïassiette est Cornée à la place ou à Tobjet sur lequel la chose pose et se repose. ^
Une maison de campagne est dans nue jolie situation quand les alentours en sont agréables} une place de guerre est forte d'as" siette, quand sa base est ferme , escarpée , insarmontable. Une ville est dans une situation et non dans une assiette /favorable pour le
commerce. Il ne s'agit ici que de ses rapports ^„ ^y„, «uwv »«»w . .w..g..«..w.. ^^
avec les lieux qui l'entourent on avec lesquels | ajournement , €S Fi-êst qu'une sommation elle peut conununiqaer facilement, | çQuunaudement fait par autorité de justiee
Assiette se dit aussi de la manière d'être'
nières dont Vassiettê est susceptible. Vne bonne assiette , une mauvaise assiette, un* assiette inébranlable.
ASSIGNATION, AJOURNEMENT. Termes de pratique; V assignation est un exploit par lequel une partie est appelée en justice à certain jour, heure et lieu, pour répondre aux fins de Pexploit. Ajournement si gnifie à peu près la même chose j mais tout ajournement porte asiignation, et toute «*• fignadon ne popte ^s ajournement ; ew Vae»
signation en conséquence d'une saisie po»
venir affirmer sur icelle , et l'affiiination a venir déposer en qualité de témoin^ n'empoftent ajournement que quand cdui qu'on assigne est Qbligé à satisfaire aux fina de f •■• ploit par une convention expresse oti laiâtê* En tout autre cas Vassignation n'cit point
assis, couché 9 relativement au repos , à la commodité , à l'habitude que l'on a contractée. Tant qu'on n'est pas placé d'nne manière conforme a ces choses , on est dans une situai tîon plus ou moins gênante , on n'est pas dans son assiette. Quand un malade n'est |>as dans son assiette, il change souvent de situation,
Asssiette et situation se disent aussi de Vame ,"de l'esprit. On dit avoir l'esprit dans une assiette tranquille, et l'on marque par U que resprit est calme , tranquille , constant , qu'il jouit du bien-être qu'il croit lui Buffîre , qu'à ne s'agite pas pour trouver mieux. On dit que l'esprit est dans une situa^ tion agréable, lorsque tous les objets extérieurs auxquels il a rapport ne produisent sur loi que dès impressions agréables. Mais cette expression ne marque pas autant de fixité que le mot assiette» Celui qui est dans une assiette tranquille y reste et ne désire pas de changer de situation. Quek que soient les agrémens d'nne situation, on «peut , sous plusieurs rapports , n'y pas jouir d'une assiette tranquille , «t en désirer une autre. La vertu tient l'ame dans une assiette ferme et inébranlable. *
Assiette signifiant la manière dont un corps est posé sur un autre , ne signifie pas par Ini-
ASSISTANCE. V. ^roi.
ASSISTER. V. AiDKR.* ASSOCIATION , SOCIÉTÉ. Vassociation est l'action de s'associer , de former une so^ ciété, La société est le résultat de Vassocia* tion. C'est en vertu de Vassociation, c'est-àdire en vertu du ti;aité ou contrat par lequel les membres d'une société se sont unis à certaines conditions, que la société existe.
ASSOCIÉ. V. AïXii-
ASSOCIÉ, COLLÈGUE, CONERBRE.
L'idée d'union est commune à ces tr<ii» termes ; mais elle y est présentée so^a des aapecte diiférens.
Les associés sont unis en vertu dHin contrat ou traité qu'on nomme Afjociaftoi», qui fixe les avantages , les devoirs et les droits de chacun d'eux , et qni » poiw but leur intérêt commun.
Les collègues 4ont unis par une opération commune à laquelle iU sont vouéa dana la même magistrature , dans le même emploi. LesjugA d'un même tribçmal , les professeur» dan» la même université, s'appellent coUègHes„
Le» confrères sont uni» en ce qu'il» font partie d'un même corp», «u qa*il» exercent des fonctions ou des professions semblable»,
«s. pose sur un autre , ne sigmne pas par im- ™ -^- ^ ^^ , ^3,^i^.
même la solidité , la fermeté parfaite. Un corps | «« V\^ ^^* "î*""" , ^ A»i;««ni'*ir «•*pent êt«, nosé sur un autVT d'une manière tion de piété qm a pour but d honorer par
pent êtro posé sur un autre d'une manière. | plus ou moins solide , plus ou moins stable.
Une flèche posée sur un clocher peut y être plus ou moins stable. Elle est dans une bonne assiette, si elle tient fermement à la chose sur laqœHe elle est posée, dans une mauvaise as--
ticulièrement un mystère ou un saint.
Les associés sont tous intéressés à la prospérité de la société; les collègues sont engagés par l'honneur à s'aider franchement les uns les autres, et à employer pour atteindre au
Mtjucuc eue esv posée, aans uuciuauviuac cw- ica oi*«.i.»-o, ■*'- — — r — j — t
siette, si les vents la font vaciller. Ccst par des j but commtip Jou» leurs taUn» et toute» lev» •^fH^ qa'«i| désigne le» ^tifiéroite» ma- 1 lumières-
ASS
ÂSS
"Les confrères , en honorant le corps ou la société dont ils sont membres , s^honorent euxmêmes.
Un huissier est le confrère d'un autre buls- . sier , un cordonnier d'un autre cordonnier , un moine d'un ordre d'un autre moine du même ordre. Ils put le même état , ils exercent la même professipn.
ASSOCIER. V. AoRÉGMi.
- ASSOMMER, T\2^^. Assommer, c'est proprement faire mourir en frappant au sommet de la tête, ou par extension faire mourir en donnant des coups sur quelque partie du «Porpsqne ce soit.
Tuer , c'est ôter la Tie d'une manière violente autrement que par une exécution de jnstice»
Ces: deux mots se disent des hommes et des animaux, mais assommer ne se dit que des gros aniinaux. On tue une puce, on ne Vassomme pas.
ASSONANCE, 0PNSONNA*NCE. Ces deux termes de rhétorique et de poésie ne signilient pas exactement la même chose. UassO' nance se dit de la propriété qu'ont certains mots de se terminer par le inême son ou par d^ sons à peu près semblables , sans cependant former des rimes.
La consonnance est la ressemblance des sons qui forme la rime, lu assonance est un défaut en prose et en vers , et on a soin de l'éviter en français. La consonnance est admise dans les vers , mais on ne la souffre que pour la rime.
ASSORTIMENT. V. Assemblage.
ASSOUPIR , ENDORMIR. Ces deux mots expriment des actions qui mènent à un sommeil profond.'
Assoupir, c'est causer pîir degrés cet engourdissement des facultés de Tame et du corps qui conduit au sommeil.
Endormir, c'est causer immédiatement le sommeil sans que l'intervalle entre l'assoupissement et le sommeil ait été sensible.
Une personne assoupie n'est pas encore endormie, elle est près de se réveiller ou Aé Rendormir y elle n'est pas plongée dans le sommeil.
La lecture d'un ouvrage ennuyeux , les fumées du vin, assoupissent ; une. grande lassitude endort. On dit aussi que la lecture d'un livre ennuyeux endort, mais alors on veut parler d'un livre très ennuyeux , et qui provoque le soimn£^il sans rintermédiaire successif de l'assoupissement.
Au figure , assoupir signifie dim\naex\ l'actiyité, éteindre l'ardeur, empêcher les suit«s.
et il ne se dit que des choses* Assoupi»
haines , . les séditions , les qnereKes. Les haines publiques et particulières furent as»
soupies, (Fléchier.) 'Les querelles fnrciit etssoupies, (Voltaire.) Assoupir, en ce sens , n'a ^ tout-à-fait la même force qu'au propre; caj les haines, les querelles, les affaires peuvent se réveiller , et assoupir ne tend pas ici à un état fixe et permanent coinme le sommeil.
Endormir, au figuré, ne se dit que des hommes, et signifie les tromper, c'est-à-dire engourdir leur attention sur tout ce qu'ils ont intérêt de savoir , faire que toutes ces choses n'occupent pas plus leur esprit que s'ils étaient endormis, et les tenir toujours éveillés et attentif sur les fausses apparences qu'on lenr présente pour leur faire illusion. Endormir l'ennemi , c'est lui dérober la connaissance de ce qu'on projette en effet , et lui inspirer une fausse confiance par des apparences de projets qu'on n'a pas dessein d'exécuter.
On endort ceux que l'on vent tromper par des flatteries, par de fausses caresses, etc. Assoupir ne se dit point en ce sens.
ASSOUPISSEMENT, SOMMEIL. Vassottpissement est l'état d'un homme ou d'un annual dans lequel les facultés du corps et de l'ame sont plus ou moins engourdies par l'effet de la fatigue , par l'ennui , par la disposition prochaine au sommeil, 1,' assoupissement est le commencement du sommeil.
Le sommeil est un état de l'animal où l'engourdissement des facultés du corps et de l'ame est complet , et où il jouit d'un repos pendant lequel il repave ses forces et oublie ses peines.
1j assoupissement n'est pas très profond, il suffît d'un bruit léger ou d'une inquiétude quelconque pour en faire sortir. Le sommeil est plus ou moins profond, il faut un brait on une agitation un peu considérable pour le faire cesser. JJ assoupissement très profond est le sommeil; le spmmeil très léger est l'a; soupissfiment,
\J assoupissement ne va pas toujours jus- ^u^au sommeil; ce sont deux états distincts dpnt le dernier est le complément du premier.
Le sommeil commence toujours par Vassou' pissement , mais ce dernier est quelquefois si court, qu'il semble ne faire qu'un avec le premier , et qu'on les exprime l'un et l'antre par le mot sommeil; mais dans la réalité ils sont toujours distincts l'un de l'antre.|
V assoupissement existe toujours et peut se terminer sans le sommeil,
Asfoupisserneni nç se dit point au figuré;
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on ne dît pîis V assoupissement d'une affaire , d'ane querelle , de la douleur , quoiqu'on dise aisonpir une affaire, tlne querelle, la douleur; mais sommeil s'emploie souvent figarément. Le sommeil de la raison , des passions ; le Sommeil de la mort.
ASSOURDIR, RENDRE SOURD. ^J50«r^/r cVst affaiblir la sensation de l'ouïe ou en interrompre rusage. Rendre sourd, c'est détruire entièrement la se;nsation de l'ouïe . Le bruit da canon assourdit; quelquefois il rend entièrement sourd. Celui qui est assourdi ne Test que momentanément, il reprend l'usage de l'ouïe , mais quelquefois plus faiblement qu'auparavant; celui que le bruit du canon a rendu sourd ne reprend pas ordinairement cet usage. Un grand bruit qui remplit entièrement l'organe de Touïe assourdit, c'est-à-dire qu'il empêche, pendant qu'il dure, d'entendlte tout autre bruit; quand le bruit cesse, l'assourdissement se dissipe , au moins en partie. Il y a beaucoup de gens qne le bruit fréquent du canon rend sourds , c'est-à-dire chez qui il diltruit entièrement la sensation de l'ouïe.
ASSOUVIR , SATISFAIRE. Ces deux mots sont synonymes en ce qu'ils signifient l'un et l'autre appaiser un désir, uue passion. Mais assouvir suppose un désir ardent, extraordinaire , infatigable , sans cesse renaissant , une passion violente toujours croissante ; et satisfaire suppose un désir ordinaire et modéré.
Cet enfant a une faim vorace qu'on ne saurait assouvir. 11 est aisé de satisfaire les besoins de cet enfant , il se contente de peu. Ce qui suffirait pour satisfaire la faim de six hommes ordinaires , ne sufBt pas pour assouvir la voracité de celui-ci.
An figuré , ces deux expressions offrent les mêmes différences. Un homme violent, excessif, a de la peine à assouvir sa haine, sa vengeance , sa vanité ,. sa fureur , sa rage ; quelque mal qu'il ait fait à son ennemi, il n'est point assouvi s'il lui en reste encore à faire; c'est un tyran qui ne peut s^ assouvir de sang. Son ambition ne peut être assouvie. Il suffit quelquefois d'un repentir sincère pour satisfaire la haine d'un ennemi. La haine d'un ennemi féroce ne peut être assouvie que par la destruction de l'objet. ^
ASSUJETTIR, ASTREINDRE. Celui qui est astreint est lié ; celui qui est assujetti est soumis. lie premier est obligé d'agir en conséquence d'une règle , d'une loi , d'une convention , d'un usage , d'un devoir qu'il s*est imposé à lui-mênae; le second agit par l'effet d'une force supérieure à laquelle il est soumis. Dans pliuiears circfmstaiiçes astreindre dit
moins t^ assujettir ; car on peut souvent rompre» ou dénouer les liens qui attachent à la chose ; tels sont ceux que l'2>n a formés de sa propre vdlonlé , ou oui , ayant été formés de concert avec la volonté des autres, peuvent être dissous par cette même volonté. Le sage ne se conforme pas toujours aux choses que l'usage impose.
L'usarge est fait pour le mépris du sage ; Je me conforme à ses ordres gênans Pour mes habita , non pour mes senlimens;
(YOLTAIBE. )
Il n'en est pas de même des choses auxquelles on est assujetti; la cause est toujours hors de nous , an-dessus de nous, indépen- , dante de liotre volonté-; malgré soi il faut se soumettre.
On peut dire de certaines choses qu'on y est astreint ou qu'on y est assuj'etti: astreint, si l'on ne considère que la gêne qui résulte de la répétition des actes ; assujetsi, si l'on ne , considère que l'impression de la puissance qui soumet à cette disposition.
ASSUJETTIR. V. Asservir.
ASSUJETTISSEMENT , SUJÉTION^. Vas^ suj'ettissement est un état de gêne, de contrainte qui nous est imposé par quelque chose qui est au-dessus de nous. Les lois, les règles , l'autorité , l'empire , les coutumes , les bienséances , nous imposent des assujettisse' 'mens, et nous y tiennent. V assujettissement est un état qui nous tient dans la dépendance de toutes ces choses , de manière que nous sommes obligés de faire tout ce qu'elles
exigent.
La suj'étion est la gêne, la contrainte même qui nait de V assujettissement et nous force à faire les choses auxquelles cet état nous astreint.
V assujettissement nous tient assujettis ; la sujétion nous met dans la nécessité de faire ce à quoi nous sommes assujettis.
V assujettissement est une dépendance permaninte , un état habituel ; la sujétion est une gêne qui se fait sentir toutes les fois qu'il faut faire une chose qui dérive de V asservis sèment. La nature nous tient dans un assujettissement continuel par tous les liens qui nous attachent aux hommes et aux choses ; et nos besoins sont SCS sujétions qui nous rappellent notre assujettissement^ toutes les fois que nous sommes obligés de les satisfaire.
V assujettissement a un rapport particulier à la cause, an principe, à la force , au titre , à la puissance qui nous tient assujettis ; la sujétion 2i un rapport spécial à l'action , à la gêne, à ^'obligatio^ actuelle ^ui W>^ «««^
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imposée par V assujettissement , à l'effet qne noas ressentons tontes les £ois qu'il faat faire une chose qu'il «xige.
Autrefois les vassaux étaient tenus par leurs seigneurs dkns un dur assujettissement , et c'était une cruelle sujétion pour eux d'être obligés de travailler gratuitement pour ces sdgneurs, une grande partie de l'année.
ASSUKANCE, BOMËRIE. Termes de commerce de mer. La bomerie est une espèce de contrat ou de prêt à la grosse aventure , assigné sur la quille du vaisseau , différent 4le V assurance , en ce qu'il n'est rien du , en vertu de ce <H>ntrat , en cas de naufrage f mais seulement quand ce navire arrive à bon port. On a donné ce nom à l'intérêt des sommes prêtées entre marchands sur la quille du vaisseau ou sur les marchandises qui y sont chargées , moyennant quoi le prêteur se soumet aux risques de la mer et de la guerre ; et comme la quille d'un vaisseau s'appelle boaem en hollandais , on a nommé ce prêt bodemerie, ou bodmerie , dont nous avons fait bomerie.
A5SURÉ , SUR , CERTAIN. On dit des choses qu'elles sont certaines, pour dire qu'elles sont tellement connues , prouvées , vérifiées , qu'elles ne penvent être révoquées en doute. L'existence de la ville de Rome est une chose certaine ; deux et deux font quatre est une proposition certaine , une chose certaine, nn fait certain.
On dit aussi qu'on est certain d'une proposition, d'un fait, et alors la certitude tombe non sur la chose , mais sur l'esprit qui a examiné la chose et qui en a pris , par ce moyen , une connaissance évidente.
Être. certain d'une chose, c'est en avoir la certitude. Or la certitude est produite par l'évidence ; et comme on disUngne trois^ degrés d'évidence , savoir l'évidence métaphysique , l'évidence physique et Tévidence morale, on distingue ^fissi, par rapporta ces trois degrés d'évidence, la certitude métaphysique, la certitude physique, et la certitude morale.
La certitude métaphysique est celle qui naît de l'évidenee métaphysique ; telle est celle qu'un géomètre a de cette proposition que les trois angles d'tm triangle sont égaux à deux angles droits , parce qu'il est< métaphysiquemeat, c'esl-à-dire absolument aussi impossible que eela ne soit pas, qu'il l'est qu'un triangle soit carré.
La certitude physique est celle qui naît de l'évidence physique ; telle est celle qu'a une personne qu'il y a du feu sur sa main , qpand^llo le roit et ^'^Ik w f4nt hràler ,
parce qu'il est physiquement impossible que cela ne soit pas , quoique absolument et ngourensement parlant , cela put ne pas être.
La certitude morale est celle qui est fondée sur l'évidence morale 3 telle est celle qu'une personne a du gain et de la perte de son procès , quand son procureur ou se* amis le loi mandent , ou qu'on lui donne copie du jugement , parce qu'il est moralement impossible que tant de personnes se réunissent pov en tromper une autre à laquelle ils prennent intérêt , quoique cela ne soit pas rigoureusement et absolument impossible.
Ainsi l'on est plus ou moins certain d'nne chose, lorsqifon en a une de ces trois espèces de certitudes.
On dit qu'on est ju!r d'nne chose, lorsqu'on en a acquis ou qu'on croit en avoir acquis lyie telle certitude , qu'on regarde l'opinion qu'on en a prise , comme une chose indubitable et invariablement fixée dans l'esprit.
Une chose certaine est une chose dont la vérité a été constatée par l'évidence; une chose sure est une chose dont Topinion s'est établie dans Tesprit d'une manière fixe et inébranlable , par la force de l'évidence « qu'on en a acquise. Quand on dit qu'on est certain d'une chose , on veut dire qu'on en a acquis une connaissance parfaite , par l'an oa l'autre des trois degrés d'évidence dont nous avons parlé.. Quand on dit qu'on est sdr d'une chose, on veut dire que la connaissance de cette chose est tellement établie dans l'esprit en conséquence de la certitude qu'on en , a acquise , qu'on en a une conviction parfaite , et que tous les efforts qu'on voudrait faire pour l'en chasser seraient inutiles. On est certain d'une chose', parce qu'on a connu qu'elle est vraie ; on en est sdr en conséquence de cette connaissance* Dans le premier cas, c'est IVxamen qui a agi ; dans le second , c'est l'éHdence obtenue par l'examen.
Mais quoiqu'on puisse dire qu'on est certain on qu'on est sûr d'une chose, on ne peut pas dire de toute chose qu'elle est certaine ou qu'elle est sére.
Une chose est certaine , lorsqu'elle offre une évidence métaphysique , physique ou morale , propre à en établir la certitude dans l'esprit. Si l'évidence est ^lU que la chose ne puisse pas être autrement , on peut dire que la chose est certaine ; mais on ne peut pas dire qu'elle est sûre : par exemple , deux et deux font qgatre , est ulie proposition certaine , mais on ne peut pas dire que c'est une proposition sUre , parce qu'dle est 4*fUM éviteic* qui n'admet aoenna Tariation ,
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ascsne ezceptîoii , et que la dxoae ne peut pas être aatrement.
Mais si la chose admet quelque variation y qaelqae exception absolument possible , comme il arrive dans la certitude physique et sar-toat dans la certitude morale, on peut dire qu'elle est certaine ou qu'elle est sUre , selon ^'on aura en vue son évidence positive^ oa son opposition aux variations , aux excep» dons dont elle est susceptible. Je dis d'un événement qui s'est passé il y a mille ans ou à mille lieues d'ici , que c'est un fait certain, lorsque je ne considère que l'évidence des prpaves morales qui l'ont fait admettre comme tel. Mais je puis dire aussi que c'est nn fait sur , si je le considère comme un fait qui , absolument parlant , peut avoir eu ou n'ayoir pas eu lieu. Je le présente en opposition avec toutes les possibilités qui pourraient en faire douter. C'est un fait certain signifie j en parlant de choses morales, c'est un fait établi par une évidence morale ; c'est nnfait sûr signifie c'est un fait qu'on ne peut contredire par aucune des exceptions possibles (ja'admet une évidence morale.
Sur se dit quelquefois des choses ou des personnes sur lesquelles on peut compter , aaxqnelles on peut se fier. Cette nouvelle est
certaine , car elle me vient d'une voie très sure. £n ce sens si^r n'est pas synonyme de certain , car certain a toujours un rapport direct ou indirect à l'évidence , et sûr n'en a iciqn'à la confiance. On dit uu ami sûr, un ^pion sûr, et non un ami certain ^ un espion certai4.
Sur s'emploie ordinairement en parlant de choses qui concernent la pratique , qui servent de guide , et dans tout ce qui sert % la conduite; mais les choses que l'on dit sures en ce sens , ne peuvent pas être dites certaines ^ à moins qu'outre leur sens de direction de conduite, elles ne soient susceptibles d'être démontrées par le raisonne-, ment. On dit nn remède sûr, une conduite ^itre , une voie sûre , un moyen sûr , ' parce qnc les mots remède , conduite , moyen ^ voie, indiquant essentiellement une direction vers un but , ne sont pas par eux-mêmes suscep- Oûles d'être soumis à l'évidence. Ainsi une Qiaxime certaine est une maxime sûre, parce qu une maxime, outre sa flestination d'éclairer la conduite et d'être propre à conduire à un but, renferme en elle-nieme une vérité susceptible d évidence. Ainsi une maxime certaine est une maxime dont on a connu la vérité par i évidence, etunemaxime^i^re est une maxime T" conduii sÂrenkent à un but.
^^^f^mn ei «2r se duent aiueî par rapport
à ravenir, Aûuî Ton dit, je sois certiun qiw je réussirai y et je suis sûr que je réussiraL Dans le premier cas , on veut dire qu'on a examiné tous les rapports des moyens qu'on a dessein d'employer avec le succès , et que cet examen a produit une sorte d'évidence ; dans le second , on veut marquer qu'on a écarté tous les obstacles qui pounraient empéeher le succès.
Assuré a un rapport particulier à la durée des choses , et au témoignage des ■ hommes.
Cet homme a nue fortune assurée» C'est un trait d'histoiire très bien assuré. La faveur des princes n'^t jamais bien ojfuree.V.CBaTaiN.
^ ASSURER. V. Affermir. ^
ASSURER. V. Affirmer.
S'ASSURER AUX BONTÉS DE QUEL- QU'UN , S'ASSURER DANS LES BONTÉS DE QUELQU'UN , S'ASSURER SUR LES BONTÉS DE QUELQU'UN. Racine a dit :
Mais je v^ assure encore aux bontés de mon frère.
La Harpe a critiqué cette expression. On dit, je tOLOssure dans vos bontés, et non pas je vûLOSSMire à dos bontés.
On dit s'assurer sur , dans le sens d'avoir^ confiance. Racine a dit :
Ne vous assurez point sur, ce coeur ineonstant.
( Phèdre. ) Ne vous assurez point sur ma faible puissance.
( Ipwgéhiz. )
ASSUltER, RASSURER. ComeiUc et Racine ont employé assurer au lieu de rassurer,
"M* assurer, dit Yoltaire, ne signifie pas me rassurer. Je suis effrayé , on me rassure ; je doute d'une, chose, on tol assure qu'elle est vraie. Assurer avec un régime direct ne s'emploie qu^ pour certifier. Tassure ce fait.
ASTHÉNIE, ADTNAMIE, ATONIE. Termes de médecine. Ces trois mots exfSKoatmX un état de débilité dans le corps humain. Mais asthénie est plus général et s'applique à tout le système; adjmamie se dit particulièrement de la faiblesse muscnlaii*e; et atonie de la faiblesse des organes , produite par une diminution de tpnicité.
ASTRE, ÉTOILE. Astre est nn mot général par lequel on désigne tous les corps célestes , c'esl>à-dire le soleil , la lune , les planètes , les étoiles et les comètes. Par le mot étoile, on désigne les corps célestes lumineux par eux-mêmes.
Les astrologues se sont imaginé que les astres influaient sur le caractère, le tempérament, la conduite , les inclinations , ]a destinée des hommes, et nous avons cooicrfé
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une partie de War langage à cet égard. Boi- Icau a dît qu'an libmme ne doit point faire des rers , '
S*Un'a reçu du ciel l'influence secrète , Si son astf^ en naissant ne l'a formd poète.
Étoile se prend y)nvent pour destin. Quelques hommes ont cru que nous avons tous une étoile qui nous conduit et à laquelle nous ne pbuvons pas nous soustraire. Une bonne étoile, une mauvaise étoile ; une étoile heureuse , ûnQ étoile malheureuse. Toutes les fois quMl est question d'influence, il faut se servir du mot astre, et du mot étoile quand il s'agit d'un sort inévitable. On dit l'influence des astres , et non pas l'influence des étoiles.
Uétoile n'influe pas , elle conduit. On ne peut résister à son étoile.
Sous quel astrç ton maître a-t-il reçu le jour ? Sous quel astre , bon Dieu I faut-il que je sois nce !
Cest ma malheureuse étoile qui m'a conduit dans cette ville, jdstre présente une idée accessoire de brillant, d'éclatant.
On voit paraître Guise , et le peuple inconstant Tourna bientôt ses yeux vers cet astre éclatant.
( Voltaire. )
Les poètes disent d'une belle femme que c'est un astre, ils ne disent pas que c'est une étoile.
ASTREINDRE. V. Assujettir.
ASTREINDRE, CONTRAINDRE. Astreins dre , du latin astringcre , lier étroitement. Cest lier , assujettir à des choses dures , sévères, gênantes, et qui reviennent souvent. Je suis astreint à me lever tous les joui's à quatre heures du matin. On m'a astreint à snivre cette règle de point en point. Les moines sont astreints à prier Dieu le jour et la nuit. On a voulu Vastreindre à des conditions humiliantes. *
Contraindre, ohWgeT quelqu'un par violence ou par quelque considération à faire une chose.
Astreindre s^uppose un assujettissement résultant de quelque règle, de quelque loi, de quelque condition , de quelque usage , ou d'une libre volonté qui s'y est soumise. Cette règle astreint k un travail journalier. La loi astreint les citoyens à respecter les magistrats. L'usage astreint à faire des visites à ses parens et à ses amis , à chaque renouvellement d'année. Il s'est astreini à un régime austère.
Astreindre marque toujours une action répétée; contraindre ne suppose qu'une action seule. Un d(>mestique est astreint à exécuter les ordres de son maître, et ces ordres reviennent souvent ; un débiteur est contraint à payer ans dette.
Celui qnî est astreint est lié par la loi,' par la règle , par le^ conditions , par des bienséances, e£c., qui pèsent constamment sur lui ; celui qui est contraint est obligé par une force actuellement active de faire une chose qu'on exige de Ini.
Lorsqu'on a fait une chose à laquelle on a été contraint, on est libre , et il ne sulwbte
plus de lien ; lorsqu'on a flttt une chose à laquelle on est astreint, le lien subsiste toujours , et on ne laisse pas pour cela d'être astreint à toute» les choses de la même espèce qui se présenteront dans la suite.
ASTROLOGIE , ASTRONOMIE. Vastro^ nomie est la connaissance du ciel et des phénomènes célestes. Vastroloffie est l'art de prédire les évènemens futurs par les aspects, les positions et les iiifluences d«B corps célestes. Les anciens appelaient astrologie ce que nous nommons aujourd'hui astronomie.
On divise V astrologie en deux branches , V astrologie naturelle, et V astrologie judiciaire. V astrologie naturelle est l'art de prédire Jcs effets naturels , tels que les cliangemens de temps, Jes vents, les tempêtes, les orages, les tonnerres , les inondations , les tremblemens'de terre, etc.
V astrologie \Màici2ire, à laquelle on donne proprement le nom di astrologie, est l'art prétendu d'anndncer les évènemens moraux avant qu'ils arrivent : j'entends par évènemens moraux ceux qui dépendent de la volonté et des actions libres de l'homme.
ASTROLOGUE, ASTRONOME. V astronome connaît le cours et le mouvement des astres; V astrologue raisonne sur leur influence. Le premier observe l'état des cieux , marque l'ordre des temps , et les révolutions qni nausent des lob établies par 4e premier mobile de la nature , dans le nombre immense des globes que contient l'univers; il n'erre guère dans ses calculs. Le second prédit les évnemens, tire des horoscopes , annonce la plme > 1® froid , Je chaud , et toutes les variations des météores; il se trompe souvent dans ses prédictions. L'un exprimé ce qu'il sait , et mente l'estime des savans; l'autre débite ce quil imagine , et cherche l'estime du peuple.
Le désir de savoir fait qu'on s'appliqo« a V astronomie; l'inquiétude de l'avenir fait donner dans V astrologie. (Extrait des Synonymes de Girard. )
ASTRONOME. V. Astrologue.
ASTRONOMIE. V. Astrologie.
ASTUCE, FINESSE. Ia finesse est prise ici dans un sens moral. C'est la qualité d'un esprit délié et clairvoyant qv, eMmiM»' e»
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détail les choses, leurs différentes parties , les rapports de ces parties entre elles on avec le toot , on avec les circonstances et les objets da dehors, parvient à connaître ces choses d'une manière plus claire, plus détaillée et pins exacte que ceux qui n'ont p^s cette qualité , et qui dirige en conséquence les actions de celui qui est pourvu de cette faculté.
Il est permis d'avoir de \a finesse, et ce mot , dans sa signification naturelle , n'emporte une idée de blâme que dans l'esprit de ceux qui ont intérêt à n'être pas connus pour ce qu'ils sont. Il m'est permis d'employer ^i finesse avec mon ennemi, si, par ce moyen, je pois connaître les projets qu'il a formés contre moi et les détourner; si je puis connaiti'e et rompre les moyens qu'il emploie pour me nuire.
Si à hi finesse on joint l'intentix)]^ de nuire , c'est Y astuce. U astuce est une finesse pratique^ dans le mal ; c'est la finesse qui nuit ou qui veat nuire. Dans Vastuce , \aifiness0 est jointe à la méchanceté.
Qui pourrait blâmer la finesse d'un homme bienfaisant qui serait parvenu à connaître la situation , les dispositions , les peines d'un nulheoreux trop timide on trop discret, et qui ne se «ervirait de cette connaissance que pour lui donner des avis utiles, des secours nécessaires , des consolations ou de l'appui ? Qai pourrait ne pas abhorrer Vastuce d'un méchant qui ne prend adroitement connaissance de tODt ce qui concerne une personne, que pour divulguer ses fautes et ses faiblesses, et la perdre de réputation , quelquefois même pour la dénoncer?
ASTUCE , RUSE. Vastuce est une finesse qai cherche à nitire; la ruse une finesse qui cherche à tromper , à en imposer. L'une tend directement à faire le mal; l'antre à cacher sous de fausses apparences le mal qu'elle veut faire. Vastuce cache ses intentions, la ruse cache sa marche et déguise ses moyens. Vastuce marche appuyée de la finesse; la ruse marche accompagnée de la tromperie et du mensonge. L'homme astucieux semble vous mener au bien lorsqu'il sait qu'il vous mène au mal; l'homme rusé vous mène par des voies détournées , où vous ne pouvez plus vous reconnaître, et vous y tend des pièges et des embûches.
ASTUCE, PERFIDIE. Voftuce est une finesse qui tend à nuire; la ruse, une finesse qui tend à tromper. On en peut dire (Uitant de la perfidie qui tient en mcnîe temps de ^astuce et de la ruse. Mais \i. perfidie enchérit •ar ces deux vices ; sm* Vas(uce, en ce qu'elle
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tend à faire un plus grand mal ; sur la mse , en ce qu'elle n'emploie pas tel ou tel moyen particulier pour tromper, mais tous les moyens les pins puissans , tous les ressorts les plus cachés ; c'est un mensonge de toute la personne. "L^ perfidie est une fausseté noire et profonde qui emploie pour mieux tromper toutes les apparences de la fidélité, de la loyauté , de la franchise.
L'homme rusé vous mène à «es fins en cachant ses moyens ; le perfide vous Qiène aux siennes en affectant toutes les apparences contraires. Le rusé vous fait croire une chose fausse^ parce qu'elle entre dans le plan qu'il a formé pour vous tromper ; le perfide manque à sa foi , à sa parole , en affectant une probité et une fidélité inviolables. Celui qui est victime de Vastuce ou de la ruse , n'a pas toujours une confiance entière dans ceux qui les exercent à son égard, sans qu'il s'en aperçoive; celui qui est victime de la perfidie est d'autant plus facilement, d'autant plus cruellement trompé , qu'il a dans celui qui le trompe une confiance entière fondée sur la foi des sermens , sur les engagemens les plus sacrés , sur l'assurance qu'on lui donne qu'on est inviolablement attiaché à ses engagemens, sur des démonstrations continuelles de fidélité, de probité , de franchise. •
Vastuce et la ruse ne S'exercent guère dans des cas particuliers, et n'attaquent pas toujours directement les fondemens du bonheur. La perfidie s'attache à ces fondemens, elle empoisonne lessentimens du cœur, elle déchire les liens que chérissait celui qu'elle attaque , et lui fait des blessures dont il ne guérit pas aisément. L'épouse infidèle qui accable son mari de caresses , de protestations d'amour et de fidélité, qui cherche toutes les occasions de lui donner des preuv^ apparentes de sa sagesse, de son attachement à ses devoirs, et de son horreur pour le vice auquel elle s'est livrée, est une épouse perfide. Celle qui, coupable des mêmes fautes , n'a pas employé les mêmes moyens pour lui en imposer , est infidèle, mais elle n'est -paiS perfide.
On peut employer Vastuce et la rus^nvers toutes sortes ^e personnes., mais on n'emploie la perfidie qu'envers celles auxquelles on a inspiré quelque confiance , avec lesquelles on est atfaché par <les devoirs, des obligations étroites ou sacrées. Plus les liens sont sacrés, plus la couiîance est grande , et plus la per^ fidie est atroce.
11 entrç de la ruse dans la perfi.iic, mais c'est l'excès de la ruse , la ruse portée sa plus haut point de la fausseté.
ASYLE, V. Asile.
ATR ( «42 )
ATELIER i BOUTIQUE , MAGASIN , CHANTIER. V atelier et la boutique sont l'an et Tantre des lietix oh Ton travaille ensemMe et séparément. Mais Vateliér se dit dés peintres , des scnlptears , des fondeurs et de quelques autres; le chantier , des charpentiers , marcUands 4^ bois, constructeurs de vaisseaux; et la boutique, de presque tous les autres arts mécaniques. Le chantier est ordinairement plus ^rand que Vateliér, et Vateliér plus grand que la boutique, * Vateliér et la boutique sont couverts , le chaiùier ne l'est pas toujours, ni presque jamais en entier.
X! atelier et le chantier sont des bâti mens séparés ; la boutique et le magasin sont des lieux particuliers d'un bâtiment ; la première a communément- une ouverture sur la rue.
Les ouvrages se font dans Vateliér et dans la boutique, se renferment dans le magasin , et restent ai^ contraire sur le chantier jusqu'à ce qu'ils soient employés ou vendus.
ATINTER , PARKR. Parer, c'est embellir une chose par des ornemefts. Atinter, c'est parer avec un soin minutieux et . d'une manière ridicule. *
Atinter est un terme populaire et de déni* grement; il suppose que la personne ou la chose ne mérite pasl^ ornemens, est au-dessous des omemens. Il suppose du ridicule, de la petitesse dans la personne qu'il atinte , et de l'affectation dans les ornemens.-
On dit s^ atinter et se parer,
ATOME, PARTICULE. Les oromej comme les particules sont les plus petites parties des corps qui servent à les composer. Mais atome se dit àe» particules que l'on suppose ne pouvoir être divisées ; et particule est le terme ordinaire qui se dit des parties les plus petites des corps, abstraction faite de cette pi*opriété*
ATONIE. V.AsTHÉïTiE. ' •
ATOURS, PARURE. Parure se 'dit des hommes et des femmes pour signifier tout ce qui peut contribuer à donner de l'éclat ou ^e l'élégance à leur habillement. Atours ne se dit sérieusement que de la parure et des omemens des reines et des princesses. Partout ailleurs , il ne se dit qu'en plaisantant.
ATRABILAIRE, MÉLANCOLIQUl^ Ces deux mots se disent de celui qui est triste et chagrin par l'effet du tempérament ou d'une bile noire et tenace attachée aux viscères , ou par le sentiment habituel de son imperfection, ou enfin par l'effet de quelque chagrin.
MélancoliqueyàHhien moins qvi* atrabilaire.
L'état du premier est susceptible de plusieurs degrés, dont les plus faibles n'offrent rien
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de fâcheux; le second est attaqué d^one maladie cruelle.
Le mélancolique est dans ,nn état de Un* guenr et d'anxiété qui n'est souvent distingué de l'état ordinaire ,,qne par l'absei^ce de U gaîté qui naît du contentement de soi-même^ Vatrabilaire est dans un état de fermentation et d'angoisse. La tristesse da mélancolique est morne et inquiète; celle àe Vatrabilaire est sombre et farouche. Le mélancolique se plait dans la méditation qui exerce assez les facultés de l'ame pour lui donner un sentiment doux de son existence, et qui, en même temps, la dérobe au trouble des passions , aux semations vives qui la plongeraient dans l'épuisement; Vatrabilaire ne se plaît à rien , il ne peut vÏYre avec lui-même , son existence lui est à charge. Le mélancolique n'est point ennemi de la volupté, il se prête aux illnsions de l'amour, et savoure les plaisir^ délicats de l'ame et des sens ; Vatrabilaire ne se prête à aucun plaisir, son cœur est endurci. Le jnélancoUque, sensible à l'intérêt que vous lui témoignez, l'est encore aux peines de ses semblables; Vatrabilaire , ennemi des antres et de luimême , voudrait ne voir que des êtres plus mallteurenx que lui. Le mélancolique meurt lentement , Vatrabilaire se tue quelqnefoû. La maladie de Vatrabilaire est la mélancolie portée an plus haut degré.
ATRE, FOYER. Vâtre est proprement l'endroit le plus enfoncé d'une cheminée, et oà l'on fait le feu. Le fo^er est non-seulement l'endroit ou Von fait le feu, mais encore tonte la partie de la cheminée qui s'étend depuis Vdtre jusqu'au parquet. On met les matières combustibles dans Votre. Vâtre reçoit les cendres.
ATROCE, ÉNORME, GRAND. Ces trois adjectifs se* disent des crimes, et en marquent les différens degrés. Un grand crinle est un crime qui, rangé dans la classe des crimes, est porté au plus haut degré de cette classe, mais sans l'excéder. U y a des crimes plus ou moins grands.
Énorme, du latin enormis, formé de ndnnd, règle , et de la préposition e , signifie littéralement qui est hors delà règle et outre la mesure. Un crime énorme est une crime qui excède la classe des actions que l'on appelle ordinairement crimes ; c'est plus qu'un grand
l'un crime , c'est un crime extraordinaire.
Atroce ajoute à Vénormité un sentiment extrême d'inhumanité, de cruauté^, de férocité , de barbarie , dans celui qui commet le crime. Voler est un crime plus ou moins grandi selon les circonstances j tuer «9
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homme pa^ irengeance est un grand crime ; mer an homme qui ne &ous à fait aucan mal est nn crime énorme"; tner son père, sa mère, et trouver da plaisir à les voir souffrir, est an crime atroce, TpUie faisant passer son char mr le cadavre de son père, Néron faisant assassiner sa mère, commettent des crimes atroces.
ATROCE , BARBARE , CRUEL. Ces trois mots se disent des hommes qui commettent des crimes , par rapport anx sentimeos qui les y portent.
Un homme cruel est un homme dur et inhumain, insensible, qai aime à faire souffrir et a voir souffrir. Un homme barbare est un homme dont la cruauté provient de Tigno' rance et du défaut de civilisation ; un homme atroce est un homme dont l'ame est tellement dénaturée qu'il se plaît de préférence à commettre les crimes qui violent les lois les plus sacrées de la nature et de l'humanité.
L'homme barbare agit par un sentiment aveugle, et n'aurait besoin que d'être éclairé. L'homme cruel se livre à la passion horrible qui lui fait trouver du plaisir aux souffrances de ses semblables. L'homme atroce est entraîné par une espèce de fureur qui n'aspire qu'aux plus grands excès du crime.
L'homme atroce est barbare et cruel ; il enchérit sur ces deux vices, par un excès qui ne peut être retenu dans aucune borne , et qui brave ce qu'il y a de plus respectable et ïie plus sacré.
On dit qu'un animal est cruel, parce qu'il agit par suite d'un penchant naturel qui lui fait aimer le sang , et qui ne peut être réprime. Mais on ne peut^pas di^e qu'un animal est barbare ni qu'il est atroce, parce que bar" oare suppose un vice qui peut être corrigé par les lumières de la raison, et que l'animal n en est point capable; et atroce, une connais- Mncc des lois sacrées que l'on viole , et que l'animal n'en est pas susceptible.
On dit aussi une ame atroce, une ame oarbarey une ame 'cruelle; un cœur bar- ^<^ , etc.