‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 85 sur 253 · S'ATTABLER , SE METTRE À TABLE · texte numérisé non relu

S'ATTABLER , SE METTRE À TABLE

* '««^*re à table signifie s'asseoir auprès d'une table pour prendre un repas. S'attabler signifie s'asseoir auprès d'une 4able et y rester rong-temps, soit pour manger , soit pour jouer a quelque jeu. Une personne qui mange seule se met à table , lorsque son repas est ^^^ ; plusieurs personnes qui mangent en- *^ble se mettent de même à table lorsque le '«pasett servi. Mais lorsqu'on s'est mis à tçble Çi on y reste pendant un tempâ beaucoup

plus long que de coutume , cette action de se , mettre â table s'appelle s'attabler. Vous voua êtes mis à table à six heures et il est minuit ; il y a cinq heures que vous êtes attablés. On ne se met pas à table pour jouer, on s' attablé, sur-tout lorsqu'on a intention de jouer pendant long-temps. Quand on ne se sert pa^ da mot attabler qui est familier , on dit simplement s'asseoir ou prendre place. Il est temps de commencer à jouer; asseyons-nous ou pre> nons place.

ATTACHÉ. V. Uhi.

ATTACHE, LIEN. Attache, ce qui sert à attacher ; lien, ce qui sert à lier Or, il y a cette différence entre attacher et lier, que Uer a pour but d'empêcher des objets de se séparer ; et attacher , d'arrêter un objet. Ainsi Uen est une chose qui empêche plusieurs objets de se séparer ; et une attache une chose qui sert à arrêter , à fixer un objet en nn liea ou sur une autre chose. C'est av^c 'des liens qu'on lie les épis dont une gerbe est composée, et' ces liens les empêchent de se séparer; c'est avec des attaches qu'on tient une tapisserie étendue contre une muraille , un tableau Bxé à une muraille , et ces attaches servent à les fixer sur la muraille. Y. Attacher.

ATTACHE, ATTACHEMENT, DÉVOUE- MENT. Ces trois mots, dont les deux premiers sont pris au figuré , désignent diverses espèces de liens qui nous attachent à des personnes ou à des choses.

Attache se dit d*un lien plus ou moins fort qui nous attache à une personne on à une chose qae nous quitterions difficilement , dont nous ne nous séparerions qu'avec peine, soit à cause du goût, de l'inclination que nous avons pour cUe , soit par le simple effet de l'habitude que nous avons contractée d'en jouir, soit par quelque motif d'intérêt, d*amour-propre , de vanité, etc. On a de V attache pour les personnes ou pour les choses qu'on pourrait qtdtter ' et qu'on ne quitte t point , dont on pourrait se séparer et dont on ne se sépare point. On ne dit pas qu*on a de V attache pour sa femme, pour son père, pour ses enfans , parce qu'on n'est pas libre de rompre le lien qui nous attache à eux.

"L'attachement est un sentiment du cœur qui fait que l'on chérit une personne ou une chose, et qu'on y est attaché. V attachement est conforme aux lois de la nature ou de la société , aux règles de la convenance , de la bienséance. On a de YattachemenX pour son père , pour sa mère , pour son frère , pour sa sœur , pour sa femme , pour ses enfans ,- pour sa famille, pour ses amis, pour sesbienfai*

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tenrsi poar sa patrie , poar ses devoirs , pour toat ce que la nature et les lois obligent d'aimer, pour tout ce qu'on ne peut quitter , dont on ne peut se dlétacher sans blesser Tordre , la raison , les convenances.

Vattache n'a pour appui aucune de ces clioses, souvent même elle les blesse et les contrarie. On a de Vattache pour une maison qu'on habite , pour un meuble dont on se ' sert. Telle femme a de Vattache pour son chien ou pour son perroquet, et n'a d'affa-' chement ni pour son mari ni pour ses enfans.

Un domestique a de Vattachement pour son maître. Un maître a beaucoup à*ateache pour son domestique.

U attache et Vattachement peuvent con^ sister l'un et l'autre dans un sentiment très vif du cœur , mais le sentiment de Vattache est blâmable et blâmé a cause de son objet , et le sentiment de Vattachement est estimable et estimé à cause du sien. Un mari a de Vattackement pour sa femme, c'est-à-dire un sentiment du cœur très vif qui Vattache à elle ; c'est de Vattachement parce que ce sentiment est conforme aux bonnes mœurs , aux lois dé la décence, de la convenance, etc. Un mari a pour une maîtresse un sentiment très vif qui Vattache autant à elle , que Vattacheinent qu'il po^irrait avoir poui' sa femme ; c'est de Vattache parce que ce sentiment est contraire aux bonnes mœurs , à la sainteté des engagemens , etc. Telle femme a de Vat" tache pour son cliien ou son perroquet, et n'a de Vattachetnent ni pouc son mari ni pour ses enfans. Un jeune homme a beaucoup à^attachement pour une jeune personne que ses parens veulent lui faire épouser ; il a beaucoup dUattache pour une personne qu'il veut épouser contre la volonté de son père. Avoir de Vattache est rarement une louange et est souvent un sujet de. blâme; avoir de Vattachement est' toujours honorable , et ce mot ne se prend en mauvaise part que lorsqu'on y joint un adjectif qui le tire de son acception naturelle , un honteux attachement; mais avec cet adjectif 41 revient au mot attache et ne signifie pas autre chose.

^ Dévouement est d'usage pour marquer une parfaite disposition à obéir en tout, à faire toutes sortes de sacrilices. Il suppose le plus grand attachement possible. On est dévoué à sa patrie , à son prince, à sOn maître , à son bienfaiteur.

ATTACHÉ , AVARE , INTÉRESSÉ. L'amour de l'argent est le sens général de ces trois mots. Un homme attaché aime l'épargne et fuit la dépense ; un homme avare aime la possession et ne fait aucune usage de l'aigent

qu'il à ; un homme intéressé aime le gain et ne fait rien gratuitement.

Vattache s'abstient de ce qui e&t cher; Vavare se prive de ce qui coûte ; Vi/itértssé ne s'arrête guère à ce qui ne produit rien.

On manque quelquefois sa fortune pon:

ét^e attaché, comme on se ruine en faisanttrop de dépense.Xes avares ne savent ni domier, ni dépenser ; ils se laissent senlement extorquer par fa nécessité bu par le besoin ce qu'ils tirent de leur bourse. Il y a des personnes qui, pour être intéressées , rV en sont pas moins prodigues; elles donnent libéralement à leurs plaisirs ce que l'avidité du gain leur fait acquérir. (Extiait des Synonym**» ^* Girard. )

ATTACHÉ. V. Amî.

ATTACHÉ. V. * Adhérewt.

ATTACHEMENT, LIAISON. Ces denx mots sont pris ici an figuré et dans un sens moral.

Vattachement est un sentiment du cœur qui fait qu'on aime une personne et qa'on y est attaché.

La liaison prise dans le même sens est le résultat d'un sentiment du cœur qui fait qne Ton est lié à une personne.

Mais il Y a cette différence entre ces deux mots que le premier n'exprime point de réciprocité , et que le second l'exprime nécessairement. Quelqu'un peut avoir de Vattache' ment pour une personne sans que cette personne en ait pour lui, et le mot attachement n'exprime point cette réciprocité; mais lorsque le mot liaison se dit d'un lien du cœur , comme dans * liaison d'amitié , liaison d amour , etc. , il emporte nécessairement l'idée de la réciprocité oes sentimens. La liaison de deux amis suppose nécessairement un sentiment réciproque d'amitié de l'un pour l'autre. Il en est de même de la liaison des amans.

. ATTAQIEMENT. V. Attaché.

ATTACHER, LIER. Lier, entourer d'un lien , serrer avec unlien plusieurs choses pour empêcher qu'elles ne se séparent. C'est ainsi qu'on lie une gerbe de blé , une botte de foin, un faisceau de verges.

Attacher , c'est fixer , arrêter une chose dans la place ou la situation où l'on veut qu'elle reste.

En parlant des hommes et des animaux t les lier , c'est assujettir leurs mciphi-es p.'vr des liens pour empêcher leurs raouvemens.

On lie les pieds et les mains d'un criminel i et on Vattache à un poteau.

On lie les choses avec des Uens , avec des cordes, avec de l'osier, avec tout corps flf^ii"

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hle propre à entourer et à serrer. On attache avec des choses propres à fixer , à arrêter, comme des dous, des chevilles, etc. On attache anssi les hommes et les animaux avec des liens , lorsque ces liens les fixent à un antre objet dont on ne veut pas qu^ils se séparent.

Plusieurs choses liées ensemble ne peuvent se séparer , se disperser ; celui qui a les pieds oa les mains liés ne peut faire usage ni des uns ni des antres ; ce qui est attaché ne peut changer de place.

Figurément , on est lié par des promesses , par des engagemens ; on est attaché par les sentimens du cœur. Qu'un homme aime sa femme on ne l'aime pas , il n'en est pas moins lié avec elle par les liens du mariage. S'il Vaime , il lui est attachée L'autorité lie , l'inclination attache,

ATTAQUE, ATTEINTE. Ces deux mots se disent en médecine. "L'attaque est l'accès d^ane maladie qui est bien déterminée , bien constatée ; V atteinte est \)attaque légère d'une maladie dont l'existence n'est pas encore bien constatée. Celui qui a des attaques de goutte a la goutte; cKez celui qui n'a que des at' teintes de goutte , la goutte n'est pas encore tien déclarée.

ATTAQUE. V. AoREssiaN.

ATTAQUER. V. AssAiLtra.

ATTAQUER QUELQU'UN, S'ATTA- QUER À QUELQU'UN. Attaquer quelqu'un, dans le sens où nous prenons ici cette expresaon, c'est le provoquer par des paroles , par des injures, par des procédés désobligeans.

S'attaquer à . qiielqu'un , c'est le choisir de préférence pour l'objet d'une attaque, le rendre personnellement responsable d'une chose que l'on aurait pu attribuer à un autre. Cette expression niarque aussi la hardiesse que quelqu'un a d'attaquer une personne plus considérable ou plus puissante ^ne soi. C'est ainsi qu'un homme orgueilleux ^w> vous osez vous attaquer à moi ; c'est ainsi qn'on.dit, il ne faut .pas s'attaquer à des gens puissans.

n me semble que Roabaud a marqué très judicieusement . la différence de ces deux expressions. S'attaquer à quelqu'un , dit-Il , a conservé le sens de s'attacher à quelqu'un , s'en prendre à lui, avec l'idée >irticulière

^^^q^er , choquer , provoquer , offenser , ^ dans un esprit de ressentiment , de haine , "c vengeance , etc. Ainsi le verbe joint au pronom personnel diffère du verbe sim- P e, eu ce qu'il exprime un choix , une pré-

crence, un ressentiment, uile nassion oar-

ressentimeat> oite passion par-

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ticnlière , une volonté acharnée qnî fait qu'on s'en prend à quelqu'un plutôt qu'à d'autves, qu'on le prend pour l'objet de ses injures et de ses poursuites , qu'on s'attache» sans garder aucune mesure , à l'offenser , etc.

Un romancier du dernier siècle fait âire^k un de ses personnages : Tibère n*osa s'attiPquer a. ma personne , parce qu'il me crut assez aimé des soldats poor n'être pas utiaqtnÊ impunément ; c'est-à-dire que Tibère li'osa se déclarer ouvertement son ennemi et Vatta^ quer ouvertement couune tel , dans la craint« de n'être pas le plus fort , et pour éviter les risques d'une attaque à force ouverte.

En deux inots , attaquer n'exprîkne qu'une simple attaque , l'oppression , un acte d'hostilité ; s'attaquer annonce une résolution décidée de prei^re à partie, d^attaqusr fit àé poursuivre quelqu'un qu'on rend responsable de quelque événement , on pour on tort qu'on lui attribue.

ATTEINDRE , PARVENIR À. Atteindre , toucher à un but auquel on tendait soit par sa constitution naturelle , soit par les efforts d.u corps * 9U de l'ame.

Parvenij^ , venir an terme que l'on se proposait.

Atteindre a. rapport au but et à la direction qui y conduit ; si un enfant n'est pas assez grand pour atteindre un objet élevé qu'il veut avoir , il monte sur une chaise , et y parvient. , y

Parvenir a rapport aux voies etaux moyen»

qui peuvent conduire au terme.

Pour atteindre il Suffit de voir le but, de suivre la direction qni y conduit , et de pouvoir suivre cette direction jnsqu'au bout.

Pour parvenir , il faut choisir la bonne voie , vaincre les .difficultés , surmonter les obstacles , la ^égager des embarras qui em* pèchent la marche.

Atteindre suppose upie tendance continue vers un but , une direction droite qui y conduit, et souvent des efforts pour aller jusqu'au bout.

Parvenir suppose un plan, un projet, de l'intelligence pour l'exécuter , et la pe.rsévérance dans l'exéciition.

Ce qui empêche à' atteindre, c'est qu'on s'écarte de la ligne qui conduit à l'objet , ou qu'on ne peut pas la suivre jusqu'au bout. Ce ' qui empêche de parvenir , c'est le mauvais choix des moyens , la i^aladresse dans l'emploi des bons , ' ou la force supérieure des difficultés ou des obstacles.

Si le but et la direction sont dans la natoi^ et qu'il ja'y ait point d'obstacles qni faosseat

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ettivdinotion, «'«st atteindre qui est le mot propre. Un enfant soin atmntVsi^e de l'adoles- «eAM. Un homme MÛn aeteint Tage de qnatre- Tingt«^s ans.

S'il y a dea obataolea qui contrarient là dittedon» et que cea obstacles soieni éTitëa oa . écftrtés » parvenir est le loot qu'on doit employer* Si an homme attaqné dès aon enfance d'put maladie chromqoe qui semblait deroir abréger ses jonni^ vit long*temps malgré cette jnaladjn. On ditqae, malgré cette maladie , il est parvenu à un âge très avancé, et non pas qu'il a atteint un âge fort avancé.

ATTEINT, CONVAINCU. Termes de palais. Quoique ces deux mots aient deux sens différens, on les joint ordinairement Tun avec l'autre ; et Von dit qu'un bomme a été .atteint et ço/n'oincu d'an crime. Un a censé atteint est seulement celui contre lequel il y a de forts indices; mais il n'est convaincu que quand son crime est parfaitement constaté. ^

ATTEINTE. V. Attaque.

AITELER , BILLER. Ces deux mou signifient attacher des che7aax à quelque objet pour le tirer; mais biîler est un terme de marine et de rivière qui ne se dit que des ehevaux que Ton attache ponr tirer des bateaux ou des trains de bois , et atteler de ceux que l'on attache à une voiture quelcon que p our la tirer.

ATTENANT. V. Adjaceht.

ATTENDRE, ESPÉRER. Roubaud, en critiquant judicieusement l'explication que Girard donne^de ces deux expressions , en fait connaître lui-même la difTérence avec beaucoup de justesse et de clarté.

Espérer , dit-il , signifie à la lettre voir eu avant , dans l'avenir ; et , par une restriction reçue , px'évoir quelque chose d'heu-

Attendre signifie être attentif, s'appliquer, avoir l'esprit tendu vers ce qui doit arriver.

Ainsi espérer indique primitivement un acte de prévoyance , et attendre , une continuité d'attention. On espère , on se flatte , on aime à croire qu'une chose arrivera ; on attend ce qui doit arriver f on y soii^e , on s'en occupe. On espère donc le succès , on attend l'événement. Le succès qu'on espère est un succès heureux ; l*éyènement qu'on at' tend peut être heureux ou malheureux. On attend révènemcut même , de même qu'on espère le succès en lui-même. Un accusé es" père un jugement favorable , et il attend aon jugement.

On espère contre tonte espérance ; espérer Ht déalgue donc pa9 nécesaoitcttent tue oou*

fiance fondée sur quelque motif. On attend ce qu'on a lien de croire qui sera ; V attente est donc accompagnée de la confiance , ou plutôt elle est fondée sur la confiance. On espère ce qu'on désire , on attend ce qu'on croit. On espère gagner à la loterie , on at" tend impatiemment qu'elle se tire. Vous e5péreznn service de quelqu'un , vous Y attendez d'un ami.

Ce n'est donc pas précisément une grâce ou une faveur qu'on espère / mais l'on espère un bien incertain , et l'on attend une chose ou nécessaire ou très probable.

ATTENDRIR. V. Apitoter.

ATTENDRIR. V. Amollir.

ATTENTAT , CRIME.' Le crime est une infraction grave aux lois de la morale ; Yat'^ tentât est une attaque contre ce qu'iLy a He plus sacré et de plus respectable dans la société humaine. Un vol est un crime , une trahisdn est un crime; s'élever contre la liberté de ses concitoyens, assassiner un homme , enlever une femme k son mari , un 'enfflut â son père, sont des attentats ^ ils violent les droits les plus sacrés de la natnre et de la société. Tons les crimes ne sont pas des attentats, parce q^e tons ne portent pas atteinte aux droits les plus sacrés de la société ; mais tous le^ attentats sont des crimes, parce qu'ils attaquent la société dans ses bases et dans ses principes fondamentaux. C'est un crime de trahir son ami; c'est nu attentat de lui ôter la vie. Vattentat est un crime atroce , une action qui viole les droits les plus sacrés.

ATTENTIF. V. Appliqué.

ATTENTION , EXACTITUDE , VIGI- LANCE. Attention , action de Tesprit qni , tendu vers un objet, s'y fixe, s'y attache pour le considérer.'

Exactitude, attention à ne rien omettre de ce qu'on doit faire.

Vigilance, attention soigneuse et active sur quelqu'un ou sur quelque chose.

Ces trois mots marquent différentes manières dont l'ame s'occupe d'un objet. Rien n'échappe à Y attention; Yexactltude n'omet rien ; la 'Vigilance fait la sûreté. Si l'ame s'occupe d'un objet pour le connaître , eUe donne attention; pour l'exécuter , elle apporte de Y exactitude; pour le conserver , elle emploie la vigilance. Vattention suppose la présence d'esprit, Y exactitude la mémoire, la nfigilance la crainte et la méfiance.

Le magistrat doit être attentif, Vambassadeur exact, le capitaine uigilant. Les discours des autres demsindent de Yattenâon ; le maniement^des aijbûres, de Ycxactitudei ra{>proclio

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da danger, de la 'vigilance» Il £nit écouter avec attention^ remplir sa promesse avec extuy titude, et apporter de la 'vigilance sur ce qui nous est confié*

VattenHon fixe la pensée sar on objet et Vj attache; an contraire de la dissipation, qni la dérobe à elle-même , de la réyerie qui la laisse errer au, hasard sor mille objets, dont aacun ne l'arrête, et de la distraction qni la porte loin de Tobjet qui doit l'occuper .

ATTENTION, RÉFLEXION, MÉDIT A- TTON. VattenHon porte Fesprit sur des objets qoi sont bors de lui. Lorsqu'elle se porte sur ce qui se passe au-dedans de nous-mêmes, elle s'appelle réflexion ; et lorsque la réflexion est profonde et long-temps ^e , elle s'appelle méditation,

ATTENTIONS, ÉGARDS. Ces deux mots indiquent des procédés , des manières particulières de se conduire avec les autres.

Les attentions sont des témoignages de Yat" tention particulière que l'on fait aux personnes : elles consistent dans des soins officieux qoi leur prouvent l'envie de leur procurer clés agrémens ou des avantages , de contribuer à leur satisfaction» de leur plaire et de leur inspirer des sentimens favorables.

Les attentions sont l'effet de l'empressement et du zèle; et cet empressement est inspiré ou par une sorte d'affecdon, ou par le désir de gagner l'affection et la bienveillance des autres, ou par quelque motif secret d'intérêt.

Les attentions ont plusieurs degrés , suivant les intentions de celui qui les a , ou ses rapports avec les personnes. Il y a des attentions que les bienséances , les convenances exigent, comme celles que l'on a pour ses parens , pour ses amis, pour ses bienfaiteurs , pour ses col- Ifg^cs , pour ceux qui rendent des services on dont on en espère. Il y en a pour ceux pouf lesquels on se sent de l'inclination , de l'attachement, par quelque motif que ce puisse être. H y en a enfin qui ne sont que de grâce et de fiYeur, pour ceux auxquels on n'çst attaché par aucun lien , et qu'on ne distingue par ancnn des motifs que Von vient d» dire.

Un ministre invite à sa table un gf and nombre de personnes; il semble d'abord ne pas porter son attention sur les uns plus que sur les autres; mais enfin il parle aux uns avec intérêt, aux antres avec affection et bienveillance; à d'autres avec complaisance, à d'autres «vec politesse : il leur marque par-là qu'il a ^inattention à eux. Il a des attentions pour eux.

Les égards consistent proprement à regarder lei penonnts sous oertaioajiispects, sotu

certains rapports, et à eonaidirer wmméùt il convient de les traiter sous ces rapports. Par les égards, nous gardons dans nos actions et dans nos procédés les^mesures que la raison » l'équité, la bienséance, les convenances, Vhm^t manité, nous prescrivent envers elles, k oer« tains égards. Ainsi , par exemple, en consid»* ration de la pauvreté ou de l'infortune dû quelqu'un, nous aurons pour l«i àt» égards; et nous, nous relâcherons de nos droits rigou^ reux contre lui. 4

Les égards sont les effets de k considération , et la considération est inspirée n6n« seulement par un sentiment de justice ^ mais encore par tout sentiment d'honnêteté « et pav les convenances sociales.

Les égards réciproques que les hommes se doivent les uns aux autres sont un des devoirs les plus indispensables de la société. Les égards sont des façons d'agir ou de se compoiter envers les antres , plus ou moins circonspectes , plus ou moins affectueuses, eu égard à leurs bonnes qualités , à leur rang dans la société , à leur situation heureuse ou malheureuse. Les hommes se doivent tous des.égards les uns aux autres. L'homme le plus malheureux , le plus coupable, a encore quelque droit â nos égards^ par la seole raison qu'il est homme.

Les égards' varient suivant les individus et les différens rapports qu'ils ont avec nous. Les égards d'un supérieur envers son inférieur consistent à ne jan\ais laisser apercevoir sa supériorité , ni donner lieu de croire qu'il s'en souvient. Les égards d'un inférieur envers son supérieur consistent à ne rien dire, à ne rien faire qui puisse lui faire croire qu'on méconnaît cette supériorité. Les égards d'un égal envers son égal consistent à ne rien laisser échaper qui puisse lui faire croire qu'on ne reconnaît pas cette égalité, et qu'on se croit au-dessus de lui. Les égards envers un bienfaiteur exigent qu'on ne dise et qu'on ne fasse rien qui puisse lui faire croire que le souvenir de ses bienfaits est effacé ou affaibli. On a des égards pour les malheureux en no disant , en ne faisant rien qui puisse leur rendre plus amer le sentiment de leur situation , et en disant ou faisant nu contraire tout ce qui peut adoucir le sentiment de leurs maux , ou les flatter de quelque espoir consolant. On a des égards pour ses parens, pour ses amis , pour ses connaissances. Ils consistent à ne rien dire on à ne rien faire qni puisse leur faire soupçonner le rèlâdieutent des nœuds qui nous Uent à eux. Le criminel condamné justement au supplice n'est pas absolument privé de tous les égards qui l'attachent à ses semblables ; et celui ^ gai lui ferait dii r^roches on loi dirait des vfr,

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farté aa moment oàU va inbir le iiipplice, manqaerait aux égards qae Ton doit au mallicar et à la qualité d'homme.

Les attendons sont libres, volontaires, de pscférence et de choix; celai qui y manqne se montre malhonnête, distrait on léger. Les égards étant commandés par les qualités on par la situation des hommes , sont des devoirs qae prescrivent la nature , Thumanité on les lois de la société ; ceini qui y manque se montre npqnvent inhumain et barbare.

- Le manque d^aetêntions ne va pas toujours jusqu'au cœur de ceux qui en sont les objets. Le manque à* égards pique au vif, attriste, chagrine , augmente le sentiment des maux.

JjCs attentions ne tombent guère que sur <5trtftine8 classes de la société ; les égards regardent l'humanité toute entière.

Les attentions ûtittent , les égards attachent.

ATTENTIONS , MÉNAGEMENS. Ces deux mots marquent la manière d'agir , de se comporter avec les antres.

On a des attentions ^pouv quelqu'un, et ces attentions n!ont d'autres bornes que celles que veut y mettfe celui qui les a.

Les ménagemens , an contraire , emportent nécessairement l'idée de bornes , de modération.

Les ménagemens ont rapport à l'impression que peut faire sur l'esprit des autres l'action qu'on prépare, et tendent à modérer cette action de manière à ne pas les choquer , les offenser ou blesser trop brusquement des sentimens dont ils sont affectés. Si l'on veut annoncer k un père la mort de son fîls , il faut user de ménagemeris , c'est-à dire ne pas lui annoncer brusquement cette mort , mais le préparerpar degrés à l'apprendre.

On a «des ménagemens pour ceux que l'on craint de blesser ou d'offenser. Tel homme est dur , emporté , abondant dans son sens ; si vous voulez obtenir quelque chose de lui, il faut avoir des ménagemens, c'est-à-dire évher de le choquer , de mettre d'abord en avant ce qui pourrait exciter son emportement. À un homme de ce caractère on ne proposera pas tout d'un coup tout ce qu'on vent de lui, mais on proposera beaucoup moins pour parvenir à obtenir un. peu plus ; c'est ce qui s'appelle avoir des înénagemens.

Les attentions flattent l'amour-propte ; les ménagemens évitent jL'irriter les passions.

Les attentions ne supposent point d'obstacles à éviter ou à écarter ; les ménagemens en supposent toujours.

Avec des attentions on parvient à gagner ceux qu'on vent s'aliacher; avec des ménage-

mens on parvient peu à peu k adoucir les dispositions de ceux qni étaient opposés ou qui avaient ^e la répugnance.

ATTÉNUER, BROTER, PULVÉRISER.

Le premier se dit des fluides condensés , coagulés; les deux autres se disent des solides. Dans l'un et l'autre cas , ou divise en molécules plus petites, et l'on augmente les surfaces. Broyer marque l'action , pulvériser marque l'effet ; il faut broyer pour pulvériser, il faut fondre et dissoudre pour atténuer, {^Ency clopédie.)

ATTÉRISSEMENT. V. Aixuvioir.

ATTESTATION, CERTIFICAT. Vattestation est un acte authentique par lequel on atteste la vérité d'un fait dont on a été témoin; le certificat est un acte authentique par lequel on assure la vérité d'une chose dont on a acquis la certitude de quelque manière qae ce soit. Jj^ attestation tombe sur le fdit même; le certificat sur la certitude qu'en a l'esprit.

n faut pour attester, avoir vu ovl entendu; pour certiiîer, il suffit d'être sur que la chose est vraie.

V attestation sert à établir ,1e fait; le cerd' ficat sert à le confirmer.

ATTICiSME, URBANITÉ. Atticisme se disait chez les anciens d'une certaine délicatesse de goût dans le langage, particulière à la ville d'Athènes. Nous l'avons conservé dans le même sens. •

Urbanité ,est aussi un mot des anciens qae nous avons conservé ponr exprimer la politesse du langage des villes. Uujbanité consiste, dit Quintilien, en ce que les choses que nous disons soient telles qu*on n'y remarque rien de choquant, rien de grossier ou de bas , rien qui sente la province ^ ni dans les termes, ni dans la prononciation, ni dans le geste.

Vatticisme exprime beaucoup plus. Il »

dit des grâces d'un style léger et correct. Vnrbanité tient a la manière , Vatticisme au fond. Urbanité ne se dit guère aujourd'hui qu'en parlant des anciens Romains. Nous appliquons le te<;me d*atticisme aux productions de notre langue.

ATTIFER , PARER. Parer, c'est ajouter à nue chose ce qui peut lui donner plus d'agrémens, plus, d'attraits, plus d'éclat. Attifer, c'est parer d'une manière ridicule et affectée. Parer suppose le bon goût, la décence, la modestie ; attifer marque l'affectation , l'exagération , la petitesse d'esprit, l'effrosterie. Une femme décente se pare pour aller att bal ; une foUe s'atti/e pour 0e faire vemaf qner.

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ÀTTIREB!; TIRER. Jtttrer se dit proprement de l'action qa*exerce nn corpssarnnantre corps ponr les faire approdier par la seule force d'une qualité naturelle. C'est ainsi que l'aimant attire le fer , qne le soleil attire les vapears. On dit aussi dans le même sens qne l'appât qn'on noiet sur un piège attire les animanx , qn'nne chose attire notre attention.

Tirer se dit des hommes ou des animanx qui font effort pour déplacer quelqne chose qa'on a saisi de la main on avec nn instmxnent, ponr l'approcher de soi on l'entraîner avec soi. Tirer nn clou d'une planche ; des cheranx qui tirent une charrette.

Attirer suppose une force secrète, nn attrait, un appât dans ce qui attire; tirer suppose une force physique et visible qui ùàt des efforts pour déplacer.

ATTIRER. V. AuicMR.

ATTITUDE, POSTURE. La postttre est Tine manière de poser le corps qui dépend de la Yolonté , et qu'on accommode aux diverses circonstances où l'on se trouve et aux divers sentimens de Famé que l'on veut témoigner.

Vattitude est une disposition particulière da corps qui nait naturellement d'un désir , d'ane passion ou d'une action qu'on fait ou qa'ou va faire.

Ces deux choses se distinguent particulièrement par' leurs causes .'l'une qui est la volonté de l'homme; l'autre qui est une suite naturelle et nécessaire des passions , des actions , des sentimens.

Un homme plongé dans le sommeil est dans la posture d'un homme qui dort ; quand il se TéveiUe il prend une autre postiire , c'est-àdire celle qui lui convient le mieux. Un homme est dans Vattitude d'une personne qui réflé- <^t , qai médite , et il y reste tant que dure son action de réfléchir ou de méditer. Dans le premier cas la posture dépend de la volonté; dans le second Y attitude est un effet natnrel et iïnmédiat de la réflexion ou de la iiieditation. Un homme en s'asseyant dans «ne société prend une posture bonne ou mauvaise , décente ou indécente , ce qui vient de sa volonté ou de son inattention , ou de son Ignorance. IJn homme agité d'nne passion violente prend malgré lui Vattitude qui répond a cette passion. Un homme qui cesse d'être en repos et qui veut marcher, prend naturellement Vattitude que nécessite cette ac tion.

Par la posture on marque le respect, la

soumission qu'on a ponr les personnes ; mais

cette position vient de la volonté de celui qui

prend. Posture respectueuse, posture de

suppliant.

Par Vattitude on marqae la sîfaatîon d« ^ son âme, la nature de l'action qne l'on fait ou qne l'on va faire , et cette attitude vient immédiatement de cette iituation on de la nature de cette action. On dit VattUude de la douleur, de la tristesse , de' la joie , et non Ut posture de la donlecur, de la tristesse , etc.

Toutes les attitudes sont bonnes par ellesmêmes parce qu'elles dérivent de la nature et qu'elles sont vraies. Elles ne peuvent étr« fausses et mauvaises que dans les arts diudessin, et cela vent dire qu'elles ont été mal saisies, qu'elles sont mal représentées, qu'elles s'éloignent de la nature.

Toutes les postures ne sont pas bonnes 9 parce qu'elles sont produites par la volonté qne l'erreur, l'ignorance, les préjugés. dirigent souvent fort mal. La posture est bonne lorsqu'elle est convenable aux circonstances , aux convenances; dans le cas contraire ell* est mauvaise.

ATTITUDE. V. A%oîr.

ATTOUCHEMENX, TACT, TOUCHER.* Ces trois termes sont relatifs à la sensibiUté répandue sur la surface du corps et excitée par l'action immédiate d'un objet physique sur les houpes nerveuses.

Le tact est proprement le sens qui reçoit l'impression des objets, comme la vue, l'ouïe, le goût, l'odorat. Le toucher est l'action de ce sens, l'exercice de toucher, palper, manier, ou le sens actif. V attouchement est l'acte de toucher , de palper , l'application particulière du sens actif ou de l'organe , et particulièrement de la main.

Un corp^ vous touche , et le sens du tac$ éprouve une sensation analogue à la qualité palpable du corps froid ou chaud , humide ou sec , dur on mou , etc. Vous touchez un corps, et par le sin^ple a^touchemetit vous éprouvez ou vous produisez vons>mâne tel effet.

C'est au tact que l'on attribue les qualités distiuctives du sens ou de l'organe : on di£ la finesse , la grossièreté , la délicatesse du tact. C'est au toucher que vous reconnaisse* la qualité des choses. On dit qu'un corps est doux ou rude au toucher. C'est par Vattou chement que vous distinguez les circonstances paiticulières de tel acte rebtivement à tel objet. On dit que les accusés se purgeaient autrefois d'un crime par Vattoucheinent in nocent d'un fer chaud , et que Jésus guérissait les malades par un simple attouchementm

Le tact est beaucoup plus fin , plus sur ^ plus exquis dans les animaux nus , et surtout dans les reptiles, que dans les autres ani^t

ATT

UkAiix; il est leur fens dommant et ï^gisMor , comme la vue Feftt dans les oiseaux, Todorat daiis les chiens , Tome dans les chats et antres quadrupèdes dont Toreille e^t tapissée endedans de poils très déliés. U y a dans les corps des qualités et des modifications qol ne sont sensibles qa*aa toucher, et c'est par le toucher que l'homme parvient "à corriger surtout les erreurs de la vue, et même à sup> pléer à son défaut. Vattouchement trop restreii^t dans l'usage n'exprime qu'un toucher assez léger, un maniement doux, analogi^eà l'idée de palper, ou simplement l'action douce et légère de tâter , et arec l'intention propre à l'être animé. Lorsqu'il s'agit de deux corps ensemble , on dit didactiquement contact.

Si l'on voulait considérer le teict, le toiieher, Vattouchement dans un sens purement matériel comme de pures actions physiques, et selon tonte l'étendue du verbe toucher , le tact serait comme un coup simple , un choc subit^ léger et instanlÉué de deux corps qui •se rencontrent, ou d^nn corps qui frappe contre un antre. Le toucher, avec un sens plus générique et une action plus forte , embrasserait les différentes manières de frapper, de manier , d'agir contre ; Vattouchement indiquerait une sorte d'attache et de continuité que n'aurait pas le ta^t, mais avec une sorte de légèreté ou de mollesse qui ne serait pas Xiécessaire au toucher.

Noua disons plutôt tact, au figuré , pour exprimer un jugement de l'esprit prompt, aubtil, juste y qui semble prévenir le raisonnement et la réflexion, et provenir d'un goût , d'mi sentiment, d'une sorte d'instinct droit et sur. Au physique , nous disons plutôt le tou* cher pour exprimer le sens, et nous ne le disons qu'en physique. Nous donnons pour l'ordinaire a Vattouchement un s^nâ moral et mauvais , relatif à la déshonnêteté et à l'impudicité.

ATTRACTION. V. ÀmsnL ATTRAITS. V. Appâts.

ATTRAPE j TROMPERIE. Vattrape est une petite tromperie innocente que l'on fait dans la seule vue de plaisanter et qui ne cause aucun préjudice à celui à qui on la fait.

La trompefie est sérieuse; c'est une action que l'on fait dans le dessein de tromper, de porter préjudice, de faire du tort. Dans les petits jeux de société on fait des attrapes, uniquement dans le dessein de faire rire aux dépens de la personne à qui on les fait. Dans la société on fait des tromperies dans le dessein dt tromper sérieusement, de duper ceux à TO on les &it| de leur fait? du chagrin, d'a-

( i5o ) aiTT

bnser de lenr^ime foi et ^ leur confiance.

Les jeunes gens se font des attrapes dans lenis jeux familiers; les gens de mauvaise foi, les fripons, font des tromperies dans les affaires, au jeu , dans le commerce.

ATTRAPER, TROMPER. Ces deux verbes signifient induire - quelqu'un en erreur par- de fausses apparences.

Attraper , du vieux mot attrape qui signifiait attrape, ruse , signifie encore anjocird'hui induire quelqu'un en erreur , ou lui causer par ruse quelque préjudice.

Attraper suppose une action prompte et qui s'opère promptement. Celui qu'on attrape est pris comme dans une trape qui s'abaisse sur lui. Tromper suppose une suite de ruses qui tendent au même but. Un marchand attrape quelqu'un lorsqu'il lui vend une chose plus cher qu'elle n^ vaut. C'est une action simple , et lorsqu'on attrape ainsi quelqa'an une fois, il n*y a pas apparence qu'on Vattrape une seconde. Un fabricant trompe quand après s'être engagé à livrer une certaine quantité de marchandises de bonne qualité, il en fournit de mauvaise. C'est une ruse, une trompefie suivie qu'il emploie pendant tout le temps de la fabrication.

Attraper diff^e aussi de tromper par l'importance de l'objet. Vous m'avez attrapée vous m'avez vendu trop cher on objet de pea d'importance; vous m'avez trompé en we vendant trop cher une "^grande quantité de marchandises, ce qui m'a causé un tort considérable.

Vous ne m'avez qa^attrapé en me faisant croire une chose qui n'est pas, si celte errenr ne peut me causer aucun préjudice; vons m'avez trompe si vous m'avez fait croire une chose qui n'est pas, et que cette errenr me cause quelque grand préjudice.

Attraper n'est souvent qu'une*" plaisanterie qui ne fait de mal à ^personne, et on en rit; tromper est toujours une action sériease et blâmable. .

Attraper est souvent d'un homme fin, rusé, malicieux; tromper est toujours d't"»

malhonnête homme.

attribuer; imputer. Ces deux termes expriment l'action dé mettre une chose sur le compte de quelqu'un. La lui attribuer f c'est la mettre sur son compte par une prétention , un jugement, une assertion simple, comme sa chose propre , son effet direct , son ouvrage immédiat; la lui imputer, c'est la mettre sur son compte, en la rejetant sax lui , en lui en rapportant on. appliquant le mérite j ou m^e eu la lui prêtant par des io-

jQLX jL

(lit)

ATT

dactioDA» dea oonjectoret) des 43i9mI>inaiâQns, oa même des soppositioiis et dès i^nduction»

gratuites oa hasardées. On attribue platôt les choses s on imputa sar-totit le mérite des choses*

Les théologiens attribuent au démon les oracles da paganisme. La théologie enseigne qoe réglise peut noas imputer les mérites sarabondans des saints.

Vons iUtribuez un ouvrage à celui que vous en croyez Tanteur , le facteur immédiat ; vous imputez un événement à celui que vous en préjugez la cause plus ou moins éloignée, ou même indirecte ou accidentelle. Vous attri»

huez une faute à celui qui, selon vos connaissances. Ta commise ou fait immédiatement commettre. Vous imputez une mauvaise action à celui qui » selon vos conjectures ou vos suppositions, en a été la première cause ou le moteur. Celui qui , par son action directe , décisive, a produit, effectué Une chose, est dans le cas qu^on la lui attribue; celui qui , pat son influence , ses conseils , ses instigations, a amené une chose, est dans le cas qu'on la lui impute»

On attribue la raine des empires aux con-, qnérans , à cause qu'ils la consomment ; il faut Vimputer au mauvais gouvernement , car iî la cause.

On attribue les revers on ne sait à quoi , an sort ; on impute ses fautes à autrui, à qui l'on peut.

Les anciens' légidateurs attribuaient leurs lois à de» dieux avec qui ils étaient en commerce ; car on a toujoqrs senti que la loi devait émaner du ciel , puisqu'elle est la puissance et la justice. La plupart des désordres des en&ns peuvent être justement imputés aun pères, car on leur transmet la corruption du cœur , comme celle du sang.

L'action compliquée d^ imputa est t à raison de la nature et de la variété de ses opéra<* tions, plus susceptible que l'action simple d^ettnbuer, des modifications et des qttaliucations qui annoncent un jugement plus hasardé ou plus arbitraire , qui rendent l'acte pl«s suspect ou plas critique, et qui font prendre là chose en mauvaise part.

Si l*on attribue quelquefois légèreibent, on impute gratuitement. Ou attribue par des vraisenkblaiices ; pour imputer, il faut des preuves. 'L'opinion attribué; la partialité impute, ^ attribue à l'un plmât qu'à l'autre ; pour **'»r l'un, on impute à l'autre. Il y aura incertitude et partage , lorsqu'il s'agit dlmtr^ *•''' • les uns étttnkaent-k cetanteur-là ce ^pcîe ^ autres ottribueittÀ celai^oi. Il y aura pré*.

croire , mais

puter. Les uns vous imputrnii k bUn* oe i|ae les autres vous imputent à louange.

On vous attribue ce qui est réel ou qu*on croit l'être ; on vons impute ce qui n'est paa dans vos actions , ou même une chose qui n'est pas^

On vons attribuera un discours , un propos qui a été tenu ; on détournera le sens de vod paroles pour vous imputer ce que vous fi'avea jaAiais pensé.

Votre tyran vous attribue un crime dont, l'auteur est inconnu ou méconnu ; il vous ipipute à' crime Jusqu'à vqs songes.

Celui qui attribue croit ou fait semblant de Cfoire ; celui qui impute veut pititôt faire croire.

La malice est toujours disposée à vous at^ tribuer ce qu'elle peut mettre sur Vous ; la méchanceté, quand elle ne peut pas calomnier vos actions , vous impute des intentions , des pensées, des vues perverses. L'une aime à vods déclarer coupable ; l'autre s'applique et s'étudie à vo^ faire paraître et juger tel.

On attribue un fait positif, articulé ; on impute aassi des choses vagues, indéterminées.

Il résulte de ces observations îjip^attHbvm^ se prend indifféremment en bonne et en mau»

vaise part , et qu^imputer se pvend plntdt eiî mauvaise part. On attribue Ube bonne comme une mauvaise action , des vertus comme des vices; on impute une mauvaise action. plutôt qu'une bonne, des vices plutôt que des yer->. tus. On impute k bien, à gloire, à mérite.

Attribuer s'applique également an pfaysiqn* et au moral; et l'on attribue un effet à de»

causes quelconques , comme une action aux personnes. Le flux et le reflux de la mer sont attribués à l'action combinée de la lune et du soleil. Imputer ne s'emploie guère qu'au moralr et l'on nUmpute communément qu'aux personnes ou aux êtres personnifiés, aux cause»

animées , mais on ne peut pas faire de cette observation, relative à l'usage actuel* une règle absolument excltiâve. On dira foist bien^ que l'astrologie judiciaire imputait les a^émens de la figure, les qualités de l'esprit» la bonté du caractère, la régularité des moeurs, l'ordre , la paix, le bonheur , à l'aspect favo* rable des planètes de Jupiter et de Vénus; la violence , les vertus militaires , la tyrannie f les grandes catastrophes, à Saturne et à Mars ;, à Mercnire , les tempérametis humides , la facihté du caractère, la" mollesse, les fréquentes variations, etc. (Extrait en grande' partie di^ RouBAvn. ) ' *

8* ATTRIBUER. V. yAPraoraïKà.

^«n*ion et opposition, locsqu'U a'agit d'i«- ^'AT^^KZâTtiRr V. 3'i»ffW««a

AUB.

ATNJ&tè^ V. AFFLIGÉ.

ATTRITION , COOTRITION, COMPONC- TION. Ce sont trois termes de théologie , par lesquels on exprime la donlenr qu'on ressent d*a.voir offensé Dieu.

Vatlrition est une douleur et une détestation du péché, qui naît de la considération de sa laideur et de la crainte des peines de Tenfcr.

La contrition est la douleur d^avoir péché, causée sur-tout par Tamonr dé Dieu.

La componction est la douleur profonde d'une ame désolée d'avoir offensé Dieu.

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