‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 99 sur 253 · BAG · texte numérisé non relu

BAG

gnadon de plaaienrs personnes. Qaand on représente tête à tête à quelqu'un qu'il a fait une action honteuse , on ne le honnit pas , on lui fait seulement une représentation ou une réprimande. Il faut pour honnir le concours de plusieurs personnes qui s'élèvent simultanément contre un discours ou une action impudente. C'est ainsi que dans un spectacle on honnit un auteur qui débite dans une pièce des choses qui blessent l'honnêteté et les mœurs , ou nu mauvais acteur qui se présente impudemment potfir jouer un râle qui est fort au-dessus de sa capacité. C'est alors qu'un homme est honni.

Bafouer vient de l'italien beffare, ae railler, se moquer , etc. , qui est fait de bfiffa, raillerie. Il signifie se moquer de quelqu'un , le tourner en ridicule ; et souvent on tourne en ridicule des personnes qui ne le méritent pas.

Bafouer ne suppose pas toujours* un grand concours de personnes; c'est sur-tout dans les assemblées particulièl'es que l'on bafoue; celui que l'on bafoue n'est réellement bafoué qae lorsque personne n'a pris son parti, et qae tous se sont réunis pour le blâmer et le railler.

Cest un malhei^ d'être bafoué , mais ce n'est pas toujours une boute , et tel est bafoué dans une société qui est admiré dans une aatre. La honte n'est souvent que du côté de ceux qui bafouent injustement.

Honnir suppose toujours quelque chose de honteux de la part de celui qu'on honnit.

Bafouer ne suppose souvent que des intentions malveillantes de la part de ceux qui bafouent, et quelquefois le seul désir malicieux d'immoler' ceux qu'on bafoue à la risée des antres. Un homme d'esprit peut être bafoué dans une assemblée de sots.

BAFOUER , "VILIPENDER. Bafouer n'est que l'effet d'une action passagère , et n'influe point sur la réputation d'un homme , hors du cercle où on l'a tourné en ridicule.

Vilipender marque quelque chose de pflta permanent et de plus suivi. C'est s'efforcer dans tous les temps et à toutes les occasions de faire passer quelqu'un pour vil , de le décner, de le dénigrer, de ternir sa réputation.

Ceux qui bafouent quelqu'un trouvent un plaisir malin à se réunir contre lui pour l'embarrasser, le décontenancer, le tourner en ndicnle ; et l'action cesse en même temps que les acteurs se retirent.

Ceux qui vilipendent quelqu'un s'acharnent contre lui pour le faire passer pour vil , pour «e perdre d'honneur et' de réputation. Ils y ^wvailient avec ardeur dans les sociétés t%

hors des fi^ociété8;'ils cherchent partout des gens qui veuillent écouter le mal qu^ils ont à en dire, et se réunir à eux pour étendre le déshonneur, le blâme , le mépris, qu'ils a'ef-* forcent de répandre.

Bafouer est l'effet de la malice ; vilipender, celui de la haine et de la méchanceté. ^ . BÂFRE;R , MANGER. Manger c'est prendre des alimens solides pour se nourrir. Ce mot est de tous les styles. .

Bâfrer ajoute à l'idée de manger une idée accessoire d'avidité. Bâfrer^ c'est manger goa<v lument et avec excès. Ce terme est bas et po« pulaire.

BAGAGE, ÉQUIPAGE. Le mot b<;^ag^ vient du vieux mot bague , qui signifiait ba«r gages, hardes, ajustement,

• Bagage se dit des hardes ^t autres choses qui appartiennent à un particuUer et qu'U porte ou fait porter avec lui en voyage oïl en campagne pour som usage et ses besoins.

Un garçon cordonnier qui part d'tihe ville pour se rendre dans une autre emporle avec lui son bagage; il n'emporte pas son équipage.

Équipa^ se dit proprement des choses né« cessaires pour commencer, continuer et finir avec facilité et succès certaines opérations ou agréables , on utiles , ou périlledses , etc. Ainsi l'on dit équipage de chasse, éqttipagâ dé pèche , équipage de guerre.

A la guerre on ccmfond socrrent ces deu!C mots , et l'on appelle quelquefois équipages ^ les choses que les offiders portent avec euAc pour leur usage particulier.

On entend ordinairement par le mot bagages les choses qui appartiennent à chaqueparticulier et qui servent à son usage ; ,et par éqmp€ige$ les choses qui servent aux armées dans les différentes circonstances de la guerre. Les équipages de l'artillerie sont composés du canon, du mortier et de toutes espèces d'ar^ mes et de munitions nécessaires à leur setvice. Les équipages des vivres consistent en calasons ou chariots couverts pour voiturer le pain des troupes.

Dans les marches ou dans les retraites , il 'y a des chariots et des mulets où chacun met son bagage , et ces chariots font partie des équipages de l'armée. Il y a donc bien de la différence entre s'emparer des équipages d'une armée et s'emparer des bagages d'une armée. Uue armée qui aurait perdu tons aw équipages ne serait pas en état de continuer la guerre ; une armée qui aurait perdu ses bagages pourrait la continuer; la plus grande perte serait pour les p^rticulie^^ k ^u appar* tenaient ces bagages^

BAI

BAGARRE, EMBARRAS. Ces deux mots se disent d'une rencontre fortuite d'équipages qui embarrassent un chemin. Mais la bagarre dit quelque chose de plus considérable , de plus tumultueux. Elle suppose les cris et les querelles. On peut se tirer d'un embarras paisiblement et sans se quereller ; on ne se tire guère d'une bagarre sans danger.

BAGATELLE. V. Babiole.

BAGUE. V. AwwEAU.

' BAGUETTE, BÂTON. On donne le nom de baguette à un petit morceau de bois de quelques lignes d'épaisseur, plus ou moins long , rond et flexible. On appelle bâton un morceau de bois rond, mais assez gros pour ne pas être flexible coteme la baguette,

BAHUT, COFFRE. Le bahut est un coffre à couvercle voûté , fait grossièrement et où I on met des choses commune», ou des choses d un usage journalier.

Le coffre, au contraire, est une espèce de caisse à couvercle plat, ordinairement couvert dé cuir, où l'on serre des bardes , du hngé, de l'argent et d'autres chosçs précieuses. , On met dans le bahut des choses communes, on met dans le coff^ des choses de prix.

Le bahut est un meuble grossier, un meuble de paysaii ou de pauvres gens; le coffre €st un meuble de gens riches, de gens qui ont des choses précieuses à conserver. Ce pauvre homme avait toutes ses bardes dans un

BAI

Vieux bahut. D mettait dans un coffre tout } or qu'il destinait à k dot de sa fille.

BAI, BRUN. On indique également par CCS deux mots la couleur d'un rouge brun • mais ^/ ne se dit que de Jâ couleur du poil ^u cheval, et brun se dit de tons les autres

oiïjets qui ont cette couleur. On dit qu'un ^eheyal est *a/ miroité ou à miroir, lorsqu'on distingue dès taches rondes d'un bai plus clair que le reste , semées par tout le corps.

• , BAIE, GOLFE, ANSE. Ces trois mots désignent des étendues de mer plus ou moins grandes qui s'avancent dans les terres.

Le golfe est la plus grande, c'est un bras ûc mer qui s'avance dans les terres où il est enfermé tout autour, excepté du côté de son embouchure. Il y a des golfes qui sont si grands qu on les appeUe mers ; tels sont la

Méditerranée qui n'a de communication à 1 Océan que par le détroit de Gibraltar; teUe est la mer Rouge qui communique à l'Océan par le détroit de Babelmandel, etc.

^ Les golfes impropres sont plus évasés à l'entrée efplus ouverts du côté de la mer dont ils font partie ; tels sont les golfes de Gascogne, et le golfe de Lyon en France; le golfe de Saint-Thomas en Afrique, etc.

La baie est moins considérable que le golfe.

Son miheu en dedans a plus d'étendue qne son entrée; telle est la baie d'Hudson, dans l'Amérique septentrionale , etc.

Vanse est encore plus petite que la baie.

On navigue sur les golfes et sur les baies; on se met, dans les anses, à couvert des vents et des tempêtes.

BAIE, GRAIN. On emploie ces 4enx mots en histoire naturelle pour désigner certains fruits des plantes. On appelle baie tout fruit mou et succulent qui contient une ou plusieurs semeuces éparses dans la pulpe. La framboise , les fruits du laurier , du genévrier sont des baies.

Lorsque les baies sont petites et réunies en grappes ou de toute autre manière sur un réceptacle ou pédicule', âk leur donne le nom de grains. Une baie de laurier , un grain de groseille , de raisin.

.BAIE, OUVERTURE. Ouverture est un terme générique qui se dit de toute espèce de vide dans un corps d'ailleurs solide et continu. Beùe est un terme d'architecture qui se dit de toutes les ouvertures percées dans un mur, pour former des portes ou. desVenêtres.

BAIGNER, TREMPER: Tremper, c'est plonger dans un fluide un corps pour qu'il |s'en mouille ou s'en imbibe. On trempe la soupe, on trempe du linge, baigner, c'est plonger dans l'eau le corps nu d'un animal , soit pour la propreté, soit pour la santé. On baigne un cheval couvert de boue ou depous-

•e. On baigne un malade , on se

^ , — — baigne

'ur se nétoyer le corps ou pour se rafraîchir.

BAILLEMENT , HIATUS. Ces deux termes de grammaire ont rapport à l'espèce de cacophonie qui résulte de l'ouverture continuée de la bouche, dans l'émission consécutive de plusieurs sons qui ne sont distin-

Océan par des bornes naturelles , et n'ont d^ communication avec la mer à laqueUe ils appartiennent que par quelqtie rfétroit, c'esta-dirè par une ou plusieurs ouvertures moins

brces nni» p. ,^;^ *""""""» ""^«'^^«s moins en resuite, en sorte qu'on peut dire que l'^i^rw ^ailges qu, 1 inteneur du ^Ife. T<.Ue est la j est l'effe^ du bàiUeZnt, L bm^nte^^é^

bâillement exprime particulièrement l'état de la bouche pendant l'émission de ces sons consécutifs, et hiatus exprime la cacophonie qui en résulte, en sorte qu'on peut dire que V hiatus

BAL

BAL

nihle pour Gelai qni parle; Vhiatas est désagréable pour celui qui écoute. (Beauzee.)

BAILLER, DONNER. Ces deux mots signifient également donner , livrer , mettre en main ; mais le prenûer est on terme de pratique, le secîoiid nn terme du langage^ ordinaire. On dit aa palais bailler mie terre à ferme ; on dit dans le / langage ordinaire donner une terre à ferme.

BAISSE. Y. ABAissEMEirr.

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