SÉNÉ — 1642 — SENE
prévalait surtout dans le midi , comme celui de bailliage dans le nord. Au moment de la révolution de 1789, toute la France était encore divisée en sénéchaussées et bailliages. — En Angleterre, la dignité de grand-sénéchal ( Lord high Stewart) , était aussi la première du royaume ; elle ne fut abolie que fort tard et par Henri IV. Aujourd’hui encore pourtant le monarque d’Angleterre crée un grand-sénéchal : 1° pour le couronnement ; 2° lorsqu’il s’agit de juger un pair accusé de crime capital.
sénéchal (le). On connaît sous ce nom une famille de Bretagne dans laquelle la charge de sénéchal des ducs de Bretagne fut longtemps héréditaire (à partir du xi* siècle). Elle forma plusieurs branches, celle des Kercado, des Molac, des Kerguisé, etc., dont les noms étaient tirés des terres qu’elles possédaient, et dont plusieurs existaient encore à la fin du dernier siècle.
SENECTERRE. Voy. saint-nectaire.
SÉNEF ou SENEFFE , ville de Belgique (Hainaut), près de Nivelle, et à 20 kil. N. O. de Charleroi; 3,000 hab. Poterie, verrerie. Le 11 août 1G74, le grand Condé y vainquit Guillaume, prince d’Orange, après une bataille sanglante; en 1794, les Autrichiens y furent battus par les Français.
SENEFELDER (aloys) , inventeur de la lithographie, né à Prague en 1771, mort à Munich en 1834, était fils d’un comédien. Il étudia quelque temps le droit, puis s’engagea dans une troupe de comédiens (1791) ; mal accueilli du public, il se fit auteur dramatique, donna en 1792 et 1793, à Munich, deux pièces qui eurent peu de succès, et finit par se mettre à copier de la musique. En cherchant le moyen le plus économique de graver la musique, il fut conduit à employer la pierre au lieu du cuivre, et eut ainsi la première idée de la lithographie (1793) ; après avoir lutté longtemps contre la misère et contre des obstacles de tout genre, il forma en 1796 à Munich une association avec Gleisner, directeur de la musique de la cour, et put dès lors appliquer en grand le nouvel art. 11 alla lui-même le faire connaître dans les principales villes de l’Europe, fut après son retour nommé par le roi de Bavière, en 1810, directeur de la lithographie royale de Munich, et conserva ces fonctions jusqu’à sa mort. La lithographie, apportée à Paris dès 1 802 par Senefelder luimême, n’a commencé à y prospérer qu’en 1814, grâce aux efforts du comte de Lasteyrie. Senefelder a publié à Munich en 1819 Y Art de la lithographie.
SENEGAL, peut-être le Daradus des anciens, grand fleuve d’Afrique, naît par 13° 36’ long. O., 10° 6’ lat. N., dans le Fouta-Djalo, est d’abord connu sous les noms de Bafing, Baleo , Foura ou Dengueh: arrose le Fouta-Djalo , le Djallonkadou, le Bambouk, le Kadjaaga, le Kasson, le Fouta-Toro, le Oualo, le Cayor, séparant dans la partie basse de son cours le Sahara de la Sénégambie; nasse à Fort-Saint-Joseph, Bakel, Podor, Daghana , Saint-Louis, forme nombre d’îles, dont quelques unes très grandes, et tombe dans l’Océan par une large embouchure obstruée de sables, ce qui rend ses eaux stagnantes etgéne la navigation. Le Sénégal roule de l’or. Cours, 1,800 kil., dont 1,200 navigables. Affluents, le Kokoro, la Falémé, etc. — La France est maîtresse de l'embouchure de Sénégal , et a sur les bords de ce fleuve quelques établissements. Voy. sénégambie.
Sénégal (le), contrée d’Afrique. Voy. sénégambie.
SENEGAMBIE, contrée de l’Afrique occidentale , s’étend du N. au S. depuis le Sahara jusqu’à la côte de Sierra-Leone ; et de 10. à l’E. depuis l’Océan atlantique jusqu’à la Nigritie centrale ou Soudan, de 20* à 10° long. O., et de 16° à 10° lat. N. : 1,050 kil. de 10. à l’E. sur 660 de largeur moyenne; environ 12,000,000 d’hab. Elle doit son nom au Sénégal et à la Gambie qui l’arrosent. Elle sit habitée par des nègres, et forme la Nigriliè
i occid. du Nord. Elle comprend nombre de petits états qui , à l’exception du Galam ou Kadjaaga, et du Djallonkadou , habités par des peuplades indépendantes, peuvent être répartis en trois groupes.
1° Etats Peuls.
Fouta-Toro, capit.
Kiélogn (jadis Agnam'
Fontadjalo,
Timbou.
Fouladou,
Bangassl ?
Kasson,
Mamier?
Bondou,
Boulébané.
2° États
Mandings.
Yani,
Kataba.
Fouinî,
Jereja.
Oulli,
Medinah.
Dentilia,
Beniseraïl.
Tenda,
Farbana.
Kaarta(
Ghioka.
Bambouk,
Farbana.
Saloum,
Kahonne.
Kabou,
Schimisa.
3° États
Ghiolofs.
Ghiolof (propre),
Ouarkhogh.
Syn,
Ghiakaou.
Oualo,
Daghana (jadis Nder).
Baol,
Lambay (jadis Kâba).
Kayor,
Ghighis.
Saloum,
Kahon.
La France possède en Sénégambie quelques établissements dits colonie du Sénégal et divisés en 2 arrondissements, St-Louis et Corée. Le 1er comprend l’île St-Louis et quelques autres îles, plus quelques villages et quelques escales ou lieux de marchés, et la côte qui s’étend depuis le cap Blanc jusqu’à la baie d’Iof. Dans lo second sont l’île de Corée et toute la côte de la baie d’Iof, jusqu’à la Gambie, et notamment le comptoir d’Albreda. — La Sénégambie est excessivement chaude, malsaine et sujette à d’effroyables ouragans, mais très fertile, sauf dans quelques déserts ; il y croît d’énormes baobabs. Grand commerce de gomme, de poudre d’or, de dents d’éléphants. Autrefois on y faisait la traite.— La côte fut dès le xiv- s. visitée par des marchands de Dieppe et de Rouen, qui y formèrent plusieurs comptoirs. Ces établiss. furent cédés en 1664 à la Comp. des Indes occid. , puis aux Comp. du Sénégal , enfin à la Comp. des Indes orient. , sous laquelle ils prospérèrent. Pris par les Anglais en 1763, rendus en 1783, repris en 1809, ils furent restitués en 1814 à la France.
SENÈQUE le Rhéteur , M. Annæus Seneca , père du célèbre philosophe de ce nom, naquit à Cordoue vers 58 av. J. -G., vint à Rome à quinze ans, y tint longtemps école de rhétorique, et y mourut l’an 32 de J. -G. Il avait une mémoire prodigieuse et pouvait retenir jusqu’à deux mille noms sans suite, prononcés une seule fois en sa présence. On a de lui, sous le titre de Déclamations, deux recueils intitulés, l’un, Suasoriæ (1 seul livre); l’autre, Controversice (10 livres, dont on n’a qu’une partie); ils se composent de passages choisis des compositions de ses élèves, ou des discours prononcés en sa présence dans les écoles par les rhéteurs les plus célèbres , et que , grâce à sa prodigieuse mémoire, il avait retenus. Ces deux ouvrages se trouvent ordinairement à la suite des Œuvres de Senèque-le-Philosophe ; ils ont été trad. en franç. par Lesfargues, Paris, 1639, in-4. Sénèque-le-Rhéteur laissa trois fils, M. Annæus Novatus Gallio (Voy. gallion), qui fut proconsul en Achaïe, L. Annæus le philosophe (qui suit), et Annæus Mêla, père de Lueain.
Sénèque le Philosophe, Luc. Annæus Seneca, AL du rhéteur, né à Cordoue, l’an 3 de J.-C , étudia l’éloquence sous son père et suivit d’abord le barreau ; mais son talent oratoire ayant donné de l’ombrage à Caligula, il quitta cette carrière pour s’adonner a la philosophie. Il embrassa la secte du Portique et ouvrilui-même une école qui fut bientôt très fréquentée
Sous Claude, il fut accusé par Messüine d'intrigues criminelles avec Julie, fille de Germanicus , et fut exilé en Corse (4l de J.-C.) ; c’est en vain que pour obtenir son rappel il adressa les plus humbles supplications à l’affranchi Polybe , favori de Claude ; il resta huit ans dans cet exil, et ne fut rappelé qu’à la mort de Messaline (48). La nouvelle impératrice, Agrippine, lui confia l'éducation de son fils Néron (50). Il s’occupa plutôt à former l’esprit que le coeur de son élève. Quand Néron fut monté sur le trône , Sénèque resta auprès de lui comme un de ses principaux ministres , et réussit quelque temps, avec le concours de Burrhus, à contenir ce naturel féroce ; mais il voulut se retirer de la cour, quand 1 empereur, se livrant à toutes sortes de crimes et de désordres , ne vit plus en lui qu’un censeur incommode. Néron s’y opposa par hypocrisie; mais il ne tarda pas à se défaire de lui, en l’enveloppant dans la conspiration de Pison : il lui envoya l’ordre de se