SERT
SERIPHE, Seriphos, auj. Serfo, une des Cycladcs, entre Siphnos et Gythnos, avait 60 kil. de tour. C’est là, suivant la Fable, que s’arrêta le coffre où étaient renfermés Danaé et son fils Persée. Sous l’empire romain, Sériphe fut un lieu de relégation.
SÉRIQUE, c.-à-d. pays des Sires. Voy. sères.
SERKARS, peuple de l’Inde. Voy. circars.
SERL10 (Séb.), architecte, né en 1476 à Bologne, mort en 1662, voyagea dans les états de Venise, en Dalmatie, et fut attiré en France par François I, qui le nomma architecte de Fontainebleau et surintendant des bâtiments de la couronne. Ses Œuvres comp'ètes ont été publiées à Venise, 1684, 1618, 1619, in-4, et 1663 in-fol. (en italien, avec trad. latine).
SERMAIZE, bourg du dép. de la Marne, sur la Saulx, à 26 kil. N. E. de Vilry-le-Français ; 1,800 hab. Source ferrugineuse.
SERMANO, ch.-l. de cant. (Corse), à 10 kil. de Cortc ; 300 hab.
SERMENRAl, dite aussi Asker-Morken , ville de l’Irak-Arabi, sur le Tigre, à 60 kil. de Bagdad, par 72° 30’ long. E. et 34° lat. N., fut bâtie en 842 par le calife Motassem. C’est là que naquirent ou moururent les derniers imams. C’est aussi de là , selon les Chyites , que doit sortir le Mahdi.
SERM10NE, en latin Sinnio , anc. bourg du roy. Lombard- Vénitien , sur le lac de Garda, à 10 kil. N. E. de Lonato. Port, château-fort. Eaux sulfureuses aux environs. Patrie de Catulle.
SERMON ETA, la Sulmo des Volsques, bourg des Etats de l’Eglise, à 31 kil. de Brescia.
SEROUX D AG1NCOURT. Voy. agincourt.
SERPA, v. forte de Portugal (Alemtéjo), sur la ùuadiaua, à 28 k. S. E. de Béja; 4,600 h. Cataracte
SERPENTS (Ile des), dans la mer Noii e. F. leucé.
SERPOUKRQV, ville murée de la Russie d’Europe (Moscou) , à 90 kil. S. de Moscou ; 6,000 hab. Draps, toile à voiles, tanneries, fonderie de suif, etc.
— Fondée au xiv* siècle.
SERRA (Ant.), écrivain, né à Cosenza, fut impliqué dans la conspiration de Campanella (1699 ) et mis en prison. On ignore quand il en sortit. On lui doit : Traité des moyens qui peuvent faire abonder dans un étal l' argent et l'or , Naples (Scoriggio), 1613, in-4: c’est le premier ouvrage peut-être où soient traitées de hautes questions d’économie politique.
SERRA (la) , ou Serra-di-Santo-Slefano-del- Bosco, ville du roy. de Naples (Calabre Ullér. lr«), à 47 kil. S. O. de Squillace ; 2,400 hab. A 2 kil. de là, célèbre chartreuse où est conservé le corps de saint Bruno.
— Fondée au xi* siècle par Robert Guiscard. Presque détruite par le tremblement de terre de 1783.
SERRA CAPRIOLA, ville du roy. de Naples (Capitanate), à 22 kil. N. O. de San-Severo; 4,860 hab.
— Fondée en 1090. Titre d’un duché.
SERRA CAPRIOLA ( Ant. màrescà donnorso , duc de) , diplomate italien, né à Naples en 1760, mort en 1822, fut ambassadeur à la cour de Russie (1782-1806), y jouit de la confiance de Catherine II, de Paul I et d’Alexandre, agit de tout son pouvoir contre la France révolutionnaire et coîitre Napoléon, fut, tant que Murat régna sur Naples, le chef d’un cabinet occulte qui épiait toutes les occasions de lui nuire, parla un des premiers, au congrès de Vienne, en faveur de la restauration des Bourbons à Naples, et fut derechef, après leur rétablissement, nommé ambassadeur à Saint-Pétersbourg, où il mourut.
SERRAGGIO, ch.-l. de cant. (Corse) , à 6 kil. de Cor te ; 960 hab.
SERRANUS, surnom ae L. Q. Cincinnatus.
serranus, traducteur de Platon. F. serres (J. de).
SERRAT (mont-), mont. d’Espagne. Voy. montserrat.
SERRA\ ALLE, ville du roy. Lombard- Vénitien, à 36 kil. N. deTrévise; 6,600 hab. Palais. Draps, soieries, lainages Commerce en vin, miel, etc.
[ SERBE ^Hercule, comte de), homme d’état, né en 1777 à Pagny (Meurthe) , d’une famille noble , mort en 1822, émigra, servit flans l’armée de Gondé,
rentra en 1802, se fit avocat à Metz, devint procureur impérial à Hambourg, puis à Colmar, se prononça contre Bonaparte aux Cent-Jours, fit partie de la Chambre de 1816 , s’y opposa aux réactions, fut président à la session suivante (1817), puis entra au ministère de la justice sous M. Decazes (29 décembre 1818) , et soutint la loi des élections du 5 février 1819; il fit partie aussi du ministère Richelieu jusqu’en 1821, tomba avec le cabinet, et alla mourir ambassadeur à Naples. De Serre se fit remarquer aux affaires par ses idées libérales et à la tribune; par son éloquence.
SERRE (la). Voy. LASERRE.
SERRES, ch.-l. de cant. (Hautes-Alpes), à 30 kil. S. O. de Gap; 1,143 hab. — Village du dép. de l’Ariége, à 7 kil. 0. de Foix ; 1,800 hab.
SERRES (Jean de), en latin Serranus , savant calviniste, né en 1640 à Rhodez, ou plus probablement à Villeneuve-de-Berg; il échappa au massacre de la Saint-Barthélemy, devint ministre à Nîmes en 1682, fut employé par le roi Henri IV à des affaires graves, et reçut de lui le titre d’historiographe de France. Il mourut empoisonné, à ce qu’on croit, en 1698. On a de lui, entre autres écrits : De fide cath’oltcà sive de principiis religionis christianæ , 1607, in-8 ; Inventaire de l'histoire de France , 1660, 2 vol. infol.; De statu religionis et reipublicœ in Franciâ; Mémoires de la 3e guerre civile et des derniers troubles de France sous Charles IX, Middelbourg , 3 vol. in-8 ; Recueil des choses mémorables advenues en France sous Henri II, François II, Charles IX et Henri III, in-8 : cesouvr., entachés de partialité, sont condamnés àRome. On doit à J. de Serres une trad. latine de Maton, publiée par H. Estienne, Paris, 1578.
serres (Olivier de), frère aîné du précédent (1639- 1619), de Villeneuve-de-Berg dans le Vivarais, agronome , peut être considéré comme le pire de l’agriculture en France. Appelé par Henri IV à Paris , il fut chargé d’introduire diverses améliorations dans les domaines du roi , planta 16,000 mûriers blancs dans le jardin des Tuileries et naturalisa en France l’industrie de la soie. On lui doit : Traité de la cueillette de la soie , 1699; Seconde richesse du mûrier blanc, 1603, et le célèbre ouvrage intitulé : Théâtre d'agriculture et ménage des champs, 1604, 2 vol. in-4.
* ch.-l. de cant. (Ardèche), sur le
Rh°ne hnmrrw t'* S* Tournon ; 2,048 hab.
SERRURIER ( J.-M.-Phil. , comte), marécli. de Fi ance, né à Laon en 17 42, in. en 1819. Fils d'un anc. officier de la maison du roi, il obtint à 12 ans un brevet de lieutenant; fit avec distinction plusieurs campagnes sous Louis XV, et se trouvait major en 1789. Sous la Républ., il gagna rapidement sur les champs de bataille de nouveaux grades, fut fait en 1795 gén. de division, servit en cette qualité à l’armée d'Italie, sous Bonaparte, eut une part glorieuse à la brillante campagne de 17 96, contribua surtout à la victoire de Mondovi, dirigea le blocus de Mantoue et força bientôt la place à se rendre (1797). Moins heureux sous Scliérer, i 1 fu t pris après la défaite de Cassano (1 7 99). Redevenu libre, il seconda Bonaparte au 18 brumaire. Sous 1 Empire, il fut fait maréchal (1804), grand-croix de laLégion d’honneur, sénateuret gouv. des Invalides. En 1814, voulant épargner à la France l’humiliatioL de se voir enlever les drapeaux conquis, il les fitbrûler dans la cour de l’hôtel. Louis XVIII l’avait fait pair de France, grand-croix de Saint-Louis et l’avait maintenu dans ses fonctions; mais il se démit en déc. 1815.
SERT, Tigranocerte? v. delà Turquie d’Asie (Bagdad), à 100 k. N. E. de Nisibin : 3,000 h.
SER10R1US (Q.),gé; éral romain, néiersl’anl21 av. J.-C., à Ni rsiedans la Sabine, parut d’abord au barreau, puis fut questeur de Mari us dans les Gaules ,
SERY — 1649 — SERY
et perdit un œil dans un combat contre les Cimbres. Lors des guerres civiles, il se déclara pour Marius (87 av. J. G.) et rentra dans Rome avec lui ; mais il fut le seul des vainqueurs qui n'ensanglanta pas son triomphe; il devint préteur(S5), quitta l’Italie quand Sylla en fut resté maître (84), gagna l'Espagne, province qui lm avait été assignée au sortir de sa préture, s’y rendit indépendant, réunit à son parti les peuples de la Péninsule, surtout les Lusitaniens (80), y joignit la Gaule romaine, soutint la guerre avec succès contre Métellus et Pompée, battit le 1er à Italica (76), le 2e à Laurone (77) et à Sucro (7 6', éprouva un échec à begontie (7 5), traita avec Mitliridate, qui lui envoya de j’argent et des vaisseaux, mais périt enfin assassiné par Perpenna, un de ses lieutenants (73). Ce général avait établi dans son année un simulacre de Rome, un sénat, des consuls, etc. Il inspirait à ses soldats une confiance aveugle, et leur avait persuadé qu il était en commerce avec les dieux, qui lui donnaient des avis par l’entremise d’une biche blanche, dont il se faisait suivre partout. Plutarque a écrit sa » te. Corneille enafait le héros d’une de ses tragédies.
SERVAIS (saint), évêque de Tongres, mort en 384, assista en 347 au concile de Sardique, où saint Àthanase fut absous, et soutint la foi de Nicée au concile de Rimini (359). On l’honore le 13 mai.
SERVAN (Jos.-Mich.-Ant.), magistrat, né en 1737 à Romans, étudia à Paris, où il se lia avec les philosophes, devint à 27 ans avocat général à Grenoble, publia, en 1766, un Discours sur la justice criminelle , où il proposait , dans un langage éloquent , d’utiles réformes, et excita pendant quelque temps un enthousiasme universel. Deux ans après, n’ayant pu faire adopter par le parlement de Grenoble des conclusions qui lui semblaient dictées par la justice, il donna sa démission. Il consacra le reste de sa vie à des écrits d'utilité publique, et mourut en 1807. Parmi les discours qu’il prononça comme avocat général, on remarque celui qu’il fit en 1767 pour une femme protestante dont on voulait déclarer le mariage nul à cause de sa religion. — Joseph Servan, son frère, suivit la carrière militaire, adopta les idées révolutionnaires, fut un instant ministre de la guerre en 1792, déplut par son exagération à Louis XVI, qui le révoqua, fut rétabli après le 10 août, mais se vit bientôt forcé de se démettre parce que le parti révolutionnaire le trouvait trop modéré. M. en 1808.
SERY ANGE, bourg du dép. de la Haute-Saône, à 19 kil. N. E. de Lure, sur l’Oignon, au pied du Ballon-de-Servance ; 4,306 hab. Tourbières.
SERVANDONI (J.-Jér.) , né à Florence en 1695, mort en 1766, peintre décorateur et architecte, a travaillé dans presque toute l’Europe ; il vint en France en 1724. Il avait pour la décoration, les fêtes et les bâtiments un génie particulier, plein d’élévation et de noblesse, et l’on ne peut croire quelle quantité de plans, de dessins, de décorations, de tableaux de ruines sortirent de sa main. On cite surtout de lui la façade de Saint- Sulpice. Son nom est resté à une des rues voisines de cette belle église.
SERVERETTE, cli.-l. de cant. (Lozère), arr. et à 17 kil. N. de Marvejols. 831 hab.
SERVET (Michel), fameux hérétique, né en £509 à Villanueva en Aragon. Imbu des idées des Réformateurs, il vint de bonne heure en France, fut reçu docteur en médecine à Paris, quitta cette ville en 1536, à la suite d’une querelleavec ses conirères, et alla exei cerson art à Lyon, puis àVien ne en Dauphiné, où il fut bien accueilli de l’archevêque, qui ignorait ses dispositions. Adversaire prononcé du dogme de la Trinité, que respectaient les autres Reformateuis, il 1 attaqua dans deux écrits publiés clandestinement: De Trinitatis erroribusj 1531 } Duilogi de Tiinilate} 15o2, il rédigea en 1553 un livre De Christianismi restitutione, oùil contestait même ladivinitô de J.-C. Calvin, qu’il avait consulté» condamna ses opinions et le dé¬
nonça à il’arcliev. de Vienne. Il fut aussitôt arrêté; mais réussi tàs évader, et chercha un refuge à Genève. Loin de le protéger, Calvin l’accusa d’hérésie, et réussit a le faire condamner au feu. Il fut brûlé vif, le 26 octobre 1553. Servet était un savant distingué : on lui attribue la première idée de la circulation du sang; on lui doit une édition estimée de la Géographie de Ptolémée, Lyon, 1535; une Bible latine , avec des commentaires très peu orthodoxes, Lyon, 1542.
SERV1AN, ch.-l. de cant. (Hérault), à 10 kil. N. E. de Béziers; 2,250 hab.
SERVIE, la Mésie-Supèrieure des anciens, Serf- Vilaiéti des Turcs, état tributaire (jadis province) de l’empire ottoman, en Europe, a pour bornes au N. la Hongrie, à l’O. la Bosnie, à l’E. la Bulgarie et la Valachie, au S. l’Albanie et la Roumélie : 31,500 n. c.; 850,000 hab. Capit. , Belgrade; Krouchevatch est la résid. du prince ; autres villes : Sémendrie, Nissa, Usi rza, Novi-Bazar. Hautes mont. , surtout au S. Riv. le Danube et la Save au N., la Morava(qui la coupe en 2), la Drina, etc. Fortes chaleurs, grands vents, grandes pluies en septembre. Sol fertile, mais agriculture négligée, friches en grand nombre; peu d’industrie. Beau pays ; belles forêts ; mines de fer , sel. — La Servie a pris son nom des Serviens , dits aussi Serbes et Sorabes, peuple de race slave qui habitait d’abord auprès des monts Krapaks, et auquel l’empereur Héraclius permit vers l’an 630 de s’établir dans ces contrées, dépeuplées par les Avares. Jusqu’en 923, la Servie forma un petit état qui eut ses rois, mais dont l’histoire est peu connue. A cette époque, elle fut soumise par les Bulgares; en 949, elle passa avec les Bulgares eux-mêmes sous la domination des Grecs. En 1039, la partie occidentale de la Servie se rendit indépendante, et eut de nouveau des rois, mais elle retomba sous le joug en 1105. Enfin, en 1151, Tchoudomil, profilant de la faiblesse de l’empire grec, rendit l’indépendance à la Servie, et fonda un puissant empire qui, au xiv« siècle, sous Etienne Douchan, le plus grand de ses rois, conquit une partie de la Thrace, presque toute la Macédoine et diverses villes de Thessalie et d’Albanie. Mais avec le règne d'Ouroch I commence une époque de décadence, de crimes et d’anarchie, qui amena la conquête du pays, moins Belgrade, par les Turcs (1459) ; Belgrade elle-même fut prise en 1521. La Servie fut alors divisée par les Turcs en 4 livahs (Belgrade, Sémendrie, Krouchevatch, Novi- Bazar). Au xvme siècle, elle fut conquise en partie par l’Autriche, et le traité de Passarovitz en céda le N. O. à l’empereur Ghaiies VI, mais la paix de Belgrade (1739) rendit le tout à la Porte. Depuis, la Servie tenta plusieurs fois de secouer le joug ottoman. Le célèbre Czerni-George y parvint de 1804 à 1809, et se fit reconnaître par la Porte prince de Servie ; il se maintint jusqu’en 1812, époque à laquelle la paix de Bucharest, entre la Turquie et la Russie, restitua la Servie aux Turcs. En 1816, une nouvelle révolte éclata sous Milocli Obreuovitch ; la Turquie n’a pu soumettre ce derniei', et le traité d’Andrinople (1829), entre la Russie et la Turquie, laissa la Servie dans une indépendance complète, à la charge de payer tribut aux Turcs. Le gouvernement est monarchique héréditaire; le chef porte le titre de prince. Le prince Miloch s’est vu fprcé de donner une constitution libérale à ses sujets (1835); il a été renversé du trône en 1839 et remplacé par son second fils Michel, qui lui-même a été chassé en 1842 par Alexandre Pétrovitch, petit-fils de Czerni George. Les Serbes suivent pour la plupart le rit grec non-uni. Leur langue, qui appartient à la famille slave, est fort expressive ; elle se parle en Servie, en Esclavonie, dans une partie de la Dalmatie et de la Croatie et dans quelques districts de la Hongrie. Il existe de forts beaux chants serbes (épiques et lyriques) : Youk-Stéfanovitch les a recueillis et mis en alle-