‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 1011 sur 1261 · SÉVI — 1652 — SÉVI · texte numérisé non relu

SÉVI — 1652 — SÉVI

sévère, Vibius ou Libius Severus , un des dcfniers empereurs d’Occident, fut proclamé par les légions d'Illyiie, en 461, avec l’agrément de Ricimer; vécut quatre ans obscur dans son palais de Rome, se livrant à la mollesse; laissa ravager l’Italie par les Barbares, et mourut en 465. On le crut empoisonné par Ricimer, qui à sa mort resta seul maître

révère (sulpice), écrivain latin. Voy. sulpice.

SÉVER1E, nom donné au moyen âge à une région de la Russie centrale arrosée par la Desna, et qui, entre autres villes , comprenait Pereiaslav , Tchernigov, Novgorod-Severskoï [Voy. ce nom), »tc. Elle devait son nom sans doute à une tribu dite Sabires ou Sévères , et dont les Seberenses de la Mésie semblent avoir été une colonie. Le nom de Sévérie a subsisté jusqu’au xvie, mais jamais la région n’a formé ni grand fief ni seigneurie.

SÉVERIN (saint) , nom de plusieurs saints dont les plus connus sont : saint Séverin, abbé de Saint- Maurice en Valais, mort en 508; on le fête le 11 février; — saint Séverin, pieux solitaire, mort à Paris en 555 ; on le fête le 24 novembre.

SEVERINO (Marc-Aurèle), médecin, né en 1580 à Tarsia en Calabre, mort en 1656, substitua aux lenteurs de la médecine expectante l’emploi du fer et du feu, fut persécuté, destitué, emprisonné par suite delà jalousie et des intrigues de ses confrères, et n’en finit pas moins par être nommé professeur de médecine et d’anatomie à l’université de Naples. Il mourut de la peste, laissant le renom d'un des restaurateurs de la science médicale. On a de lui , entre autres bons ouvrages : Zootomia democritea , id est, anaiome generalis totius animantium opi/icii, Naples, 1645, in-4, fig. Il fut un des adversaires de la philosophie d’Aristote. — Voy. aussi san-severino.

SEVERN , vulg. Saverne , en latin Sabrina , le plus grand fleuve de l’Angleterre, naît dans le pays de Galles, sur les limites des comtés de Cardigan et de Montgomery, et, après avoir décrit une courbe, coule au S. , puis au S. O. , baigne Shrewsbury , Worcester, Glocester , reçoit le Liddon à droite, la Stour, F Avon à gauche , et entre par un large estuaire dans le canal de Bristol. Cours, env. 330 kil.

SEVERUS. Voy. sevère et Cornélius severus.

SÉVIGNÉ (Marie de rabutin-chantal, marquise de), si connue par ses Lettres , née en 1626 au château de Bourbiliy, près de Semur, ou plus probablement à Paris, perdit dès sa première année son père, qui périt en défendant l’île de Ré contre les Anglais ; fut élevée avec soin par un oncle maternel , l'abbé de Coulanges, auquel elle voua une affection filiale ; reçut les leçons de Ménage et de Chapelain ; fut, à 18 ans, mariée au marquis de Sévigné , maréchal de camp, homme fastueux et dissipé, qui fut tué dans un duel au bout de sept ans de mariage ; resta veuve à 25 ans avec un fils et une fille, et se consacra tout entière à l’éducation de ses enfants. Elle maria sa fille, en 1669, à M. de Grignan, qui remplissait un emploi à la cour, et qui, 2 ans après, fut nommé gouverneur de la Provence. Ce fut pour Mm* de Sévigné une vive douleur de voir s’éloigner cette fille qu’elle idolâtrait. Elle chercha un dédommagement à son absence dans une active correspondance, et écrivit ainsi, comme en se jouant, ces Lettres si pleines à la fois de sensibilité, de naturel et d’enjouement, qui sont justement admirées comme le modèle du genre. Elle mourut en 1696 en Provence, de la petite vérole, auprès de sa fille, qu’elle venait de tirer elle-même d’une maladie dangereuse. Mm de Grignan lui ava t donné une petit *îllle, qui est aussi célèbre par sonesprit et sa beauté, M”1' de Simiane. Le fils de M™e de Sévigné, le marquis de Sévigné, homme d’esprit et brave officier, f ut une jeunesse fo.t orageuse, et fit beaucoup parler de lui par ses 1 aisons avec Ninon et la Champmêlé. 11 ne laissa pas d’enfants. — Les Lettres de

Mrae de Sévigné, réunies pour la première fois en 1726, ont été cent fois imprimées; les éditions les plus complètes sont dues à GrouveÜe, 8 vol. in-8, Paris, 1806; à M. de Monmerqué, 11 vol. in-8, Paris, 1818, et à M. Gault de Saint-Germain, 12 vol. in-8 , 1823-24. M,ue Tastu a fait un Éloge (le Mmc de Sévigné’. qui a été couronné par l’Académie Française en 1870 et a donné un bon choix de ses Lettres, 1841,in-12.M Walcke aër a écrit sa vie, 1843.

SEV1LLA-DEL-ORO ou MACAS, Hispalis Aurea, ville de la Nouvelle-Grenade , dans l’anc. prov. de Quixos-et-Macas , à 105 kil. N. E. de Cuença. On y exploitait de riches mines d’or , auj. abandonnées".

SÉVILLE, Sevilla en espagnol, Hispalis el Julio Romula des anciens, ville et port d’Espagne, ch.-l. de l’intendance de Séville et de toute l’Andalousie, sur le Guadalquivir, à 76 kil. de la mer, à 378 kil. S. E. de Madrid ; 100,000 hab. Port , jadis très florissant. Archevêché. Superbe cathédrale ( la flèche, dite la Giralda, a 81 mèt. de haut), couvent de Buena-Yista , Alcazar (ancien palais des rois maures), bourse, hôtel des monnaies, hôtel-de-ville, palais de l’archevêque, manufacture de tabac (le plus vaste édifice de la ville), fonderie de canons, hôpital des Cinq-Plaies, aqueduc romain. Université, neuf collèges, école de pharmacie, deux écoles de mathématiques , école de navigation , école de tauromachie ; académie des bonnes lettres , société économique, société de médecine. Peu d’industrie. Grande fabrique de porcelaine. Séville a été beaue. plus florissante et a compté 400,000 h. Cette v. a vu naître un grand nombre de célébrités : plusieurs rois de Castille, Barthélemy de Las Casas, les poètes Lope de Rueda et Ferd. H errera, les peintres Franç. Herrera, Louis de Vargas, Rodrigue de Velasquez, Es • teban, Murillo, etc. — Près de Séville, au N. E., est le village de Séville-la-Vieille, l’anc. Ilalica, où naquirent Trajan, Adrien, Théodose, et probablement Silius Italicus. — L’origine de Séville est inconnue; on en attribue la fondation à Hercule. Les Carthaginois la nommaient Hispalis, les Romains la surnommèrent Romula (la petite Rome). Jules César y ajouta le surnom de Julia. On ignore d’où vient son nom actuel. Cette ville a eu quelques princes particuliers lors du démembrement du califat de Cordouc, les trois Abad (Voy. ce nom). Elle fit ensuite partie des empires almoravide et almohade. A la chute de ce dernier, Motawakkel-ben-Houd en fit le centre de sa puissance momentanée (1225). En 1236 , elle s’érigea en république (maure). Enfin,1 en 1248, Ferdinand 111 de Castille l’enleva aux Maures et en fil sa capitale. Deux vers, qu’on lit sur la porte de Carné, résument l’histoire de cette ville

Condidit Alctdes, renovavit Julius urbem ;

Restituit Chrisio demandes tertius héros.

Séville fut longtemps un centre de lumières : les sciences, les lettres, les arts, l’industrie y jetaient le plus vif éclat. Cette ville était si magnifique que l’on disait proverbialement : Quitta pas vu Séville , n'a rien vu. Elle déclina sous la domination espagnole ; 300,000 de ses habitants s’exilèrent, dit-on, dès qu’elle fut tombée au pouvoir de Ferdinand. Elle fut plusieurs fois désolée par la peste, notamment en 1649 et 1800. C’est à Séville que fut, en 1480, décrété l’établissement de l’inquisition dans tout le royaume. Cette ville fut presque toujours la résidence des rois d’Espagne jusqu’à Philippe II. Après la conquête de l’Amérique , elle eut longtemps le monopole du commerce avec les nouvelles colonies; Cadix le lui enleva aucommene.duxvm* siècle. Séville fut bombardée par Espartero en 1843. — L’intend. de Séville, dans l’Andalousie, entre celles de Cadix au S., de Cordoue au N.E.,le Portugal à l’O., a 196 kil. (de l’E. à l’O.) sur 130, et 800,000 hab. Elle est d’une fertilité délicieuse, comme toute l’Andalousie ; cependant l’agriculture y est négligée.

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