‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 1012 sur 1261 · SEXT · texte numérisé non relu

SEXT

SEVIN (l’abbé Fr.), philologue, de l’Académie des Inscriptions, né en 1682 à Villeneuve-le-Roi , mdtt en 1741, fut envoyé à Constantinople avec Fourmont pour rechercher des manuscrits, en rapporta plusdeGOO manuscritsgrccs, fut nommé garde des manuscrits de la Bibliothèque du Roi rédigea les deux 1ers vol. du catalogue des manuscrits, et fit insérer dans le Recueil de l'Académie des Inscriptions nombre de mémoires et de dissertations sur des points de philologie et d’antiquité, notamment sur Anacréon , Hésiode, Evhémère, Callisthène , Tyrtée, Juba, Pline; sur Y histoire d'Assyrie , de Lydie, etc.

SÈVRE, Suavedria , nom commun à 2 rivières de France: 1° la Sèvre-Nantaise, qui naît dans le dép. des Deux-Sèvres, traverse celui de la Vendée, de la Loire-Inférieure, et tombe dans la Loire, à Nantes: cours, 110 kil.; elle arrose Morlagne et Clisson; — 2° la Sèvre-Niortaise , qui naît dans le dép. des Deux-Sèvres, puis coule dans ceux de la Vendée et de la Charente- Inférieure : cours, 160 kil., dont 90 navigables. Elle arrose La Mothe-St-Héray, Saint-Maixent et Niort.

SÈVRES (dép. des deux-), département borné par ceux de Maine-et-Loire au N., de la Charente-Inférieure au S., de la Vendée à l’O., de la Vienne à l’E. : 6,073 kil. carrés; 304,106 hab. Ch.-l. , Niort. Il est formé de parties du Poitou, de l’Aunis et de la Saintonge. Petites montagnes et collines du S. E. au N. 0. Fer, antimoine, marbre, granit, pierres meulières et à fusil, marne, terres nitreuses, etc. Grains de toutes sortes, vins (médiocres), beaucoup de légumes ; fruits, lin, chanvre, houblon, genêt, mûriers , quelques forêts au N. et au S. Chevaux , mules et mulets; bêtes à cornes , beaux moutons, porcs , volaille. Beaucoup d’étoffes de laine, de coton; toiles, gants; chamoiseries, papeteries; fours à chaux , forges , etc. Bon commerce. — Ce départ, a 4 arr. (Niort, Bressuire, Parlhcnay, Melle), 31 cant., 356 comm.; il appartient à la 14e division militaire, a une cour royale et un évêché à Poitiers.

sèvres, ch.-l. de cant. ( Seine-et-Oise ) , sur la Seine, à 10 kil. S. O. de Paris, entre cette ville et Versailles; 3,979 h. Louis XV y fonda, en 1756, une cél. manuf. de porcelaine (la première de l’Europe); châles (façon indienne), produits chimiques, etc.

SEVSK, ville de la Russie d’Europe (Orel), à 160 kil. S. O. d'Oreî ; 5,000 hab. Evêché grec.

SEWA-DJY, fondateur de l’empire des Mahratles, naquit à Baçaim (Bombay) en 1628, profita des troubles qui déchiraient l’empire mongol et le roy. de Bedjapour pour occuper presque toute la prov. de Baglana et le pays de Konkan, soumit ensuite divers petits états du Malabar, se fit céder une partie des revenus du Décan et la souveraineté des montagnes depuis la Baglana jusqu’à Goa. 11 mourut en 1680.

SEXTIÆ (AQUÆ).auj. Aix, ville de la Gaule Cisalpine, à 30 kil. N. de Massilia, fut fondée par C. Sextius Calvinus vers 123 av. J.-C. Eaux thermales. Marius battit les Teutons près de là, 102 av. J. -G.

SEXT1US LATERANUS ( L. ) , premier consul plébéien , entra en charge l’an 366 av. J. -G. avec an patricien. 11 avait secondé Stolo de ses efforts pour faire admettre au consulat les plébéiens.

sextius calvinus ( G.), consul l’an 124 av. J.-C., puis procons. en Gaule, 123, vainq. les Sal yens, porta loin les armes romaines dans la Gaule Transalpine, et fonda la ville qui prit de lui le nom d'Aquœ Sextiœ.

sextius (P.), questeur du consul C. Antonius en 62 av. J.-C., eut part à la victoire de Pistoie sur Catilina. Ayant suivi Antonius en Macédoine, il fut impliqué dans l’accusation de concussion portée contre ce consul ; mais il fut sauvé par 1 éloquence de Cicéron. 11 se vit plus tard accusé de violences par Clodius, et Cicéron le défendit encore. Nous avons le discours prononcé en cette occasion ( Pro Sextio). SEXTUS TARQUINIUS. Voy. tarquin.

sextus empiricus, médecin et philosophe grec,

>3 — SEZZ

était, à ce qu’on croit, de Mityîène, et vivait à la fin du il» siècle de notre ère. Il appartenait à la secte de médecins dits empiriques, d’où le surnom sous lequel il est connu. Il embrassa en philosophie la doctrine des sceptiques, et donna une exposition de ce système , ia plus complète et la plus savante que Ion possède, dans deux grands ouvrages, les Ilypolyposes pyrrhoniennes , en 3 livres, et Contre les mathématiciens , les logiciens, etc., en 1 1 livres. Ces ouvrages on été publiés, avec traduction latine, par J.-Alb. Fabricius, Leipsick, 1718, in-fol.,par Struve, Kœnigsb.,1823, et Bckkef, Berlin, 1 842. Les Hyp. ont été trad. en franç. par Huart, Amslerd., 1725, in- 12.

SEYBOUSSE, rivière d’Algérie. Voy. seibous.

SEYCHELLES ou SECHELLES (îles), groupe de la mer des Indes, au N. E. de» Amirantes, par 62* 55*-53° 50’ long. E. , 3° 58’-5° 45’ lat. S. ; elles sont au nombre de 30 (laprincipale estMahé); 9,000 hab. Ch.-l., Mahé. Climat chaud, sol fertile (épiceries des Moluques, etc.). Commerce. — Les Portugais les visitèrent les premiers ; les Français les occupèrent ensuite. Depuis 1814, elles sont aux Anglais.

SEYGHES, ville de France. Voy. seiches.

SEYKS. Voy. seikhs.

SEYMOUR (Jeanne), 3e femme de Henri VIH et mère d’Édouard VI , était clame d’honneur d’Anne de Boulon, qu’elle supplanta (1536). Elle mourut l’année suivante en couches, deux jours après la naissance de son fils. Ses frères furent la tige des ducs de Somerset, comtes de Ilertford, etc.

seymouu (Thomas) , lord Dudley, grand-amiral d’Angleterre ; était le frère de Jeanne Seymour. Henri VIII le nomma membre du conseil ‘de régence pour le temps de la minorité d’Édouard VI; il réussit à s’emparer de presque tout le pouvoir, mais il fit preuve de peu de talent et d’adresse, compromit à diverses reprises la sûreté du royaume et celle du prince. 11 fut envoyé à la Tour de Londres par ordre d’Édouard VI, puis décapité (1549). Seymour avait aspiré à la main d'Élisabeth; il épousa Catherine Parr, veuve de Henri VIII.

SEYNE, ch.-l. de cant. (Basses-Alpes), à 41 kil. N. de Digne; 2,881 hab. Plantes médicinales aux environs. Ville forte.

seyne (la), port de mer du dép. du Var, sur la Méditerranée, 4 7 kil. S. O. de Toulon ; 6,344 hab. Port sûr; chantier de construction. Pêche active.

SEYSSEL, petite ville de l’ancien Bugev, auj. dans le dép. de l’Ain, ch.-l. de cant. , à 25 kil. N. E. deBelley, sur la droite du Rhône; 336 hab. Construction de bateaux. Aux environs, bitume qui depuis quelques années a été avantageusement exploité; vins blanc3 estimés. La perte du Rhône est entre Seyssel et le fort de l’Ecluse. — Seyssel fut fondée par un général romain du nom de Sextilius; elle était au moyen âge fortifiée et titre de marquisat; elle appartint longtemps à la Savoie.

SEYSSEL (Claude de), historien, né vers 1450 4 Aix en Savoie, mort en 1520, fut professeur d’éloquence à Turin, puis conseiller du roi de France Louis XII, évêque de Marseille (1510), et enfin archevêque de Turin (1517). Il a écrit Y Histoire de Louis XII (sous le titre d’ Histoires singulières de Louis XII), Paris, 1508, in-8, et la Grande monarchie de France, Paris, 1619, petit in-4 ; et a traduit en français Eusèbe, Thucydide, Appien, Dio~ dore, Xénophon , Justin, Sénèque , etc. Il fut un de: premiers qui écrivirent le français avec netteté. Oc a aussi de lui des écrits latins, notamment Spéculum feudorum, et un traité de la Loi salique.

SEZANNE. ch.-l. de cant. (Marne), à 36 kil. S. O. i’Epernay;4,000h.Collége(f.en 1853). Vins. — V. jadis grande et assiégée plusieurs fois. Incendiée en 1632.

SÈZE (de), avocat. Voy. desèze.

SEZZE ou SEZZA, Setia ou Suessa Pometia ? ville de l’État ecclésiastique (Frosinone), à 28 kil.

SFOR — 1654 — SHÀÏ>

S. O. de Frosinone ; 5,000 hab. Evêché (érigé en 1727). Ruines d’un temple de Saturne. Vins très renommés jadis, médiocres aujourd’hui.

SFAKIA, ville de l’île de Candie, sur la côte S., à 35 kil. S. O. de la Canée ; 1,800 hab. (à peu près Sndép.), dans un pays montagneux et stérile.

Sr AX ou SFAKES , ville murée de l’état de Tunis, sur le golfe de Cabès, à 225 kil. S. E. de Tunis ; 6,000 hab. Commerce d'huile, laine, toile. Excellents melons et surtout concombres dits sfakans. Près de là, ruines de l’anc. ville d'Usilla.

SFOCARD ou WH1SHAUT. Voy. vvishart.

SFONDRATE (Franç.), cardinal italien, né à Crémone en 1493, mort en 1560, professa le droit aux universités de Padoue, Pavie, Bologne, Rome, Turin, remplit diverses missions diplomatiques pour Franç.-Marie Sforce et Charles-Quint , fut nommé gouverneur de Sienne, et mérita par sa bonne administration le titre de Père de la pairie , que lui décernèrent les habitants; il reçut de Pau! 111 l'évêché de Crémone et le cliapeau de cardinal. Il est auteur de divers ouvrages de politique ou de jurisprudence, et d’un poème latin : De Raplu Helence, en trois livres (dans les Delicice poetarum italorum ).

sfondrate (Célestin) , cardinal , de la même famille que le précédent, né en 1649 à Milan, mort en 1696, grand théologien, défendit le Saint-Siège contre la déclaration du clergé de France en 1682, et devint cardinal sous Alexandre VIII. Il est auteur de beaucoup d’ouvrages tels que : Traclatus reejalice, Saint-Gall , 1682, in— 4 ; Piegale sacerdotium romano poniifici asserlum, 1684, in-4 (contre le dergé de France), publié sous le pseudonyme d’Eug. Lombardus; Gallia vindicaia, Paris, 1687, in-4; Nodus prœde$ii)icAionis solulus , Rome, 1696; Cursus philosophicus , Saint-Gali, 1699.

sfondrate (Nicolas), pape. Voy. Grégoire xiv.

SFORCE, en italien Sforza, célèbre famille italienne qui régna sur le duché de Milan aux xv* et XVI* siècles, tire son origine de Giacomuzzo-Attendolo, dit Sforza ou Sforce (qui suit).

Giacomuzzo-Attendolo ou Jacques Attendol, dit Sforce à cause de sa grande vigueur, né en 1369, mort en 1424, était fils d’un paysan de Cotignola (Romagne). 11 devint chef d’un petit corps de partisans, combattit comme condottiere pour les Florentins, puis pour divers états italiens, s’attacha au roi de Naples, qui finit par le nommer grandconnétable, reçut de Jeanne 11 plusieurs grands fiefs, et mourut au passage de la Pescara en marchant contre le célèbre condottiere Braccio, son rival.

François-Alexandre, fils naturel du précédent, né en 1401, mort en 1466, suivit son père dans toutes ses campagnes, apprit sous lui l’art militaire, maintint son armée autour de lui à sa mort, combattit Carmagnole en Lombardie (1426), enleva la Marche d’Ancône au pape Eugène IV (1434), et s’en fit un état indépendant, devint le gendre de Philippe- Marie Visconti, duc de Milan, après la mort duquel il parvint à être reconnu duc de Milan (1460), malgré l’opposition des habitants, exerça une médiation éclairée entre diverses puissances belligérantes de l’Italie , eut la plus grande part à l’union des petits états de ce pays qui eut lieu à Lodi, et prit ainsi pour lui le rôle d’arbitre de l’Italie, que jusqu’alors avaient rempli les rois de Naples.

Galéas-Marie, fils du précédent, né en 1444, servait Louis XI à la tête d’un corps auxiliaire au moment de la mort de son père ; il lui succéda sans obstacle, gouverna en tyran et fut assass.en 1476.

Jean-Galéas-Marie, fils du précédent, avait 3 ans lorsqu’il succéda à son père, sous la tutelle de sa mère Bonne de Savoie, et du sage ministre Simonetta, mais bientôt (1479) il tomba au pouvoir du perfide Ludovic, son oncle, qui en 1489 le relégua au château de Pavie, et probablement l’cmpoisopiia

(1494). Jean-Galéas-Marie laissait deux filles, et un fils, que Louis XII emmena en France (1499), ei qui mourut abbé de Marmouliers.

Ludovic, dit le More , à cause de son teint ou d’un mûriet figuré dans ses armes, frère de Galéas-Marie et oncle du précédent, se mit par force en possession du gouvernement pendant la minorité de son neveu Jean-Galéas-Marie, fit mettre à mort Simonetta, et écarta son jeune neveu des affaires ; il montra du reste quelque habileté, se posa en Italie chef du système anli-aragonais, et appela CharlesVIII pour appuyer son système (1494). 11 fit alors périr son neveu, et prit le titre de duc de Milan; craignant les attaques des Français, il se hâta de les trahir et devint l’âme de la ligue de Venise formée contre eux. Attaqué en 1499 par Louis XII, il subit à son tour la trahison de tous les siens, et perdit ses étals en quinze jours; il les reprit un instant en 1500, pour les reperdre aussitôt. Livré par les Suisses aux Français, il fut enfermé à Loches et y mourut au bout de dix ans (1510).

Maximilien, fils ainédu précéd.,fut mis sur le trône ducal en 1512 par la ligue de Rome, fut assiégé dans Novarre par les Français en 1513, rentra dans Milau la même année et régna jusqu’à la bataille de Marignan, qui lui fit définitivement perdre la couronne (1515). Il céda son duché à François I, reçut en échange une pension. 11 mourut à Paris en 1530.

François-Marie, 2e fils de Ludovic, reçut en 1622 le duché de Milan de Léon X et de Charles-Quint, après la fuite de Lautrec, et fut affermi sur son trône par la défaite de François I à Pavie (1526); mai -, obligé par Charles-Q.Jnl de lui payer 400,000 ducats en un an, plus 50,000 pendant dix ans, il pressura son peuple et se rendit odieux. Il mourut en 1535. 11 est le dernier de sa famille qui ait régné sur le duché de Milan.

Alexandre, fils naturel de Giacomuzzo Attendolo (1409-73), seconda son frère François-Alexandre, épousa la célèbre Constance de Varano, nièce d’un Malatesta, devint ainsi seigneur de Pesaro, et se maintint dans cette seigneurie, qui passa successivement à son fils Constant (général au service de Florence, puis de Venise, mort en 1485), et à son petitfils Jean (premier époux de Lucrèce Rorgia, dépos-r sédé par César Borgia, et mort à Venise vers 1501).

Catherine, fille naturelle de Galéas-Marie, épousa en 1484 Jérôme Riario, seigneur d’Imola et de Forli, tomba, ainsi que son fils Octavien, au pouvoir des meurtriers de son mari, qui venait d’être assassiné à Forli (1488), montra beaucoup de présence d’esprit et d’énergie dans cette occasion, et assura ainsi à son fils son héritage, soutint dans Forli un siège contre César Borgia, et fut prise sur la brèche même. Louis Xll lui fit rendre la liberté. Elle avait épousé en secondes noces un Médicis et mourut à Florence.

SG1GATA, Aille d’Algérie, la même que stora.

S’GRAVESANDE. Voy. gravesande.

SHADWELL (saint-paul-) , bourg d’Angleterre (Middlesex) , contigu à Londres du côté du S. E,; 10,000 liai)., presque tous marins.

SHADWELL ('Thomas), poêle anglais, né en 1640 dans le Norfolk, mort à Londres en 1692, fut poète lauréat et historiographe du roi Guillaume IIÎ, et remplaça en cette qualité le célèbre Dryden, qui dès lors devint son ennemi. On a de lui une traduction en vers des Satires de Juvénal, et d’autres poésies, il a surtout travaillé pour le théâtre. Ses principales pièces sont : les Amants chagrins ou les Impertinents (1668); les Capricieuses; le Virluoso (1676) ; Psyché , tragédie, Londres, 1675; le Libertin; les Eaux d'Epsom (1676); Timon le misanthrope (1678); la Véritable veuve [ 1679) ; les Sorciers de Lancastre (1682). Plusieurs sont imitées de Molière, que Shadwell prétendait surpasser. Il m. pour avoir pris par erreur une tro* forte dose d’opium.

SH AK — li

SHAFTESBURY ou SIIASTON, ville d’Angleterre (Dorset), à 40 kil. N. E. de Dorchester; 8,500 ha b. Ville très ancienne ; elle possédait jadis une oélèbre abbaye fondée par Alfred-le-Grand.

SHAFTESBURY (Ant. ashley-coopek, comte de), homme d'état, né en 1621 à NVinborne (Dorset), fut membre du parlement dès l’âge de 19 ans (1640) , et se montra d’abord dévoué à la cause royale ; mais voyant que son zèle était suspect, il se jeta dans le parti parlementaire (1644), sans cependant approuver la mort de Charles I, Il correspondit avec Charles II exilé, et eut part à la restauration (1660). Au retour du roi, il fit partie du ministère dit de la Cabal, et fut créé comte de Shaftesbury (iG72). Obligé en 1674 de quitter le pouvoir, il fit une opposition si violente qu il fut envoyé à la Tour (1677). 11 n’en devint pas moins président du nouveau ministère qui fut formé en 1679, se déclara ouvertement contre le duc d’York (Jacques II), et fit passer à la Chambre des Communes un bill d’exclusion contre ce prince ; mais n’ayant pu le faire adopter par les lords, il se vit de nouveau exclu du ministère et enfermé à la Tour (1681). Accusé de haute trahison, il fut acquitté par le jury. Il entra plus tard dans la conspiration de Monrnouth, et, lorsqu’elle fut découverte, s’enfuit en Hollande où il mourut peu après (1683). Shaftesbury possédait des talents supérieurs comme homme d’état et orateur; il avait l’activité et la hardiesse d’un chef de parti , mais c’était un des hommes les plus corrompus de son siècle.

shaftesbury (Ant. àshley-cooper , comte de), écrivain, petit-fils du précédent , né à Londres en 1671, mort à Naples en 1713, prit peu de part aux affaires à cause de la faiblesse de sa santé, fut néanmoins membre de la Chambre des Communes (1694), puis de la Chambre des lords après la mort de son père (1699), et jouit de la confiance du roi Guillaume 111. Disgracié par la reine Anne à cause de son incrédulité, il vécut dans la retraite, et se livra tout entier aux lettres. Scs principaux écrits sont des Recherches sur la vertu, une Lettre sur l’enthousiasme, à propos des prétendus prophètes des Cévennes ; les Moralistes ; Soliloque ou Avis à un auteur. Il les a tous réunis sous le titre de Charac * teristiks ofmen, etc., 1713 (trad. en franç., Genève, 1769, 3 vol. in-8). Ou y retrouve le philosophisme du siècle : aussi reçurent-ils les éloges de Voltaire.

SHAKESPEARE ou SIIAKSPEARE (William), le premier des poètes dramatiques anglais, né en 1563 ou 1564 à Stratford-sur-Avon, dans le comté deWarwiek, était fils d’un marchand de laines; il reçut une éducation fort imparfaite, se maria à 18 ans avec une femme qui avait huit ans de plus que lui, mena une vie assez vagabonde ; fut forcé à 22 ans de quitter son pays parce qu’il était poursuivi comme braconnier, vint à Londres, où il se trouva, dit-on, réduit pendant quelque temps à garder les chevaux à la porte d’un théâtre, ou à faire le métier de souffleur, puis monta sur la scène, où il ne joua d’abord que des rôles secondaires, et enfin se fit auteur. Il commença par retoucher et arranger pour la scène de vieilles pièces , puis il se mit à en composer d’originales. Se3 premières productions de ce genre paraissent dater de 1589. 11 acquit bientôt une réputation immense comme auteur et comme acteur (il réussissait surtout en jouant ses propres pièces) ; attira l’attention de la reine Elisabeth et de Jacques I, et reçut les libéralités de plusieurs grands seigneurs , entre autres du comte de Southampton. Il finit par devenir propriétaire - directeur du théâtre du Globe dans Southwark (faubourg de Londres) , fit une assez belle fortune, et put quitter la scène de bonne heure. Il se retira vers l’an 1610 dans sa ville natale, et y acheta, pour y passer le reste de ses jours, la aaaison où il était né ; c’est là qu’il mourut en 1615 ou

— SliÀN

1616, n étant âgé que de 52 ans. Shakespeare a laissé 35 pièces, dont voici, selon Malone, la liste dans l’ordre présumé de leur composition : Henri VI , en 3 parties (1589-91); Songe d'une nuit d’été (1592) : Comédie d'erreurs ou plutôt les Méprises (1593); la Gron ■> deuse mise à la raison (1594); Peine d'amour perdue (1594); les Deux Seigneurs de Vérone (1595); Roméo et Juliette (1595); Hamlei (1596) ; le Roi Jean (1596) ; Richard II et Richard LU (1597); Henri IV, en 2 parties (1597-98); le Marchand de Écmse(1598); Tout est bien qui finit bien{ 1598); Henri V (1599); Beaucoup de bruit pour rien (1600); Comme vous voudrez (1600); les Commères de Windsor (1601) ; Henri VIII (1601); Troïlus et Cressida (1602); Ruse contre Ruse (1603); Conte d'hiver (\ G0 i); le roi Lear (1604); Cymbeline (1605); Macbeth (1606); Jules César (1607) ; Antoine et Cléopâtre ( 1608); Timon d'Athènes (1609); Coriolan (1610); Othello (1611); la Tempête (1612); le Jour des Rois, en angl. Twelfth night , la 12e. Nuit (1614). On lui attribue encore Titus Andronicus et Périclès; mais les meilleurs critiques s’accordent à penser que ces deuxpièces ne sont pas de lui . Ses chefsd’œuvre sont: Henri IV, Roméo et Juliette, leRoiLéar , Macbeth , Ilamlel , Othello. On a en outre de cet auteur deux petits poèmes , Vénus et Adonis, l'Enlèvement de Lucrèce, et des sonnets. La plupart de ses pièces de théâtre sont mêlées de prose et de vers. Shakespeare possède toutes les qualités de l’homme de génie : il peint avec énergie et vérité, et soutient admirablement ses caractères; ses tableaux sont tour à tour terribles et gracieux; souvent il s’élève au sublime ; il excelle surtout à exciter la terreur; mais on trouve dans ses pièces de choquantes disparates , des plaisanteries grossières ou ridicules au milieu des morceaux les plus pathétiques ; des expressions tantôt triviales, tantôt enflées et guindées ; partout enfin les unités de temps et de lieu sont violées. A tous ces titres, Shakespeare est regardé comme le père de l’école romantique. La plupart des pièces de cet auteur n’ont été imprimées qu’après sa mort, et elles paraissent avoir subi entre les mains des comédiens et des copistes de graves altérations. La lre édit, en fut publiée en 1623, in-fol., par deux comédiens, Hemminge et Condeil. On doit à Rowe, 1709, à Pope, 1725, à Warburton, 1744, à Johnson, 1765, à Steevens, 1773, à Malone, 1790, des éditions de plus en plus parfaites ; Is. Reed en a fait paraître en 1803 une grande édition (en 21 vol. in-8), qui résume tous les travaux de ses prédécess.Ls dern. est de Knight,12v. in-8, 1842-44. Shakespeare a en outre été l’objet d’une ioule de commentaires, de notice», de jugements, etc. Ses Œuvres ont été traduites en français par Letourneur, qui se fit aider de Catuelan et Fontaine- Malherbe, 1776-82, 20 vol. in-8 (cette version a été réimprimée et révisée, 1° par MM. Guizot, Barante et Pichot, 1821, 13 vol. in-8 ; 2° par M. Francisque Michel, 1840 , 3 vol. in-8 , à 2 col., avec la Vie de Shakespeare par Wordsworth, et des remarques sur la vie et les ouvrages de Shakespeare, par Thomas Campbell). Ducis a reproduit sur notre scène la plupart des principales pièces du poète anglais. On doit à Aug.-Guill. Schlegel une traduction allemande fort estimée de plusieurs de ses pièces; d’autres ont été traduites par L. Tieck, H. et Abraham Yoss, J. -B. Benda et Wolf de Budissin (le tout a été réuni dans une édition publiée à Stuttgart, 1828, 10 vol. in-18). M. Villemain a parfaitement apprécié le mérite de ce grand tragique , soit dans ses cours, soit dans son Essai sur Shakespeare. J. Halliwell a donné la Vie de Shakespeare, Londres, 1847, in-8.

SH ANN ON, Senus, riv. d’Irlande, nait dans le comté de Leitrim, par 10° 20’ long. O., 54° 14* !at, N., coule au S. et au S. O. , sépare la province de Connaught de celles de Leinster et de Munster, entre dans celle-ci, se dirige à 10. S. O., et tombe

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