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vové à la Chambre des Députés en 1834 par le collège de Colmar, il siégea parmi les membres de l’opposition modérée. On a de lui quelques ouvrages estimés : Lettres sur la Suisse, 1827-1832, Antiquités de l’Alsace, 1 828 ; Suisse et Tyrol , 1839 (dans l’ Univers pittoresque) , et des traductions de Suétone, de l’Histoire romaine de Niebuhr, de l’Histoire universelle de l’antiquité, de Schlosser. Golbéry étaitcorrespondantde l’Institut.
GONDOUIN (Jacques), architecte, né en 1737 à Saint-Ouen, près Paris,, mort en 1818, était fils du jardinier de Louis XV à Cboisy-le-Roi , ce qui lui procura la protection du roi. Il fut élève de Blondel et pensionnaire de l’école de Rome. C’est lui qui construisit 1 ’ École de médecine de Paris , dont le style est éminemment classique. Il a aussi dirigé avec Lepère la construction de la colonne de la place Vendôme : il transporta scrupuleusement dans ce monument les formes, les détails et les proportions de la colonne Trajane de Rome.
GORTSCHAKOFF (Michel), général russe, né en 1795, d’une des plus anciennes familles de Russie, mort en 1861 , s’était signalé dans les guerres contre les Turcs , les Polonais et les Hongrois, par une bravoure et une vigueur qui lui avaient valu le surnom de nouveau Souvaroff , lorsqu’il reçut le commandement général des forces russes en Crimée et eut à combattre l’armée anglo-française (1855) : pendant longtemps il opposa des obstacles insurmontables aux alliés qui assiégeaient Sébastopol ; il fit échouer le grand assaut du 1-8 juin , mais il ne put résister à un nouvel effort des Français, et les vit, au 8 septembre, enlever la tour Malakoff, succès qui mit fin à la guerre. L’un des membres les plus influents du vieux parti russe, Michel Gortschakoff était systématiquement opposé à tout progrès politique. — Son frère aîné, Pierre Gortschakofï,né en 1790, s’est aussi distingué dans la carrière mililaire : mis en 1855, maigre son grand âge, à la tête d’un corps d’armée en Crimée, il ne put empêcher les victoires de l’Alma et d’Inkermann et donna sa démission.
GOUFFÉ (Armand), dit le Panard du xixe siècle, né vers 1773, mort en 1845, occupait au ministère des finances un emploi de chef de bureau, qu’il quitta en 1827 pour se retirer à Beaune au sein de sa famille. Il a donné à divers théâtres, le plus souvent en société avec divers collaborateurs, un grand nombre de vaudevilles et de petites pièces ( Cange ou le Commissionnaire , Bientôt , les Deux Jocrisses , Nicodème à Paris , le Chaudronnier de Saint-Flour , le Directeur dans l’embarras , etc.). Il réussit surtout dans la chanson; plusieurs de celles qu’il composa sont devenues populaires: tout le monde a chanté sous l’Empire le Corbillard et Plus on est de fous, plus on rit. Il se place dans ce genre entre Désaugiers et Béranger : on a dit que Désaugiers faisait des pontsneufs, Béranger des odes, et Gouffé des chansons. lien publia plusieurs recueils sous le titre de Ballon d’essai (1 802) , Ballon perdu (1804) , Encore un ballon ( 1807) , le Dernier ballon (1812). Gouffé fut un des fondateurs du Caveau moderne.
GOURGAUD (Gaspard), général d’artillerie , né à Versailles en 1783, mort en 1852, était fils d’un musicien de la chapelle de Louis XVI et neveu du comédien Dugazon. Entré au service dès 1801, après avoir passé par l’École polytechnique et l’École de Metz, il se signala à la bataille d’Austerlitz , où il fut blessé, à celles d’Iéna, de Friedland , d’Essling, et surtout à Wagram; fut, à la paix, chargé de diverses missions relatives au service de l’artillerie , et attira, par l’intelligence avec laquelle il les remplit, l’attention de Napoléon, qui lenomma l’un de ses officiers d’ordonnance (1811) ;
accompagna encettequalitél’Empereur au Congrès de Dresde, prit une part glorieuse à la campagne de Russie, entra le premier dans le Kremlin, où il sauva l’Empereur et une partie d e l’armée en enlevant , au péril de sa vie, une mèche qui allait mettre le feu aux poudres ; ne se distingua pas moins dans la campagne de France, eut, après le combat de Brienne, le bonheur de sauver une deuxième fois la vie à l’Empereur; combattit avec le titre de général de brigade à Waterloo , où il fit tirer les derniers coups de canon; accompagna Napoléon à Sainte-Hélène, mais se vit obligé de quitter l’île en 1817 par suite de mésintelligence avec un de ses compagnons d’exil; fit à son retour-en Europe d’actives démarches auprès des souverains réunis à Aix-la-Chapelle pour faire adoucir le sort du prisonnier; publia en 1818 la Campagne de 1815, écrite à Sainte-Hélène, ce qui le fit rayer par LouisXVIII des contrôles de l’armée française; ne reprit d’activité que sous Louis-Philippe" qui l’éleva au grade de général de division et le nomma son aide de camp; accompagna en 1840 le prince de Joinville à Sainte-Hélène, ramena avec lui en France les cendres de l’Empereur et fut à son retour élevé à la pairie. Gourgaud a rédigé, avec Montholon, les Mémoires pour servir à V Histoire de France sous Napoléon (1822-25). Il a en outre réfuté la Vie de Napoléon de Walter Scott et signalé les Erreurs de Bourrienne.
GRANDVILLE (J. -J.), dessinateur original, né en 1804 à Nancy, mort en 1847, reçut les premières leçons de son père, habile peintre de miniatures, vint se perfectionner à Paris, et s’ouvrit une voie toute nouvelle en créant la caricature philosophique et sociale. Il débuta par les Tribulations de la petite propriété , que suivirent les Plaisirs de tout âge, [a Sibylle des salons; puis il donna les Métamorphoses du jour , dont les piquantes figures, moitié hommes, moitié animaux, rendirent son nom populaire; se vit dès lors recherché par les éditeurs, enrichit de ses dessins la Silhouette , l’ Artiste , la Caricature , le Charivari, illustra Guliver, Robinson, Béranger, Jérôme Paturot, interpréta avec un admirable talent les Fables de La Fontaine, donnantaux animaux toute l’expression de la physionomie humaine, puis en vint à composer des livres en estampes où le texte n’est plus guère que l’accessoire ( Scènes de la vie privée et publique des animaux , Petites misères de la vie humaine, etc.). Il donna dans les derniers temps de sa vie les Fleurs animées , les Etoiles animées, V Autre monde, compositions empreintes d’un certain mysticisme qui avait sa source dans la tristesse de son âme : il avait perdu coup sur coup une femme qu’il aimait et trois jeunes enfants. Par une étude assidue de l’homme, Grandville était parvenu à exprimer avec autant de justesse et de concision que d’esprit les sentiments les plus secrets du cœur humain, les traits les plus fins du caractère. M.. J. Nollet a écrit sa Vie.
GRANET (Franç.-Marius) , peintre, né à Aix en 1775, de parents pauvres, mort en 1849, fut longtemps réduit à peindre des poupes et des proues de vaisseau, fut tiré de cette humble profession par le comte de Forbin, qui avait été son compagnon d’études ; visita avec cet ami Paris et l’Italie, et séjourna longtemps à Rome. Il s’ouvrit une voie nouvelle en s’attachant aux effets de lumière, débuta en ce genre par une Vtie du cloître des Feuillants, envoya de Rome en 1810 Stella traçant une Vierge sur les murs de sa prison , peignit ensuite le Chœur des Capucins de la place Barberine, où l’illusion est parfaite et dont le succès fut immense, et ne cessa de produire d’excellents ouvrai ges qui assurèrent sa réputation. Admis à l’Académie en 1830, il donna depuis la Mort du Poussin