GROU
GUÉR
(1834), la Communion clés premiers chrétiens dans tes Catacombes (1837), la Cérémonie funèbre aux Invalides après l'attentat de Fieschi (1839) , où son talent se montra sous de nouvelles faces. On l’a quelquefois appelé le Rembrandt français; cependant il réussit le plus souvent à éviter les écueils de l’artiste hollandais. Peintre de la lumière pardessus tout.Granet a su par le choix des sujets et des lieux, par le caractère de ses personnages, élever son style à la hauteur de la peinture d’histoire. M. Raoul Rochette a lu à l’Institut, en 1851 , une Notice historique sur Granet.
GRÉGOIRE XVI, Mauro Capellari, pape, né à Bellune en 1765, élu en 1831 , mort en 1846. Entré très-jeune chez les Camaldulesde Saint-Michel de Murano , près de Venise , il devint successivement abbé de ce monastère, procureur , vicaire général de la congrégation; fut nommé par Léon XII visiteur apostolique des universités de l’État ecclésiastique , cardinal (1825) , enfin préfet de la congrégation de la Propagande. Il conserva sur le trône pontifical les habitudes de la vie la plus simple. Opposé à toute innovation, il vit, au début de son règne, éclater de violentes insurrections, et ne put réussir à les réprimer qu’en invoquant le secours de l’Autriche : ce qui amena l’occupation d’Ancône par les Français (1832). Il se montra favorable à l’ordre des Jésuites, seconda de tout son pouvoir les missions, créa plusieurs évêchés nouveaux, surtout en Amérique, régla les mariages mixtes, et condamna les doctrines exagérées de M. de Lamennais (1832 et 1835). Ayant reçu en 1845 la visite de l’empereur Nicolas, il* plaida énergiquement devant ce prince la cause de la liberté des catholiques romains en Russie. Ce pape s’était fait un nom par son savoir, surtout dans les matières ecclésiastiques et canoniques. Il a laissé quelques écrits, entre autres, le Triomphe du Saint-Siège, 1799 (traduit par l’abbé James, 1833, et par Menghi d’Arville, 1839), et des discours sur les Fondements de la religion , 1801. Il créa l’ordre de Grégoire le Grand , et réforma celui de V Éperon d'or , auquel il donna le nom de Saint-Sylvestre.
GRÉG01RE-LE-GRAND (Ordre de Saint-), ordre fondé par Grégoire XVI en 1 83 1 pour récompenser le mérite religieux, civil et militaire, a pour insigne une croix d’or octogone , émaillée de rouge, offrant au centre l’image du pape S. Grégoire, suspendue à un ruban rouge avec liséré orange. Cet ordre peut être conféré aux étrangers.
GREY (lord Ch. Howick , comte), homme d’État, né en 1764 à Fallowden (Northumberland), d’une famille sortie jadis de Normandie, mort en 1845, était fils du- général Grey , pair d’Angleterre. Lié au parti whig, il entra a la Chambre des Communes dès 1786, proposa en 1793 la réforme parlementaire, fit partie en 1806 du ministère de Fox, à la mort duquel il reçut le portefeuille des affaires étrangères et devint ministre dirigeant; se retira en 1807 parce qu'il n’avait pu faire abolir le serment du test , entra la même année à la Chambre des Lords, où il prêta un constant appui aux mesures libérales, notamment à l’émancipation des catholiques (l 829), fut rappelé au ministère après la révolution française de 1830, et fit enfin triompher la réforme parlementaire (1832). On lui doit aussi l’émancipation des esclaves des Indes occidentales et diverses mesures libérales en faveur de l’Écosse et de l’Irlande. Il résigna le pouvoir en 1834. — Son fils Henri, lord Howick, né en 1802, a suivi la même ligne de conduite , et a fait partie du ministère Melbourne (1835-1839).
GROUCHY (Emmanuel, marquis de), maréchal de France, né à Paris en 1766, d’une famille noble
de Normandie, mort en 1847, était en 1789 souslieutenant des gardes du corps. Il adopta les idées nouvelles , se distingua dans les premières guerres de la Révolution , et fut nommé dès 1793 général de brigade : privé de son grade par un décret qui excluait de l’armée tous les nobles , il s’engagea comme simple soldat et obtint bientôt sa réintégration. Envoyé en 1798 à l’armée d’Italie, sous les ordres de Joubert, il détermina l’abdication du roi de Sardaigne, et réunit ainsi le Piémont à la France. Il prit une part glqrieuse à la bat. de Novi , où u reçut 14 blessures ; aux victoires d’Hohenlinden, d’Éylau, de Friedland, de Wagram,de la Moskowa ; aux combats de Brienne, de La Rothière, de Vauchamps, de Craonne, où il fut grièvement blessé. Pendant les Cent-Jours (1815), il fut opposé au duc d’Angoulême dans le Midi, et le fit prisonnier ; il reçut à cette occasion le bâton de maréchal. Appelé en Belgique, il y joua un rôle important ; après le combat de Fleurus (16 juin) et de L,igny(17), il marchait, selon ses instructions, à la poursuite de Blücher avec un corps de 30000 hommes, lorsque se livra la bataille de Waterloo (18). Ne recevant pas d’ordre à temps, il ne put venir prendre part à la bataille, quoiqu’il fût impatiemment attendu de l’Empereur et quoiqu’on entendît le bruit de la canonnade : cette fatale absence décida du sort de la journée. La Restauration refusa de reconnaître à Grouchy le titre de maréchal : il ne lui fut confirmé qu’en 1831; il fut nommé pair en 1 832. Il a publié divers écrits pour expliquer sa conduite à Waterloo , notamment des Fragments historiques , 1840. — Deux sœurs du marquis de Grouchy épousèrent, l’une Condorcet, l’autre Cabanis , et se firent remarquer par leur esprit et leurs qualités.
GRUBER (Jean-Godefroy), savant allemand, né en 1774 à Naumbourg, mort à Halle en 1851, successivement professeur à Iéna, à Dresde , à Wittemberg et, depuis 1816, à Halle; a écrit sur les sujets les plus divers ( Destination de l'homme, Dictionnaires d'esthétique , de mythologie, de synonymes , etc.), mais est surtout connu par la publication de l'Encyclopédie universelle des sciences et des arts, qu’il fonda avec le savant Ersch en 1818, et qu’il continua seul depuis 1828 jusqu’à sa mort ; elle était alors arrivée au Cille volume. On lui doit aussi une bonne édition des OEuvres de Wieland, avec une Vie de l’auteur, rédigée sur les notes mêmes du célèbre écrivain.
GUÉRARD (Benjamin-Edme-Charles) , paléographe, né en 1797, mort en 1854, était fils du juge de paix de Montbard. Après avoir occupé successivement de modestes emplois dans un collège communal, puis dans une maison de banque , il entra à la Bibliothèque royale et fut attaché au département des manuscrits, où il classa des masses énormes de parchemins; suivit en même temps les cours de l’École des chartes; fut l’auxiliaire du marofuis de Fortia d’Urban dans plusieurs grandes publications ( Histoire du Hainaut, de Jacques de Guise, 22 vol. in-8 ; Itinéraires anciens, in-4, etc.); édita avec lui la troisième partie de l'Art de vérifier les dates , et finit, d’après le conseil d’Abel Rémusat, par consacrer exclusivement ses recherches à l’histoire diplomatique de l’ancienne France. Couronné en 1830 par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres pour un mémoire sur le Système des divisions territoriales de la Gaule (1832), il fut bientôt après nommé professeur à l’École des chartes, et fut élu la même année membre de l’Académie des Inscriptions. Il a publiéplusieurs grands travaux d’érudition, parmi lesquels on remarque ; le Cartulaire de l’abbaye de Saint-Père de Chartres (2 vol. in-4, 1840) : celui de l’abbaye de Saint- Berlin (in-4, 1841), et le Po-