GUIR
lyptyque de l’abbé Irminon , dénombrement des revenus de l’abbaye de Saint-Germain des Prés sous Charlemagne (3 vol. in-4, 1844), ouvrages qu’il enrichit d’éclaircissements de toute espèce. M . Naudet a lu à l’Institut en 1857 une Notice historique sur la vie et les travaux de Guérard.
GUERRERO, mulâtre, fut un des principaux chefs indépendants lors de l’insurrection du Mexique en 1810, se mit en 1827 à la tête des Yorkinos (démocrates), mécontents de l’élection du président Pedrazz-a, et se fit élire à sa p^ace; mais bientôt, abandonné des siens, il fut livré par un traître à Bustamente , chef du parti contraire , qui le fit aussitôt fusiller (1831).
GUILBERT de Pixérécourt (Charles) , fécond dramaturge, né en 1773 à Nancy, mort en 1844, sortait d’une famille noble , qui possédait le château de Pixérécourt près de Nancy. Il émigra avec son père, ancien major au régiment de Royal-Roussillon; rentra en France dès 1793, pour s’y marier; se cacha dans Paris, où il eut à lutter contre la misère, obtint à grand’peine un petit emploi, fit en même temps des pièces de théâtre et ne put faire jouer sa première pièce qu’en 1797, après de nombreux rebuts. Depuis cette époque, il a fait représenter sur différents théâtres , notamment à Y Ambigu et à la Gaîté , une foule de pièces des genres les plus divers, comédies, opéras, vaudevilles, drames, mélodrames. Il réussit surtout dans ce dernier genre, et mérita d’être surnommé le Corneille , le Shakspeare du boulevard. Dans ses mélodrames, où l’intérêt est puissamment augmenté par une habile mise en scène, il représente les situations les plus terribles, les plus déchirantes, les actes les plus noirs , mais il sait tempérer le tragique par le bouffon; du reste, plein de respect pour la morale, il a toujours soin de faire triompher la vertu ; son style offre la déclamation inhérente au genre , mais il était parfaitement adapté au goût de son public. Guilbert de Pixérécourt fut longtemps directeur du théâtre de la Gaîté , et s’enrichit dans cette entreprise ; mais l'incendie de la salle en 1 835 lui fit perdre une partie de sa fortune. Après cette catastrophe, il se retira à Nancy. Parmi ses productions, dont le nombre ne s’élève pas à moins de 1 20, on remarque : Cœlina ou l’Enfant du mystère , 1800; le Pèlerin blanc , 1801; l’Homme à trois visages, 1801; la Femme à deux maris, 1802 ; les Mines de Pologne, 1803; Tékéli, 1803; les Maures d’Espagne, 1804; la Forteresse du Danube, 1805; Robinson Crusoé, 1805; la Rose blanche et la Rose rouge, 1809; Marguerite d'Anjou, 1810; les Ruines de Babylone , 1810; le Chien de Montar gis, 1814; Charles le Téméraire, 1814; Christophe Colomb, 1815; le Monastère abandonné , 1816 ; la Fille de l’exilé, 1819; Valentine, 1820; l’Évasion de Marie Stuart, 1822 ; la Tête de mort, 1827 ; Latude , 1834. Il a donné lui-même ses OEuvres^ choisies, 4 vol. in-8, Nancy, 1841-1843, et y a joint, sous le titre de Souvenirs , une notice sur sa propre vie.
GUILLAUME Ier, roi des Pays-Bas, né en 1772 à la Haye, était fils de Guillaume V, stathouder de Hollande (dépossédé par les Français et mort à Brunswick en 1806), et épousa fort jeune une nièce du roi de Prusse. Connu d’abord sous les titres de prince d’Orange, de duc de Nassau , de Prince héréditaire des Provinces-Unies de Hollande , il servit en 1793 et 1794 sous le prince de Cobourg, tenta vainement de disputer son pays aux Français, se réfugia en Angleterre , puis en Prusse, sévit dépouiller de ses possessions patrimoniales en Allemagne pour avoir refusé d’accéder à la Confédération du Rhin , rentra en Hollande dès 1813, après la bataille de Leipsick , et prit dès lors le titre de prince souverain, qu’il
échangea en 1815 contre celui de roi des Pays- Bas, réunissant sous son sceptre la Belgique et la Hollande. Il donna à son peuple une sage constitution et un gouvernement représentatif, mais il s’aliéna les Belges en menaçant le culte catholique et en imposant l’usage de la langue hollandaise : aussi vit-il éclater en Belgique le 25 août 1 830 , peu de jours après la révolution de France , une insurrection formidable. Malgré la longue et énergique résistance qu’il y opposa, il ne put empêcher la séparation des deux pays. Peu d’années après, il mécontenta les Hollandais eux-mêmes en présentant un budget onéreux, qui fut rejeté (1839), et en contractant un second mariage avec une dame belge et catholique, la comtesse d’Oultremont. Dégoûté du trône, il abdiqua en faveur du prince d’Orange, son fils (Guillaume II), et se retira à Berlin, où il mourut subitement en 1843, laissant une fortune de plus de 300 millions. — Guillaume II, né en 1792, qui lui avait succédé en 1840, mourut dès 1848 : il s’était attaché à diminuer les charges du peuple et à concilier tous les intérêts. Il eut pour successeur son fils, né en 1817, qui prit le nom de Guillaume III.
GUILLON (l’abbé Nic.-Silvestre), évêque de Maroc , né à Paris en 1760, mort en 1 847 , publia en 1788 des Mélanges de littérature orientale qui le firent remarquer de Barthélemy ; fut introduit par ce savant chez la princesse de Lamballe , qui le nomma son aumônier, son lecteur et son bibliothécaire; combattit la constitution civile du clergé, fut forcé de se cacher sous la Terreur, et exerça la médecine; reparut en 1801 pour publier des Recherches sur le Concordat, qui lui valurent quatre mois de détention au Temple, fut néanmoins, lors du rétablissement du culte, nommé chanoine de Paris, bibliothécaire de l’archevêché, et chargé d’accompagner le cardinal Fesch à Rome: accepta à son retour des fonctions dans la nouvelle Université, et professa la rhétorique; fut appelé à la Faculté de théologie de Paris dès sa création (1810), y fit avec distinction le cours d’éloquence sacrée pendant 30 ans, devint doyen de cette Faculté, et inspecteur de l’Académie de Paris. Après le retour des Bourbons, il s’était attaché à la famille d’Orléans, dont il fut l’aumônier dès 1818. Promu par Louis-Philippe à l’évêché de Beauvais, il ne put obtenir ses bulles du pape, parce qu’il avait administré l’abbé Grégoire, évêque constitutionnel de Blois, sans avoir observé toutes les règles ecclésiastiques; néanmoins, ayant publiquement reconnu ses torts, il fut nommé en 1832 évêque in partibus de Maroc. Outre un grand nombre d’écrits de circonstance et quelques ouvrages littéraires ou philosophiques ( Commentaires de La Fontaine, Entretiens sur le suicide, Histoire de la philosophie , etc.), l’abbé Guillon a publié une Bibliothèque choisie des Pères grecs et latins , traduits en français (Paris, 1826-28,26 vol. in-8). Il a donné en outre en 1838 une traduction complète de S. Cyprien. Combattant à la fois l’ultramontanisme et l’impiété, il publia en 1835 une Réfutation des ouvrages de M. de Lamennais , et en 1842 un Examen des doctrines de Gibbon, Strauss et Salvador. — Un autre abbé Guillon (Aimé) , né à Lyon en 1758 , conservateur de la bibliothèque Mazarine, est aussi connu par de nombreux écrits, dont les plus intéressants sont Y Histoire du siège de Lyon (1797), complétée par des Mémoires sur le même sujet (1824) ; les Martyrs de la foi pendant la Révolution (1820).
GUIRAUD (le baron Alexandre), né en 1788 à Limoux (Aude), mort en 1847, était fils d’un manufacturier, et jouissait d’une aisance qui lui permit de se livrer à ses goûts littéraires. Après avoir remporté quelques palmes aux Jeux floraux, il