HAÏT
HALL
vint à Paris, présenta en 1820 au Théâtre-Français la tragédie de Pelage, qui fut reçue, mais dont la représentation fut défendue parce qu'un archevêque y était mis en scène; fît jouer àl’Odéon en 1822 les Machabées , tragédie en 5 actes, qui obtint un grand succès; donna l’année suivante une tragédie tirée , comme Pélage , de l’histoire d’Espagne, le Comte Julien ou V Expiation , qui réussit moins bien , et en 1827 Virginie , qui fut
plus heureuse. Guiraud abandonna de bonne heure le théâtre et consacra son talent à la poésie lyrique et élégiaque ; on estime ses Elégies savoyardes, ses Chants hellènes. On a aussi de lui des romans chrétiens : Cèsaire , Flavien ou De Rome au désert. Comme Soumet, son compatriote et son ami, Guiraud répandit dans ses écrits les sentiments religieux qui étaient dans son cœur. Ce littérateur avait été reçu à l’Académie française en 1826.
HAHNEMANN (Samuel) , fondateur de la médecine homœopathique , né en 1755 à Meissen (roy. de Saxe), avait pour père un pauvre peintre sur oorcelaine. Il étudia au milieu des plus grandes privations, fut reçu docteur en médecine à Erangen, se fixa en 1791 à Leipsick, où il étudia avec le plus grand soin la chimie et la matière médicale; découvrit de nouveaux moyens de con-. stater les falsifications du vin ainsique les empoisonnements par l’arsenic, et trouva le précipité connu depuis sous le nom de mercure soluble d'Hahnemann. Mécontentdela médecine régnante, il entreprit une série d’expériences, qu’il exécutait souvent sur lui-même , dans le but de reconnaître les propriétés des médicaments, et se trouva conduit à proclamer que les spécifiques les plus propres à guérir une maladie sont les substances mêmes qui produisent sur l’homme bien portant les symptômes de cette maladie. Dès lors, à l’axiome hippocratique : Contraria contrariis curantur , il substitua ce principe opposé : Similia similibus curantur ; il nomma en conséquence la nouvelle doctrine homœopathie (d’ôpoiov , semblable, 7ï(x9 oç , mal) ; toutefois, il recommandait de n’employer les remèdes homœopathiques qu’à des doses infinitésimales . Ce fut en 17 94, à l’hospice de Georgenthal près de Gotha , qu’Hahnemann fit les premiers essais de sa méthode. Violemment attaqué par ses confrères et par les pharmaciens , dont il ruinait l’industrie par la simplicité de ses remèdes, il se vit plusieurs fois contraint de changer de résidence : il trouva pendant 14 ans un asile à Cœthen (1820-34). Veuf depuis 1827 d’une première femme qui lui avait donné 1 1 enfants , il se remaria en 1835 , à 80 ans , et unit son sort à une jeune Française, Mlle Mélanie d’Hervilly, qu’il initia à la pratique de son art. Il vint se fixer avec elle à Paris, où il obtint l’autorisation d’exercer; il y mourut en 1843, dans sa 89e année, n’ayant jamais interrompu ses études ni sa pratique. Ses principaux ouvrages sont YOrganon de l'art de guérir, Dresde, 1810, traduit par Jourdan, 1832; la Matière médicale , 1811-1821, traduite par le même, 1834; Des maladies chroniques (il les attribue pour la plupart à un vice psorique ou à un vice syphilitique), 1828, traduit en 1832 et 1846 Quelque opinion qu’on doive former sur le fond de la doctrine d’Hahnemann, on reconnaît qu’il a rappelé l’attention sur l’action de médicaments trop négligés, et qu’il a fait lui-même d’intéressantes découvertes sur les propriétés spécifiques de plusieurs substances. Le D' Perry et le Dr Léon Simon ont donné des Notices sur sa vie et ses travaux.
HAÏTI. Ajoutez : L’île est aujourd’hui divisée en six départements ou provinces ; la province de l’Ouest, ch.-l., Port-au-Prince, capitale de tout l’empire ; celle du Nord , ch.-l., Cap-Haïtien ; celle de l’Artibonite, ch.-l., Gonaïves; celle du Sud, ch.-l., les Cayes; celle du Nord-Est ou de Cibao, ch.-l. , St-Yague ; celle du Sud-Est ou de l’Ozama. ch.-l., St-Domingo. — Après l’expulsion de Boyer
(1843) , ce pays a été livré à de perpétuelles révolutions jusqu’au moment où le sénat proclama le généralSoulouque présidentdelarépublique(1847). Ce général, connu par sa bravoure et son énergie, ne tarda pas à rétablir l’ordre. En 1849 , à la suite d’une conspiration qu’il sut déjouer, le président Soulouque se fit proclamer empereur sous le nom de Faustin Ier. Accusé d’exactions, il a été renversé en 1859 et remplacé par le président Geffrard.— - La partie orientale de l'île, qui dès 1843 s’était constituée en État séparé sous le nom de République dominicaine, a reconnu en 1861 l’autorité de l’Espagne. — On doit à M. Madiou une Histoire d'Haïti, Port-au-Prince, 1847, 2 vol. gr. in-8, et à M. Beaubrun-Ardouin des Études sur l’histoire d'Haïti, Paris, 1855-60, 11 vol. in-8.
HALÉVY (Jacques Fromenthal), compositeur, né à Paris en 1799 de parents israélites , mort en 1862, entra fort jeune au Conservatoire, reçut les leçons de Berton et de Chérubini , fut envoyé en Italie comme pensionnaire du gouvernement, et se voua, à partir de 1827, à la musique de théâtre. Après avoir passé par des alternatives de succès et de revers, il donna en 1835 un grand opéra en 5 actes, la Juive, l’un des chefs-d’œuvre de notre scène lyrique, que suivirent bientôt l 'Éclair, Guido et Ginevra, la Reine de Chypre, Charles VH, les Mousquetaires , la Fée aux roses , le Val d'Andorre , Jaguarita , la Magicienne, Noé (représenté après sa mort) , œuvres de genres très-divers , données les unes au grand Opéra , les autres à l’Opéra-Comique. On y trouve , selon les sujets , le style le plus élevé et de puissants effets dramatiques, ou une mélodie enjouée et gracieuse, mais toujours une composition originale, une instrumentation riche et sâvante : on admire surtout ses morceaux d’ensemble. Professeur au Conservatoire depuis 1827 , Halévy fut élu membre de l’Académie des Beaux-Arts en 1836 et en devint secrétaire perpétuel en 1854. En cette dernière qualité, il a rédigé d’excellentes Notices sur Onslow, David (d’Angers), P. Delaroche, Simart , etc. M. Beulé a lu à l’Académie des Beaux-Arts le 4 nov. 1862 une Notice sur la Vie et les ouvrages de Û. Halévy. — Son frère , Léon Halévy, né en 1802, professeur adjoint de littérature à l’École polytechnique , puis chef du bureau des travaux historiques au ministère de l'instruction publique, s’est distingué comme poète ; on a de lui , outre des Fables et autres poésies originales, une traduction en vers des OEuvres lyriques d'Horace, et la Grèce tragique , traduction en vers des chefs-d’œuvre du théâtre grec , ouvrage couronné par l’Académie française.
HALLAM (H.) , historien anglais, né en 1778 , mort en 1859, étudia à Oxford, travailla de bonne heure àla Revue d’Edimbourg , dont il devint un des rédacteurs principaux , et où ilse lia avec W. Scott; publia en 1818 le Tableau de l’Europe au moyen âge; en 1827, Y Histoire constitutionnelle de l'Angleterre , et dix ans après F Introduction à l’Histoire
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littéraire de V Europe aux xve, xvieet xviic siècles. Ces ouvrages, fruits de recherches profondes, et écrits avec méthode et élégance, obtinrent un légitime succès, et furent immédiatement traduits en français. V Histoire constitutionnelle de VA. est regardée comme le chef-d’œuvre de Hallam.
HAMILTÛN (W.), philosophe écossais, né en 1788 à Glasgow, mort en 1856, enseigna d’abord le droit écossais à l’Université d’Édimbourg et fut appelé en 1836 à la chaire de logique et de métaphysique. L’un des- principaux rédacteurs de la Revue d'Edimbourg , il publia dans ce recueil d’intéressantes dissertations, qu’il réunit en 1852 sous le titre de Discussions on philosophy , literature , etc. Il s’écarta sur plusieurs points des doctrines de l’École écossaise et fut le logicien de cette école. M. L. Peisse a publié en 1840 des Fragments de philosophie traduits d’Hamilton.
HAMMER (Jos. de), baron de Purgstall, orientaliste, né en 1774 à Grætz , mort en 1856, entra dès l’âge de 14 ans à l’Académie orientale devienne, suivit à Constantinople en 1799 l’internonce baron de Herbert, fut envoyé bientôt après en Égypte, et en revint avec une riche collection d’objets précieux , momies , manuscrits et pierres hiéroglyphiques, dont il fit don à la bibliothèque impériale de Vienne; fut nommé en 1802 secrétaire de légation à Constantinople , èn 1806 agent consulaire en Moldavie, en 1811 interprète près la chancellerie de l'Empire ; fut envoyé àParis en 1815 pour réclamer les manuscrits orientaux provenant des bibliothèques de Vienne ; fut élevé en 1817 à la dignité de conseiller aulique , et en 1835 à celle de baron. On lui doit un grand nombre de publications savantes, dont les principales sont: Constitution politique et administrative de l’empire ottoman (1816) ; Histoire des Assassins (1818) ; Histoire de l’empire ottoman (1827-34), leplus important deses ouvrages; Histoire de la poésie ottomane (1836) ; Galerie des souverains musulmans (1839) : Histoire de la horde d’Or (1840) ; Histoire des Tlhhanis (1843) ; Histoire de la Littérature arabe (1850-52). Plusieurs de ces ouvrages ont été traduits en français , notamment l’ Histoire de l’empire ottoman , par Hellert (1835- 43) et par Dochez (1840). Ses travaux sur la littérature de l’Orient sont moins estimés que ses ouvrages historiques. Hammer était président de l’Académie de Vienne et associé de l’Institut de France.
HAPARANDA. v. de Suède (Botnie orient.), sur le golfe de Botnie, à l’embouchure de la Tornéa et en face de la ville de ce nom. Port de commerce, observatoire. Cette v. fut fondée en 1813, sous le nom de Charles-Jean-Ville.
HARRISON (legén.W. H.) , présidentdesÉtats- Unis, né en 1775 dans la Virginie , se forma sous le général Wayne, qui le prit pour aide de camp, quitta le service à lamortde ce général, fut nommé vice-gouverneurdel’Indiana et député de cet État au Congrès, fit adopter plusieurs mesures favorables aux provinces occidentales , ce qui lui valut le surnom de P ère del’ Ouest et le fit élire gouverneur de l’Indiana ; fut , dans la guerre engagée contre les Indiens (1811) et bientôt après contre les Anglais (1812), appelé au commandement en chef de toutes les forces américaines , battit les Indiens sur laWabash, reprit aux Anglais les places de Cleveland, Sanducky, Détroit, Chicago, pénétra dans le haut Canada, où il battit le général Proctor (5 oct. 1813), et rétablit les affaires dans le bas Canada. Il donna sa démission en 1814 parce qu’un ordre intempestif l’enlevait au pays qui avait été le théâtre de ses succès, et fut quelque temps réduit à remplir la modeste fonction de greffier. En 1836 , sesamistentèrent, mais sanssuccès.del’éleverà la présidence: ils y réussirent en 1840. Il venait à peine d’entrer en exercice (1841) lorsqu’il mourut.
HEEREN(Arnold),historien,néenl760àArberg, près de Brême , mort en 1842 , prit le goût des études historiques en entendant Heyne, avec lequel il se lia et dont il épousa la fille; débuta par une savante édition des Eclogx de Stobée (Gœttingue, 1 793 à 1801 , 4 vol. in-8), fit dès 1787 des cours àl Université de Gœttingue comme professeur extraordinaire, et y fut nommé en 1799 professeur d’histoire. Il reçut du roi de Hanovre le titre de conseiller aulique, et fut nommé associé de l’Institut. Il s’occupa surtout de recherches sur la politique et le commerce des anciens, et fut presque le créateur de cette branche d’études jusque-là fort négligée. Ses principaux ouvrages, dont quelquesuns sont devenus classiques, sont : Idées sur la politique et le commerce des peuples de l’antiquité , commencé dès 17 93, plusieurs fois refondu, et dont la dernière édition originale est de 1826 (trad. par M.W. Suckau , 1830-44 , 7 vol. in 8) ; Manuel historique du système politique des États de l’Europe, 1809 (trad. par MM. Guizot et Vincens St-Laurens, 2 vol. in-8, 1821); Manuel de L’histoire ancienne , 1799 (trad. par Thurot, 1827, in-8); Histoire de la littérature classique au moyen âge ; Essai sur l’influence des croisades , mémoire couronné par l’Institut, et traduit en français par Ch. Villers, 1808. Heeren était protestant: ses ouvrages doivent être lus avec prudence dans tout ce qui touche à l’histoire de la religion.
HEINE (H.) , écrivain , né en 1797 à Dusseldorf, de parents israélites, mort en 1856 à Paris, s’est distingué à la fois dans la littérature allemande et dans la littérature française. Il étudia le droit et fut reçu docteur à Gœttingue, mais se consacra tout entier aux lettres; il séjourna successivement à Hambourg , à Berlin , à Munich , et vint en 1830 se fixer à Paris. Il débuta en 1822 par des poésies lyriques, fit représenter en Allemagne deux tragédies, Almanzor et Radcliff, qui eurent peu de succès; publia en 1826 ses Reisebilder (esquisses de voyages) , et en 1827 ses Lieder , ou Chants , qui excitèrent un vif enthousiasme ; donna , à partir de 1830, à la Revue des Deux-Mon des, d’intéressants articles sur les beauxarts , et publia plusieurs ouvrages également écrits en français, qui ne laissent pas soupçonner une plume étrangère ( Alta-Troll , rêve d’une nuit d’été, Lazare, Lutèce). Frappé de paralysie huit ans avant sa mort, il n’en conserva pas moins toute la vivacité de son esprit. Écrivain original, H. Heine unit l’enthousiasme du poète lyrique à l’ironie de l’humoriste; il offre un singulier mélange de tristesse et de gaieté, de délicatesse et de cynisme, de passion et d’insensibilité : ses admirateurs trouvent en lui du Cervantes, du Swift et du Voltaire, et le placent près de Gœthe. Ce qui lui a manqué, c’est la foi en quelque idée, religieuse ou philosophique : il a persiflé toutes les croyances, et, bien qu’il eût quitté en 1825 la foi juive, dans laquelle il était né, pour embrasser le Protestantisme , il a plus d’une fois fait montre d’athéisme. Michel Lévy a publié ses OEuvres complètes (1856-57). M. de Jonquière-Antonellea donné dans la Revue de Paris une Étude sur H. Heine.
HERBART (Jean-Fréd.), philosophe allemand, né en 1770 à Oldenbourg , mort en 1841 , puisa le goût de la philosophie dans les leçons de Fichte, fut successivement précepteur à Berne, professeur de philosophie à Kœnisberg et à Gœttingue, Ses principaux ouvrages sont : Pédagogique, 1806; Philosophie pratique , 1808; Psychologie fondée sur l’expérience, 1824; Métaphysique générale avec des Éléments de la philosophie de la nature, 1828; Encyclopédie de la philosophie, 1831: Exàmen analytique du droit naturel et de la morale, 1836; Recherches psychologiques , 1839-40., La phiioso-