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HUOT

phie d’Herbart est une protestation contre l’idéalisme qui avait envahi l’Allemagne ; c’est un retour au réalisme et au bon sens. D'accord avec Kant pour placer dans l’expérience la source de toute connaissance, il se sépare de lui presque aussitôt en rejetant comme impossible la critique de la raison; il veut bien que la spéculation commence par le doute , mais à la condition que l’examen porte, non sur les facultés, mais sur les notions données. Du reste , il ne tarde pasà s’égarer lui-même quand il prétend, dans sa philosophie de la nature, expliquer la chaleur, la lumière, l’électricité, le magnétisme, la vie.Hartenstein a publié ses OEuvres posthumes avec sa Biographie , Leipsick, 1842-43.

HERHAN (L. Étienne) , imprimeur et fondeur en caractères, né à Paris en 1768 , mort en 1853, a attaché son nom à un ingénieux procédé de stéréotypé. Au lieu de composer la planche mère avec des caractères mobiles en relief, il eut l’idée de se servir, à cet effet, de caractères en creux [lettres-matrices ) , que le compositeur réunissait comme des caractères ordinaires, pour en former des pages : c’est sur ces matrices paginaires , comme il les appelait, qu’il obtenait directement le cliché en frappant à froid à l’aide d’un mouton. Ce procédé , d’après lequel il donna de belles éditions de nos classiques, ayant dû être abandonné comme trop dispendieux , M. Herhan s’associa avec Pierre et Firmin Didot, et concourut avec eux au perfectionnement du procédé de stéréotypé qui avait prévalu. Les divers jurys d’exposition reconnurent le mérite de ses inventions et les récompensèrent par plusieurs médailles d’or.

HERMANN (Godefroi), célèbre philologue, né à Leipsick en 1772, mort en 1848, se forma sous Reiz, son parent , professa successivement la philosophie, l’éloquence et la poésie à l’Université de Leipsick; fonda en 1819 la Société grecque, et contribua puissamment par cette fondation, ainsi que par ses cours et ses savants écrits, aux progrès de la philologie en Allemagne. Décoré dès 1815 de l’ordre du Mérite civil, puis anobli par le roi de Saxe , il fut en 1835 nommé associé étranger de l’Académie des inscriptions. Ses travaux ont eu principalement pour objet la métrique des anciens , dont il réussit à débrouiller le chaos ; il publia dans ce but : De Metris poetarum græcorum et romanorum , 179G; Manuel de métrique (allem.), 1798; Elementa doctrinæ metricæ , 1816, ouvrage dont il donna lui-même un abrégé en 1 8 1 8 . On lui doit en outre d’excellents travaux sur la Grammaire grecque , sur les Dialectes, sur la Mythologie primitive; de bonnes éditions des Orphiques (1805), des Hymnes d’Homère (1806), et des Tragédies d’Eschyle (1852, posthume).

HERSENT (L.) , peintre d’histoire et de genre, né à Paris en 1777 , mort en 1860, fut élève de Régnault, obtint à 20 ans le 2e grand prix, exposa dès 1804, produisit successivement un grand nombre de tableaux qui furent remarqués: Achille livrant Briséis aux hérauts d’Agamemnon , Atlala s’empoisonnant dans les bras de Chactas, la Mort de Bichat,Daphnis et Chloé, Las Cases soigné par des sauvages, le Passage du pont de Landshut, Louis XVI distribuant des secours au peuple , l'Abdication de Gustave Wasa : ce dernier, qui est son chef-d’œuvre, a été malheureusement détruit en 1848 dans le sac du Palais-Royal. Hersent fut admis à l’Académie des Beaux-Arts en 1822. Il excellait aussi dans le portrait. Ses œuvres sont empreintes d’un sentiment délicat et vrai. La plupart ont été gravées.

HOPE (Thomas), riche amateur anglais, né en 1774, d’une ancienne famille d’Écosse, mort en 1835, visita l’Europe , l’Asie , l’Afrique , dessinant tout ce qui lui semblait digne d’attention, puis s.e fixa à Londres, où il se bâtit une délicieuse résidence et créa de riches galeries de peinture et de sculpture. Il a publié sur l’art des ouvrages estimés, entre autres : Ameublements et décors, 1805; Costumes des anciens, 1809 ; Costumes des modernes , 1812. On a aussi de lui : Anaslase ou Mémoires d’un Grec modernè, 1819, roman historique et pittoresque, et un Essai historique sur l’Architecture , 1835.

HUDSON LOWE. Voy. Lowe.

HUMBOLDT (Alexandre, baron de), savant et voyageur, né en 1769 à Berlin, mort en 1859 . était issu d’une famille noble et aisée. Avide de science, il reçut les leçons des meilleurs maîtres, entre autre°s celles âu géologue Werner, à Freyberg, conçut de bonne heure le projet d’une vaste exploration scientifique, vint en 1797 à Paris pour la préparer , connut dans cette ville Bonpland, qu’il associa à son projet ; s’embarqua avec lui en 1799 , explora une grande partie de l’Amérique du Sud, naviguant en canot sur l’Orénoque et sur l’Amazone, approchant des cratères des volcans, montant sur le Chimboraço, où il s’éleva jusqu’à 6072“ (1802) , visita avec le même soin Cuba, le Mexique, ne revint en Europe qu’en 1804, se fixa à Paris pour se consacrer à la rédaction et à la publication de son Voyage aux régions équinoxiales du nouveau continent , ouvrage en 6 parties dont la publication, commencée en 1805 , ne demanda pas moins de 20 ans ; entreprit en 1828, aux frais de l’empereur de Russie, avec MM. Rose et Ehrenberg, un nouveau voyage d’exploration qui avait pour objet la Russie et l’Asie centrale, et en publia la relation à Paris de 1837 à 1843; quitta définitivement la France en 1847 pour retourner à Berlin, et se mit, malgré son grand âge, à rédiger un vaste ouvrage où il se proposait de présenter l’ensemble des résultats de ses longues études : cet ouvrage, intitulé Cosmos ou Description physique du monde, paruten effet de 1847 à 1851 ; il fut immédiatement traduit en français par MM. Faye et Galuski. Alex, de Humboldt a donné , en outre, une foule d’ouvrages détachés et de mémoires sur des questions de physique terrestre , de botanique, de physiologie, de géologie, de géographie, etc. Ce savant, qu’on ajustement surnommé l'Aristote moderne, a renouvelé sur plusieurs points la face des sciences, mais il a surtout avancé la géographie physique et la géographie botanique. Membre de toutes les sociétés savantes, admis dans l’intimité du roi de Prusse, dont il était conseiller privé , recherché par les princes et les hommes les plus distingués de tous les pays civilisés, Alex, de Humboldt a obtenu tous les genres d’honneurs ^auxquels peut prétendre un savant. Il eut en outre le privilège de conserver fusqu’à la fin de sa longue vie, avec une santé robuste, l’usage de ses hautes facultés.

HUOT (J. -J .-Nie.), savant français , né en 1790, mort en 1845, fut le collaborateur et le continuateur de Malte-Brun [Voy. ce nom). Il a lui-même écrit sur la géographie , la géologie , la minéralogie , des Manuels estimés , a fourni de nombreux articles à l 'Encyclopédie méthodique et autres recueils, a rédigé la Géologie de la Crimée (dans la Relation du prince de Demidoff), et a donné une traduction de Pomponius Mêla , avec d’excellentes notes, 1845 (dans la collection D. Nisard).

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ITAR

IBRAHIM-PACHA , fils de Méhémet-Ali , né à la Cavalle (Roumélie) en 1789, m.en 1848, se forma sous son père à l’art de la guerre et de l’administration, le seconda activement dans la réorganisation de son armée, qu’il disciplina à l’européenne, dirigea de^ 1816 à 1818 l’expédition contre les Wahabites, et donna dans cette expédition, qui eut un plein succès, des preuves éclatantes de valeur et de capacité , soumit ensuite le Sennaar et le Darfour, fut chargé en 1824 par ls sultan de réduire la Morée , mais se vit forcé par l’arrivée des Français d’évacuer ce pays après y avoir fait une guerre d’extermination (1828); envahit la Syrie en 1831 par ordre de son père, emporta rapidement Jaffa, Kaïffa, prit d’assaut Saint- Jean-d’Acre après un siège de six mois, et battit l’armée turque à Homs (19 juillet 1832) , puis à Konieh (20 décembre 1832); il s’apprêtait à marcher sur Constantinople, et déjà il avait atteint Kutayeh , quand il fut arrêté par l’intervention des puissances européennes. Il reprit, en 1839, les armes contre le sultan, et remporta, le 24 juin, à Nézib, une victoire décisive sur les troupes turques; mais il se vit encore une fois arracher le fruit de sa victoire : une flotte anglaise bombarda les ports de Syrie, et.il fut forcé d’abandonner sa conquête. Attaqué de phthisie, Ibrahim vint en 1846 en France pour y prendre les eaux du Vernet:, il en obtint une guérison momentanée, et visita Paris, où il reçut de la cour le plus brillant accueil; mais il succomba peu après son retour. Il avait administré l'Égypte pendant la démence de Méhémet-Ali. Ibrahim est sans contredit le plus grand général qu’aient eu les musulmans dans ce siècle.

IDELER (Louis'), savant chronologiste , né en 1766 près de Perleberg (Brandebourg), mort en 1846, professa avec distinction l’astronomie à Berlin, et fut élu en 1839 associé étranger de l’Institut de France. Il a publié : Essai sur les observations astronomiques des anciens , 1806; Manuel de chronologie , 1825, ouvrage classique sur cette matière; Chronologie chinoise , 1837. — Son fils, Jules Ideler (1809-1842), s’était livré à de savantes recherches sur la langue copte , les hiéroglyphes, la métrologie, etc.

IRVING (Washington), l’écrivain le plus populaire des Etats-Unis, né en 1783 à New-York, de parents anglais établis dans cette ville, mort en 1859, se prépara à la carrière littéraire par de longs voyages, visita les principales contrées de l’Europe, débuta par des articles dans les journaux et par des ouvrages de fantaisie qui parurent sous le voile du pseudonyme, ,vdonna en 1820 sous son propre nom le Sketch book' (livre d’esquisses) , charmante peinture des mœurs anglaises; en 1824, les Contes d'un voyageur, qui obtinrent un grand succès; fit paraître de 1828 à 1830, après un séjour de plusieurs années en Espagne , Y Histoire de la vie et des voyages de Christophe Colomb , qu’il fit suivre de la Chronique de la conquête de Grenade (1829) et des Contes de l’ Alhambra (1832) -, retourna en Amérique en 1832, et, après avoir parcouru divers États de l’Union, publia ses Expéditions dans les prairies de l'Amérique et Asioria , où il raconte ses impressions de voyage (1835-37). Parmi ses autres écrits, on remarque une Vie de Washington (1855). W. Irving est un conteur charmant: son style vif, coloré, est en même temps pur, plein de grâce et d’harmonie ; la vérité et l’originalité de ses peintures l’ont fait

appeler le Wouvermans de la littérature. Ses travaux historiques ne se recommandent pas moins par la science que par l’éclat du style. La plupart de ses ouvrages ont été traduits. Investi de toute la confiance de ses concitoyens, dont il était l’orgueil, W. Irving fut longtemps chargé de fonctions diplomatiques en Europe : secrétaire de l’ambassade américaine à Londres en 1829.. chargé d’affaires en 1831 , il fut nommé en 1842 ministre près la cour d’Espagne et occupa ce poste avec honneur pendant 4 ans.

ISABEY (Jean-Baptiste), peintre miniaturiste, né à Nancy en 1764, mort en 1855 , avait été élève de David. Après avoir étudié la peinture historique , il se donna tout entier à la miniature, et obtint en ce genre le premier rang; il excella également dans la peinture sur émail et sur porcelaine, et dans l’aquarelle. Il fut nommé successivement premier peintre d e la manufacture de porcelaine de Sèvres ,peintredel’Empereur, puisdeLouisXVIII , ordonnateur des fêtes de la cour, conservateur adjoint des musées impériaux (1827). Isabey a fait le portrait en miniature des principaux personnages de l’Europe, depuis Napoléon jusqu’à l’empereur Alexandre; dans le tableau connu sous le nom de la Barque d’Isabey , il a réuni les portraits en miniature des personnes de sa propre famille: parmi sespeintures sur porcelaine, on remarque la Table desmaréchaux; parmi ses dessins à la sépia , la Visite du premier Consul à la manufacture d’O berkampf à Jouy , et la Parade devant les Tuileries. A la pureté du dessin, il unissait la vérité du caractère et de la couleur. — Son fils , Eugène Isabey , né à Paris en 1804, s’est fait un nom comme peintre de marines.

ISAMBERT (André) , jurisconsulte et homme politique, né en 1792 à Aunay (Eure-et-Loir), mort en 1857, exerça, à partir de 1818, les fonctions d’avocat à ia°Cour de cassation et au Conseil d’Etat, se signala sous la Restauration par le zèle avec lequel il combattit les excès du clergé et défendit les condamnés politiques, ainsi que les hommes de couleur des colonies, fut nommé en 1830 conseiller à la Cour de cassation, fut à la même épo jue élu député, siégea également à l’Assemblée nationale en 1848, ety prit placeparmi les hommes les plus modérés. On lui doit d’importantes collections de jurisprudence : Recueil des anciennes lois françaises, de l'an 420 à la révolution de 1789, 29 "vol., in-8, 1821-23 (avec Decruzy, Jourdan et Taillandier); B.ecueil des lois et ordonnances à compter de 1814, 17 vol. in-8, 1820-30; Pandectes françaises , recueil des lois et de la jurisprudence depuis 1789 , 2 vol. in-4 , 1834 (ouvrage inachevé). Il a aussi publié quelques ouvrages d’érudition estimés : les Anecdota de Procope, en grec et en français, et une Histoire de Justinien , 1856. Il a laissé en manuscrit des traductions de Flavius Josèphe et de Y Histoire ecclésiastique d’Eusèbe , ainsi qu’une Histoire des origines du Christianisme .

ISLY, rivière du Maroc, près des limites de l’Algérie. Le maréchal Bugeaud battit les Marocains sur ses bords, près d’Ouchda , le 14 août 1844 , et reçut en mémoire de ce beau fait d’armes le titre°de duc d’Isly.

ITARD ( J. -M. Gaspard) , médecin de sourdsmuets, né vers 1775 à Oraison (Basses-Alpes)) mort en 1836, suivit les cours du Val-de-Grâce , fut, dès 1799, attaché par Sicard à l’institution des Sourds-Muets, où il resta jusqu’à sa mort, et

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acquit dans le traitement des maladies de l’ouïe une habileté qui lui valut une réputation européenne. Les résultats de sa longue pratique sont consignés dans son Traité des maladies de l'oreille , 1821 et 1842. Il légua une rente de 8000 fr.

à l’institution des Sourds-Muets pour la création d’une classe de perfectionnement, et une autre de 1000 fr. à l’Académie de Médecine , dont il était membre , pour la fondation d’un prix triennal en faveur du meilleur mémoire sur l’art de guérir.

JACKSON (le général André), président des États-Unis, né en 1767 dans la Caroline du Sud, mort en 1845, était fils d’un Irlandais émigré. Il remplit d’abord les fonctions d’avocat général à Nashville (Tennessée), fut, en 1796, élu membre de la commission chargée de rédiger la constitution de l’État de Tennessée et envoyé au congrès ; devint sénateur en 1797, juge de la Cour suprême du Tennessée en 1799, et fut nommé bientôt après chef de la milice , ce qui convenait beaucoup mieux à ses goûts. Major général dans la guerre de 1812 contre les Anglais, il défendit vigoureusement le pays menacé , enleva la Floride aux Espagnols , qui favorisaient l’ennemi , et remporta devant la Nouvelle-Orléans, le 8 janvier 1815, une victoire décisive qui força les Anglais à se rembarquer et qui mit fin â la guerre. Il repoussa avec le même succès les Indiens qui faisaient des j incursions sur le territoire de l’Union. Jouissant dès lors d’une immense popularité, il fut nommé en 1821 gouverneur de la Floride, et porté à la présidence par le parti démocratique : il fut élu président en 1829 et réélu en 1833. Il sut, par sa fermeté , prévenir une scission imminente entre les États-Unis du Sud et ceux du Nord, et obtint de Louis-Philippe en 1835 le payement d’une indemnité de 25 millions pour dommages causés au commerce des États-Unis sous l’Empire. Il compromit gravement le crédit en brisant la banque des États-Unis (1833), et amena ainsi une crise financière des plus violentes. Le général Jackson avait une volonté inébranlable et un patriotisme ardent; mais il porta au pouvoir les passions de l’homme de parti , et ne respecta pas toujours la légalité.

JACOBI (H.), mathématicien , né à Potsdam en 1804, m. en 1851 , montra une aptitude précoce, enseigna les mathématiques à Kœnigsberg , puis à Berlin, fonda avecCrelle 1 e Journal des Mathématiques, publia en 1829 ses Fundamenta nova theoriæ functionum ellipticarum , qui lui valurent un grand prix de l’Institut de France, et donna en 1839 son Canon arithmeticus . Onluidoitdes démonstrations nouvelles et d’importantes découvertes. — Son frère Hermann J., né vers 1790, professeur à Dorpat, s’est illustré par ses travaux sur l’électricité : c’est lui qui découvrit la galvanoplastie (1840).

JACOBS ( Christ. -Fréd.-Wilh. ) , savant helléniste, né en 1764 à Gotha, m. en 1847 , était fils d’un avocat, et fut l’élève de Heyne et de Schütz. Professeur au gymnase de Gotha dès l’âge de 21 ans, il fut appelé en 1807 à Munich pour y remplir la chaire de littérature ancienne et faire l’éducation du prince royal de Bavière. Ayant éprouvé quelques difficultés , il retourna en 1810 à Gotha, où il fut nommé directeur de la bibliothèque ducale. Il était membre de la plupart des académies de l’Allemagne et associé de l’Institut de France. On lui doit d’excellents travaux sur Euripide , Philostrate , Athénée , Élien , Stobée , Longus , Achille Tatius , Tzetzès , dont il épura les textes-, une Chrestomathie grecque et une Chrestomathie latine, devenues classiques; mais il est surtout connu par son édition critique de Y Anthologie grecque, qui parut àLeipsickde 1794 à 1814 en 13 vol. in-8; l’éditeur le compléta par

V Anthologie de Constantin Céphalas, publiée d’après un manuscrit de Gotha, 3 vol.in-8, 1813-1817. Jacobs a en outre traduit avec élégance en allemand une partie de Y Anthologie , ainsi que les œuvres de Longus, de Philostrate, d’Héliodore , d’Élien , et a composé une série de romans philosophiques et de contes pour l’éducation de l’enfance.

JAUBERT (le chevalier Amédée) , orientaliste, de l’Académie des Inscriptions, né en 1779 à Aix, d’un avocat au parlement, mort en 1847 à Paris, fut de bonne heure remarqué par Sylvestre de Sacy, qui le fit attacher comme interprète à l’armée d’ûrient , accompagna en Syrie le général Bonaparte, dont il gagna la confiance et qui le ramena en France avec lui, fut à son retour nommé secrétaire interprète du gouvernement et professeur de turc à l’Ecole des langues orientales (1801), reçut diverses missions en Turquie et en Perse, mais faillit, en se rendant auprès du schah, périr dans un cachot où l’avait jeté le pacha de Bayazid (1805). En 1818, il alla en Asie pour y rechercher la race des chèvres qui produisent le duvet dont on fabrique les châles de cachemire, et ramena heureusement un troupeau de chèvres du Thibet, ce qui permit à Ternaux de naturaliser en France la riche industrie des cachemires. Maître des requêtes sous l’Empire, il devint après 1830 conseiller d’Etat et fut élevé en 1841 à la pairie. Outre sa chaire de turc, il occupait celle de persan au Collège de France et dirigeait l’École des langues orientales. On a de lui la relation de ses Voyages en Arménie et en Perse (1821), une Grammaire turque (1823), et une traduction fort estimée de la Géographie d'Edrisi. , écrivain arabe, 2 vol. in-4 (1837-1841). Il avait été admis à l’Académie des Inscriptions en 1830.

JAUCOURT (le marquis Franc, de), homme d’État, né à Paris en 1757, mort en 1852, descendait par les femmes de Duplessis-Mornay, et était neveu du chevalier de Jaucourt, l’un des auteurs de Y Encyclopédie. Entré jeune au service, il était colonel à 25 ans. Il adopta en 1789 les idées de réforme, fut élu en 1791 président du directoire de Seine-et-Marne , et bientôt après député à l’Assemblée législative, se prononça pour la cause de la monarchie constitutionnelle, prit place parmi les Feuillants , et combattit surtout , mais en vain , les lois contre les émigrés , ainsi que la tyrannie des clubs; fut incarcéré en 1792 , et n’échappa aux massacres de septembre que grâce aux actives démarches de Mme de Staël; se réfugia en Angleterre , puis en Suisse , rentra en France aussitôt après le 9 thermidor, se rallia à Bonaparte après le 18 brumaire, devint membre et bientôt president du Tribunat, soutint, avec Lucien Bonaparte, le concordat devant le Corps législatif, fut porté au Sénat en 1803, attaché en 1804 à la maison de Joseph en qualité de premier chambellan, accompagna ce prince à Naples où il sut faire aimer la domination française, resta fidèle à la cause impériale jusqu’au "départ de Marie-Louise et de Joseph (1814), consentit alors à faire partie du gouvernement provisoire, fut élevé parLouisXVIII à la pairie , et chargé , en l’absence de Talleyrand , du portefeuille des affaires étrangères, suivit LouisXVIII à Gandaprès le 20 mars (1815) , devint ,

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