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PI N H

de la domination autrichienne ; se fit un grand nom par sa tragédie de Francesco , di Rimini (1819); fonda, avec le concours de Sismondi, de Romagnosi et de Manzoni, un journal destiné à répandre les idées libérales , II Conciliatorc , qui fut bientôt supprimé par le gouvernement autrichien ; se vit, en 1820, lors de l’explosion des révolutions de Naples et de Piémont, arrêté comme suspect et fut condamné à mort en 1822 : la peine fut commuée en 15 années de carcere duro , qu’il alla subir au Spielberg; il fut gracié dans la neuvième année et reconduit en Piémont. Il a raconté les souffrances de ses années de prison avec une simplicité touchante et avec la résignation d’un martyr, dans un ouvrage qui a joui en Europe d’une grande popularité, Le mie Prigioni (1833) , dont on compte en français plus de dix traductions. Silvio Pellico a, depuis sa mise en liberté jusqu’à sa mort, vécu à Turin dans la retraite , la prière et l’étude. Il a, dans ce laps de temps, donné sept tragédies, dont la plupart ont eu du succès ; douze Cantiche , petits poèmes narratifs tirés des annales de l’Italie; un traité fort estimé de morale chrétienne, les Devoirs de l'homme; et un recueil de Poésies diverses. On a publié après sa mort ses OEuvres posthumes , ses Mémoires et sa Correspondance. M. Ant. de Latour a traduit ses Lettres, 1857.

PÉPË (Guillaume), général napolitain, né en 1782, à Squillace en Calabre, d’une famille de militaires , mort en 1855 , s’enrôla sous le drapeau républicain lors de la proclamation de la République parthénopéenne par les Français , et combattit les troupes royales , puis s’attacha au roi Joseph et à Murat, et se distingua par des faits d’armes qui lui valurent le grade de lieutenant général et le titre de baron. Il seconda en 1820 la révolution qui imposa au roi Ferdinand une constitution, prit en 1821 le commandement en chef de l’armée insurrectionnelle des Abruzzes, mais ne put résister aux troupes autrichiennes , fut exilé et se réfugia en Espagne, puis en Angleterre; reparut en 1848 lors du soulèvement de la Lombardie, mais retourna bientôt à Londres , après le triomphe des Autrichiens. Il avait fait paraître , dès 1822 , une Relation des événements de 1820 et 1821 ; il a publié en outre, en 1846, des Mémoires écrits en français, qui ont été complétés récemment pour les années 1848 et 49.

PERCIER (Charles) , architecte , membre de l’Institut, né à Paris en 1764, mort en 1840, fut l’ami et le collaborateur de Fontaine, contribua avec lui à la restauration du Louvre et des Tuileries, fit construire le grand escalier du Musée du Louvre et dirigea, sous Louis-Philippe, les travaux d’architecture dans la plupart des résidences royales. Il excellait surtout dans les décorations. Il a .publié avec Fontaine d’importants ouvrages sur son art ; Palais , maisons et autres édifices modernes dessinés à Rome , 1798 , in-fol. ; Recueil de décorations intérieures, etc., 1812, in-fol

PETIT (Alexis), physicien, né à Vesoul en 1791, mort en 1820, était, dès l’âge de 1 1 ans, en état d’entrer à l’École polytechnique ; il s’y présenta dès que son âge le permit, et y entra le premier à IG ans. Nommé en sortant répétiteur de physique à l’École polytechnique (1815) , puis professeur titulaire , il était en même temps professeur au collège Bourbon , et maître de conférences à l’École normale; mais il succomba bientôt à l’excès du travail. Petit avait publié, dès 1814, en commun avecM. Arago, son beau-frère, des Recherches sur tk pouvoir réfringent des corps; il donna en 1 S 18 , avec M. Dulong, des Recherches sur la théorie de la chàleur , qui furent couronnées par l’Académie des sciences.

PETITOT (L.) , statuaire, né à Paris en 1794, mort en 18G2 , était fils d’un sculpteur et gendre de Cartellier. Il remporta en 1814 un grand prix, fut envoyé à Rome, et ne cessa, depuis son retour jusqu’à sa mort, de produire des œuvres remarquables, entre autres ; Un jeune chasseur mordu par un serpent , la statue colossale de Louis XIV , en pied, à Caen, la statue équestre du même roi, dans la cour d’honneur de Versailles, les villes de Lyon et de Marseille, pour la place de la Concorde , les quatre statues allégoriques qui décorent le pont du Carrousel , le monument du roi de Hollande, Louis-Bonaparte , dans l’église de Saint-Leu, et de nombreux bas-reliefs. Petitot était de l’Institut depuis 1835 et professeur à l'École des Beaux-Arts depuis 1845.

PFAFF (Charles-Henri), physicien et chimiste, né à Stuttgart en 1773 , mort en 1852 , attira sur lui l’attention par une thèse pleine de nouveauté , De eleclricitate animali (1791); devint en 1805 professeur de chimie à Kiel et continua son enseignement jusqu’à sa mort, malgré la cécité dont il avait été frappé en 1849. Ses principaux ouvrages sont : De l'électricité et de l' irritabilité animales ; Manuel de chimie analytique ; Théorie des couleurs; Système de la matière médicale d'après les principes de la chimie. Il a en outre composé de savants Mémoires sur l’archéologie grecque et latine.

PFEIFFER (Ida Reyer, dame) , femme célèbre par ses voyages, née en 1795 à Vienne en Autriche , morte en 1858. Étant restée veuve etavant établi ses enfants , elle commença à 47 ans à satisfaire sa passion pour les voyages. Elle visita seule la Turquie, la Palestine , l’Égypte, puis la Suède, la Norvège et l’Islande, et accomplit à travers mille périls deux voyages autour du monde (1846 et 1851). Partie de nouveau en 1856, elle prit à Madagascar des fièvres qui minèrent sa santé et la conduisirent au tombeau. Elle a publié ses Voyages, en allemand (de 1844 à 1856) ; ils ont été traduits en français par M. deSuckau.

PFISTER (Jean-Chrétien)” historien, né en 1772 dans le Wurtemberg, mort en 1836, a laissé une Histoire de la Souabe, G vol. in-8 , Heilbronn , 1803-1827 , et une Histoire générale de l'Allemagne, d’après les sources, 5 vol. in-8, Hambourg , 1830-1835, ouvrage capital, qui lui coûta 30 ans de travaux; cette histoire a été traduite par Paquis, 11 vol. in-8, 1835 et années suivantes.

PICOT (l’abbé), né en 1770 à Neuville-aux- Bois (Loiret), mort en 1841 , fut un des écrivains qui , au sortir de la Révolution , se consacrèrent à la défense de la religion. Il s’unit à M. de Boulogne pour rédiger, de 1 8 1 0 à 1811 , les Mélanges de philosophie , d'histoire, de morale et de littérature, 9 vol. in-8, recueil périodique; fonda en 1814 l'Ami de la Religion et du Roi, journal dont il fut le rédacteur principal jusqu’en 1840, et donna à la Biographie universelle un grand nombre d’articles relatifs à l’histoire ecclésiastique. Il a laissé plusieurs ouvrages estimables auxquels il n’a point mis son nom : Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant lexvnr siècle, 1815; Essai historique sur l'infuence de la religion en France pendant le xvnc siècle, 2 vol. in-8 , 1824 ; Notice sur l'abbé Emery, 1811 ; — sur l'abbé Legris Durai, 1819.

PIE IX (Ordre de), ordre équestre, créé par le pape Pie IX, le 17 juin 1847, jour anniversaire de son exaltation, pour récompenser les divers genres de mérite , a pour insigne une étoile d’or à huit rayons d’azur, portant au milieu le nom Pius IX entouré de ces mots : Virtuti et merito.Le ruban est bleu avec liséré rouge.

PINHEIRO-FERREIRA (Sylvestre), publiciste portugais , né à Lisbonne en 1 769 , mort en 1847 ,

POLI

professa d’abord la philosophie à l’Université de Coïmbre , entra ensuite dans la diplomatie , fut successivement secrétaire de légation à Paris et à la Haye , chargé d’affaires près la cour de Berlin, et devint en 1821 ministre des affaires étrangères du roi Jean VI. Favorable au régime constitutionnel, il quitta le pouvoir lors du rétablissement du roi absolu, qui eut lieu après l’expédition des Français en Espagne, vint à Paris où il se livra à des travaux littéraires , et ne rentra en Portugal qu’après la chute de don Miguel. Il était correspondant de l’Institut. Outre plusieurs écrits portugais, on lui doit quelques autres ouvrages , écrits en français avec une rare pureté : Essai sur la psychologie, 1826; Cours de droit public interne et externe, 1830-35; Principes du droit constitutionnel, 1834.

PIXÉRÉCOURT (Guilbertde). Voij. Guilbert.

PLANARD (Eugene de), auteur dramatique, ne à Milhau (Aveyron) en 1783 , mort en 1853, appartenait à une famille de riches financiers qui émigra et dont les biens furent confisqués. Rentré fort jeune en France , il y fit son droit , fut employé aux archives du conseil d’Etat, et devint secrétaire delà section de législation. Dans les loisirs que lui laissaient ses fonctions, il a composé des comédies , dont quelques-unes ont eu du succès, notamment la Nièce supposée (1813), et a écrit le poème de plusieurs charmants opéras-comiques, parmi lesquels on a surtout applaudi la Lettre de change (1815), Emma (1821), Jfarte(1826), le Pré aux Clercs (1833), et l'Éclair (1836). Son genre, simple et vrai, procédait de celui de Sédaine.

PLANCHE (Joseph), helléniste, né en 1762 à Ladinhac (Cantal), mort en 1853, fut élevé à Sainte-Barbe, où il resta comme maître, devint, lors de l’organisation de l’Université , professeur de rhétorique au Lycée Bonaparte, à Paris, et, après avoir gagné l’éméritat, fut nommé bibliothécaire de la Sorbonne. On lui doit un Dictionnaire grec-français , qui a été longtemps classique (publié pour la lre fois en 1809, refondu en 1837 par Vendel-Heyl etPillon), un Dictionnaire grecfrançais (avec Alexandre et Defauconpret, 1824), un Cours de littérature grecque , choix des plus beaux morceaux grecs, avec traduction française, 1827, et un grand nombre de recueils et d’éditions classiques. Planche était aussi poète : on a, sous le titre de Carlovingiennes , un recueil des gais couplets qu’il chanta pendant un demi-siècle aux banquets de la Ste-Barbe et de la St-Charlemagne.

planche (Gustave) , critique , né à Paris en 1808 , mort en 1857 , était fils d’un riche pharmacien. 11 donna à divers recueils, mais surtout à la Revue des Deux-Mondes , un grand nombre d’articles qu’il réunit ensuite sous les titres de Portraits littéraires et d’ Études sur V école française; ces articles se distinguent par un savoir profond , un jugement sûr, mais on y trouve trop souvent une certaine aigreur et des traits blessants.

POINSOT (L.), mathématicien, né à Paris en 1777, mort en 1859, entra à l’École polytechnique dès sa fondation, se voua à l’enseignement, fut successivement professeur de mathématiques au lycée Bonaparte, professeur d’analyse, puis examinateur à l’École polytechnique et membre du Conseil de perfectionnement de l’École, inspecteur général de l’Université, devint en 1830 membre du Conseil de l’instruction publique et bientôt après pair de France, et fut appelé au Sénat en 1852. Il avait été admis à l’Académie des Sciences en 1813. Poinsot publia dès 1804 des Éléments de statique, qui sont restés classiques. Parmi ses autres travaux, on cite : Théorie générale de l'équilibre et du mouvement des systèmes , 1806; Application de l'algèbre à la théorie des

nombres , 1820 ; Théorie nouvelle de larotation des corps, 1834; Mémoire sur les cônes circulaires roulants, 1853. Esprit profond et philosophique, Poinsot a introduit de nouvelles méthodes d’investigation ; le plus souvent il ramène à la forme géométrique la plus simple les problèmes d’analyse les plus compliqués. Ses travaux se font remarquer par l’élégance et la lucidité.

POLIGNAC (le prince Jules de), ministre et favori de Charles X, né à Paris en 1780, mort en 1847 , était le deuxième fils du comte Jules de Polignac, fait duc par Louis XVI (mort en 1817) , et de la célèbre duchesse de Polignac, aïdie et confidente de Marie-Antoinette. Emmené en émigration en Angleterre dès 1789, il fut placé fort jeune auprès du comte d’Artois (Charles X) , qui le prit en affection et le nomma son aide de camp ; revint jeune en France en 1804 , ainsi que son frère aîné Armand, entra avec lui dans le complot tramé par Georges et Pichegru contre le premier consul, fut par suite condamné à deux ans de prison, tandis qu’ Armand était condamné à mort; tenta par un généreux dévouement de sauver son frère , qui cependant ne dut son salut qu’à l’intercession de l’impératrice Joséphine; fut détenu par mesure de sûreté après l’expiration de sa peine, s’évada à la fin de 1813 et alla rejoindre à Vesoul le comte d’Artois , dont il reçut les instructions ; pénétra un des premiers dans Paris, et y arbora le drapeau blanc dès le 31 mars 1814; remplit depuis diverses missions dans l’intérêt des Bourbons , notamment auprès du pape, qui lui conféra le titre de prince romain; fut nommé pair en 1816, mais refusa longtemps de prêter serment à la Charte, qui lui paraissait blesser les intérêts de la religion et de la monarchie, et ne consentit à siéger qu’après que le pape eut levé ses scrupules; résida depuis 1823 à Londres comme ambassadeur, et signa en cette qualité le traité qui autorisait l’expédition en faveur des Grecs ; fut appelé par Charles X au ministère le 8 août 1829 , et reçut le portefeuille des affaires étrangères ainsi que la présidence du conseil, mais se vit accueilli par un sentiment général de défiance ; ne tarda pas à justifier toutes les craintes en signant, le 25 juillet 1830, les funestes ordonnances qui, au lieu de rendre à la royauté toute son indépendance, comme ill’espérait, amenèrentla chute deCharlesXetdela branche aînée des Bourbons. Pendant les trois jours que durala lutte, il refusa obstinément tout accommodement ; après le triomphe définitif de la révolution, il tenta de s’échapper sous un déguisement; mais fut reconnu à Granville , transféré à Paris et traduit devant la Cour des pairs : il fut condamné à une prison perpétuelle, privé de tous ses titres, grades et ordres, et déclaré mort civilement. Après quelques années de détention au fort de Ham , il fut amnistié en 1836 ; il passa en Angleterre , puis obtint de rentrer en France, et put finir tranquillement ses jours à St-Germain en Laye. Ce ministre , auteur de tant de maux, était dans la vie privée un homme bon , pieux et honorable ; sa conduite s’explique par des préjugés de naissance et d’éducation , par une foi aveugle dans les doctrines de l’ancien régime , par un dévouement chevaleresque pour Charles X, enfin par l’ignorance complète des besoins de l’époque et du véritable esprit du pays. Il publia deux ans avant sa mort un ouvrage qui est comme son testament politique, et où il persiste dans ses idées. — Son frère aîné, le duc Armand, né en 1771, mort aussi en 1847 , était animé du même dévouement pour la monarchie , et partagea son sort jusqu’à la Restauration ; il fut nommé en 1814 aide de camp du comte d’Artois et maréchal de camp; fit partie en 1815 de la Chambre introuvable, entra à la

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