‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 169 sur 1261 · BOUH · texte numérisé non relu

BOUH

BOUDROUN, l’ancienne Halicarnasse. ville de lai duction ûe V Anti-Lucrèce du cardinal de Polignae,

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Turquie d’Asie. For/, bodroun.

BOUEXlÈRE,(la), village du dép. d’Ille-et-Vilaine,

19 kil. E. de Rennes-, 1S00 hab. Hauts fourneaux.

BOUFFLERS, bourg de l’anc. Picardie (dép. de la Somme), à 13 kil. S. O. d’Abbeville; 300 hab.

BOUFFLERS (Louis-François de), maréchal de France, issu d’une des plus anciennes et des plus nobles familles de Picardie, dont l’origine remonte au xne siècle, naquit en 1G44, et mourut en 1711. Il fut l’élève des Condé et des Turenne, contribua en 1690 à la victoire de Fleurus, prit Fûmes en 1693, et fut fait maréchal cette même année. Il défendit Namur (1695), commanda l’armée de Flandres en 1702, et se couvrit de gloire par sa défense de Lille (1708), ce qui lui valut le titre de duc et pair. Après la défaite de Malplaquet, il fut chargé de la retraite, et sauva l’armée. — Son lîls, Joseph- Marie de Boulïlers, né en 1706, se distingua aussi dans la carrière des armes. Envoyé eu 1747 au secours des Génois qu’assiégeaient les Impériaux et le roi de Sardaigne, il délivra la ville. 11 mourut à Gênes, cette même année, de la petite-vérole.

boufflers (Stanislas, chevalier de), célèbre par son esprit, né à Lunéville en 1737, avait pour mère lamarquisede Boulïlers (née Beauvais-Craon), femme belle et spirituelle, qui faisait les honneurs de la cour du roi Stanislas. Destiné d’abord à l’état ecclésiastique, il y renonça bientôt afin de se livrer à son goût pour le plaisir, et obtint dans le monde les plus grands succès par les agréments de son esprit et de sa personne. Il entra au service, fut nommé colonel de hussards en 1772, et maréchal -de-camp en 1784. Ayant épuisé son patrimoine, il se fit nommer gouverneur du Sénégal (1785) et déploya dans l’administration des talents qu’on ne lui soupçonnait pas. Il fut à son retour reçu à l’Académie (1788), puis nommé en 1789 député aux états- généraux où il brilla peu. Il émigra, et ne revint en France qu’en 1800. 11 écrivit depuis quelques ouvrages sérieux qui eurent peu de succès, et mourut à Paris en 1815. Boulïlers est surtout connu par ses poésies légères et par ses contes; on regrette d’y trouver quelquefois trop de licence. Ses principaux ouvrages sont : Aline, reine de Golconde, conte, 1761 ; diver.» poèmes érotiques, 1763 ; Lettres h sa mère sur son voyage en Suisse, 1770 ; Poésies fugitives, 1782; le Libre Arbitre, 1808. Il adonné lui-même ses Œuvres complétés, 1813, 2 vol. in-8. On les a recueillies de nouveau en 1828, 4 vol. in-18.

BOUG, riv. de Russie. Voy. bog.

BOUGAINVILLE (L.-Antoine de), navigateur célèbre, né à Paris en 1729, mort en 1811, quitta l’élude du droit, à laquelle sa famille le destinait, pour la carrière militaire; devint aide-de-carnp de Cherert, puis accompagna le marquis de Montcalm au Canada, se couvrit de gloire dans cette expédition , et obtint le grade de colonel (1759). A la paix, il se tourna vers la marine, alla en 1763 occuper les îles Malouines , puis exécuta un voyage autour du monde, îe premier de ce genre qu’eût entrepris un Français ■1766-69). 11 commanda plusieurs vaisseaux dans la guerre d’Amérique, devint chef d’escadre en 1779, fut chargé en 1790 de commander l’armée navale de Brest; mais n’ayant pu rétablir l’ordre dans cette troupe indisciplinée, il se retira du service. Il fut appelé en 1796 à l’Institut et devint sous l’empire omte et sénateur. Bougainville a publié, entre autres uvrages, la Relation de son voyage autour du monde ,

- aris, 1771 et 1772; cet ouvrage a eu un succès i rodigieux. Il a fa\t un grand nombre de découver- ■ e b géographiques et a laissé son nom à plusieurs d es lieux qu’il avait découverts.

Bougainville (Jean-Pierre de), frère aîné du précédent, né à Paris en 1722, mort à Loches en 1763, fut secrétaire de l’Académie des Inscriptions et membre de 1 Académie Française. On a de lui une tra~

2 vol. in-8 ; Parallèle de l'expédition d' Alexandre-le- Grand dans les Indes avec celle deThamas Kouli-Khan , 1752, in-8, et de savants mémoires sur l’antiquité.

BOUGAINVILLE (île) , île de l’archipel Salomon, dans la Polynésie, par 152° 30’ long. E., 5° 32’ lat. S. Elle fut découverte en 1768 par Bougainville.

BOUGEANT (Guillaume -Hyac.), jésuite, né à Quimper en 1690, mort à Paris en 1743, professa les humanités à Caen, à Nevers, puis à Paris, au collège Louis-le-Grand. Il se fit d’abord connaître par un élégant badinage, Amusement philosophique sur le langage des bêles , 1739, qui lui attira des censures de la part de ses supérieurs; puis, se livrant à des travaux plus sérieux, il rédigea une Histoire du traité de Westphalie , 1744 et 1751, ouvrage estimé. Il s’exerça aussi dans la comédie et fit quelques pièces assez spirituelles dirigées contre les adversaires de la bulle Unigenitus.

BOUGIE , en arabe Boudjeiah, en latin Saldœ , ville d’Algérie (Alger) , sur la Méditerranée, à 177 kil. E. d’Alger; 1,800 h. Baie, grand port ; 3 châteauxforts, Instruments aratoires ; commerce en huile et surtout en cire : c’est du nom de cette ville que vient le mot bougie. Prise par les Français en 1833.

BOUGIVAL, joli village du dép. de Seine-et-Oise, sur la Seine, à 7 kil. N. de Versailles; 1,000 hab.

BOUGLON, ch.-l. de canton (Lot-et-Garonne), à 10 kil. N. de Castel-Jaloux ; 700 hab.

BOUGUER (Pierre), professeur d’hydrographie, membre de l’Académie des Sciences de Paris, de la Société royale de Londres; né au Croisic en 1698, mort à Paris en 1758. Après avoir remporté plusieurs prix sur des questions scientifiques, il fut choisi, en 17 36, avec Godin et La Condamine, pour aller au Pérou déterminer la figure de la terre, et ce choix lui valut une place de pensionnaire à l’Académie. On a de lui : De la Mâture des vaisseaux, Paris, 1727, in— 4 ; De la Gradation de la lumière, 1729 et 1760, in-4 ; Méthode d'observer sur mer la hauteur des astres , Paris, 1729, in-4; Manière d'observer en mer la déclinaison de la boussole, Paris, 1731, in-4; la Construction du navire , Paris, 1746, in-4; Traité de la navigation, Paris, 1753, in-4. L’ouvrage qui lui fit le plus d’honneur est son Traité de la figure de la terre qu’il publia en commun avec La Condamine à son retour du Pérou, Paris, 1749, in-4.

BOUHIER (Jean), président à mortier au parle* ment de Dijon, membre de l’Académie Française, né à Dijon en 1673, mort en 1746 , s’est exercé avec succès dans la philologie, la jurisprudence, l’histoire et la poésie. On a de lui la traduction en vers du poëme de Pétrone Sur la guerre civile entre César et Pompée, avec les deux épîtres d’Ovide; des remarques et des conjectures sur le poëme intitulé : Pervigilium Veneris, Amsterd., 1737, in-4; Remarques sur les Tusculanes de Cicéron, sur le De nalura Deorum, et des Lettres sur les ^hérapeutes , 1712, in-12 ; des Dissertations sur Hérodote, Dijon, 1746, in-4; Sut le grand-pontificat des empereurs romains , 1742, in-4 ; Explications de quelques marbres antiques , Aix, 1733 ; des traités sur la Dissolution du mariage , sur les Successiotis , etc. Ses œuvres de jurisprudence ont été recueillies à Dijon, 2 vol. in-fol., 1787.

BOUHOURS (le P.), jésuite, habile critique, né à Paris en 1628, mort en 1702, professa les humanités à Paris, puis fut chargé de l’éducation des princes de Longueville, et ensuite de celle du marquis de Seignelay , fils de Colbert. Ses principaux ouvrages sont : Entretiens d'Arisle et Eugène, 1671 , traité de critique qui eut un grand succès et qui fut attaqué vivement par Barbier-d’Aucourt dans ses Sentiments de Cléanlhe ; Doutes sur la tangue française, 1674 ; Manière de bien penser sur les ouvrages d’esprit, 1687, que l’on regarde comme supérieur aux Entretiens; Pensées ingénieuses des an -

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ciens et des modernes , 1689. On lui doit aussi une version du Nouveau Testament , 1697-1703. On reproche au P. Bouhours de trop courir après le bel esprit et de s’attacher à des critiques trop minutieuses.

BOUIDES , dynastie musulmane qui régna en Perse et dans l’Irak aux x* et xie siècles, était issue de Bouyah, pêcheur de la province de Dilem qui vivait vers l’an 900. Bouyah eut trois fils , Amad ou Imad-Eddaulat, Rockn-Eddaulat, Moez-Eddaulat, qui du rang de simples soldats s’élevèrent au souverain pouvoir et qui régnèrent à Bagdad, ainsi que sur la Perse, depuis l’an 932 jusque vers 1065. Us furent chassés de leurs diverses possessions par les Gaznévides, puis par les Seldjoucides.

BOU1LLË (Fr. -Claude-Amour, marquis de), général , né au château de Cluzel , en Auvergne , en 1739 , connu par son attachement à Louis XVI. Nommé, lors de la guerre d’Amérique, gouverneur des îles du Vent, il protégea efficacement nos possessions aux Antilles et enleva plusieurs îles aux Anglais (1778). 11 fut depuis chargé de divers commandements importants; fut nommé, en 1790, général en chef de l’armée de Meuse, Sarre-et-Moselle, et fit respecter la discipline par des actes de vigueur. Louis XVI le choisit en 1791 pour seconder son départ secret de Paris. Ce projet ayant échoué, Bouillé se réfugia à Coblentz, puis fit dos démarches auprès de différentes cours pour obtenir la délivrance du roi. Voyant ses efforts inutiles, il se retira en Angleterre. II y publia des Mémoires sur la révolution, qui eurent un grand succès (Londres, 1797, et Paris, 1801 ). 11 mourut à Londres en 1800.

BOUILLON, villeduLuxembourg belge, sur laSemoy, à 80k. à l’O. de Luxembourg; 2,600 h. Châteaufort dominé par des hauteurs environnantes.

bouillon (seigneurie, ensuite duché de), petit état, entre le Luxembourg, la Champagne et le gouvernement de Metz, formé de la ville de Bouillon et de son territoire, était un démembrement du comté de Boulogne. Godefroy de Bouillon, fils d’Eustache de Boulogne, et héritier de Godefroy-le-Bossu, duc de Bouillon, son oncle, vendit son domaine en 1095 à l’évêque de Liège, afin de se procurer les moyens de partir pour la croisade. Les évêques de Liège le gardèrent jusqu’en 1482, sauf une interruption de 7 ans (1135-1142). A cette époque, Guillaume de la Marck, prince de Sedan, s’en empara; mais en 1521, Charles-Quint le rendit à l’évêché de Liège. Cependant en 1548, Robert de la Marck reprit le château de Bouillon et ses descendants s’intitulèrent ducs de Bouillon; les seigneurs delà Tour-d’ Auvergne, vicomtes de Turenne, subrogés par mariage à leurs droits, émirent les mêmes prétentions. Bouillon avait déjà été occupé par les Franyais de 1552 à 1559 : ils le reprirent en 1676. Eu 1814, il fut joint au roy. des Pays-Bas. — Louis XIV en 1678 l’avait donné comme fief au vicomte de T urenne, qui déjà portait le titre de duc de Bouillon. Il est aujourd’hui compris dans le Luxembourg belge.

BOUILLON (godefroy, duc de), premier roi chrétien de Jérusalem, né à la fin du xi* siècle à Bézy, près de Nivelle en Brabant, était filsd’Eustachede Boulogne et neveu de Godefroy-le-Bossu, duc de Bouillon, qui lui laissa ses états. Il combattit dans sa jeunesse pour l’empereur Henri IV contre le pape, et entra dans Rome les armes à la main ; mais ayant été gravement malade peu après cette expédition, il fit vœu, pour réparer ses torts, d’aller défendre les Chrétiens en Orient. En effet, il fut un des premiers à prendre la croix lors de la prédication de Pierrel’Ermite. 11 vendit son duché de Bouillon, partit pour la Terre-Sainte en 1096, et fut bientôt reconnu pour chef de la croisade. Après avoir triomphé de3 obstacles qu’opposait aux Croisés l’empereur de Constantinople, Alexis, il pénétra en Asie, s’em¬

para de Nicée, d’Antioche et enfin de Jérusalem. Il fut proclamé roi de la ville sainte (1099) ; mais il se contenta du titre de baron. Il donna à ses nouveaux états un code de lois sages, connu sous le nom d’A$sises de Jérusalem. Il mourut en llOO, en revenant d’une expédition contre le sultan de Damas ; on soupçonna qu’il avait été empoisonné. On raconte de lui des exploits extraordinaires, et probablement fabuleux. Le Tasse l’a choisi pour le héros de son poëme.

bouillon (Henri de la tour - d’auvergne , vicomte de Turenne, duc de), né en 1555, mort en 1623, embrassa le calvinisme, s’attacha au roi de Navarre, contribua au gain de la bataille de Coutras (1587), fut créé maréchal par Henri IV (1592), et chargé de missions importantes en Angleterre. Il fut compromis dans la conspiration de Biron, mais il obtint son pardon. Il avait acquis le duché de Bouillon et la principauté de Sedan par son mariage avec Charlotte de la Marck, héritière de ce duché (1591). 11 épousa en secondes noces une fille de Guillaume, prince d’Orange, et en eut Frédéric- Maurice, duc de Bouillon ( Voy . l'article suivant) et le fameux Turenne [Voy. turenne). 11 fonda à Sedan une université devenue célèbre. Il a laissé des Mémoires , Paris, 1666.

bouillon (Frédéric-Maurice de la tour-d’ Auvergne, duc de), fils du précédent, frère aîné de Turenne, né à Sedan en 1605, mort en 1652. Après avoir commencé à porter les armes en Hollande, il entra en 1635 au service de la France, prit une grande part aux guerres civiles, et remporta, avec le comte de Soissons, le combat de la Mariée contre les troupes de Richelieu (1641). Il fut compromis dans la conspiration de Cinq-Mars (1642), et fut longtemps l’âme de la Fronde. Il ne fit la paix avec la cour qu’en cédant sa principauté de Sedan. Il a laissé des Mémoires, Amsterdam, 1731. — Il eut un fils qui fut nommé cardinal à 27 âns, et qui fut l'ami de Fénelon.

bouillon (Robert de la marck, duc de), maréchal de France. Voy. marck (la).

bouillon (la duchesse de). Voy. mancini.

bouillon (Pierre), peintre d’histoire et graveur habile, né à Thiviers en 1777, mort en 1831, remporta le grand prix de peinture en 1797 ; abandonna ensuite la peinture pour un grand ouvrage de chalcographie, le Musée des Antiques, qui lui coûta 17 ans de travail

BOUILLY, ch.-l. de cant. l'Aube), à 14 kil. de Troyes ; 770 hab.

BOUILLY (Jean-Nicolas), littérateur, né à Tours en 1763, mort à Paris en 1842 , était avocat à Paris en 1789. En 1790, il fit représenter l’opéra de Pierre le-Grand, qui dut son succès à quelques allusions aux événements récents. Il remplit à la même époque plusieurs fonctions administratives et judiciaires; il fit partie, après le 9 thermidor, de la commission de l’instruction publique qui organisa les écoles primaires. En 1800, Bouilly quitta son emploi pour se livrer tout entier à la littérature ; on lui doit un grand nombre de pièces de théâtre dont îe succès a été constant et mérité. Telles sont entre autres : l'Abbé de L’Épée, les Deux Journées et Fanchon la Vielleuse. Il a aussi beaucoup écrit pour l’enfance. Tout le monde connaît ses Contes à ma fille, 1809 ; ses Conseils à ma fille, 1811 ; les Contes offerts aux enfants de France, etc, On trouve dans tous ses écrits une morale pure et une sensibilité exquise.

BOUIN (île), sur la côte du dép. de la Vendée, au fond de la baie de Bourgneuf, à 54 kil. N. O de Bourbon-Vendée ; elle n’a que 26 kil. de circuit. Les Normands y firent la première de toutes leurs descentes en France (820).

BOUKHARA, c.-à-d. Trésor de Science, une des v. les plus importantes de l’Asie, capit. du khanat de Boukhara, par 60® 25’ long. E., 39° 30’ lut. N. ; plus de

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