‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 20 sur 1261 · AGLI · texte numérisé non relu

AGLI

eisat après la création de l’homme et lorsque Saturne régnait dans le ciel ; c’est un temps d’innocence, de justice, d’abondance et de bonheur ; il régnait sur la terre un printemps perpétuel , et les champs produisaient sans culture ; 2° Y âge d'argent , qui commença lorsque Saturne, chassé du ciel, vint chercher un refuge sur la terre, et que Jupiter lui eut succédé dans le ciel ; on éprouva les premières vicissitudes des saisons ; il devint nécessaire de cultiver la terre et de pratiquer les arts pour satisfaire aux besoins naissants; les hommes commencèrent à déchoir de leur première innocence et à perdre une partie de leur bonheur ; 3° Y âge d'airain, qui commença lorsque Saturne eut quitté la terre ; cet âge est encore un mélange de bien et de mal , mais le mal commence à dominer, la propriété s’établit et avec elle naissent la rapine et la guerre ; 4° Y âge de fer, qui est signalé par le débordement de tous les excès et de tous les crimes ; la terre ferme son sein; la déesse de la justice, Astrée, fuit épouvantée et retourne dans les deux. On connaît les belles descriptions qu Hésiode et Ovide ont données des quatre âges.

AGÉSANDRE , habile sculpteur de Rhodes, est auteur du beau groupe de Laocoon qui fut retrouvé sous Jules II, par Félix de Fredis, et que l’on admire encore aujourd’hui comme un des chefs-d’œuvre de la statuaire antique. On n’est pas d’accord sur l’époque à laquelle vécut Agésandre ; les uns le rapportent à l’époque la plus brillante de la Grèce (vers le ïve siècle av. J.-C.); les autres le placent sous les premiers empereurs romains ou môme sous Vespasien , peu avant Pline-l’Ancien , qui cite et décrit le Laocoon.

AGÉSILAS, roi de Sparte, de la race des Proclides , fils d’Archidamus , monta sur le trône l’an 400 av. J.-C., à l’exclusion de son neveu Léotychide, qu’il fit déclarer bâtard. Il vainquit successiven ent les Perses, qu’il alla attaquer en Asie (395), ei sur lesquels il conquit une partie de l’Asie-Mineure; les Béotiens, les Argiens et les Athéniens, ligués contre lui, à Coronée (394). 11 défendit la Laconie contre E aininondas (369) mais fut battu par lui Mantmee (363). A 1 âge de 80 ans, il alla au secours de Tachos, roi d Egypte, qui était en guerre contre Artaxerce, et mourut en revenant de cette expédition, l’an 361. Agésilas était petit, boiteux et laid ; mais son courage et sa grandeur d’âme effaçaient ses imperfections physiques. Cornélius Népos et Plutarque ont écrit sa vie.

AG ESI N Al ES CAMBOLECTR I, peuple de la Gaule transalpine, dans le territoire des Picione^ Poitou), faillit partielle 1 Aquitaine seconde et s’étendait le long

’a au des Sa?itones (Saintonge).

AG ESI 1 OL1S. 11 y eut à Sparte trois rois de ce nom ~h*a race des Agides. Le 1er, filsdePausanias, lui succéda 1 an 397 av. J.-C. 11 remporta une grande victoire sur les Mantinéens, et mourut l’an 380. Le 2e de Cléombrote, ne régna qu’un an, 371 av. J.-C. Le 3% étant encore très jeune au moment de son avènement, l’an 219 av. J.-C., fut mis sous la tutelle de Cléomène et de Lycurgue ; ce dernier lui ravit la couronne.

AGGÉE, un des 12 petits prophètes, prophétisa à Jérusalem vers l’an 520 av. J.-C. Il encouragea les Juifs à rebâtir le temple, en prédisant que le second serait plus illustre que le premier.

AGGERHUUS, un des 4 grands gouvernements de la Norwège, a pour bornes la Suède, le Ürontheim et le Cattegat ; il est arrosé par la Drammen, et compte environ 380,000 hab. Il renferme de riches mines d argent, de cuivre et de fer. 11 a pour ch.-l. Christiania, capit. de toute la Norwège, et tire son nom * Aggerhuus, ville civecchateau, située au fond de la baie de Christiania, à 20 kil. N. de cette ville, et qui i a longtemps été le ch.-l. de la prov. 4

AGHÂDÈS, ville d’Afrique, dans le Sahara, par 18* 40’ lat. N. et 11° 2’ long. E., capit. d une oasi3 de même nom et du roy. d’Asben, au S. de l’État de Tripoli: plus grande, plus peuplée que Tripoli même; elle sert d’entrepôt pour le commerce de Ia parGe orient, du désert. Elle appartient aux Touarics.

AGIDES ou EÜRYSTHÉNIDES, nom d’une des deux branches royales qui régnaient conjointement à Sparte, tire son nom d’Agis 1. Elle était opposée à celle des Proclides ou Eurypontides.

AGILA, roi des Visigoths d’Espagne, 549-554, fut après 6 ans de règne massacré par ses sujets, qu’il avait révoltés par sa tyrannie. Voy. athanagilde.

AGILOLF1NGES, nom de la lre dynastie des ducs de Bavière, ainsi nommés d’un guerrier bavarois, nommé Agilolf ou Agilulphe, qui secoua vers 530 le joug des Ostrogoths, et rendit la Bavière indépendante. Tassillon fut le dernier des successeurs d’Agilolf. Après lui, la Bavière fut réunie à l’empire de Charlemagne, 788.

AGILULPHE, duc de Turin, devint roi de Lombardie en 591 , par son mariage avecThéodelinde, veuve du dernier roi, Autharis. 11 fit la guerre avec succès contre nlusieurs princes révoltés, contre le pape et l'emp. d’Orient Phocas. R m. en 6 1 5 , après s’être fait catholiq. — Héros bavarois. Voy. Agilolfinges.

AGINCOURT (Seroux d’), antiquaire, archéologue et numismate, né en 1730, à Beauvais, mort en 1814, à Rome, fut fermier - général sous Louis XV, et amassa une brillante fortune qu’il consacra tout entière à l’étude et à la culture des beaux-arts. Après avoir visité l’Angleterre, la Hollande, l’Allemagne, l’Italie, il se fixa à Rome vers 1778, et s’y lia avec le cardinal Bernis et le chevalier d’Azara. Il y rédigea YHistoire de l'Art par les Monuments depuis le iv° siècle jusqu' au xvie, publiée à Pari3, en 6 vol. in-fol., 1809-1823 : c’est le plus riche répertoire que l’on ait en ce genre.

AGINNUM, auj. Agen, ville cap. des Niliobriges, peuple de la Celtique, au S. des Petrocorii.

AGION oros. Voy. athos (Mont).

AGIS, nom de quatre rois de Sparte, dont un de la race des Agides, et trois de celle des Proclides :

agis, chef de la race des Agides, fils d’Eurysthènes, succéda à son père vers l’an 1060 av. J.-C., et eut pour successeur Ëchestrate. On ne sait rien de son règne. C’est de lui que vient le nom d 'Agides donné à une des deux races qui régnaient conjointement à Sparte.

agis i, de la race des Prodides, fils d’Archidamus, régna de 427 à 400 av. J.-C., battit les Argiens à Mantinée, obtint plusieurs avantages sur les Athéniens pendant la guerre du Péloponèse.

agis ii, roi de Sparte, fils d’Archidamus II, régna de 338 à 330 av. J.-C. Il tenta de délivrer la Grèce du joug des Macédoniens, et périt dans une bataille contre Àntipater, lieutenant d’Alexandre, après avoir fait des prodiges de valeur.

agis iii, roi de Sparte, le plus célèbre des rois qui ont porté ce nom, monta sur le trône l’an 244 av. J.-C. Il tenta de remettre en vigueur les lois de Lycurgue, proposa d’abolir les dettes, de faire un nouveau partage des terres ; mais il échoua dans ses desseins par la perfidie de ceux à qui il avait donné sa confiance. Arraché d’un temple où il s’était réfugié, il fut étranglé dans sa prison par l’ordre des éphores, l’an 239 av. J.-C.

AGLABITES, dynastie musulmane qui régna environ 109 ans en Afrique, sur le pays qui s’étend de l’Egypte jusqu’à Tunis, avait pour chef Ibrahim- Ben-Aglab, qui fut nommé, vers l'an 800 de J.-C., gouverneur de l’Afrique par Haroun-al-Raschid. Ils siégeaient à Kairouan, près de Tunis. Leur dernier chef, Ziadat-Allah, fut dépouillé de ses états en 909 par les califes fatimites, qui gouvernaient l’Égypte. AGLAË, l’une des trois Grâces. Voy. grâces. AGLIE, ville du Piémont (Ivrée), à 15 kil.

AGNO — 2

S. O. d’Ivrée, avec un superbe palais ; 3,300 hab.

AGMONDESHAM ou AMERSHAM, ville d’Angleterre (Buckingham), à39kil. N. O. de Londres. Elle fut pendant 4 siècles suspendue du droit d’envoyer des députés au parlement, et ne recouvra ce droit qu’en 1623. Eglise gothique.

AGNADEL, vill. du roy. Lombard-Vénitien (Lodi), à 13 kil. N. E. de Lodi, est célèbre par les victoires qu’y remportèrent Louis Xll sur les Vénitiens (16091, et le duc de Vendôme sur le prince Eugène (1705).

AGNANO, vill. de Toscane, à 8 kil. N. E. de Pise. Eaux minérales.

AGNANO (lac d’), Anianus lacus, à 6 kil. de Naples, dans le roy. des Deux-Siciles: air malsain. Près de lise trouve la fameuse grotte du Chien. ( Voy . ce nom.) Le lac est un ancien cratère de volcan.

AGNÈS (sainte), jeune vierge de Palerme, subit le martyre à Rome eu 304, â 13 ans, lors de la persécution de Dioclétien. Prudence a chanté son martyre dans sa 14* hymne. On célèbre sa fête le 21 janvier.

agnès , reine de France, tille de Berthold, duc de Méranie, épousa en 1196 Philippe-Auguste, qui venait de répudier lngelburge; mais les censures de l'église obligèrent ce prince à reprendre sa première femme. Agnès en mourut de douleur, l’an 1201.

agnès d’autriche, fille de l’empereur Albert I, vengea cruellement la mort de son père qui avait été assassiné (1308), en immolant près de 1,000 victimes. Elle avait épousé, en 1296, André, roi de Hongrie ; mais étant devenue veuve après un an de mariage, elle entra dans un monastère, qu’elle fonda en Suisse en 1 3 1 0, et y m. en 1364.

agnès de France, impératrice de Constantinople, fille du roi de France Louis-le-.leune , épousa en 1180, à l’âge de 9 ans, Alexis Comnène-le-Jeune, empereur de Constantinople; 2 ans après, elle- fut forcée d épouser Andronic Comnène, qui avait fait mourir Alexis et qui avait usurpé le trône.

agnès sorel , dame célèbre par sa beauté et par les qualités de son esprit, fille de Sorel deSt-Gérard, gentilhomme attaché à la maison du comte de Clermont, naquit vers 1410 au village de Fromenteau en Touraine. Elle était fille d’honneur d’isabeau de Lorraine, duchesse d’Anjou, lorsque cette dame eut occasion de venir à la cour de Charles Vil pour solliciter une grâce (1431). Charles devint bientôt éperdument amoureux d’Agnès, la fixa à sa cour en la nommant dame d’honneur de la reine, et en fit bientôt sa maîtresse. Agnès n’usa de l’ascendant qu elle avait sur le roi que pour le déterminer à sortir au honteux repos dans lequel il languissait pendant que les Anglais s’emparaient de ses états [Voy. Charles vu), et contribua ainsi puissamment au salut de la France. Le roi la combla de faveurs et lui donna entre autres présents le château de Beauté, situé sur les bords de la Marne (près de St- Maur) , d’où elle prit le nom de dame de Beauté. La reine elle-même lui munira toujours un sincère attachement. En 1445, Agnès,’ se voyant insultée par ledaupliin (dep. Louis Xi), quittala cour et allavivre à Loches, où CharlesVU lui avait fait bâtir un château. Elle m. en 1450, à J umiéges, où elle venait trouver le roi; on la crut empoisonnée par le dauphin.

AGNÈS DE MÉRANIE. VoiJ. MÉRANIE et PHILIPPE-AUGUSTE.

AGNES1 (Marie-Gaétane), femme célèbre par ses profondes connaissances, née à Milan en 1718, était fille d’un professeur de mathématiques à Bologne, qui l’initia de bonne heure à l’étude des hautes sciences. Elle réussit si bien, qu’en 1750 le pape Benoît XIV l’autorisa à remplacer son père dans son cours public. Elle a publié en italien un traité de mathématiques qui a été traduit par d’Antelmy, avec des notes de Bossut, sous ce titre : Traités élémentaires du calcul différentiel et du calcul intégral, Paris, 1775, in-8.Elle mourut en 1739.

AGNOLO (Baccio) , sculpteur et architecte floren-

ï — AGRA

tin, né en 1460, mort en 1543, fut le contemporain et l’ami des Raphaël et des Michel-Ange. 11 commença nar sculpter et ciseler en bois, et s’adonna ensuite à {architecture. Florence lui doit quelques édifices remarquables par leur élégance et leur solidité. Plusieurs sont ornés de ses sculptures en bois. Il laissa trois fils, auxquels il transmit une partie de ses talents.

AGNONE, ville du roy. de Naples (Molise), à 27 kil. dlsernia. On y trouve les meilleures manuf. de cuivre du roy., 17 églises, 5 monts-de-piété.

AGOBARD, archevêque de Lyon en 813, mort en 840 , prit part à la révolte de Lothaire contre Louis-le-Débonnaire , et fut en conséquence déposé par le concile de Thionville en 835. 11 fut cependant rétabli peu après. C’était un homme éclairé pour ces temps : il fit abroger la loi Gombette , qui autorisait les duels juridiques ; il écrivit contre lea épreuves de l’eau et du feu , et contre la croyance aux sorciers. Il a laissé plusieurs écrits qui ont été publiés par Baluze , 1666, 2 vol. in-8°.

AGOGNA ou GOGNA, riv. d’Italie, dans les Etats sardes, se jette dans le Pô entre la Sesia et le Terdoppio, après avoir baigné Borgomanero, Novare, Mortara. Sous Napoléon, l’Agogna donna son nom à un dép. du roy. d’Italie , limitrophe de l’empire français, et qui avait pour ch.-l. Novare.

AGON , petit port de FYance (Manche), à 8 kil. S. O. de Coutances. Armements pour Terre-Neuve. ;•'»

AGOSTA, Augusta, ville de Sicile, sur la côte E., à 17 kil. N. de Syracuse ; 15,000 hab.; place forte de 2* classe; port très sûr, situation délicieuse. Aux environs est la Timpa ou Vallée, lieu remarquable par ses grottes. Agosta fut fondée par l’empereur Frédéric 11 ; bouleversée en 1093 et 1848 par un trencH blement de terre. Prise par les Français en 1676»

AGOSTINI ( Nicolo degli), poëte vénitien du xvie siècle, a composé quelques poëmes oubliés aujourd’hui, et n’est connu que pour avoir tenté de continuer le célèbre poëme de Roland amoureux , que Boïardo avait laissé inachevé; mais les trois livres qu’il a ajoutés à ce poëme sont loin d’égaler l’original.

agostini (Leonardo) , antiquaire du xvir siècle, né à Sienne, a donné une nouvelle édition de la Sicile de Philippe Parula, Rome, 1649, et a publié un recueil estimé, intitulé Gemme antiche figurate , Rome, 1636-57. Voy. Augustin.

AGOTY ( Gautier d’ ). Voy. Gautier.

AGRAH ou AGRA, ancienne capit. de la gr. prov. d’Agrah, auj. ch.-l. du district du même nom, par 76° 33’ long. E., 27° 11’ lat. N.; 95,000 hab. Elle était autrefois une des plus belles, des plus riches villes de l’univers , et fut la résidence d’Akbar ; c’est maintenant un amas de ruines*; cependant le fort d’Agrah ou Akbar-Abad et le magnifique mausolée en marbre blanc de la belle Nour-Djehan existent encore. A 8 kil. au N. est le mausolée d’Akbar. Agrah, désolée par tant de désastres, commence à refleurir depuis qu’elle appartient aux Anglais.

agrah, ancienne prov. de l’Hindoustan , entre celles de Delhi, d’Aoude, d’Allah-Abad, de Malwah, d’Adjmir , s’étend de 73° 24’ à 77° 40’ de long. E., et de 25° 35’ à 28° 18’ lat. N.; de 5 à 6,000,000 d’hab.; les Brahmanistes y sont en majorité. Contrée plate, inondée au temps des pluies, très productive: sucre, indigo, coton, céréales, dont on fait deux récoltes par an. L’ Agrah a presque toujours suivi le sort du Delhi depuis l’invasion musulmane, et a été sous Akbar la deuxième vice-royauté de l’empire. En proie, après la mort d’Aureng-Zeyb ( 1707 ), aux Djats, aux Mahraltes, etc., elle fut depuis 1777 régie souverainement par Nedjed-Kan. Enfin elle a été démembrée. Le roy. de Sindhia en possède une partie , capit. Gouàlior ; quatre autres parties, Karoli, Bhartpour, Dolpour, Matcherri ou Mewat (capit. Alvar) forment des orincinautés vassales de la Com-

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