CAMP
ment dans sa patrie, il partit en 1553 pour les Indes, resta quelque temps à Goa, puis fut exilé à Macao pour avoir censuré le vice-roi dans une satire. Dans cet exil, il composa le poème qui l’a immortalisé, les Lusiades (os Lusiadas ) , où il chante ia gloire dos Portugais (en latin Lusita?ii), les exploits et les découvertes de Vasco de Gama. Au bout de cinq ans , il fut rappelé de son exil : assailli par une tempête, il fit naufrage sur les côtes de la Cochinchine en retournant à Goa. On dit quil se sauva à la nage, tenant dans sa main hors (!*■ l’eau le manuscrit de son poème. Se voyant en butte à de nouvelles persécutions, il quitta l’Asie et revint à Lisbonne en 1569. 11 publia son poèm**: mais il n’obtint aucune des faveurs qu’il devait espérer, et languit dans la misère : on croit même qv’il mourut à l’hôpital, à 62 ans (1579). Outre les Lusiades le Camoêns a composé des odes, des élégies, des sonnets, des satires et quelques tragédies. L’édition la plus estimée des Lusiades est celle qu’a publiée Io*é-M;iria de Souza-Botello, Par., 1817,in-4,et 1819, in-8.Ce poème a été plusieurs fois traduit en français, notamment en prose par M. Milité, Paris, 1825, 2 vol. in-8, et par MM. O. Fournier et Desaules, 1 84 1 , in— 1 2; en vers, avec succès, par M. Ragon, 1842, in-8.
CAMON1CA, valléedu roy. Lombard- Vénitien, formée par une ramification des Alpes Rhétiques. est arrosée par l’Oglio. Elle a 60 kil. de long, et fait communiquer l’Italie avec le Tyrol ; 40,000 hob.
CAMORTA, une des îles Nicobar, par 8° 2' la». N., 91®20’ long. E.; 40 k.sur S.Goloniséepar les Danois.
CAMP DE GYRUS, lieu de Cappadoce, sur les confins de la Cilicie, au S. E. de Dana (ou Tyane). Cyrus le Jeune y campa l’an 401 av. J. -G.
CAMP DE JAIIt-Z. Foi/. J ALLEZ.
camp nu urap-d’ok. Voy, champ nu drap-d’or
CAMPAGNA, ville du roy. de Naples (Principauté Citérieure), à 31 kil. E. de Salerne; 6,750 hab. Évêché.
CAMPAGNAC, ch.-l. de cant. (Aveyron), à 42 kil. E. de Rbodez ; 1,500 hab.
CAMPAGNE, ch.-l. de cant. (Pas-de-Calais), à 10 kil. S. E. de Montreuil; 1,150 hab.
campagne de rome, contrée de l’Italie qui correspond à l’ancien Latium et à une partie de l’Etrurie, est située presque tout entière au S. du Tibre, entre la mer et les Apennins. Elle fait aujourd’hui partie des États du Pape et forme la délégation de Frosinone et la comarque de Rome. Sous l’empire français elle formait une grande partie du dép. de Rome. Cette contrée, jadis si peuplée et si florissante, est auj. mal cultivée et presque déserte, à cause du mauvais air qui y règne et qui engendre des fièvres mortelles et des maladies endémiques. Elle n’est guère habitée que par des pâtres misérables qui y font paître des trou-
Seaux de buffles. Le long de la mer s’étendent les [arais-Pontins,qui répand, des exhalaisons méphitiq. CAMPAN, ch.-l. de cant. (H.-Pyrénées), à 7 kil. S. E. de Bagnères, sur l’Adour; 4,248 hab. Vallée très belle. Marbres. Cristal de roche.
CAMPAN (madame), demoiselle Henriette genet, née. à Paris en 1752, morte en 1822, fut d’abord lectrice des tantes de Louis XVI, puis fut attachée à la personne de la reine Marie-Antoinette, et lui donna dans son malheur des preuves de dévouement. Après la révolution elle se livra avec beaucoup de succès à l’éducation des demoiselles, et se ût remarquer du premier consul, Bonaparte, qui, parvenu à l’empire, la plaça A la tête de la maison d’Écouen, où étaient élevées les filles des officiers de la Légiond’Honneur. Elle perdit cette place à la Restauration. On a d’eMe des Mémoires sur Marie-Antoinette,
en Calabre, en 1568, entra de bonne heure dans l’ordre des Dominicains, se fit remarquer par sa science précoce et attaqua la scolastique. La hardiesse de ses opinions lui fit. beaucoup d ennemis : il fut accusé d’avoir conspiré contre les Espagnols qui étaient alors maîtres de sa patrie, se vit condamné à une détention perpétuelle (1599), et ne put sortir de prison qu’au bout de 27 ans, après avoir subi plusieurs lois la torture. Il se rétugia eu France, où Richelieu lui accorda une pension. 11 mourut à Paris en 1639. Campanella avait conçu, vers le même temps que Bacon, le projet de réformer la philosophie.- mais, trop faible pour une si vaste entreprise, il ne fit que substituer un nouveau système aux systèmes dtja .minus. U dérivait toutes nos connaissances de la sensation , et regardait toutes les parties du monde comme douées de sentiment. Scs principaux ouvrages sont Philosophia sensibus démon strata , Naples, 1591 ; il y défend les dogmes de Télésio ; Prodromus philosophiœ instaurandœ, 1617; Realis Philosophia (comprenant la physique, la morale, l’économie et la politique) ; Philosophia ralionalis (comprenant la grammaire, ia dialectique, la rhétorique, la poésie, l’histoire); U iiiver salis Philosophia, traité de métaphysique; Alheismus triumphatus, où il combat assez faiblement l’athéisme? Civitas solis , sorte d’utopie dans le genre de la République de Platon, qui forme l’appendice sa Realis Philosophia. Il a au.->si écrit sur la magie et l’astrologie, auxq. il donna trop de crédit. La laissé des Lettres et des Poésies (tr. par Mme Colel 1844).
CAMPANHA ou PRINCEZA-DA-BEIRA , petite viile du Brésil (Minas-Geraês), sur le Palmello, à 240 kil. S. O. de \ il la— Rica. ; 2.000 hab. Importante par ses fabriques de tissus de laine et ses riches lavages d'or.
CAMPANIE, Campania , auj. Terre de Labour , prov. de l'ancienne Italie, sur la mer Inférieure, s’étendait du Liris au Silare, entre le Latium et la Lucanie, et confinait du côté de l’E. au Samnium. Villes principales : Capoue, Baies, Noie, Sora, Calatie, Neapolis, Veseris, Picentie, Saticule. Pays de plaines ( campi ) ; sol fertile : beaucoup de jardins et lieux de plaisance au temps des Romains. — LaCampanie appartint d’abord aux Opiques, peuple de race sicule ou pélasgique ; les Etrusques les chassèrent vers 600 avant J. -G., et fondèrent une confédération de 12 cités dont Vulturne (depuis Capoue) fut la plus remarquable; ceux-ci furent conquis à leur tour par des Samnites qui prirent le nom de Campaniens (420), et qui formèrent un état ou une ligue indépendante du Samnium ; enfin les Romains se rendirent maîtres du pays de 343 à 314 av. J.-C.
CAM PASPE, maîIressed’Alexandre. Voy. apelles.
CAM PBE1.L (Jean), écrivain écossais, né à Edimbourg en 1708, mort en 1775, s’établit de bonne heure à Londres et y publia un grand nombre d’écrits historiques qui eurent du succès. Les principaux sont : Histoire militaire du prince Eutjhie et de Marlborough , 1736; Vies des amiraux anglais, 1742-44 ; Tableau politique de la Grande-Bretagne , 1744. Il eut aussi une grande part à V Histoire universelle, publiée à Londres en 60 vol.: à la Biogra phia Britannica, 1745 et années suivantes, et édita plusieurs voyages, entre autres ceux d’Ed. Browne, 1739. Son dernier ouvrage est : Hermippus redi vivus, où il traite de l’art de prolonger la vie. Il occupa depuis 1765 la place d’agent du mi pour la Géorgie (Amérique).
Campbell (le docteur George), né à Aberdeen en 1 7 1 9, mort en 1796, fut professeur de théologie à Aberdeen, puis principal du collège Mareschal dam la même ville. On a de lui la Philosophie de la rhè-
CAMP — 300 -- CAMü
torique , 1776, ouvrage estimé, et plusieurs écrits théologiques, entre autres une Dissertation sur les miracles (1763), contre Hume, et une traduction dea
ÿvangiïes.
CAMPBELTOWN, ville d’Écosse (Argyle), à 160 kil. S. O. d'Édimbo irg, sur la côte S. E. de la presqu’île de Cantyre; 6,460 hab. Pêche du hareng. Fabriques de toiles.
CAMPE (J .-Henri), surnommé le Rerquin allemand, né en 1746 à Deensen (Brunswick), mort en 1818, étudia en théologie, et fut quelque temps aumônier d’un régiment: mais ne pouvant supporter le spectacle des horreurs de la guerre, il quitta cette carrière et se voua à l’éducation. Il dirigea un institut à Dessau, puis à Hambourg; devint ensuite chanoine à Brunswick, fonda dans cette ville une librairie d’éducation qui eut beaucoup de succès, et obtint ainsi une grande aisance. Il a écrit pour l’enfance et la jeunesse une foule de petits ouvrages pleins d’intérêt et qui renferment les plus utiles leçons : les principaux sont : Robinson Crusoé , en dialogues, la Découverte de /’ Amérique, la Petite Bibliothèque des enfants, Thèophron ou le Guide des jeunes gens: on les a réunis en une seule collection formant37 petits vol., 18*29-32. La plupart ont été traduits en français. On lui doit aussi d'utiles travaux sur la langue allemande.
CAMPÈCHK, ville du Mexique (Yucatan), sur le St-François, près de son embouchure dans la baie de Campêche, par 93° long. O., 19° 60’ lat. N.; 16,000 h. Fortifications , bon port. Commerce de cire. Cette ville était jadis l’unique entrepôt du bois de teinture dit bois de Campêche, avant l'établissement des Anglais au golfe Triste. — Elle a été souvent assiégée et prise par les Anglais et les flibustiers, entre autres en 1669, 1678 et 1685.
CAMPER (Pierre), médecin et naturaliste hollandais, né à Leyde en 17*22, mort en 1789; fit ses études sous le célèbre Boerhaave; fut nommé professeur de philosophie, de médecine et de chirurgie à Franeker; de là se rendit à Amsterdam, et ensuite à Groningue, où il professa la médecine, l'anatomie et la botanique. Il parcourut presque toute l’Europe et partout se lia avec les savants les plus distingués. H joua aussi un rôle politique et fut membre du conseil d’état des Provinees-Unies. Il a composé un grand nombre de traités et de. mémoires sur la médecine, la chirurgie, la physiologie, etc. Les principaux sont : Dernonstralionum anatomico-pathologicarum libri II, Amsterdam, 1760-62, 2 vol. in-fol.; Dissertation physique sur les différences des traits du visage; Discours sur l'art de juger les passions de ihomme par les traits de son visage, traduit en français par Quatremère d’Isjonval, 1791-1792, in-4 ; Dissertation sur les variétés naturelles de l'espèce humaine. Jansen a publié une traduction de scs Œuvres, 1803, 3 vol. in-8. Camper découvrit le premier la présence de l’air dans les cavités intérieures du squelette des oiseaux. Il est surtout connu pour avoir essayé de mesurer le degré d’intelligence par le plus ou moin3 d’ouverture de l 'anale facial,
CAMPI, vi le duroy. de Naples (Terre d’Otrante\ à 14 kil. N. O. de Eecce; 3,440 hab. Fabriques de chapeaux de paille.
CAMPI LAPII EI, auj. LA CRAU.
CAMPI FHLEGRÆI. Voy. PHI EGRÆI.
Campi rai dii, plaine située près de Yerceil, où M arius défit les Cimbres et les Teutons, 102 av. J.C.
CAMP1AN (Edmond), catholique anglais, se fit jésuite à Rome en 1573 et fut envoyé par le pape en Angleterre, sous Élisabeth, pour ramener ses compatriotes au culte catholique. Il fut accusé de conspiration contre l’Étal et mis à mort en 1- 81.
CAMPII e, ch -1 de canton (Corse), à 26 kil. de Bastia : 600 hab.
CAMPISTRON (J. gai.rert de), poêle dramati¬
que, né à Toulouse en 1656, mort en 1723, vint fort jeune à Paris, et eut le bonheur d’y faire la connaissance de Racine qui lui donna des conseils. Il obtint par sa protection la place de secrétaire du duc de Vendôme. Campistron a fait un assez grand nombre de tragédies, dont les plus connues sont Virginie , Arminius , Andronic , Alcibiade; des opéras, dont le meilleur est Acis et Galatée (musique de Lulli ) ; une assez bonne comédie, le Jaloux désabusé. Cet auteur voulut irniler Racine; mais quoique sage daru ses compositions, il n’eut ni le talent de concevoir un plan ou une situation, ni la force poétique, et n’approcha jamais de son modèle. Ses œuvres ont été souvent imprimées ; la meilleure édition est celle Paris, 1750, 3 vol. in-12. 11 avait été reçu à l’Académie en 1701.
CAMP1TELLO, ch.-l. de canton (Corse), à 22 kil. S. O. de Bastia; 350 hab.
CAMPLI, ville du roy. de Naples (Abruzze Ultérieure lre), à 9 kil. N. de Téramo; 6,000 hab.
CAMPOBASSO, ville du roy. de "'’aples, eh.-l. de la province de Sannio, à 84 kil. N. E. de Naples; 7,600 hab. Armes et coutellerie.
CAMPOFORMIO, ville du roy. Lombard-Vénitien (Frioul), à 7 kil. S. O. d’Udine; 1,800 hab. Célèbre par le traité de paix qu’y signa Bonaparte entre la France et l’Autriche, le 17 octobre 1797 : l’Autriche cédait les Pays-Bas autrichiens et les pays d' Empire jusqu’au Rhin ; elle reconnaissait la République cisalpine, et la France lui accordait en échange les possessions vénitiennes. Ce traité ne fut jamai» exécuté complètement.
CAMPOFRIO, bourg d’Espagne (Séville), à 8 kil. S. d’Araeena. Beau jaspe sanguin veiné de blanc.
CAMP0MA10R , ville de Portugal (Alentéjo) , à 17 kil. N. E. d'Élvas ; 4,600 hab.
CAMPOMANÉS (D. Pedro-Rodriguez de), ministre espagnol, né dans les Asturies en 1710, mort vers 1800, fui nommé en 1765 par Charles III fiscal du conseil de Castille; devint en 1788, sous Charles IV, président de ce conseil et ministre, et s’efforça, pendant son administration, de relever le commerce et l’industrie; niais les intrigues de Florida Blanca , favori de Charles IV, le firent disgracier en 1788. Campomanès a publié plusieurs ouvr. importants sur l’économie politique et sur l’administration de l’Espagne, ainsi que des Recherches sur Carthage, avec tiad. du Pénpte d’ttannon, 1756.
CAMPO-SANTO, sur le Panaro, à 22 k. N. O. de Modène. Bat. entre les Espagnols et les Autrich.,1743.
CAMPREDON, v. forte de Catalogne, sur le Ter, à 60 k. N. O. de Girone. Prise par les Franç. en 1689 et 1794. — Cap des Pays-Bas, au S. du Texel. L’am. anglais Duncan y battit l’am. holl. De Winter, 1797.
CAMULOGÉNE, général gaulois, chef des Parisiens [Parisii), défendit Lutèce contre les troupes de Labienus, lieutenant de César, et périt dans une bataille livrée près de cette ville, sur le terrain qui forme auj. la plaine de Yaugirard ( Compienlairet de César, liv. Vil I).
CAMUS (Cb. -Et. -L.), mathématicien, né à Cressy en Brie en 1699, mort en 1768. membre de l’Académie desSriencesde Paris, de la Société royalede Londres examinateur des ingénieurs et du corps royal de l’artillerie de France, professeur cl secrétaire perpétuel de l’Académie d’Arcliiteciure,est auteur d’un Cours de Mathématiques, Paris, 1766, en 4vol. in-8, qui a eu longtemps la vogue. Il fut envoyé dans le Nord vers 1736 pour y Déterminer la mesure de la terre.
camus (Armand Cas1 on), jurisconsulte, né à Paris en 1740, mort en 1804, fut d’abord avocat du clergé au parlement, puis fut député par les électeurs de Paris à l’assemb ée constituante et à la Convention. Fervent janséniste, ilse distingua par son caractère stoïque, par son intrépidité et par ses projets d’é-