‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 333 sur 1261 · ANDRINOPLE · texte numérisé non relu

ANDRINOPLE

EDESSE, dite aussi Callirrhoe , etquelquefoiSitwh'o che, auj. Or fa, villeanc.de la Mésopotamie, capit.de l’Osroène sous les Romains, au N. de la province, était une des villes frontières de l’empire et renfermait des fabriques de boucliers et des arsenaux. Au S. E. se voyait Theodosiopolis , avec laquelle il ne faut pas la confondre. Edesse eut pendant plu sieurs siècles (du 1er av. J.-C. au 3e après) des princes particuliers du nom d’Abgar (voy. abgar). Cetti ville reçut une des premières la doctrine du Christ, e ses habitants la conservèrent jusqu’au temps des croi sades. Elle fut plusieurs fois prise et reprise dans les guerres entre l’empire d’Orient etlesSassanides. Les Arabes s’en emparèrent ainsi que de toute la Mésopotamie en 639. Quand les Seldjoucides envahirent l’empire des califes, Edesse se trouva libre. En 1097 Baudoin, frère de God.de Bouillon, y fonda un comté, transmis en 1100 à Baudoin U,etei] ill8 à Josselin de Courtenay. Il se composait d’Edesse, de Samosate,de Saroudj, de Tel-Bacher,etc Ce comté, le premier état chrétien fondé par les Croisés, était regardé comme le boulevard de Jérusa/em. Soumis en 1 144 par Zenghi, il fut repris en 1146 par le fils de Josselin de Courtenay, puis reconquis la même année par Noureddin.

edesse, auj. Vodina, v. de Macédoine, dansl’Emarnü1"* Erigon, fut avant Relia la cap. du royaume. EDETA, auj. Leiria , ville d’Hispanie, dans la Tarraconaise, sur la Turia, près de Sagonte, était Je cn.-i. des Edetani , dont le territoire, situé à l’E. de cenn des Celtibères, avait pour villes principales * Cœsaraugusta , Valenlia.

SEf1- V°y- EDETA.

£es anciena Egyptiens, Apollinopolts magna des Grecs , ville de la H.-Egypte, à

177 kil. S. E. de Djirdjeh, par 30° 33’ long. E. 24° 58’ lat. N. Ce n’est plus auj. qu’un assemblage de belles ruines et de misérables cabanes.

EDGARD, dit le Pacifique , roi d’Angleterre, fils d’Edmond 1, succéda à son frère Edwy en 957. H vainquit lès Northumbriens et les Écossais, et donna à ses sujets des lois sages. Saint Dunstan fut son principal conseiller, et le clergé sous son règne jouit d’une grande faveur. Ayant entendu vanter la beauté d’Elfrida, fille d’un grand seigneur, il chargea un de ses favoris de l’amener à sa cour. Celui-ci devint amoureux d’Elfrida, et l’épousa, après avoir trompé le roi par un rapport infidèle ; mais Edgard, apprenant la vérité, le poignarda et épousa la veuve. 11 mourut en 975.

edgard atheling, prince anglais, neveu d’Edouard le Confesseur, avait des droits au trône d’Angleterre, mais il fut dépossédé par Harald (1066), puis par Guillaume-le-Conquérant. Après une tentative inutile, il renonça à toute prétention et servit fidèlement Guillaume.

edgard, roi d’Ecosse, fils de Malcolm III, chassa, en 1098, l’usurpateur Donald VI 11, maria sa sœur Ma thilde au roi d’Angleterre Henri I, et m. en 1107.

EDGE-H1LL, colline d’Angl. (Warwick). Ils’ylivr? (1642) la lre bat. entre Charles I et les parlementaires

EDGEWORTH (Richard lowell), né à Bath en Angleterre en 1744, mort en 1817, était originairf d’Edgeworthtown en Irlande. Il s’appliqua df bonne heure à l’étude de la mécanique , conçut en 1763 la première idée des communications télégra phiques, et imagina en 1767 une voiture qui transportait avec elle un petit chemin de fer. En 1771, il vint s’établir à Lyon et y commença la construction d’une digue pour détourner le cours de la Saône et reculer son embouchure dans le Rhône mais il fut mal secondé et obligé de renoncer à se? travaux. En 1782 il alla habiter l’Irlande, prit par* aux efforts tentés alors par les Irlandais pour assurer leur indépendance, fut envoyé en 1798 comme député de l’Irlande à la chambre des communes, et se prononça ouvertement contre l’union. Depuis 1804, il partagea tout son temps entre l’étude de la méca nique, celle de l’agronomie et des recherches pour le perfectionnement de l’éducation. On lui doit les traités .- Sur la construction des moulins , en français, 1778; Sur la résistance de l'air , 1783; Prac tical éducation , 1798, traduit en français par Pictet, Poetry explained; Professional éducation , 1808; Essai sur i application des ressorts aux charrettes , 1812; Essai sur les chaussées et les voilures , 1813 — Edgeworth est le père de la célèbre miss Maria Edg., connue par d’excellents ouvrages d’éducation (trad. par Mme Belloc) ; morte en 1849, à 78 ans.

edgeworth de firmont (Henri essex), confesseur de Louis XVI, né en Irlande en 1745, mort à Mittau en 1807, était cousin du précédent. 11 assista Louis XVI ses derniers moments. Ce vénérable ' ecclésiastique lui adressa, dit-on, sur l’échafaud ces mots si connus : Fils de samt Louis , montez au ciel. On a publié : Mémoires de l'abbé Edgeworth , dernier confesseur de Louis XVI, recueillis par Sneyd Edgeworth, et trad. de l’anglais (par M. Dupont), Paris, 1816, in-8.

EDILES (de cédés , édifice), magistrats romains, ainsi appelés parce qu’un des principaux devoirs de leur charge était d’avoir soin des édifices. Ils étaient nommés pour un an. On en distinguait de deux sortes, les édiles curules ou patriciens, et les édiles plébéiens. Les édiles plébéiens furent institués les premiers. 1 an 493 av. J.-C., la même année que les tribuns. 11 y en avait d’abord deux ; mais l’an 366 avant J.-C., les édiles plébéiens ayant refusé de donner des jeux, le sénat leur adjoignit deux nouveaux édiles, pris dans l’ordre des patriciens. Ces derniers avaient la chaise curule, le laticlave,

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le titre de sénateurs et le droit d’images. Ils avaient l’intendance des grands jeux romains qui se donnaient aux dépens de l’état, et ils devaient en outre en donner d’autres à leurs propres dépens. Les édiles plébéiens donnaient aussi des jeux à leurs frais, mais moins dispendieux ; leurs fonctions principales étaient d’entretenir les bains publics, de faire réparer et nettoyer les aqueducs, d’approvisionner la ville, de régler tout ce qui concernait les marchés, etc. Ils n’avaient aucune des prérogatives honorifiques des édiles curules. Les édiles subsistèrent jusqu’au règne de Constantin.

EDIMBOURG, Edinburyh en angl., Aneda ou Edenburgnm en latin mod., capitale de l’Ecosse et cheflieu du comté d’Edimbourg ou Mid-Lothian, à 710 kil. N. de Londres, par 5° 30’ long. O., 65° 67’ lat. N.; 162,166 hab. en 1831. Edimbourg est bâtie sur trois collines, et se partage en deux villes séparées par des vallées profondes, la Vieille-Ville et la Nouvelle-Ville. La Vieille-Ville, qui forme une large rue de plus d’un kilomètre de long, est située sur la colline centrale et la plus élevée. Elle est défendue par un château-fort qui la domine. Les maisons y sont pressées et irrégulières, quelques-unes s’élèvent à 10 et 11 étages. Les rues sont étroites et sales. Au pied de la Vieille- Ville s’élève le palais (jadis abbaye) d'Holyrood, et cette partie de la ville porte encore le nom de Canonsburgh ou Canongate (bourg ou portedes chanoines). La Nouvelle-Ville, construite à la fin du dernier siècle, renferme de larges rues et de belles places. Les monuments principaux sont: la nouvelle bourse , le Parliament - House, l’université (le plus beau bâtiment de l’Europe en ce genre), la cathédrale ou église St-Güles , 3 ponts, les monum. de Nelson, de W. Scott, etc. Ed. possède une université célèbre qui compte plus de 2,000 étudiants, et un grand nombre de sociétés savantes, d’établissements scientifiques et littéraires : ce qui l’afaitassez justement surnommer l' Athènes moderne. On y publie un grand nombre de journaux littéraires, dont le plus célèbre est la Revue d’Edimbourg. On y suit très particulièrement le barreau. L’industrie est assez active, surtout pour la librairie et l’imprimerie. Le commerce y est facilité par 1 Union Canal. Patr. de R. Barclay, Hume, G. Burnet, Law, Erskine, Keith, Dugald- Stewart, H. Blair, etc. Suivant d’Anville , Edimbourg occupe l’emplacement d’une station romaine nommée Alata Castra. Vers 626, le château d’Edimbourg devint la résidence d’Edwin , roi de Northumbrie , qui lui donna son nom ; ce château porta d’abord les noms de Castelli -Minid-Agned (fort de la colline d’Agnès), ou de Castrum Puellarum , parce que, suivant les traditions, il était la résidence des jeunes princesses pietés ; mais il est probable que cette légende vient de la ressemblance qui existe entre l’ancien nom du fort, Mai-Din en breton, et Magle-Dun en gaëlique (c.-à-d. bonne forteresse), et le mot anglais maiden, jeunes filles. En 866, Edimbourg était déjà un village considérable dont les Anglo- Saxons et les indigènes se disputèrent souvent la possession. Depuis 1020, cette ville devint la résidence des rois d’Écossc ; cependant ce n’est que depuis 1437, à partir du règne de Jacques II, qu’Édimbourg prit le titre de capitale de l’Ecosse. La peste la ravagea trois fois (1497, 1613, 1646).

ÉDIMBOURG (comté d’), OU MID-LOTHIAN. Voy. L0- THIAN (MID— ).

édimbourg (nouvel-), ville et port de la Nouv.- Grenade, sur le golfe de Darien, à 200 kil. S. E. de Panama. Elle fut fondée au xvii* siècle par des Écossais qui lui donnèrent le nom de Caledonia. Elle fut ensuite prise par les Espagnols (1699), et par les Français (1764). Ces derniers ayant été massacrés par les Indiens, les Anglais vinrent s’y établir et lui donnèrent le nom qu’elle porte aujourd’hui.

EDISTO ou POMPON, riv. de» États-Unis (Caroline mérid.), formée de deux rivières Nortb et South Edisto, tombe dans l’Océan par 2 branches nommées aussi North et South Edisto. Elle forme à son embouchure plusieurs îlots, dont le plus grand, dit Edisto, a 19 kil. sur 16, et 4,000 hab.

ÉDIT (du mot latin edicere , déclarer, ordonner). Les principaux édits connus dans l’histoire sont :

1° L'édit perpétuel. On nommait ainsi chez les anciens une compilation de tous les édits rendus par les édiles et les préteurs, qui fut faite sous Adrien par Salvius Julianus, pour servir de règle à l’avenir (13 1), etdevint la base du Corpus juris de Justinien. — Chez les modernes on donne le nom d'édit perpétuel à un règlement publié en 1611 par les archiducs d’Autriche, Albert et Isabelle, pour régler dans leurs états l’administration de la justice et le» droits des particuliers.

2° L'édit d'Union , publié en 405 par Honoriu» contre les Donatistes et les Manichéens.

3° L'édit de Milan, publié en 313 par l’empereur Constantin, et qui déclara la religion chrétienne religion de l’empire.

En France, on connaît surtout : 1° les édits bursaux, qui avaient pour objet les taxes et les impositions ;

2° Les édits de contrôle, qui soumettaient les actes civils à une vérification légale ;

3° Les édits des duels , rendus contre les duellistes en 1679 et en 1723 ;

4° L’édit deCrémieux[\bZfï) , réglant la juridiction des baillis, des sénéchaux, des présidiaux, etc..;

5«* L'édit des Petites-Dates (1660), pour la répression des abus introduits dans la collation des bénéfices ecclésiastiques {Voy. dumoulin);

6° L’édit de ChAteaubriant (1551), contre les Calvinistes ; — celui de 1560, de Romorantin (F. ce nom) ;

7° L'édit d'Amboise (1672), donnant une nouvelle forme à l’administration de la police ;

8° L'édit de Melun (1680), faisant droit aux plaintes du clergé sur la discipline et l’administration ecclésiastique;

9° L'édit de Paulette ou des Femmes (1604), ordonnant l’établissement d’un droit annuel sur le» offices, dont le revenu par ce moyen était conservé aux femmes après la mort de leur mari ; on nomma ce droit la paulette {Voy. paulette) ;

10° Enfin les édits de Pacification, rendus en grand nombre pour suspendre les guerres de religion dans le xvie siècle : le plus célèbre est ïédit de Nantes, publié par Henri IV en 1698, et révoqué ep 1685 par Louis XIV. Il accordait aux Calvinistes la liberté de conscience, l’exercice de leur culte, et l’admission aux charges et aux fonctions "-ubliques.

EDME (saint), archevêque de CantooYy, vers 1240, est fêté le 16 novembre, jour de sa .^ort.

EDMOND (saint), roi d’Est-Anglie en 855, fut en 870 vaincu, pris et mis à mort par les princes danois Hinguar et Hubba, dont il avait rejeté les propositions de paix, les trouvant honteuses. Il a été mis au nombre des saints, et l’Église célèbre sa fête le 20 novembre.

Edmond i , roi d’Angleterre, de la dynastie saxonne, fils d’Edouard I, dit l’Ancien, succéda en 941 à son frère Athelstan. Il dompta le Cumberland, le Northumberland, et chercha à adoucir les mœurs de ses sujets. Il fut assassiné en 946 par un nommé Léof.

edmond il, succéda à son père Ethelred II en 1016, et mérita par son intrépidité et sa force le surnom de Côte-de-Fer {Iron-side). Il eut une rude guerre à soutenir contre Canut, roi ae Danemark , et fut forcé , après une courageuse résistance, de lui céder la partie septentrionale de ses états. Assassiné un mois après (1017), il laissa Canuî maître de toute l’Angleterre.

Edmond plantagenet de Woodstock comte de

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Kent, fils cadet d’Édouard I, détrôna son frère Edouard II en 1325, pour mettre à sa place Edouard III, dont il fut d’abord le tuteur. 11 conspira ensuite contre celui-ci, mais il échoua cette fois, et eut la tête tranchée en 1329.

Edmond de langley, duc d’York, tige de la maison de la Rose-Blanohe. Voy. yokk.

EDMONTON, ville d’Angleterre (Middlesex), à 12 kil. N. E. de Londres; 8,000 hab.

EDNAM, village d’Ëcosse (Koxburgh), à 4 kil. N. de Kelso. Patrie du poète Thompson.

EDOM, surnom d’Ksaü. Voy. esau.

EDOMITES. Voy. iduméens.

EDON1DE, Edottis , contrée de la Macédoine septentrionale, entre les embouchures du Strymon et du Nestus, fut annexée par Philippe au roy. de Macédoine, mais faisait d’abord partie de la Thrace.

ÉDOUARD 1, l'Ancien, roi d’Angleterre, de la dynastie saxonne , succéda à son père Alfred-le- Grand l’an 900. A peine monté sur le trône, il se le Vit disputer par Ethelwald, son cousin germain, qui souleva en sa faveur les peuples du Northumberland et les Danois ; mais il repoussa tous ses ennemis, et Ethelwald lui-même périt dans un combat. Délivré de cet adversaire, Edouard tourna ses armes contre les Écossais et contre les Bretons du pays de Galles, et les soumit également. 11 fonda, diton, l’université de Cambridge , et cimenta l’alliance avec la France en donnant à Charles-le-Simple sa fille Ogive. Il mourut en 925.

Édouard il, dit le Martyr, remplaça sur le trône d’Angleterre, à l’âge de 13 ans, son père Edgard, mort l’an 975. Elfrida, sa belle-mère, qui voulait placer sur le trône son fils Ethelred, le fit assas- BÏner en 978, dans une partie de chasse. Les vertur précoces de ce jeune prince le firent ranger parmi les saints. On le fête le 18 mars, jour de sa mort.

Édouard iii, le Confesseur, roi d’Angleterre, fils È’Ethelred, fut couronné roi par les Anglo-Saxons en 1041, lorsqu’après la mort de Hardi-Canut, ces peuples, fatigués du joug des Danois, voulurent revenir à leurs souverains naturels. Le commencement de son règne fut troublé par la rébellion du ®omte Godwin, puissant seigneur qui avait contribué à le placer sur le trône ; Edouard, pour éviter la guerre civile, traita avec lui et lui fit des concessions. Tout son règne fut ensuite un règne de jus-' tice et de paix. 11 fit des règlements qui furent observés par tous les habitants de l’Angleterre, samdistinction de races, et qui pour cela s’appelèrent lois communes. D’après quelques historiens, il aurait laissé en mourant son trône à Guillaume, duc de Normandie, son parent. Quoique marié aune femme jeune et belle, à Édith, fdle de Godwin, il avait vécu comme dans le célibat. Il mourut en 1066, à l’âge de 65 ans, sans enfants, et il fut canonisé par le pape Alexandre III. On le fête le 5 janv. et le l3oct.

Édouard i, de la dynastie normande, né en 1240 d’Henri III et d’Eléonore de Provence, fut couronné en 1272 après la mort de son père. Précédemment, il avait pris une part active et glorieuse aux troubles qui signalèrent les dernières années du règne de Henri 111 {Voy. ce nom), et s’était croisé avec saint Louis dans la huitième croisade. Lorsqu’il fut monté sur le trône, il commença par faire de sages réformes dans l’administration de la justice et des finances, dans la répartition des taxes et dans la législation. Il convoqua plusieurs parlements où furent déterminées la liberté civile et la liberté politiq. et constitua définitiv. la Chambre des communes, base du gouvernement représentatif en Angleterre. En 1283, Edouard s’empara du pays de Galles, qui était resté jusqu'alors indépendant; mais il se montra cruel envers les vaincus: il alla jusqu’à faire massacrer les bardes gallois, de crainte que par leurs chants ils ne réveillassent l’ardeur

de leurs concitoyens. En 1286, après la mort d’Alexandre III, roi d’Ëeosse, ayant été choisi pour arbitre entre les nombreux compétiteurs qui se disputaient cette contrée, il se déclara pour Bailleul, l’un d’eux; mais dans la suite, il dépouilla Bailleul et réunit I’Écosse à l’Angleterre. Une guerre s’étant élevée entre l’Angleterre et la France, Édouard courut en Flandre pour arrêter Philippe-le-Bei dans ses conquêtes; mais presque aussitôt la nouvelle de la révolte de l’ Écosse, sous le commandement de Wallace, le força à conclure avec son ennemi une trêve de deux ans. En 1298, il livra aux rebelles à Falkirck une terrible bataille où périt Jacques Stuart, l’un des chefs écossais, avec 50,000 des siens. En 1300, les Écossais s’étant soulevés de nouveau, Edouard entra en Écosse, ravagea cette malheureuse contrée, se fit livrer Wallace et le mit à mort. Néanmoins, une troisième révolte eut lieu en 1306, dirigée par Robert Bruce, qui se fit couronner Édouard se préparait à marcher contre ce nouveau chef, lorsqu’il mourut àCarlisle en 1307. Édouard, après la trêve conclue entre lui et Philippele-Bel en 1298, avait épousé en secondes noces Marguerite, sœur du roi de France, et avait obtenu pour son fils Édouard la main d’Isabelle de France, fille de Philippe.

Édouard ii, fils d’Édouard I et d’Éléonore de Castille, succéda à son père en 1307. D’un caractère doux, mais faible, et aimant les plaisirs, il s’abandonna à d’infâmes débauches et se laissa gouverner par ses favoris , Gaveston et Spenser, qui le perdirent. Le mécontentement public s’augmenta encore par les défaites que le malheureux prince essuya dans une guerre contre les Écossais, qui tentaient, sous la conduite de Robert Bruce, de recouvrer leur indépendance. L’épouse môme d’Édouard, Isabelle de France, et son frère Edmond se déclarèrent contre lui et se mirent à la tête des mécontents (1325). Édouard fut arrêté par les rebelles, jeté dans un cachot, et bientôt après mis à mort (1327) : deux assassins, Mautravers et Gournay, le tuèrent en lui enfonçant un fer rouge dans les entrailles. Il eut pour fils Édouard III. Édouard II est le premier des héritiers présomptifs de la couronne d’Angleterre qui ait porté le titre de prince de Galles. Son père le lui donna en mémoire de la conquête qu’il avait faite du pays de Galles.

Édouard m, fils du précédent, né en 13k2, fut proclamé roi du vivant même de son père en 1327, mais resta jusqu’à 18 ans sous la tutelle de sa mère, Isabelle de France, et sous l’autorité de Mortimer, amant de cette princesse. Dès qu’il put régner par lui-même , soupçonnant que Mortimer était l’auteur de la mort de son père et que la reine ne l’avait pas détourné de ce meurtre, il fit pendre le favori et renferma sa mère dans un château-fort. Il reconquit le roy. d’Ecosse qu’avait perdu son père, disputa la couronne de France à Ph il. de Valois (V. Philippe vi), gagna sur lui la bat. de Crécy (1346) et lui prit Calais avec plusieurs autres villes. Quelques années après, son fils, le prince de Galles, plus connu sous le nom de Prince Noir, gagna sur le ro» Jean, fils et successeur de Philippe de Valois, la bataille de Poitiers (1356), fit ce prince prisonnier et l’emmena en Angleterre , où il mourut. Mais Édouard fut moins heureux contre Charles V ; il perdit peu à peu ses conquêtes : il ne posséd. plus que qqs places maritim. en France quand il m., 1377. C’est lui qui a introd. les postes en Angleterre et créé l’ordre de la Jarretière (1349). Il avait épousé Philippine de Hainaut, qui obtint de lui la grâce des Calaisiens.

Édouard. iv, fila de Richard, duc d’York, chef du parti de la Rose-Blanche, né en 1442, mort en 1483, continua l’œuvre de son père en disputant la couronne au roi Henri \ I, de la maison de Lancastre, chef du parti de la Rose-Rouge. Secondé par le fa

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meux comte de Warwick, il défit à Northampton etàMortimer’s-crossen 1460 l’armée royale, dans les rangs de liq.se trouvait l’épouse de Henri, Marguerite d’Anjou, et l’année suivante il se ût proclamer roi d’Angleterre (1461), Les victoires de Towton en 1461, d’Hexham en 1464, remportées sur Marguerite, vinrent aflermir son pouvoir, et Édouard en jouit quelque temps au sein des plaisirs. Mais Warwick, indigné du mariage qu’Ëdouard avait contracté secrètement avec Élisabeth Woodville, de la maison de Lancaslre, résol ut de le précipiter d’un trône où il l’avait placé, et pour atteindre ce but il passadans le parti opposé. La guerre recommença avec plus d’acharnement. Édouard , trahi à Nottingham , s’enfuit en Hollande, et Henri VI fut replacé sur son trône. Mais Édouard , après cinq mois d’absence, reparut avec une petite escadre que lui avait fournie le duc de Bourgogne, son beau-frère, et en peu de temps il réunit en Angleterre de nombreux partisans (1471). Warwick et lui se rencontrèrent à Barnet; Warwick périt dans le combat, et Édouard resta vainqueur. Peu après, il écrasa entièrement ses ennemis par la victoire remportée sur Marguerite à Tewksbury. Cette malheureuse princesse tomba entre ses mains avec son (ils, et fut confinée dans la Four, où était déjà son époux ; son fil» fut inhumainement massacré (Foy. Édouard, filsde Henri VI). Débarrassé de tous ses ennemis intérieurs, Édouard voulut faire une invasion en France et débarqua à Calais (1476); Louis XI réussit à l’éloigner à force d’or. Il passa le reste de son règne dans les plaisirs et la débauche; le dernier ordre important qu’il donna fut celui de mettre à mort un frère dont il était jaloux, George, duc de Clarence.

Édouard v, fils du précédent, succéda à son père à l’âge de 12 ans, sous la tutelle de Richard, duc de Glocester (1483). Edouard avait un frère plus jeune que lui de trois ans, Richard, ducd’York. Glocester, voulant usurper le trône, les fit enfermer tous deux dans la Tour de Londres, et envoya un sicaire, Tyrrel, qui les assassina la nuit dans leur lit (1483). Il y avait à peine deux mois que ie jeune Édouard avait été proclamé roi. Horace Walpole a cherché à montrer, sinon la fausseté, au moins l’incertitude de cet événement. La fin tragique de ces deux jeunes princes a fourni à Casimir Delavigne le sujet d’une de ses plus belles tragédies : les Enfants d’Edouard.

Édouard vi, fils de Henri VI II et de Jeanne Seymour, né en 1637, fut proclamé roi en 1647, à la mort de son père, sous la régence du comte de Hartford , depuis duc de Somerset , son oncle maternel. Après la mort tragique de celui-ci, il fut confié à lord Dudley, duc de Horthumberland, qui régna réellement sous son nom. Ce fut alors que la réforme, commencée sous Henri VIII, fit les plus grands progrès et prit de la consistance. Le jeune prince fut élevé avec soin dans la nouvelle religion : mais la mod . qui le surprit en 1663, ne lui laissa pas le tempe de faire lui-même beaucoup pour elle (Voy. SOMERSET et DUDLEY.)

Édouard, prince de Galles, surnommé le Prince Noir , d’après la couleur de son armure, né en 1330 d’Édouard III et de Philippine de Hainaut, se distingua fort jeune à la bataille de Crécy, gagnée par son père sur le roi de France Philippe de Valois (1346), et gagna lui-même en 1366 celle de Poitiers, où le roi Jean fut vaincu et fait prisonnier. Son père érigea pour lui la Guyenne en principauté sous le nom de principauté d’Aquitaine, et l’en investit solennellement (1363). Édouard fixa sa résidence à Bordeaux, et y tint une cour vraiment royale; il était aimé et respecté de ses sujets. En 1367, il alla lutter en Espagne contre Du Guesclin en faveur de Pierre-le-Cruel , et remporta la victoire de Najera dans la Navarre. 11 revint de cette expédition avec «ne maladie quile cond ii$i au tombeau, en 1376. «Il

laissa , dit Hume, une mémoire immortalisée par de grands exploits, par de grandes vertus et par une vie sans tache.» Son fils aîné était mort avant lui. Son second fils monta sur le trône sous le nom de Richard II

Édouard de lancastre, prince de Galles, fils unique de Henri VI et de Marguerite d’Anjou, né en 1463, fut forcé de quitter l’Angleterre avec sa mère en 1463, lorsque le parti d York eut triomphé et eut placé la couronne sur la tête d’Edouard IV. Il y rentra en 1471, après avoir épousé la fille du comte de Warwick, autrefois son plus grand ennemi; mais le parti de Lancastre ayant été ruiné à la bataille de Tewksbury, et le jeune prince étant tombé, ainsi que sa mère, dans les mains des vainqueurs, il fut massacré par l’ordre des ducs de Clarence et de Glocester, frères du roi. Shakespeare, dans la 3® partie de sa tragédie d Henri VI, a mis sur la scèno la mort du prince de Galles.

Édouard plantagenet, dernier prince de ce nom, fils de George, duc de Clarence, et d’Isabelle, fille du fameux comte de Warwick, fut fait comte de Warwick par Edouard IV, en mémoire de son aïeul «maternel. Henri Vil étant monté sur le trône etcraijgnant qu’il ne fît valoir ses droits, le fit enfermer à la Tour (1486); puis, ce malheureux prince étant entré dans une conspiration, il le fit décapiter (1499).

Édouard (charles-) , le dernier des Stuarts. Voy. stuart (Charles-Edouard).

Édouard, roi de Portugal, fils de Jean I, lui succéda en 1433, mit de l’ordre dans les finances épuisées par de longues guerres, rétablit la discipline dans les armées et fit des lois somptuaires. Vers l’an 1436, Édouard fit assiéger Tanger en Afrique ; mais son armée fut entièrement défaite, et son frère, l’infant F'erdinand, fait prisonnier par les Maures, mourut dans une longue et dure captivité. En 1438, la peste vint ajouter à ce désastre en portant ses ravages à Lisbonne, et Édouard lui-même ne put échapper à eo terrible fléau; il mourut en 1438, à l’âge de 37 ans. Ce prince protégea lés sciences et les lettres ; il fit avec D. Juan de Regras, célèbre jurisconsulte, un code sur l’administration de la justice.

Édouard de bragance, infant de Portugal* né au commencement du xvn* siècle, était lieutenantgénéral dans les armées de l’empereur Ferdinand 111. Lorsque Jean IV, son frère, eut chassé les Espagnols du Portugal, en 1649, le roi d’Espagne sollicita son arrestation et l’empereur le livra. II fut enfermé au château de Milan et y mourut après huit ans de captivité.

EDOUARD (île du prince-), ou saint-jean , île de l’Amérique septentrionale, dans le golfe Saint- Laurent, au S., à l’0. de l’île du Cap-Breton, par 46° 66’-47° 6’ lat. N. et 64° 5 -66° 36’ long. O.,* 190 kil. sur 66; 12,000 hab. Ch.-lieu, Charlotte-town. Cette île donne son nom à un gouvernement des possessions anglaises dans l’Amérique du Nord, qui comprend , outre l’île du Prince-Edouard , les îles de Cap-Breton et delà Madeleine. — Cette île appartenait jadis aux Français ; elle fut cédée à l’Angleterre avec le Canada.

Édouard (îles du prince-), petit groupe d’îles au S. E. du cap de Bonne-Espérance, par 46° 46’ lat. S., 36° 64’ long. E.

ÉDRED, roi anglais de la dynastie saxonne, succéda à son frère Edmond en 946 ; réprima plusieurs révoltes des Danois, et vainquit Malcolm, roi d’Ëcosse. Il mourut en 956, laissant le trône à son neveu Edwy.

EDRIS , fondateur de la dynastie des Ëdrisites

VoiJ. ÉDRISITES.

ËDRISl ou ËDRISSI (Abou-Abdallah-Mohammed al) , géographe arabe , né vers l’an 1099 de J.-C., à Ceula, était issu de la famille des Ëdrisites. Chassé des domaines qu’il possédait en Afrique , il Tint se réfugier en Sicile ; tt habitait cette île lors-

EDWA — 544 — EGBE

qùe Roger II s’en empara. Il vécut à la cour de ce prince et lui fit présent, vers l’an 1153, d’un globe terrestre en argent de près de 400 livres , sur lequel il avait fait graver tout ce qu’on savait alors de géographie: il fit pour expliquer ce globe un traité de géographie fort complet pour l’époque, mais dont malheureusement nous ne possédons qu’un abrégé. Cet abrégé parut pour la première fois en arabe, à Rome, 1592, et fut traduit en latin sous le titre de Geographia Nubiensis , Paris, 1619. Plusieurs parties ont été publiées à part. M. Amédée Jaubert a publié une traduction complète en français de la Géographie d’Edrisi, Paris, 1837-1839, 2 vol. in-4., avec des notes.

ÉDRIS1TES ou ÉDR1SS1DES, dynastie musulmane qui régna à Fez et dans tout le Maghreb , depuis 785 jusqu’en 919, époque où les Fatimites s’emparèrent de toute l’Afrique septentrionale. Les princes de cette dynastie sont: Edris I (785-793), de la race d’Ali, qui, chassé d’Arabie, vint s’établir à Walily, et fut empoisonné par l’ordre du calife Haroun-al-Raschid Edris II (793-828), qui fonda Fez en 807 ; Mohammed I, Ali, Yahia 1 et II, puis Ali II et Yahia 111 , sous lesquels commença la décadence des Edrisites; et enfin Yahia IV (905-919), qui fut défait par une armée d’Obéid- Allah, l«r calife fatimite, puis chassé de sa capitale, et qui mourut de misère en 944. C’est à ce prince que finit véritablement la dynastie des Edrisites ; cependant on voit encore Haçan 1, son parent, reprendre Fez en 922, mais il périt en 925. Kassem-al-Kenoun résista quelque temps aux Fatimites (932-949). Son fils Ahmed se mit sous la protection des Ommiades et se retira en Espagne où il périt en combattant les Chrétiens (960). Haçan II, le dernier des Edrisites, poursuivi à la fois par les Fatimites et les Ommiades, fut vaincu par ces derniers et conduit à Cordoue où il fut mis à mort (984).

EDSVOLD, ville de Norwége, à 53 kil. N. E. de Christiania; 4,000 hab. Forges. On y exploitait jadis une mine d’or auj. abandonnée.

ÉDUENS, Ædui, peuple gaulois , compris après la conquête dans la Lyonnaise lre , habitait au S. des Lingones et à l’O. de la Grande-Séquanaise ; leur pays répondait à une partie du Nivernais et de la Bourgogne; c’était, avec les Arverni , le peuple le plus puissant de la Gaule. Bïbracte (auj. Autun) était leur capitale. Ils étaient régis par un chef électif dit vergobrei. Les Romains firent alliance avec eux, et le sénat les proclama frères de la république. Rome profita de la rivalité qui divisait les Eduens et les Arvernes pour intervenir dans les affaires de la Gaule et l’asservir plus facilement, 57 ans av. J.-C. Mais les Eduens se lassèrent bientôt des secours des Romains, et en 51 ds prirent part à l’insurrection de Vercingétorix. César les soumit avec le reste de la Gaule. Voy. DIVITIAC et DUMNORIX.

EDWARDS (Jonathan), théologien et métaphysicien américain, né en 1703 dans le Connecticut, remplit les fonctions de pasteur à Northampton , se fit destituer en 1750 à cause de son extrême .'igidité , fut missionnaire à Stockbridge, devint en 757 président du collège de New-Jersey, et mourut peu après, en 1758. Il a laissé, outre plusieurs ouvrages de controverse, des Recherches sur l’idée de liberté , 1754 , où il prend la défense de la nécessité, et un Essai sur les affections religieuses. — Son fils, nommé aussi Jonathan, a traité le même sujet, etaécrit sur la langue des Indiens. — Les œuvres du théologien Jonalhan Edwards ont été publiées à Londres, 1817, 8 vol. in-8, et plus récemment ( 1838), en 2 vol. in-8 compactes, avec un Essai sur ses écrits par Rogers , et une Notice sur sa vie , par E. Dwight.

kdwabds fGeorge\ naturaliste anglais, bibliothé¬

caire du collège des médecins, membre de la Société royale de Londres, né en 1693, à Westham (Essex), mort en 1773 , avait visité la Hollande, la Norwége e: la France , et composa un ouvrage d’ornithologie que les naturalistes consultent encore aujourd’hui : c’est l 'Histoire naturelle d’oiseaux peu communs , etc. , 4 vol. in-4 , contenant 210 planches coloriées, anglais-français, 1743-51. Il a donné une continuation de cette histoire sous le titre de Glanures d'histoire naturelle , traduit également en français, 1758-63, 3 vol. in-4. Il règne dans tous ses écrits un esprit religieux qui les rend fort recommandables.

edwards (bryan) , écrivain anglais , membre du parlement et de la Société royale de Londres , né en 1743 , mort en 1800, habita longtemps la Jamaïque, combattit vivement, soit dans les îles, soit au parlement, les propositions de Wilberforce pour l’abolition de la traite des nègres. On a de lui : Histoire civile et commerciale des colonies anglaises dans les Indes occidentales , Londres, 2 vol. in-4, 1793 et 1801, 3 vol. in-8.

EDWY, roi d’Angleterre de la dynastie saxonne, fils d’Edmond I, succéda à son oncle Edred en 955. Il se fit de puissants ennemis en disgraciant les serviteur-s du feu roi, et encourut les censures du clergé par sa passion pour une femme nommée Elgiva ou Ethelgive, sa parente, qu’il avait épousée malgré les canons de l’église, ou qui, selon d autres, n’était que sa maîtresse. Ellelui fut enlevée, et il se vit lui-même dépossédé des provinces du Nord qui furent données à Ëdgard, son frère. Accablé par ces malheurs, Edwj mourut de chagrin (957).

EECLOO, ville de Belgique (Flandre orientale), ch.-l. d’arrond., à 1 7 kil. N. O. de Gand ; 6,500 hab. Toiles, dentelles, etc.

EEDE, ville de Hollande (Gueldre), à 17 kil. N. 0. d’Arnheim; 5,200 hab.

ÉËTÈS , roi de Colchide , était fils du Soleil et de Persa, frère de Circé , et père d’Absyrte et de Médée. 11 régnait du temps de l’expédition de Jason, et fut tué dans un combat sur le Pont-Euxin.

EFAT, province de l’état d’Ankober (Abyssinie). Voy. ajvkober.

EFFEN, littérateur hollandais. Voy. van EFFEN.

EFFENDI, mot turc que l’on fait dériver d’un mot de la basse grécité, authentès , c.-à-d. seigneur, maître. 11 sert à désigner les gens de loi, les fonctionnaires civils, les savants, les ministres du culte; il se place à la suite d’un nom propre ou même du nom de la profession : c’est ainsi que le premier médecin du sultan est appelé hakem-effendi ; le chef de la justice, reis-effendi , etc

EFFIAT (A nt.coiFFiER-RuzÉ, marquis d’), maréchal de France, né en 1581, se distingua en 1617 àl’attaq.de La Rochelle, fut envoyé en Angleterre comme ambassadeur extraordinaire pour négocier le mariage de Henriette de France avec Charles (I) (1624); fut, peu après son retour, nommé surintendant des finances, et administra avec beaucoup de sagesse. Envoyé en Piémont, il se signala à la bataille de Carignan (1630), et fut fait l’année suivante maréchal de France. Il marchait en 1632 sur l’électoral de Trêves à la tête d'une armée, lorsqu’il mourut en Lorraine d’une fièvre inflammatoire. Le marquis d’Effiat était père du malheureux Cinq-Mars. Il a laissé des Mémoires sur les guerres et les affaires du temps.

EGADES ou EGUSES, Ægates ou Ægusœ insulce, trois îles voisines de la côte O. de la Sicile, et célèbres par la victoire qu’y remporta Lutatius l’an 242 av. J.-C. sur les Carthaginois. On les nomme auj. Levanzo. Favignatia, Maretimo.

EGBERT, d’abord roi de Wessex, puis de toute l’Angleterre, descendait de Cerdic, un des premiers rois saxons de l’Heptarchie. Dans sa jeunesse il se

ÉGÏA

retira à la cour de Charlemagne pour éviter les pièges que lui tendait Brithric, usurpateur du trône de Wessex. Mais après la mort de cet homme (799), il revint dans sa patrie et en fut reconnu roi. Ue cette époque à l’année 827 il parvint à réunir sous sa puissance tous les états de l’Heptarchie, dont l'étendue était à peu près la même que celle de l’Angleterre actuelle. Il prit alors le titre de roi d’Angleterre, et mourut en 836.

EGEDESMINDE, colonie danoise dans le Groenland occidental, par 68° lat. N., comprend plusieurs îles, dont la plus importante est celle des Renards. Pêche abondante ; commerce de fourrures et d’édredon.

EGEE, Ægeus, roi d’Athènes, fils de Pandion et père de Thésée, régna de 1361 à 1323 av. J.-C. Il lit la guerre à Minos, et ayant été vaincu, fut contraint à lui payer tous les ans un tribut de 7 jeunes garçons et 7 jeunes filles que devait dévorer le Minotaure. Thésée délivra Athènes de cet odieux tribut; mais pendant que le héros revenait triomphant, Egée, trompé par l’absence du signal qui devait annoncer son retour, crut que son fils avait été dévoré par le Minotaure, et il se précipita de désespoir dans cette partie de la mer qui depuis se nomma mer Égée.

ÉGÉE (mer), Ægeum mare, auj. Y Archipel, golfe de la Méditerranée, entre la côte E. de la péninsule grecque, la côte O. de l’Asie-Mineure, la Tlirace et l’île de Crète, dut son nom au suicide d’Égée, qui s’y noya de désespoir.

ËGER, Ei la u en allemand, Agria en latin moderne, Jager en esclavon , ville de Hongrie, ch.-l. du comté de Hevesch, à 108 kil. N. E. de Bude, par 18° long. E., 48° lat. N.; 18,000 hab. Archevêché, université, observatoire, biblioth. publique ; quelques édifices. Bons vins. Les Mongols la saccagèrent en 1256. Elle soutint en 1552 un siège célébré contre les Turcs; en 1596, elle fut prise par eux, et après la paix de 1606, elle appartint tantôt à la Turquie, tantôt aux princes de Transylvanie.

eger ou egra , riv. d’Allemagne , naît en Bavière, dans le cercle de Bayreuth , entre dans la Bohême, traverse le district d’Eger , les cercles d’Elnbogen et de Saalz et se jette dans l’Elbe après 200 kil. de cours.

eger ou egra, en tchèque Chebbt. ville de Bohème, ch.-l, de Cercle, sur l’Eger, à 42 k. 0. de Prague; 9,500 h. Indust. Houille; grenat.Eaux salines renommées. Sur la place du Marché est la maison où Wallenstein fut massacré, en 1 634. Le marée, de Belle- Isle prit cette v. en 1.742 et la rendit l’année suivan te.

eger, riv. de France (B. -Rhin), arrose Obernai et Geispolzheira, reçoit la Mogel qui passe à Rosheim, et tombe dans 1111.

EGERIE, nymphe révérée des Romains comme déesse des fontaines, habitait le bois d Aride. Numa Pompilius, voulant adoucir les mœurs de son peuple encore sauvage, s’enfonçait dans un bois voisin de Rome, sous prétexte de consulter cette nymphe, ■tour donner à ses desseins l’autorité de la religion. Selon Ovide, Egérie était une jeune femme que Numa épousa, et avec laquelle il partagea les soins lu gouvernement. On voit encore aujourd hui près le l’ancienne porte Capène, dans le vallon de la daffarella, la grotte et la fontaine d’Egérie.

EGERTON (Thomas). Vog. bridgewater.

EGES, Ægœ , nom de plusieurs villes grecques, situées : en Achaïe, sur le golfe de Corinthe ; — en Macédoine (Emathie); — en Cilicie , sur le golfe d’issus • — en Eolie, au S. O, de Cumes.

EGESTE, ville de Sicile. Vog. ségeste.

ÉGIALÉE, nom commun à plusieurs îles et villes maritimes de l’antiquité. 11 s’appliquait plus spécialement à l’ Achaïe, comme étant située sur e bord de la mer (en grec œgialê).

EGIS

EGIALÉE, Ægia/eus , premier roi de Sicyone, régna de J 835 à 1 783 av. J .-C. — Filsd’Adraste, et l’un des Epigones, périt devant Thèbes. Voy. epigones.

égialée, Ægialea , tille d’Adrasfe, roi d’Argos, femme de Diomède, est célèbre par la passion furieuse que lui inspira Vénus, irritée d’avoir été blessée par son époux devant Troie.

EGIDE (d 'aix, aigos, chèvre) , bouclier donné par Jupiter à Pallas, était couvert de la peau de la chèvre Amalthée, et portait au milieu la tête de Méduse.

EGID1US. Voy. ægidius, cilles et colonna.

EG1NARD. Voy. eginhard.

ËG1NE, Ægina, auj. Engia ou Engina, île et ville de la mer Egée, entre l’Argolide et l’Altique, dans le golfe Saronique, fut ainsi nommée, dit-on, de la nymphe Egine, dont le fils Laque régna sur cette île, fut peuplée par des Myrmidons, puis conquise parles Doriens, eut une marine puissantedès le vne s. av. J.-C., se soumit aux Perses en 490, mais les combattit vaillamment à Salamine et à Mycale (480- 479). Les Athéniens s’en emparèrent vers 457; mais elle recouvra sa liberté pendant la guerre du Péloponèse, après la bataille d’Ægospotamos, et Athènes lit en vain diverses tentatives pour y rétablir solidement sa domination. Les Eginètes passent pour avoir été les inventeurs de la monnaie; ils travaillaient le bronze avec une grande supériorité. Ils employaient dans leurs comptes un talent d’une valeur particulière, connu sous le nom de talent d'Égine, et qui valait 100 mines ou 10,000 drachmes (environ 9,000 francs de notre monnaie). Ils étaient fort habiles dans les exercices du corps, et remportèrent un grand nombre de victoires dans les jeux publics de la Grèce. On admire encore aujourd’hui les ruines magnifiques du temple de Jupiter qui décorait la ville d’Egine.

EG1NÈTE ou PAUL d’Égine. Voy. paul.

EGINHARD, secrétaire de Charlemagne, avait été élevé à la cour de ce prince avec les princes de sa famille par Alcuin. Il jouit de toute la confiance de l’empereur, fut surintendant des bâliments, et fut chargé après sa mort de l’éducation de Lothaire, fils de Louis-le-Débonnaire. 11 se retira de la cour vers 816 pour vivre dans un monastère où il mourut vers 839. On a de lui deux ouvrages précieux- Vita et gesia Caroli Magni, imprimé à Cologne, 1521, Utrecht, 17 11 , etc., traduit en français par Denis, Paris, 1812; Annales requm Francorurn , 741 — 829. et 62 Lettres. Teuleta donné ses OKuv ., 1 843 et 1856. — On raconte qu’ Eginhard conçut une vive passion pour une fille de Charlemagne, nommée Emma, qu’il eut avec elle plusieurs aventures romanesques, et qu’il finit par obtenir sa main; mais tout ce récit paraît n être qu’une fable. Voy. erbach.

EGISHE1M, ville de France (H. -Rhin), auprès de Colmar, fondée au xme siècle, fut la patrie du pape Léon IX. Elle a deux châteaux, l’pn dans son enceinte (il remonte au vme siècle), l’autre sur le mont qui domine la ville. — Les comtes d’Egisheim descendaient du comte d’Alsace Ettiehon. Héritière du comté de Daho, la mère du pape Léon IX porta cet alleu dans la maison d’Egisheim. Mais les Egisheim s’éteignirent à leur tour (1144), et leurs terres, après avoir passé aux 2e et 3e maisons de Dabo, tombèrent, après l’extinction de celle-ci (1225), à la maison de Ferrette (1251) sauf le château même d’Egisheim.

EGIST11 E, fils incestueux de Thveste et de sa propre fille Pélopée, fut ainsi nommé parce qu’il avait été nourri par une chèvre (aix, aigos en grec) ; il tua Atrée, son oncle, et usurpa le trône avec Thyeste; Agamemnon, petit-fils d’Atrée et héritier légitime de la couronne, lechassadu trône, mais il lui laissa la vie, et même, en partant pour le siège de Troie, il lui confia le gouvernement de ses États. L’ingrat Ëgisthe séduisit Clytemnestre, femme du roi, assas-

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