‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 334 sur 1261 · II · texte numérisé non relu

II

EGLÏ — 5

sina le roi lui-même à son retour, et régna pendant aplatis ; enfin Oreste, filsd’Agamemnon, que sa sœur Électre avait fait échapper du palais paternel au moment du meurtre de son père, revint à Argos lorsqu'il fut devenu grand, et tua Egisthe en môme temps que sa propre mère Clytemnestre.

EGLETONS, ch.-l. de cant. (Corrèze), à 27 kil. N. E. de Tulle; 1,200 hab.

ÉGLISE. Voy. christi an isme, latine (ég.)et papes.

ÉGLISE GRECQUE, NESTORIENNE, etc. VoiJ. le mot qui suit église.

EGLISE (état de l’), dit aussi État ecclésiastique, État du pape , États romains , en italien Stato délia Chiesa, Stati ponlifici ou Stati romani , état principal de l'Italie centrale, compris entre 41° lô’-45° lat. N., et 8° 25’- lt° 35’ long. E., a pour bornes nu N. le roy. Lombard-Vénitien, au N. E. la mer Adriatique, au S. E. le roy. des Deux-Sieiles, au S. O. la mer Méditerranée, et à l’O. le grand-duché de Toscane et le duché de Modène. Dans sa plus grande étendue, il a du N. au S. 422 kil.. et de 10. al’E. 210 kil.; popul., 3, 124,068 h. en 1854, dont en?. 15,000 Juifs. Capitale, Rome. Depuis 1832, l’Etat de l’Église est partagé en 21 provinces, dont G gouvernées par des légats (légations), 13 par des vice-légats (délégations) , un commissariat et une comarque. Toutes ces provinces portent le nom de leurs chefslieux. En voici les noms :

Légations.

Orvieto,

Velletri,

Rieti,

Urbin-et-Pesaro,

Spolète,

Forli,

Pérouse,

Ravenne,

Camerino,

Bologne,

Macerata,

Ferrare.

Fermo,

Délégations.

Ascoli,

Frosinone,

Ancône.

Bénévent (enclave du

Commissariat.

roy. des Deux-Siciles),

Lorète.

Civita-Vecchia,

Comarque.

Vilerbe,

Rome.

État de l’Église est traversé par le Tibn

norné au N. par le Pô. Les autres fleuves qui l’arrosent ont un cours très borné ; ce sont la Maria, la F iora, qui se jettent dans la Méditerranée; la Chiana, le Velino, le Teverone, affluents du Tibre ; le Silaro, l’Esino, le Metauro, la Potenza, le Tronto, tributaires de l’Adriatique. La surface de la contrée est généralement montagneuse; la chaîne de l’Apennin central traverse les États romains dans toute leur longueur et y donne naissance au Sub- Apennin romain, qui prend naissance sur les frontières du roy. de Sicile, et s’étend jusqu’au cap Circco. Au N., dans les légations de Bologne et de Ferrare, les terrains sont bas, humides cl couverts de iagunos et de marais; au S. s’étendent aussi le3 marais Pontins, qu’on a jusqu’ici tenté vainement de dessécher. Le climat est extrêmement doux, l’air est généralement sain en hiver; mais en été et surtout sur les côtes méridionales où règne le sirocco, on est souvent exposé à des maladies contagieuses produites par les exhalaisons méphitiques qui s’échappent des marais. Le sol est d’une très grande fertilité; on y cultive le blé, l’orge, le maïs et le riz, mais l’agriculture est arriérée ; la vigne et l’olivier y croissent en abondance ; l’oranger, le citronnier, le grenadier, le pistachier, le figuier, etc., y sont communs. Les pâturages sont nombreux et nourrissent des chevaux, des moutons et des bœufs d’une taille extraordinaire. L’industrie est peu active et le commerce languissant. — Le gouvernement des États de l’Eglise est monarchique et électif. Le pape est le seul chef de l’état; son pouvoir est absolu tant au spirituel qu’au temporel. Les forces militaires ne s’élèvent pas à plus de 9,000 hommes. Les revenus peuvent être évalués à 29,000,000 de fr.

S G — EGLG

Les États de l’Église se sont formés d’accroissements successifs et se sont étendus avec le pouvoir temporel des papes. Jusqu'au vin® siècle, les papes évêques de Borne en même temps que chefs de toute la chrétienté, paraissent n'avoir eu qu'une autorité spirituelle. On date leur autorité temporelle du pontificat de Grégoire III, qui se rendit indépendant dans Rome, abandonnée par les Emp. d’Orient. Pepinle- Bref, vainqueur des Lombards, fit donat ion au pape Étienne 11 de l’exarchat de Ravenne et de la Pontapole (755). Charlemagne y ajouta le Pérugin et le duché de Spolète (774). L’empereur Henri III céda au pape en 1053 le duché de Bénévent. Par une donation célèbre de l’an 1077, la comtesse Mathilde, souveraine de la Toscane, ajouta aux Étals de l’Eglise les villes de Bolsena, Bagnara, Montefiascone, Viterbe, Civita-Castellana , Civita-Vecchia , Corneto, Bracciano , etc., qui formèrent le Patrimoine de Saint-Pierre. Toutefois, les papes ne jouirent pas sans contestation de ces possessions. A différentes époques, les empereurs d’Allemagne prétendirent exercer sur Rome et sur tous les Etats ecclésiastiques un droit de suzeraineté; quelques-uns même chassèrent les papes de Home ou les nommèrent à leur gré, et les réduisirent à une sorte de vasselagc {Voy. othon 1, henri III, etc.). Innocent III fit disparaître les dernières traces de dépendance en se faisant rendre hommage par le préfet de Rome, qui jusque-là avait été nommé par l’empereur (1 198), En 1274, Grégoire X obtint du ro.i de France lecorntat Venaissin; la ville d’Avignon y fut jointe en 1348, Clément VI l’ayant achetée de la comtesse de Provence, Jeanne de Sicile. Pendant le séjour des papes à Avignon (1309-77), Rome s’érigea un instant en république (1347), et l'autorité temporelle du pape fut quelque temps nulleen Italie. Le légatAibornozia rétablit au nom d’innocent VI (1353 65), mais ce ne fut d abord une nominalement ; presque toutes les villes étaient devenues de petites principautés appartenant chacune à une famjlle. Ainsi les Alidosi régnaient à ïmola, lesMalatesta à Rimini, lesMontefeltri àUrbin ; Bologne était restée république. Ces divers pays ne furent réunis que successivement et après diverses révolutions : Citta-di-Castello en 1502, Ïmola, Faenza , Forli, Rimini, en 1509 , Rologn en 1513 , Pérouse en 1520, Camerino en 1538, ferrare et Comacchio en 1598 , le duché d’Urbin en 1626, etc. L’Etat ecclésiastique perdit Avignon et le Comtal en 1791, et la paix dcTolentino, en ratifiant la cession de ces pays à la France, donna à la république Cisalpine Bologne, Ferrare, la Romagne (1797). En 1798, le reste de l’Etal pontifical fut érigé en république romaine, mais dès 1799 le gouvernement papal fut relevé : la paix de Lunéville en 1801 rétablit les stipulations de Tolentino. Bonaparte, en 1808, par deux décrets, réunit au roy. d’Italie (qui n’était que l’ancienne république Cisalpine agrandie) le? provinces situées sur l’Adriatique, età l’empire français toutes les autres. La paix de Paris de 1814 a rendu aux papes toutes leurs possessions, moins Avignon et le Comtat. Les États de l’Église furent alors divisés en 10 parties : 1° cinq légations, Bologne, Urbin, la Romagne, Ferrare, Avignon ; 2° cinq terri -toires, le Pérugin, l’Orviétan, le Patrimoine de saint Pierre, la Campagne de Rome, la Sabine; 3° pays titrés, le duché de Spolète, le duché de Castro et comté de Ronciglione, le duché de Bénévent, la marche d’Ancône ; 4° le gouv. de Citta-di-Castello. Cette div. a fait place en 1832 à la div. actuelle

En 1848, le cahne dont jouissait l’État de l’Église fut troublé par des agitateurs qui proclamèrent la République : dès l’année suiv., l’ordre fut rétabli et Pie IX put rentrer dans ses droits. Voy. rome et pape. * ÉGLON , roi des Moabites, asservit les Israélites pendant 18 ans (1345-1327 av. J.-C., ou 1594-1.496 suiv. l 'Art de vérifier les dates). 11 fut tué par Àod*

EGRÏ

EGYP

ÉGLY (monthenault d’ ), littérateur français, de l’Académie des Inscriptions, né à Paris en 1696, mort en 1749 , avait d’abord exercé la profession d’avocat. 11 a écrit 1 Histoire des rois de Sicile de la maison de Bourdon, Paris, 1741,4 vol. in— 1 2, et a traduit du grec les Amours de Cliiophon et de Leucippe , Paris, 1734, in— 1 2, et du latin la Callipé die de Claude Quillet, Paris, 1749, in-8.

EGMONT, village de Hollande (Hollande septentrionale), i 8 kil. O. d’Alkmaër. On voyait jadis aux environs une abbaye de l’ordre de Saint-Benoît, fondée en 923 par Thierry 11, comte do Hollande, et un château fort qui adonné son nom aux seigneurs d Egmont. Cette place fut détruite par les insurgés des Pays-Bas, pour se venger de Philippe, comte d’Egmout (fils de Lamoral) ,qui avait embrassé le parti du duc d’Albe. Combat des F rançais et des Russes, 1799.

egmont , port sur la côte septentrionale de i’île Ialkland occidentale, une des Malouines, par 61° 21 lat. S. , 02° 26’ long. O. Il a été découvert en 1765 par le commodore Byron, qui lui donna le nom de lord Egmont , qui à cette époque était premier lord de l'amirauté.

EGMONT (maison d’) , ancienne et illustre famille des Pays-Bas, dont les chefs étaient jadis avoués de l'abbaye d’ Egmont. Eile remonte à Berwold d’Egmont, qui vivait à la fin du xi® siècle. Les seigneurs d' Egmont, ayant acquis le comté de Buren en 1472, se divisèrent en deux lignes qui s’éteignirent, la lre, ou la branche aanée, en 1707; la 2* ou Egmont-Buren, vers 1550. Arnoul, Adolphe et Charles d’Egmont, de la branche aînée, régnèrent sur le duché de Gueldre (avec diverses interruptions) de 1423 à 1538. Les seigneuries d’Egmont et de Buren avaient été érigées en comtés, la lre en 1486, la 2« en 1492.

egmont (Charles d’), duc de Gueldre, né en 1467 du duc Adolphe, eut à combattre les prétentions de la maison d’Autriche sur le duché de Gueldre que Renaud IV, duc de Gueldre, avait légué à Arnoul, comte d’Egmont (1423). En 1492, Egmont se fit reconnaître à Nimègue par les principaux seigneurs. Il résista avec avantage à plusieurs attaques de l’empereur Maximilien, et en 1507, profilant de la mort de l’archiduc Philippe , il se jeta sur le Brabant et s’empara de plusieurs villes. Malgré les succès qu’il obtint pendant plusieurs années , il se vit contraint en 1528 à faire hommage à l’empereur pour le duché de Gueldre. En 1538 ce duché se donna au duc de Clèves , et Charles d’Egmont en mourut de douleur la même année.

egmont (lamoral, comte d’), un des principaux seigneurs des Pays-Bas, issu de la famille des ducs de Gueldre, né en 1522, fut nommé général de cavalerie sous Philippe II , et se couvrit de gloire aux célèbres batailles de Saint-Quentin, en 1557, et de Gravelines, en 1558. Lors des troubles qui éclatèrent peu après dans les Pays-Bas pour secouer le joug des Espagnols, d’Egmont voulut contribuer à l’affranchissement de sa patrie et entretint des liaisons avec le prince d’Orange et les confédérés. Le duc d’Albe, gouverneur de ces contrées pour Philippe II, en ayant été instruit, le fit jeter en prison, et 9 mois après lui fit trancher la tète (1568), malgré les prières de l’empereur Maximilinn et de plusieurs états de Hollande. Sa mort fut suivie d’une révolte générale et d’une longue guerre qui ravit pour jamais les Provinces - Unies à l’Espagne. Sa fin tragique a fourni à Goethe le sujet d un de ses meilleurs drames.

EGRA, ville de Bohême. Voy. eger.

EGR1BO ou EGR1PO, Euripos des Grecs, petit détroit de la Turquie d’Europe, sépare Négrepont du continent. — On donne quelquefois le nom u Egribo à l’île et à la ville de Négrepont ; cette dernière est l’ancienne Chalcis.

EGRISOU-DAGH, Orbelus, montagne delà Tufr> quie d’Europe, entre la Roumélie et la Bulgarie, dans le sandjak de Ghiustendil. Elle fait partie de la chaîne du Balkan et se dirige du N. E. au S. O.

EGUZON, ch.-l. de canton (Indre), à 43 kil. S. de Châleauroux; 1,000 hab.

ËGYPTE, Ægyptus en latin, Misraïm des Hébreux, Masr des Arabes, Chemi des Coptes, Etkhabit des Turcs, vaste contrée de l’Afrique, au N. E., entre 23® 23*-31® 37’ lat. N., et 22® 10 -33® 2<’ long. E., est bornée au S. par la Nubie, à l’O. par le grand désert de Libye , au N. par la Méditerranée, à l’E. par la mer kouge, et forme une grande province de l’empire ottoman , qui ne dépend que nominalement du sultan. Étendue, 880 kil. du N. au S. sur 500 de l’O. à l’E.; population, 3,000,000 d’hab. environ. Capitale, le Caire. Autres villes principales ; Alexandrie, Damiette, Cosséir, Suez, Djyzeh, Syout, etc. — L’Égypte est naturellement divisée en trois grandes régions : la Basse-Égypte ou Bahari ( Delta des anciens), voisine de la Méditerranée ; la Moyenne-Égypte ou Ouesianieh [Hep~ tanomide ), au centre; la Haute-Égypte ou Sait 1 ( Thébaïde ) , au sud. Sous le rapport administratif, l’Egypte sedivise actuellement en 25prov.quipourla plupart prennent le nom de leur chef-lieu ; ce sont •• Provinces. Chefs-lieux.

Basse-Égypte.

Le Caire,

Kélyoub,

Belbeys ou Charqiéh, Chibeh,

Mit-camar,

Mansourah,

Damiette,

Garbieh,

Tantah,

Melyg,

Menouf,

Negyleh,

Fouah,

Damanhourou Bahyreh, Alexandrie,

Djyzeh,

Atfieh,

Benysoueyf,

Fayoum,

Minyeh,

Monfalout,

Le Caire.

Kélyoub.

Belbeys.

Chibeh.

Mit-camar.

Mansourah.

Damiette.

Mehallet-el-Kébir.

Tantah.

Melyg.

Menouf Negyleh.

Fouah.

Damanhour.

Alexandrie(Iskanderieh).

Moyenne-Égypte Djyzeh.

Atfieh.

Benysoueyf.

Medinet-el-Fayoum.

Minyeh-ebn-Khasim.

Monfalout.

Haute-Égypte.

Syout.

Djirjeh.

Keneh Esné,

A ces prov. il faut joindre comme dépendances de l’Égypte, ou du moins comme possessions du pacha actuel (.1840) : en Afrique, les déserts semés d’oasis qui s’étendent à droite et à gauche de l’Égypte propre, et qui sont désignés sous les noms de Contrée orient, et Contrée occid., la Nubie, le Kordofan, l’Abyssinie; en Asie, la Syrie, Adana, Chypre, Candie, (rendues à la Porte en 1841); La Mecque, Dieddah, etc., dans le grand chérifat de La Mecque, Akaba dans l’Arabie Pétrée, et Derreyeh dans le Nedjed.

La surface de l’Égypte est en partie montagneuse et en partie plate; le Nil, qui est le seul fleuve du pays, la traverse du S. au N ; dans la Haute et la Moyenne-Egypte, ce fleuve coule dans une étroite vallée limitée àl’E. par la chaîne arabique, et à l’O. par la chaîne libyquc. La Basse-Egypte est tout à fait plate ; elle est entrecoupée par les nombreux bras du Nil et par plusieurs canaux dont les principaux sont ceux de Mahmoudyeh (d'Alexandrie à Rahmanieh), de Scander et de Joseph. Le climat | de l’Égypte est très chaud; il n’y pleut jamais. On

Syout, Djirjeh, Keneh, Esné,

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n’y connaît qae deux saisons : le printemps, de novembre en février, et l’été, qui dure le reste de l’année. L’air y est extrêmement sec; le vent du désert y exerce de très grands ravages, ainsi que ta peste, la petite vérole et les fièvres inflammatoires. Les oplithalmies y sont très fréquentes. — Le sol de l'Egypte n’est fertile que dans la vallée du Nil ; le reste est un vaste désert de sable. La fertilité de la vallée elle-même dépend de l’inondation régulière du Nil, qui a lieu entre le solstice d’été et l'équinoxe. Mais d’un autre côté, si la crue s’opère dans les conditions convenables , la récolte est d’une abondance et d’une richesse extraordinaires. On récolte le mais , le blé, le riz, le millet les légumes de toute espèce, le coton, l'indigo, le lin, le chanvre, etc.; on y élève de nombreux troupeaux de chameaux, de mulets, dànes, de chevaux, et une grande quantité de volailles. On y trouve des lions, des hyènes et des chakals; les hippopotames et les crocodiles, autrefois très communs, y sont aujourd’hui fort rares. L’Égypte a peu de mines; mais on y trouve des carrières de marbre et de porphyre et beaucoup de natron. — L'industrie manufacturière, longtemps inconnue, commence à se développer, grâce aux efforts du pacha actuel, Méhémel- Àli , qui s’est réservé le monopole de l’industrie générale et du commerce. 11 a établi dans les principales villes des forges, des fonderies, des filatures, des raffineries, etc.; il a fait d’Alexandrie /'entrepôt de toutes les denrées et de toutes les productions de l’Afrique centrale, de l’Arabie et de l’Inde. — La population de l’Égypte est très mêlée; les Arabes et les Coptes, reste des anciens indigènes, en forment la plus grande partie : ceux-ci et les Arabes paysans sont compris sous le nom de Fellahs. Ensuite viennent les Turcs, qui, avec quelques Arabes, gouvernent le pays, puisdes Arméniens, des.' aifs, des nègres; enfin on y trouve aujourd'hui un assez bon nombre d’Européens. \’arabe est la langue dominante en Égypte, mais le turc et la langue franque y sont fort en usage ; le copte n’y est plus parlé. Le mahométisme est la religion de l’état: mais les autres cultes y sont tolérés. Le gouvernement est confié à un pacha (Méhémet-Ali), qui reconnaît la suzeraineté de la Porte, mais dont l’autorité est réellement absolue. Les provinces sont administrées par des préfets nommés mamours. Les revenus de l’Égypte s’élèvent à 60,000,000 de francs, 1 armée de terre compte 200,000 hommes fen 1840).

Égypte ancienne. Chez les anciens, le nom d’Égypte ne s’appliquait, à proprement parler, qu’à la vallée du Nil. La partie située à l’E. était considérée comme une dépendance de l’Asie, et était quelquefois appelée Arabie égyptienne , et la partie située à 10. était une dépendance de la Libye. Quant à l’Égypte propre, elle fut partagée par Sésostris en 36 nomes ou piosch , dont 26 dans l'Égypte méridionale, qui se nommait alors le Maris, et 10 dans l’Égypte septentrionale ou Tsahet. Les Grecs acceptèrent celte division, mais portèrent à 40 le nombre des nomes; ils en comptaient 17 dans la Thé baïde ou Ilaute-Êgyple (depuis Svène au S. jusqu’à Cuses au N.), 7 dans Y Uepianomide ou Moyenne- Egypte (depuis Cuses au S. jusqu'à Memphis au N.) et 16 dans le Delta ou Basse- Égypte(le Delta des Grecs répond au Tsahet de Sésostris. et la Thébaïde, jointe à l'Heptanomide, répond au Maris). Voici disposés parallèlement les noms des nomes de l’Egypte, d’après les Égyptiens et d’après les Grecs:

Suivant les Égyptiens. Suivant les Grecs.

Thébaïde

Ombos.

Apollinopolite.

Latopolite.

Hermonthile.

Thébain.

Maris.

Ambo,

Albo,

Sné,

Ermonth,

Amoun.

Phatouri,

Phaturite ou Tathyrite.

Keft,

Coptos.

Tenthori,

Tentyrite.

Hô,

Diospolite.

Abydos

Psoï,

Ptolémaïle.

Schmin ou Chemmis,

Panopolite.

Atbo,

Aphroditopolite

Tkoou,

Antæopolite.

Schotp,

Sioout,

Ouahé Psoï,

Hypsélile.

Lycopolitc.

Grande-Oasis.

Uepianomide.

Schmoun, j

Touho,

Hermopolite.

Kaïs,

Cynopolite.

Pemsjé,

Oxyrinchite.

Hnès,

Heraclæopolite.

Piom,

Crocodilopolite.

Tpih,

Aphroditopolite.

Memfi,

Memphite.

Tsahet.

Délia.

Pharbaït,

Pharbétite.

Léontopolite.

Sjani,

Tanite.

Schmoun-an-Erman,

Mendésien.

Pschati,

Prosopite.

Nimeschoti ou Sjem-

r Sébennyte inférieur.

nouli,

L Sébennyte supérieur.

Ounouphi,

Onuphite

Pousiri,

Busirite.

Xoïle.

Phtembouthite.

Saï,

Saïte.

Naucratile.

Chbehs,

Cabasite.

Métélite.

Pténato, Phthénotès.

Pour compléter la division de l’Égypte, il faut ajouter aux 36 nomes égyptiens la Tiarabia ou Arabie égyptienne, divisée elle-même en 5 nomes (On, Athribi, Poubasti, Tiarabia propre et Sariom), et le Niphaïat ou Libye égyptienne, dont on ignore la division. — De même, aux 40 nomes grecs, nous ajouterons les deux contrées situées, l’une àl’E. du Delta jusqu’à Rhinocolure, l’autre à 10. jusqu’à Parælonium. Elles se divisaient en 13 nomes, 6 àl’E. (Héliopolite, Athribite, Bubastite, Phagroriopolite, Séthréite, Iléroopolite), et 7 à 10. (Létopolite, Gynæcopolite, Andropolite, Momemphite, Heracléotis, Libyque et Nitriotis). — Sous la domination des Perses, l’Égypte fut comprise par Darius dans la quatrième satrapie. Darius conserva l’ancienne division en nomes, ainsi que les Ptolémées et les premiers empereurs romains; mais au iv* siècle, l’Egypte forma un diocèse divisé en 6 provinces : la Libye supérieure au N. O., ch.-l., Cyrène; la Libye inférieure à l’O., ch.-l., Parætonium ; l’Égypte proprement dite au N., ch.-l., Alexandrie; l’Augustamnique au N. E., ch.-l., Péluse; l'Arcadie égyptienne au centre, et la Thébaïde au S., ch.-l., Thèbes.

La religion des anciens Égyptiens est une sorte de panthéisme dans lequel toutes les forces de la nature sont personnifiées et divinisées. Voici sommairement dans quel ordre sont disposées les principales divinités de l’Egypte. Au-dessus de tous les dieux se place un dieu sans nom, éternel, infini, et qui est la source de toutes choses. Au-dessous de iui viennent sept dieux supercélestes : 1° Knef ou Amoun ( YAmmon grec), le créateur, qui a pour emblème u n disque(celui du soleiflet des cornes de bélier; 2° la Matière ou limon primitif ( Bouto ), sous la forme d'une sphère ou d’un œuf; 3° Neith ( Athéné ou Minerve des Grecs) ou la pensée lumière qui renferme le germe de toutes choses ; 4° Fta , le dieu du feu et de la vie . représentant le principe

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