‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 430 sur 1261 · GERM · texte numérisé non relu

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pacifiques, mais du moins ils connaissaient l’agricul ture; ils avaient des demeures fixes, bien qu’ils détestassentles villes ; ils avaient des usages qui pour eux étaient en quelque sorte un code oral ; ils se groupaient autour de chefs de leur choix pour de grandes expéditions; ils obéissaient la plupart à des rois héréditaires, mais ils n’en avaient pas moins une sorte d’aristocratie dans le conseil des grands et des vieillards, et une démocratie dans les malls ou diètes nationales où tous les hommes libres se rendaient. 11 faut bien distinguer chez les Germains la nation d’avec la bande : celle-ci se composait des hommes armés qui s'associaient à la fortune d’un guerrier renommé et le suivaient dans une expédition ; dans celle-là étaient compris les femmes, les enfants, les vieillards ; aussi la nation se risquait rarement à courir les aventures à la suite d’un chef. — La religion des Germains était grossière ; leur déité principale était Hertha (la Terre). Ils croyaient aux sorts, aux oracles, aux prophéties : les femmes surtout leur semblaient aptes à prédire, et sous ce rapport ils témoignaient à quelques-unes d’entre elles une vénération qu’on a eu tort de croire générale. Les défauts capitaux des Germains étaient le goût des orgies, le jeu, l’extrême irascibilité, l’ignorance et une paresse sans bornes pour tout ce qui n’était pas la guerre, la chasse ou l’exercice de la souveraineté.

L’histoire de la Germanie av. J. -G. est presque inconnue. L’invasion du Gaulois Sigovèse en Germanie vers 687 av. J.-C., celle des Cimbres et Teutons en Gaule et en Italie, 103-101, la tentative du Suève Arioviste sur la Gaule, en sont presque les seuls grands traits connus. Les Romains , devenus maîtres de la Gaule l’an 50 av. J.-C., de la Rhétie l’an lôav. J.-C., se trouvèrent dès lors en contact avec les Germains au-delà du Rhin et du Danube, et dès ce temps les hostilités commencèrent. Pendant 176 ans la guerre fut offensive de la part des Romains (15 av. J.-C. — 161 ap. J.-C.); elle devint défensive ensuite. Au commencement du 1er siècle de notre ère, les Chérusques et les Marcomans étaient de tous les peuples germains les plus puissants; ils avaient formé chacun une confédération de tous leurs voisins: vers l’an 10, tes deux ligues furent sur le point d" s’unir. La première se décomposa ensuite, mais la seconde, sous le nom de Ligue des Suives ( dite au iii* siècle Ligue des Alamans) , devint de plus en plus redoutable. Vers 244 aussi se réorganisait la ligue chérusque, sous le nom de Ligue des Francs (Voy. francs). Les attaques perpétuelles des uns et des autres pendant 160 ans (244-403) affaiblirent immensément l’Occident : la grande invasion de 408, quoique opérée par des Slaves et des Tchoudes plus encore que par des Suèves, et malgré l’opposition îles Francs, porta la décadence de l’empire d’Occident au plus haut point, et bientôt Wisigolhs, Burgundes, Suèves, s’établirent en Gaule et en Espagne. Les Francs parurent à leur tour et portèrent les derniers coups, de 420 à 48G. Les Vandales étaient en Afrique depuis 429; les Hérules en 476, les Ostrogothsen 493, les Lombards en 568, devinrent les maîtres de l’Italie ; de 455 à 584 les Jutes, Saxons et Angles occupèrent.presque toute la ci-devant Bretagne romaine. L’empire d Occident devint donc presque exclusivement la proie des peuples germains. Plusieurs d’entre eux disparurent, les Ostrogoths et les Vandales sorus les coups des Grecs, les Suèves sous les Wisigolhs, ceux-ci sous les Arabes ; les Jutes, An « gles et Saxons sous les Northmans (ou Normands), qui du reste étaient eux-mêmes de sang teutonique; les Lombards devant les Francs. Finalement les Francs devinrent le peuple dominaieur dans l’ancien empire d’Occident, et dans toute la Germanie. On distinguait alors dans cette vaste contrée quatre nations germaines : les Francs, les Alemans (ou Suèves). les Saxons, les Bavarois. Sous les succes-

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seurs de Charlemagne, la Germanie forma quelque temps un royaume particulier ( Voy . l’art, suivant). Après la chute des Carlovingiens en Germanie, le nom de Germanie ne fut plus guère usité qu'en style de chancellerie, et fit place à celui d’Allemagne.

gehmanie ou germanique, province du diocèse de Gaule. Voy. germanique.

Germanie (royaume de). On donne ce nom à un des roy. nés du démembrement de l’empire de Charlemagne. Par le traité de Verdun en 843, Louis, dit le Germanique , petit-fils de Charlemagne, avait obtenu en partage toutes celles des provinces situées au-delà du Rhin qui avaient fait partie de la monarchie des Francs; et en-deçà du Rhin les villes de Spire, de Worms et de Mayence ; il en forma le roy. dit de Germanie. Ce roy. était défendu à l’E. par les marches de Carinthie , de Bohême, d’Autriche, entre l’Ens et la LeiJtha ; et par celle des Sorabes, entre l’Elbe et l’Oder. Au S. E. se trouvaient les marches de Liburnie, de Frioul et d’istrie. Enfin au N. E. lie marquisat de Nordgau défendait la Germanie contre les Danois. En 870 le roy. de Germanie fut agrandi, par le traité de Mersen, de la Lorraine allemande, située à l’E. de la Meuse, avec les villes de Bâle, Strasbourg, Metz, Cologne, Trêves, Aix-la-Chapelle et Utrecht. Les prov. frontières du roy. de Germanie étaient gouvernées par des ducs et des margraves; celles de l'intérieur étaient administrées par des comtes ; mais pendant le règne de Louis i Enfant , la Franconie orientale, la Lorraine, la Souabe, la Bavière et la Thuringe étaient devenues des souverainetés héréditaires, et ne reconnaissaient que nominalement l’autorité du roi de Germanie. Ce titre subsista cependant après la mort de Louis l’Enfant (911), mais il cessa dès lors d’appartenir à la dynastie Carlovingienne , Louis f Enfant étant mort fort jeune et sans laisser de postérité. Après ce prince, Conrad de Franeonie usurpa le trône sans pouvoir le rendre héréditaire dans sa famille. Henri-1 Oiseleur s’en saisit en 919 et le transmit à ses descendants. Ce dernier urince agrandit encore le roy. de Germanie par les victoires sur les Hongrois et les Normands, et par la création de nouveaux margraviats, tels que ceux de Sleswig, de Saxe septent., de Misnie et de Haute et Basse-Lusace. Henri-l'Oiseleur, déjà roi de Germanie, fut proclamé empereur en 933. Cependant le titre de roi de Germanie ne fut remplacé définitivement par celui d’empereur que sous son fila Othon-le-Grand, en 962. Depuis eette époque, il ne fut plus donné qu’aux fils des empereurs ; iis étaient proclamés d’abord rois de Germanie ; mais quoique cette couronne restât élective en droit, elle devint en réalité héréditaire. Les empereurs faisaient décerner le titre de rois de Germanie à leurs fils par les électeurs de l’empire, pour assurer la transmission héréditaire de cette couronne dans leur famille. Les rois de Germanie allaient ensuite recevoir en Italie la couronne de fer et le titre de rois de Lombardie; mais ils ne devenaient empereurs qu’après leur couronnement à Rome. Toutefois, à la fin du xin* siècle, lorsque les empereurs d’Allemagne se furent affranchis de l’espèce de suprématie que la cour de Rome affectait envers eux, les titres de roi de Germanie et d’empereur se confondirent peu à peu. Enfin, lorsque la maison d’Autriche se fut affermie sur le trône, dans la seconde moitié du xv* siècle, elle introduisit la coutume nouvelle de faire décerner à l’héritier présomptif le titre de roi des Romains, qui fit disparaître définitivement celui de rai de Germanie.

GERMANIQUE Ir« ou GERMANIQUE SUPɬ RIEURE, auj. Y Alsace, le grand-duché du Bas- Rhin, la Bavière rhénane, une des 1 7 provinces du diocèse de Gaule à la mort d'Auguste, entre la Belgique lre et le Rhin, comprenait du S au N. les Rauraci, les

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