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qui disputa la couronne à Charles III. Hugues était, comme son père, plus puissant que le roi, et comme lui il fut presque toujours en guerre avec éon suzerain. A la suite de longs démêlés avec Louis d’Outre-Mer, il assiégea la ville de Laon (940), vainquit le roi qui était venu au secours de la place, le fit prisonnier, et ne lui rendit la liberté qu’au bout d’un an, après avoir obtenu la cession de Laon. Cependant, menacé des foudres de l’Église, il prêta serment de fidélité au roi, et même, à la mort de celui-ci (954), il contribua puissamment à faire reconnaître l’autorité de son fils Lothaire. Mais cette protection menaçait déjà de devenir dangereuse, lorsque Hugues mourut en 956. Il dut son surnom de Grand à sa taille plutôt qu’à ses aetions. On le surnommait le Blanc à cause de son teint aie, l 'Abbé parce qu’il possédait les abbayes de aint-Denis, de Saint-Germain-des-Prés et de Saint- Martin de Tours.
Hugues gapet, chef de la 3e dynastie des rois de France, fils de Hugues-le-Grand, était déjà duc de France et comte de Paris lorsqu’en 987 , après la mort de Louis Y, dans une assemblée de ses vassaux tenue à Noyon, il se fit proclamer roi au détriment de Charles , duc de la Basse-Lorraine et oncle du feu roi. Il choisit Paris pour sa résidence, associa son fils Robert à la royauté (988), fit de nombreuses concessions au clergé pour se le concilier, et marcha ensuite contre Charles de Lorraine, qui avait été proclamé roi à Laon (988). Après quelques hostilités sans importance, la trahison de l’évêque Adalbéron lui livra Charles (991), qui mourut un an après dans la prison d’Orléans. Hugues mourut lui-même en 996, laissant la couronne à ion fils Robert. (Pour l’étymologie du surnom de Capet et pour la succession des princes de la race Capétienne, Voy. capet et capétiens).
hugues, comte de Vermandois, 3e fils de Henri I, roi de France, fut un des principaux chefs de la première croisade. Il se couvrit de gloire à la bataille de Dorylée (1097) etauxsiéges de Nicée etd’Antioche, puis repassa en France ; mais, touché des reproches qui lui étaient faits au sujet de son retour, il alla de nouveau en Asie combattre les Infidèles. 11 y mourut en 11*02, à lage de 45 ans, des blessures qu’il avait reçues à la bataille d’Héraclée, où les Chrétiens furent vaincus.
hugues de Provence, roi d’Italie, fils de Théobald, comte de Provence, et de Berthe, fille de Lothaire, régna d’abord en Provence . Il enleva en 92G la couronne d’Italie à Rodolphe, roi de Bourgogne transjurane, que les Italiens avaient chassé. Ce prince cruel fit arracher les yeux à son propre frère Lambert, duc de Toscane , et lui ôta son gouvernement. Il voulut faire éprouver le même sort à Béranger, marquis d'Ivrée, son neveu ; mais celui-ci leva des troupes contre lui, et le força à se réfugier en Provence, où il mourut l’année suivante (947). Son fils Lothaire, qu’il avait associé à la couronne dès 931, soutint quelque temps la lutte contre Bérenger.
hugues (saint), abbé de Cluny, né vers l’an 1024, mort en 1109, était fils de Dalmace, seigneur de Semur et descendant des anciens ducs de Bourgogne. Il se fit une grande réputation de sainteté, et fut élu abbé et général de l’ordre de Cluny. Il se vit recherché par l’empereur Henri III, qui le choisit pour parrain de son fils; d’Alphonse, roi d’Espagne, qu’il réconcilia avec son frère Sanche, et des papes Léon IX, Victor II, Etienne X, Alexandre II, Grégoire YII ; il fut légat de ce dernier. Il fut canonisé par Calixte 11 ; sa fête est marquée au 29 avril. — Un autre saint Hugues , contemporain et ami du précédent, né en 1053, mort en 1132, était évêque de Grenoble (1080). On le fête le 1er avril, jour de sa mort.
hugues de saint-victor, religieux de l’abbaye do
Saint-Victor de Paris, né dans le territoire d’Ypres, à la fin du xie siècle, mort en 1140, a laissé des Commentaires sur l'Écriture- Sainte ; une Sommé des sentences ; un Traité des sacrements : De Modo stu dendi , De Sapientiâ Christi (publiés à Rouen, 1648 3 vol. in-fol.). On l’appelait le second Augustin. ’
hugues des payens, de la maison des comtes de Champagne, est un des chevaliers qui fondèrent en 1118 l’ordre si célèbre depuis sous le nom de Templiers. 11 mourut en 1136.
hugues (Victor), né à Marseille vers 1770, mort en 1826, fut en 1793 accusateur public près du tribunal révolutionnaire de Rochefort et de Brest, puis commissaire de la Convention avec Lebas aux îles du Vént, et exerça dans les îles toute l’autorité d’un dictateur. Il se mit à la tête des troupes, et reprit sur les Anglais la Guadeloupe et les autres Antilles françaises, sauf la Martinique et la Dominique. Son administration fut habile, mais tyrannique, et le fit surnommer le Robespierre des colonies. Il fut rappelé en France en 1798 ; mais le Directoire déclara qu’il avait bien mérité de la patrie, et le nomma gouverneur de la Guyane. Accusé en 1809 par le gouvernement impérial d’avoir mal défendu cette colonie contre les Anglais et les Portugais, il se vit traduit devant une commission militaire , mais il fut acquitté.
HUI ouHOEI, ville de Belgique (Liège), traversée par la Meuse, à 24 kil. O. de Liège ; 8,900 hab. Bijouterie, chapeaux de paille, outils en fer. Commerce de grains, vin, chaux, alun, houille, etc. Aux en virons, eaux minérales, fer, chaux, etc. Elle a beau coup souffert d’une inondation en 1822.
HUIS (1’), ch.-l. de canton (Ain), à 11 kil. O. de Belley; 1,100 hab.
HUISNE, Idonia ou Vinca des anciens, rivière de France, naît à Saint-Hilaire de Souray (Orne), baigne Nogent-le-Rotrou, Montfort, et tombe dans la Sarthe, à 2 kil. au-dessus du Mans, après un cours de 135 kil.
HULIN (Pierre-Auguste), lieutenant-général, né à Paris en 1758, mort en 1841, se signala au 14 juillet 1789 parmi les vainqueurs de la Bastille, fut nommé à la fin de la même année commandant de la garde nationale de Paris, accompagna Bonaparte en Italie en qualité d’adjudant-général, fut chargé en 1797 et 1798 du commandement de Milan, devint en 1803 général de division et commandant de la garde consulaire, présida en 1804 le conseil de guerre qui condamna le duc d’Enghien, fit avec distinction les campagnes d’Allemagne, et fut choisi pour commander les places de Vienne, puis de Berlin (1806). Il était à la tête de la force armée à Paris lorsque éclata la conspiration de Mallet (1812) ; il la fit échouer par sa courageuse résistance, et reçut en cette occasion un coup de pistolet qui lui fracassa la mâchoire inférieure. Il perdit le commandement de la ville de Paris au retour des Bourbons, et se vit forcé en 1816 de quitter la France. Il ne put y rentrer que plusieurs années après, et vécut depuis dans la retraite.
HULL, dit aussi Kingston-upon-Hull, ville maritime d’Angleterre (York), à 60 kil. S. E. d’York, au confluent de l’Humber et de l’Hull, et près de l’embouchure de ces deux rivières ; 49,436 hab. (avec sa banlieue). Citadelle, beaux bassins, beaucoup de belles maisons dans les quartiers neufs; belle église gothique de la Trinité. Très grande industrie (savon, fonderie de fer, raffinerie de sucre, chantiers de construction, moulins à farine et à huile, bière, blanc de céruse, etc.). — Cette ville fut fondée par Edouard I, d’où son nom de Kingston (ville du roi); elle soutint en 1643, sous le commandement de lord Fairfax, un siège long et acharné contre les troupes royalistes.
hull, riv. d’Angleterre, dans le comté d’York,
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se jette dans l’Humber à Hull après un cours de 40 kil. Elle est coupée par beaucoup de canaux.
HULST, ville de Hollande (Zélande), à 12 kil. E. d’Axel ; 2,000 hab. C’était jadis une place forte. P.d’unJansenms.év.deGandfdistinctderév.d’Ypres).
HUM BER, Abus, large riv. d’Angleterre, qui sépare les comtés d’York et de Lincoln , est formée par la réunion de l’Ouse(déjà grossie par la Derwent, l’Àyr, la Dun), et du Trent, passe à Hull et tombe dans la mer du Nord, après 60 kil. de cours. L’Humber a 1,600 mètres de large à la jonction de l’Ouse et du Trent; il s’agrandit ensuite, acquiert de 3,000 à 9,000 mètres, et a 10 kil. de large à son embouchure. — Un autre Humber, fleuve d’Amérique, tombe dans le golfe St- Laurent après un cours de 250 kil.
humber, ville d’Angleterre. Voy. barton.
HUMBERT I, dauphin du Viennois, né vers 1240, fils d’Albert 111, de l’illustre maison de la Tour, épousa en 1273 Anne, fille du dauphin Guigues Vil, et par suite de ce mariage devint maître du Viennois en 1281. Il eut à défendre son héritage contre Robert, duc de Bourgogne , et contre le comte de Savoie qui prétendaient avoir des droits sur le Viennois. Il lit sa paix avec le premier en 1285 ; mais le second lui imposa des conditions onéreuses , ce qui fut un sujet continuel de guerres. En 1306 il abdiqua et prit l’habit religieux dans le couvent des Chartreux du val Sainte-Marie , au diocèse de Valence. 11 y mourut la même année. — Humbert II, dernier dauphin du Viennois, fils de Jean II, né en 1312, succéda en 1333 à son frère Guigues VIII. Il établit un conseil de justice qui donna naissance au parlement de Dauphiné, et fonda une université à Grenoble. En 1343, après la mort de son fils André, il assura le Dauphiné au roi de France, Philippe-de-Valois, sous la condition qu’un fils de France porterait le nom de Dauphin, et joindrait à ses armes celles du Dauphiné. 11 se croisa en 1346, gagna un léger avantage sur les Sarrasins près de Smyrne , et, à son retour, prit l’habit religieux après avoir abdiqué (1349). En 1352 il fut nommé patriarche d’Alexandrie; il allait être élevé sur le siège épiscopal de Paris lorsqu’il mourut, en 1355.
humbert, dit aux Blanches mains , comte de Maurienne et de Savoie. Voy. Savoie.
HUMBOLDT (Ch.-Guillaume, baron de), ministre d’état , chambellan , et conseiller privé du roi de Prusse, né en 1767 à Potsdam, mort en 1835, fut employé comme ambassadeur ou comme ministre plénipotentiaire de Prusse dans tous les congrès qui se tinrent de 1810 à 1820, et fut plusieurs fois appelé dans son pays au ministère. Il s’est fait un nom dans la science par ses recherches sur l’étude comparée des langues. On a de lui : Recherches sur les habitants primitifs de l’Espagne au moyen de la langue basque, 1821, in-4 ; Dictionnaire basque, qui a paru dans le Mithridate ou Dictionnaire polyglotte (tome I V); Lettre sur les formes grammaticales en général et sur la langue chinoise , Paris, 1827, in-8. Il a laissé deux ouvrages inachevés, l’un sur les langues de l'archipel Indien , l’autre sur la philosophie des langues en général, dont on a annoncé la publication en 1840.— Son frère, Alexandre de Humboldt, né à Berlin en 1769, s’est acquis une réputation universelle par ses voyages d’exploration en Amérique (1799-1804) et en Asie (1829), et par ses découvertes en géographie physique, en histoire naturelle et surtout en botanique. Il a publié les Immenses résultats de ses découvertes sous le titre de Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau- Continent (Par., 1799 et ann suiv.),un Voyagedans V Oural [ Berl. ,1837) ,et le Cosmos (Berl. et Par . ,1 846).
HUME (David), célèbre philosophe et historien écossais, né en 1711 à Edimbourg, d’une famille noble, mais peu fortunée, passa sa jeunesse en France, où il habita Reims, La Flèche, et composa
dans cette dernière ville son premier ouvrage, le Traité de la Nature humaine (1737). Il le fit suivre d' Essais moraux, politiques et littéraires (1742), qui commencèrent sa réputation. De retour en Angleterre en 1746, il fut successivement précepteur du marquis d’ Annaldale , et secrétaire du général Saint- Clair, qu’il accompagna dans son ambassade à Vienne et à Turin. Il publia en 1751 de nouveaux Essais, en 1752 des Recherches sur les principes de la morale, une Histoire naturelle de la religion , et quelques autres écrits philosophiques. Il fut nommé la même année bibliothécaire à Edimbourg. C’est alors qu’il entreprit le plus important et le plus célèbre de ses ouvrages, Y Histoire d.' Angleterre (1754-61). Il accompagna en 1761 lord Hertford à Paris comme secrétaire d’ambassade, et s’y lia avec J. -J. Rousseau, qui le suivit à Londres en 1766; mais il survint bientôt entre les deux amis une rupture éclatante dont l’humeur ombrageuse du philosophe génevois fut la principale cause. Hume fut nommé en 1767 sous-secrétaire d’état; deux ans après il quitta les affaires et se retira à Edimbourg, où il mourut en 1776. Comme philosophe, Hume est le créateur d’un scepticisme d’un nouveau genre : selon lui, nos idées ne sont que des copies des impressions que nous avons reçues, et ne peuvent nullement nous instruire de la réalité des objets; il nous réduit ainsi à l’idéalisme et à une sorte de nihilisme; il attaqua surtout l’idée de cause et le rapport de cause à effet. Il mit en doute la Providence, la religion, les miracles; cependant il respecta la morale et prouva qu’on ne peut la fonder sur l’intérêt. Comme historien, il introduisit une critique sévère dans l’examen des faits; cependant il se montre quelquefois partial : son Histoire d’ Angleterre est condamnée àRome, ainsi que ses Essais philosophiques. Les Œuvres philosophiques de Hume ont été pour la première fois réunies en 1826, à Edimbourg,
4 vol. in-8; son Histoire a été plusieurs fois réimprimée, notamment en 1826, à Oxford, 13 vol. in-8, avec la continuation de Smollett.Les Œuvres philosophiques ont été traduites en français, en 7 vol. in- 12; Londres, 1788 (trad. incomplète); son Histoire d'Angleterre , traduite d’abord partiellement par l’abbé Prévost, par Mad. Belot, etc., a été publiée en entier à Paris, 1819-22, 22 vol. in-8, et 1840, 14 vol. in-8, avec un Essai sur la vie et les écrits de l’auteur, par M. Campenon. Hume a laissé des Mém. Sa Correspond, a paru à Edimb., 1847.
HUMIÈRES (Louis de crevant, maréchal d’), général et courtisan du temps de Louis XIV, jouit des bonnes grâces du roi, et fut l’ami particulier de , Louvois. Il obtint le gouvernement de la Flandre, se distingua au siège d’Arras (16581, fut nommé en 1668 maréchal, prit la ville d’Aire (1676), commanda l’aile droite à Cassel (1677), s’empara de Gand (1678), de Courtray (1683), et fut nommé en 1685 grand-maître de l’artillerie. Ayant éprouvé un échec en Flandre (1689), il fut remplacé par le maréchal de Luxembourg. 11 avait refusé en 1672 de servir sous Turenne.
humières (madame d’). Voy. gacon-dufour (Mad.).
HUMMEL (J.-Népomucène), compositeur et pianiste allemand, né à Presbourg en 1778, mort en 1837, se fit admirer dès l’âge de 9 ans par son talent sur le piano, entra comme maître de chapelle au service du prince Esterhazy (1803), puis du roi de Wurtemberg (1816), du grand-duc de Saxe- Weimar (1820), et se vit appelé dans presque toutes les capitales de l’Europe. II n’eut de rival pour la composition instrumentale que Beethoven. Il a laissé 4 opéras, une Mèth. p. piano , des more, de musique.
HUMPHROY, guerrier normand. Voy. onfroy.
HUNALD, duc d’Aquitaine, depuis 735, eut à soutenir la guerre contre Charles-Martel et ses fils, et fut obligé de se reconnaître leur vassal. Pour se