JESU
nia; sur le mont Moriah s’élevait le temple magnifique construit par Salomon. On portait la population de Jérusalem à 120,000 hab. Aujourd’hui Jérusalem n’a plus rien de son ancienne splendeur ; toutefois eile est encore le ch.-l. d’un sandjak de Syrie (pachalik de Damas) et le siège d’un patriarche arménien. Elle ne compte plus guère que 15,000 hab. Hautes murailles crenelées et garnies de tours. L’église du Saint-Sépulcre en est le plus beau monument ; on remarque aussi la mosquée d’Omar ( el Haram ), et un assez grand nombre de ruines. Peu d’industrie et de commerce. — Jérusalem eut pour premier nom Jébus; elle existait sous ce nom lors de l’entrée des Israélites dans la Terre promise. David fit de cette ville la capitale de son royaume, au lieu de Sichem. Salomon y bâtit le célèbre temple qui porte son nom. Sous Ezécbias, elle futassiégée par Sennachérib, mais elle échappa miraculeusement au danger. Nabuchodonosor la prit trois fois (f>06, 598, 596), et finit parla détruire (587). Cyrus en permit le rétablissement (536), qui fut très lent. Peu à peu cependant elle refleurit, surtout sous les successeurs d’Alexandre. Mais l’intolérance des Séleueides la remplit de désordre et de sang et amena le soulèvement des Macchabées, qui fut enfin couronné du succès (166-161). Jérusalem fut prise ensuite
Îar Pompée l’an 64 av. J.-C., par Titus l’an 70 de .-C. (qui la ravagea horriblement et la détruisit presque tout entière), par Julius Severus en 130, sous Adrien ; celui-ci l’agrandit, la nomma Ælia Capilolina , et défendit à tous les Juifs d’y mettre le pied , 136. Constantin lui rendit son 1er nom. Jérusalem a encore été prise par les Persans en 614, par les Sarrasins en 636, parles Sedjoucides en 1086, p ns
Îar les Croisés, oui, p** «nos, y fondèrent le roy. de érusalem, par Saladin en 1187, enfin par les Turcs en 1217 et 1239. Depuis, elle a suivi le sort de la Syrie. M. Poujoulat a écrit 1’ Hist.de Jérusalem (1842), Jérusalem (roy. de), fondé en 1099 par Godefroi de Bouillon, lors de la lre croisade, se composait de la Palestine et avait pour principaux fiefs la principauté de Tibériade , le comté de Tri poli et le comté d’Edesse (la principauté d’Antioche en était indépendante). Le royaume de Jérusalem fut conquis presque entièrement par les Infidèles après la bataille de Tibériade ou d’Hittin, 1187, et Jérusalem môme tomba au pouvoir de Saladin. Les troisième , quatrième et cinquième croisades ne changèrent rien à cet état de choses, et Jérusalem n’eut plus que des rois nominaux, jusqu’à ce qu’en 1229 l’empereur Frédéric II, auteur de la 6e croisade , occupa Jérusalem, et se lit céder presque tout l’ancien royaume par Al-Kamel. Mais en 1239 Jérusalem fut reprise par les Infidèles, et les Mamelouks, en 1291, achevèrent de conquérir ce qui restait encore aux Francs de ce royaume. Voici les noms des rois de Jérusalem :
Godefroy de Bouil- Henri II de Cham-
lon, 1099 pagne, époux d’I-
Baudouin I, 1100 saheau, sœur de
Baudouin II, 1118 Sibylle, 1192
Foulques V, d’An- ' ‘ Amauri de Lusi¬
gnan,
jou , époux de
Mélisente , fille Jean de Brien ne,
du précédent, 1131 époux de Marie, Baudouin III, 1144 fille d’Isabeau, 1209
Amauri, 1162 Frédéric II, empe-
Baudouin IV, 1174 reur d’Allema-
Sibylle , puis Bau- gne, époux d’Io-
douin V, son fils, 1 185 ’ande, fille du Guy de Lusignan, 1186 précédent, 1229-1239 Jérusalem (concile de), concile tenu l’an 50 de J.-C., par les apôtres, pour fixer les rapports de la nouvelle religion avec l’ancienne alliance. Il déchargea de la circoncision et des pratiques prescrites aux Juifs par la loi de Moïse les Gentils qui em¬
brasseraient le christianisme. Ce fut le premier des conciles œcuméniques.
JÉRUSALEM ( J.-Fréd. -Guillaume ) , théologien et prédicateur luthérien, né en 1 709 à Osnabrück, mort en 1789, fut chargé par le duc de Brunswick de l’éducation de son fils, et lut aumônier et prédicateur de la cour. Il s’occupa avec succès de l’éducation de la jeunesse et donna le plan du Collegium Carolinum, établi à Brunswick ; il fonda aussi dans l’abbaye de Riddagshausen un séminaire dont il eut longtemps la direction. On a de lui des Lettres sur la religion de Moïse ( 1762 ), des Considérations sur les vérités de la religion et un Recueil de sermons estimés. — Son fils, Charles- Guillaume, qui donnait de grandes espérances, se tua dans un accès de mélancolie en 1773 ; c’est ce jeune homme qui fut le type de Werther.
JERV1S (lord). Voy. saint-Vincent.
JESD, ville de Perse. Foy. yesd.
JESDEDGERD, roi de Perse. Voy. yesdedgerd.
JESI, Æsis , ville de l’État ecclésiastique, sur l’Esi ou Esino, à 22 kil. S. O. d’Ancône; 5,000 hab. Evêché. Commerce d’huile, vin, grains.
JESO ou JESSO, île du Japon. Voy. yéso.
JESSELMERE, ville de l'Inde. Voy. djessalmire.
JESSEÎS'IUS (Jean), gentilhomme hongrois el savant médecin, né en 1566 à Nagy-Jessen (d’où son nom), enseigna la médecine avec succès à Prague, et fut premier médecin des empereurs Rodolphe et Mathias; mais ayant pris part aux troubles politiques qui agitèrent la Hongrie et la Bohême au commencement du xvne siècle, il fut arrêté et cundamné à mort avec les chefs de la révolté en 1621. On a de lui : Zoroaster, Wittemberg, 1593; Anatomiæ historia , 1G01 ; Instilutiones chirurgicœ , 1601 ; Vila el mors Tychonis Drahei , et des dissertations sur les maladies de la peau, sur )es plantes, etc.
JESSORE, district de l’Inde. Voy. DJESSORE.
JESUATES, ordre religieux institué à Sienne en 1363 par saint Jean Colombino, était ainsi appelé parce que ses fondateurs avaient toujours le nom de Jésus à la bouche. Us s’occupaient de soigner les malades, et distribuaient des remèdes qu’ils fabriquaient eux-mêmes. Us ne s’étendirent guère audelà de T Italie et furent supprimés en 1668.
JESUITES, dits aussi Compagnie ou Société de Jésus , ordre religieux fondé en 1534 par Ignace de Loyola (Voy. ce nom), et approuvé en 1540 par le pape Paul III, se consacrait à la propagation de la foi, a la conversion des infidèles et des hérétiques, à l’éducation de la jeunesse, et faisait un vœu particulier d’obéissance aux ordres du souverain pontife. Cette compagnie, qui a joué un si grand rôle, est surtout remarquable par sa constitution ; son général résidait à Rome, et de là il exerçait un empire absolu sur les membres répandus dans toute la chrétienté. II avait auprès de lui 5 assistants, formant son conseil, et un admoniteur , chargé de le surveiller lui-mème; et sous ses ordres, dans chaque pays, des provinciaux, chargés chacun d’une province. Il y avait dans l’ordre trois degrés : les profès, ayant fait leurs vœux, les coadjuteurs, divisés en spirituels et temporels, les novices elscolastiq. Tous les mem bres, avant d'être admis dans la société, étaient soumi-s à de nombreuses épreuves, et chacun était ensuite employé selon sa capacité. L’ordre prit naissance à Paris, où Ignace de Loyola était venu étudier la théologie; il eut pour premiers apôtres , avec Ignace de Loyola, Laynez, Salmeron, Bobadilla, François -Xavier, Rodriguez, tous Espagnols, ei Pierre Favre, de Savoie. 11 fut institué sous le titre de Clercs de la Compagnie de Jésus et s établit d’abord à Rome. Le pape donna aux Jésuites, ^daus celte ville, une église qui prit d’eux le nom !d 'il Giesu. La société se répandit rapidement en