‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 560 sur 1261 · JUAN — 930 — JUBA · texte numérisé non relu

JUAN — 930 — JUBA

JOYINIACUM, nom latin de la ville de joigny.

JOVINIEN, hérésiarque du iv* siècle, moine de Milan, mort en 412, rejetait les jeûnes, la pénitence, la virginité, et niait que Marie fût demeurée vierge après la naissance du Sauveur. Il fut condamné par le pape Sirice et par saint Ambroise au concile de Milan en 390, et fut exilé par Théodose.

JOYEUSE, Gaudiosa, ch.-l. de cant. (Ardèche), arr. et à 12 k. de l’Argentière, à 40 k. S. 0. de Privas, sur la Baume et au pied des Cévennes; 1,300 hab. Filature de soie. — Ce bourg a donné son nom à une des plus ancienne* maisons de France. Il entra, au xiii* siècle, dans la maison de Châteauneuf par le mariage de Yierne d’Anduze, dame de Joyeuse, avec Randon de Châteauneuf; fut érigé successivement en baronnie, en vicomté (pour Tanneguy de Joyeuse qui vivait en 1450), en duché-pairie (pour Anne de Joyeuse en 1581); cette pairie, s’étant éteinte en 1675, fut reconstituée en 1 7 14 pour Louis de Melun et ses descendants.

JOYEUSE (Anne de), favori de Henri III, d’une ancienne maison du Languedoc, fils de Guillaume, vicomte de Joyeuse, maréchal de France, né en 1561 au château de Joyeuse en Yivarais, fut connu d’abord sous le nom de baron d’ Arques. Il sut dès sa première jeunesse capter les bonnes grâces de Henri III. Ce prince, ne mettant aucune borne à sa faveur, le créa coup sur coup duc et pair, amiral de France, premier gentilhomme de la chambre , gouverneur de Normandie, et lui donna en mariage Marguerite de Vaudemont-Lorraine , sœur de la reme (1581); il fit lui-môme la dépense des noces qui coûtèrent la somme de 1,200,000 livres. Joyeuse fut en 1586 chargé de faire la guerre aux Huguenots

en Guyenne; après avoir obtenu quelques avantages, il por-Uit n* uaiame et ia vie a la journée de Guuuas

(1587), contre le roi de Navarre (depuis Henri IV).

joyeuse (Franç. de), frère du précédent, né en 1562, fut successivement archevêque de Narbonne, de Toulouse, de Rouen, puis cardinal; il présida l’assemblée générale du clergé en 1605, devint légat du pape en France (1606), sacra Marie de Médicis et Louis XIII à Reims, présida les états-généraux (1614), et mourut à Avignon en 1615. C’est lui qui conçut, dit-on, la première idée du canal de Languedoc.

joyeuse (Henri de), frère des précédents, né en 1567, se signala d’abord dans plusieurs combats contre les Protestants. Après la mort d’Anne son frère (tué à Coutras), et la perte de sa femme, il se retira du monde, et se fit capucin sous le nom de frère Ange (1587). Mais cinq ans après, il quitta son couvent, sous prétexte de la mort du dernier de ses frères, se mit à la tête des seigneurs catholiques de Languedoc et devint un des ligueurs les plus fougueux. Il fut un des derniers à faire la paix avec Henri IV, qui lui donna le bâton de maréchal. En 1600, il quitlade nouveau le monde pour rentrer dans son cloître. Il mourut en 1608 en Italie, à Rivoli, pendant un pèlerinage qu’il avait entrepris nu-pieds. C’est de lui que Voltaire a dit dans la Henriade :

Vicieux, pénitent, courtisan, solitaire.

Il prit, quitta, reprit la cuirasse et la haire.

JOYEUSE (J.-Armand de), d’une ligne collatérale, servit avec distinction sous Louis XIV en Flandre, en Hollande, en Allemagne ; fut fait maréchal en 1693, commandal’aile gauoheàNerwindeet fut blessé dans cette bataille. Il mourut en 1710 sans postérité.

JUAN D’AUTRICHE (don), l’un des héros du xvie siècle, était fils naturel de Gharles-Quint et naquit à Ratisbonne en 1545. Philippe II, fils et successeur de Charles-Quint en Espagne , après avoir en vain essayé de lui faire embrasser la vie religieuse, le chargea en 1570 de comprimer un soulèvement des Maures de Grenade. 11 s’acquitta de cette mission avec le plus grand succès, et contraignit les rebelles à abandonner pour jamais l’Espagne. Choisi

en 1571 parles princes chrétiens pour commander la flotte qu’ils envoyaient contre les Turcs , il gagna la célèbre bataille de Lépante, où les Turcs perdirent 30,000 hommes et près de 200 bâtiments. En 1576, il fut envoyé par Philippe II dans les Pays- Bas insurgés, et défit les rebelles dans la plaine de Gembloux (1578). Il mourut peu de mois après cette victoire, près de Namur; on a dit qu’il avait été empoisonné. Don Juan joignait la générosité à la bravoure ; il ne combattit les insurgés des Pays-Bas qu’après avoir tenté de les soumettre par la douceur. M. Dumesnil a publié une Histoire de don Juan d'Autriche , Paris, 1827, in-8 ; M. Casimir Delavigne a trouvé dans la jeunesse de ce prince 1« sujet d’un de ses plus beaux drames.

juan d’autriche (don) , général espagnol, fil* naturel de Philippe IV et d’une comédienne, né à Madrid en 1629, fut reconnu par son père qui le créa grand-prieur de Castille et lui confia, en 1647, le commandement des troupes espagnoles en Italie. Il s’empara de Naples. Rappelé en Catalogne, il soumit Barcelone, dont les habitants s’étaient mis sous la protection de la France (1652). Ensuite il alla en Flandre pour y combattre les Français que commandait Turenne, et perdit la bataille des Dunes (1658); puis, ayant passé dans le Portugal où la conjuration de Pinto venait de faire roi le duc Jean de Bragance, il fut vaincu à Estremos. Disgracié par la régente après la mort de Philippe IV, il fut rappelé à la cour par Charles II dès que ce prince fut majeur, et devint premier ministre ; mais il soutint mal cette haute dignité. Il mourut en 1679.

juan de Castro, vice-roi des Indes. Voy. Castro.

juan rEnHAKnc.7, , navigateur. Voy. Fernandez.

JUANEZ ou JOANEs (V i ncont) r peintre espagnol, né près de Valence en 1523, mort en 1581, a fait un grand nombre de tableaux estimés, entre autres: un Christ mort , un Saint François de Paule, une Sainte-Cène. Il avait étudié à Rome.

JUAN-f ERNANDEZ (îles de). On donne ce nom à deux îles du Grand-Océan austral, à 660 kil. O. des côtes du Chili. La plus occidentale est appelée Masa-Fuera, la plus orientale est nommée Mas-a-Tierra. C’est celle-ci que l’on désigne spécialement sous le nom de Juan-Fernandez; elle est située par 33° 40’ lat. S. et 81° 19’ long. O. Cette île est de forme irrégulière, et offre plusieurs ports naturels, entre autres le port Anglais au S. E. et le port Juan-Fernandez à 10. Sol montagneux, pierreux, peu fertile. On n’y cultive guère que le figuier et la vigne. Découverte au xvi* siècle par l’Espagnol Juan Fernandez et longtemps déserte, elle fut pendant plusieurs années le séjour d’Alexandre Selkirk, marin écossais, qui y avait été abandonné, et dont les aventures ont donné à de Foô l’idée du Robinson Crusoë. Les Esp. s’y établir, en 1750; le groupe dép. auj. du Chili.

JUBA, roi de Numidie, fils d'Hiempsal, succéda à ce prince vers l’an 50 av. J.-C., embrassa le parti de Pompée, accueillit, après la bataille de Pharsale, les restes de l’armée vaincue, secourut Caton qui s’était enfermé dans Utique, se joignit à Quintus Métellus Scipion pour livrer à César la bataille de Thapse, y fut vaincu et se fit tuer par Petreius, son compagnon d’infortune, 46. Son roy. fut réduit en province romaine. — Son fils, Juba II, fut, après la bataille de Thapse, amené prisonnier à Rome où César ie fit élever avecsoin ; Auguste, dont il se concilia les bonnes grâces, lui fit épouser Cléopâtre Séléné, fille d’Antoine et de la célèbre Cléopâtre, et lui donna, vers l’an 30 av. J.-C., en dédommagement des états de son père, un royaume composé des deux Mauritanies et d’une partie de la Gétulie. Juba mourut après un long règne, l’an 23 de J.-C. Ce prince s’était livré à l’étude de l’histoire et de la nature ; il . avait composé en grec divers ouvrages auj. perdus (Hist. d’ Arabie, Ântiq. d'Assyrie , TV. d’Agric.3 etc.).

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