JUDA — 931 — J UDI
JUBA ou JUBO, état de l’Afrique orientale, sur la côte de Zanguebar, au N. de celui de Mélinde, est arrosé par une rivière de môme nom qui se jette dans l’Océan indien, par 41° K/ long. E., 0° 10' lat. S., et a pour ch.-l. une ville de même nom. JUBBULPOOR, ville de l’Inde. Voy. djabbalpour. JUBILÉ, nom d’une fête des Juifs et des Chrétiens. Chez les Juifs on appelait jubilé ou année jubilaire une année qui revenait au bout de sept fois sept années, c’est-à-dire tous les 50 ans, comme le sabbat revenait au bout de sept jours. L’année du jubilé était consacrée au repos; les dettes étaient abolies, les esclaves et les captifs mis en liberté; les biens qui avaient été aliénés revenaient à leurs premiers propriétaires ou aux héritiers de ceux-ci. Le but de cette coutume était, dit-on, de prévenir l’oppression des pauvres et leur asservissement perpétuel. Cet usage paraît n’avoir été observé que jusqu’à la captivité de Babylone. — Chez les Chrétiens, on appelle à la fois jubilé certaines époques pendant lesquelles le pape accorde des indulgences plénières, et les cérémonies qui accompagnent ou précèdent l’ouverture du temps du jubilé. Le pape Boniface VIII introduisit cet usage l’an 1300, mais il n’a reçu le nom de jubilé qu’en 1473, sous Sixte IV. D’abord les jubilés avaient lieu tous les cent ans ; Clément VI en limita le retour à 50 ans, Grégoire XI à 33 ans et Paul II à 25. Outre ces jubilés réguliers, les papes en accordent un au moment de leur exaltation. On fait venir le nom de jubilé du mot hébreu jobel, corne de bouc, parce qu’on se servait de cette corne comme trompette pour annoncer au peuple le retour de l’année de jubilé JUBLAINS. Fuis Nœodunum , village
du dép. de la Mayenne, à 10 kil. S. E. de Mayenne ; 1,300 hab. Vestiges d’antiquités. Jadis capitale des Aulerci Diablintes.
JUDA, le 4* des fils de Jacob, donna son nom à la principale des 12 tribus, et fut père de la race royale des Juifs d’où sortirent David et le Messie.
/uda hakkadosch (c.-à-d. le Saint), rabbin, fondateur de l’école de Tibériade, né, selon le Talmud, à Sepphora \’an 120 de J.-C., mort 1 an 194. On le regarde comme l’auteur de la Mischna , première partie du Talmud: il y employa 30 ans de sa vie. L’édition la plus complète de la Mischna est celle de Surenhusius, Amsterdam, 1698, 6 vol. in-fol., hébreu et latin.
jüda (Léon de), fameux hérésiarque , né en Alsace en 1482, mort en 1542, était ami intime de Zwingle. Il a donné une version de 1 Ancien Testament faite sur l’hébreu, et une du Nouveau faite sur le grec, publiées toutes deux à Zurich en 1543, réimpr.par R. Etiennedans la Biblede Vaiable{ 1545).
JUDA (tribu de), une des 12 grandes divisions de ia Palestine, avait été formée en partie du pays des Jébusécns et de celui des Iléthéens, et s étendait entre la tribu de Siméon à l’O. et le lac Asphaltite à 1 E.; au S. était l’Arabie, au N. la tribu de Benjamin. Jérusalem en était le chef-lieu. Après le schisme de Jéroboam, elle resta fidèle au fils de Salomon et donna son nom au royaume de Juda (Voy. ci-après).
juda (royaume de) , formé après le schisme de Jéroboam en 962, se composait de 2 tribus, Juda et Benjamin ; il ne comprenait guère que la 6e partie de la Judée et était beaucoup moins étendu que le royaume d’Israël; mais la population de ces deux tribus égalait celle des dix autres. — Les deux royaumes furent sans cesse en lutte, et après s etre affaiblis mutuellement, ils tombèrent sous le joug de l’étranger. Le royaume de Juda, quoique moins étendu, subsista plus longtemps que son rival ; il succomba en 587, subjugué par Nabuchodonosor, roi de Babylone, qui emmena en captivité son dernier roi, Sédécias (Voy. juifs). Vingt souverains s’y succédèrent comme il suit •.
Roboam, 962 Joathan, 752
Abiam, 946 Achaz, 737
Asa, 944 Ezéchias, 723
Josaphat, 904 Manassé, 694
Joram (avecJosaphat, Amon, 640
dès 883); seul, 880 Josias, 639
Ochosias, 877 Joachaz, 608
Athalie, 876 Eliakim ou Joachim, 608
Joas, 870 Joachim ou Jécho-
Amasias, 831 nias, 597
Osias, 803 Sédécias, 597-587
juda , roy. de la Guinée sept. Voy. ouiddah.
JUDAÏSME, religion des Juifs. Voy. juifs.
JUDAS ISCARIOTE, l’un des douze apôtres, du bourg d lscarioth, dans la tribu d’Ephraïm, trahit Jésus-Christ en le désignant à ses ennemis par un baiser qu’il lui donna au milieu de la foule, et le livra au prince des prêtres pour trente pièces d’argent. Déchiré par ses remords, il alla rendre Parlent et se pendit de désespoir.
judas levita, savant juif, né en Espagne en 1090, mort en 1140, possédait presque toutes les sciences connues de son temps. On dit qu’étant allé en pèlerinage à Jérusalem, il fut écrasé parle cheval d’un musulman. On lui doit le Cozri, l’un des meilleurs ouvrages des rabbins : c’est un dialogue sur la religion où il réfute les Gentils, les Philosophes et les Juifs caraïtes. Cet ouvrage paraît avoir été écrit originairement en arabe ; il a été traduit en hébreu, en espagnol, en latin. Celte dernière traduction est de Buxtorf, Bâle, 1660, in-4.
JUDAS MACCHABÉE. Voy. MACCHABÉE.
JUDE (saim), l’un des douze apôtres, appelé aussi Thadée, frère de saint Jacques le Mineur , et cousin
gtu llialli do Àpiôc lu n>vri du il
alla prêcher l’Evangile dans l’Idumée, l'Arabie,’ la Syrie et jusque dans la Mésopotamie , et mourut pour la foi, à Béryte selon les uns, en Perse ou en Arménie selon les autres, vers l’an 80. On a de lui une Êpître , où il prémunit les chrétiens contre les erreurs des Simoniens, des Gnostiques, etc. On a contesté à tort l’authenticité de cette épitre. L'Eglise fête saint Jude le 28 octobre, avec saint Simon.
JUDÉE, Judœa, région de la Syrie, au S. O. Ce nom se prend tantôt pour toute la Palestine, tantôt seulement pour celle des 4 divisions de la Palestine qui est la plus au S. O. et qui comprend les 4 tribus de Dan, Siméon, Juda, Benjamin. Au temps de Jésus-Christ, la Judée, prise dans toute 3on étendue, se divisait en six parties : Galilée, Samarie, Judée propre, Trachonite, Iturée ou Pérée, ldumée. La Judée tirait son nom de la tribu de Juda, qui y joua tou¬
jours le principal rôle. Voy. Palestine et juifs.
JUDENBUUG, Idunum, ville de Styrie, à 80 kil. N. O. de Grætz; ch.-l. d’un cercle de la Styrie;
I, 500 hab. Château. Brûlée en 1807 et en 1818.
JUDEX (Matthieu), en allemand Richter , théologien allemand, né en Misnie l’an 1528, mort en 1564, est un des auteurs de la grande Histoire ecclésiastique de Magdebourg , 1562, 13 vol. in-fol.; on lui doit aussi un traité sur X Invention de la Typographie, ainsi que plusieurs autres ouvrages.
JUDICAEL, roi de la Bretagne armorique, céda ses droits à Salomon, son frère, en 612, et se retira dans le monastère de St-Méen ; mais il en sortit pour monter sur le trône en 632. Six ans après il rentra dansson monast.oùilm.(658).Onl h. le 16 déc.
JUDITH, héroïne juive, veuve de Manassès, riche citoyen juif, habitait Bélhulie, lorsque Holopherne, général de Nabuchodonosor, roi d’Assyrie, vint assiéger cette ville. Judith, pour sauver son pays, alla trouver le général ennemi; celui-ci, frappé de sa beauté, l’accueillit et l’invita à un repas, dans lequel il s’enivra; Judith lui trancha la tete pendant son sommeil. On place cet événement vers l’an 659 avant
J. -C. L’hist. de Judith est rapportée dans un livrede
JUIF
JUIF
la Bible qui fait, partie des livres canoniques, mais que les Protestants regardent comme aporrypbe.
JUDITH, deuxième femme de Louis-le-Débonnaire et fille de Welf , comte de Revensberg ou Alldorf (en Bavière), épousa Louis en 8 1 9 et devint mère de Charles-le-Chauve. Elle engagea son époux à faire un nouveau partage de ses étals entre ses entants afin de pouvoir apanager le jeune Charles; mais les autres fils de Louis-le-Débonnaire, se voyant dépouillés en partie, se révoltèrent; Judith s’enfuit dans un monastère près de Noyon. Lorsque Louis remonta sur le trône, elle revint auprès de lui, et excita de nouveaux troubles. Elle mourut vers 843. On reproche à cette femme d’avoir fait le malheur de son époux par son humeur galante et par son ambition.
JUGEMENT DE DIEU, sortes d’épreuves auxquelles on avait recours chez les anciens et dans le moyen âge pour s’assurer de l’innocence ou de la culpabilité d’un accusé. Ces épreuves , dont la nature a souvent varié , consistaient le plus souvent à plonger le bras dans un vase d’eau bouillante ou à prendre avec la main nue une barre de fer rouge; c’était ce que l’on appelait le jugement par le feu. Le jugement par la croix consistait à tenir pendant un temps donné les bras élevés en croix. On mettait aussi au nombre des jugements de Dieu les combats singuliers. Saint Louis, en n’admetlant plus que la preuve par témoins, mit fin à ces sortes de jugements où la raison et la justice étaient obligées de céder aux caprices du hasard ou à la fraude. — On les nomme aussi Ordalies.
JUGES, magistrats suprêmes des Hébreux, étaient des cliefs.électifs qui cumulaient le commandement militaire avec le pouvoir judiciaire : Héli et Samuel
y joignirent le pouvoir sacerdotal. Le gouvernement do* Ju6cj sur.céaa a celui des Anciens : ils gouvernèrent les Hébreux peu après leur entrée dans la Terre Promise et jusqu’à la création des rois (1554- 1080 avant J.-C.). Les Juges d’Israël sont : Othoniel, 1554-1614 Jephlé, 1243-1237
Ahod, 1496-1416 Abésan, 1237-1230
Débora, 1396-1366 Ahialon, 1230-1220
Gédéon, 1349-1309 Abdon, 1220-1212
Abimélech, 1309-1306 Samson, 1172-1152
Thola, 1306-1283 Héli, 1162-1112
Jaïr, 1283-1261 Samuel, 1092-1080
Pendant cette période la série des juges fut plusieurs fois interrompue par l’asservissement momentané des Juifs au joug de l’étranger. Ces interrègnes sont connus dans l’histoire sous le nom de servitudes. On en compte cinq, savoir : de 1514 À 1496, de 1416 à 1396, de 1356 à 1349, de 1261 à 1243, de 1212 à 1172. En outre, la souveraineté resta vacante pendant 20 ans (1 1 12-1092), depuis la mort d’Héli jusqu’à l’élection de Samuel.
JUGURTHA, roi de Numidie, fut élevé à la cour Je Micipsa, son oncle, qui, en mourant, partagea (119) le roy. entre lui et se3 deux fils, Adherbal et Hiempsal. Jugurtha, voulant régner seul, fit périr ses cousins; Rome, alliée de ceux-ci, envoya contre Jugurtha plusieurs généraux qui se laissèrent corrompre par son or. Enfin, après avoir été deux fois battu, par Cæcilius Métellus et par Marius, il fut livré aux Romains par son beau-père Bocchus, roi de Mauritanie, 106 av. J.-C. On le conduisit en triomphe à Rome, où il fut jeté dans un cachot, et mourut de faim. Le récit de la guerre des Romains contre Jugurtha a été écrit par Salluste.
JUHEL, duc de Bretagne. Voy. joel.
JUIF ERRANT (le), personnage fabuleux, célèbre dan» les traditions populaires. On raconte que, pendant que Jésus portait sa croix, pliant sous le faix, il voulut se reposer devant la maison d’un Juif nommé Ahasuérus ou Ashavérus, qui le chassa brutalement, et que, pour le punir, le Seigneur lui j dit ; « tu sera' errant sur la terre jusqu’à ce que
je revienne. » En effet, il se mit aussitôt à marche^ et depuis il erre éternellement sans pouvoir trouver un lieu de repos. Plusieurs écrivains onl pris cette légende pour base d’ingénieuses fictions. — Le Juif errant pourrait bien être un symbole du peuple juif, forcé depuis tant de siècles à errer loin de son pays.
JUIFS, peuple célèbre, qu’on désigne aussi sous les noms d 'Hébreux ou d Israélites. Le nom d 'Hébreu (tiré à'Heber , un des ancêtres d’Abraham) est le plus ancien ; il fut remplacé depuis Jacob par celui d 'Israélites, du mot Israël, surnom de Jacob. Le nom de Juif ( Judœus ) ne date que de la captivité de Babylone (606) il prévalut parce que les hab. du roy. de Juda furent subjugués les derniers.
I. Histoire. Le peuple juif reconnaît pour père Abraham, qui, sorti de Chaldée, entra vers l'an 2291 dans la terre de Chanaan. Après Abraham, il eut pour chef son fils Isaac , puis Jacob (ou Israël), fils d’isaac. Celui-ci eut douze fils, parmi lesquels Juda, l’ancêtre de David et du Christ. La famille de Jacob s’étant considérablement multipliée, fut bientôt divisée en douze tribus dont chacune reconnut pour fondateur un des enfants de Jacob. A la fin de sa vie , Jacob s’était fixé en Egypte, au pays de Gessen, vers 2076. Sa postérité, puissante d’abord, fut ensuite asservie et persécutée par les Pharaotis. En 1645, Moïse la délivra du joug des Égyptiens, et il se mit à la tête des Israélites pour les ramener dans le pays de Chanaan. Sous sa conduite, les Israélites passèrent la mer Rouge et errèrent 40 ans dans le désert, avant d’atteindre la Terre Promise. Moïse étant mort, Josué lui succéda en 1605 : il établit ses compatriotes dans la lerre-rruu.-.oo ot fjj du pay8 douze parts qu’il distribua aux douze tribus • Après Joeué, le gouvernement fut confié à un conseil d anciens (pendant quinze ans), puis à des juges, de 1554 à 1080 {Voy. juges) ; il devint ensuite monarchique. Les Juifs eurent pour premier roi Saül (1080) , et après lui David ( 1040 ) et Salomon (1001-962) C* trois princes établirent la domination des Hébreux sur tout l’ancien pays de Chanaan; pendant un instant leur royaume eut pour bornes l’Euphrate et la mer Rouge, sur laquelle Salomon possédait le port d’Elath. Mais en 962, à la mort de Salomon, les tribus se divisèrent, et de ce schisme naquirent deux états: le royaume de Juda, qui resta fidèle à la race de ses rois et reconnut l'autorité de Roboam, fils de Salomon; et le royaume d Israël, qui élut pour roi Jéroboam [Voy. juda et israel). Les deux royaumes, affaiblis par de perpétuelles discordes, finirent par être asservis. Le royaume d’Israël fut détruit par Salmanasar, roi d'Assyrie, 718 av. J.-C., et le royaume de Juda par Nabuchodonosor, qui en 606 emmena en captivité à Babylone une partie de» habitants, et, en 587, prit Jérusalem d’assaut, détruisit le temple, et réduisit en esclavage le plus grand nombre des Juifs. Après une captivité de 70 ans (606-536), les Juifs obtinrent de Cyrus la permission de rentrer dans Jérusalem ; depuis cette époque , ils furent gouvernés par des grands-prêtres ou grands-sacrificateurs. Après la conquête de la Perse, la Judée passa successivement sous la domination d’Alexandre (332), de Ptolémée , roi d’Egypie (320), de Séleucus Nicator, roi de Syrie (300-279 ) ; puis elle fut restituée aux rois d’Egypte (279-203), et rentra enfin sous le joug des Séleucides (203-169). Accablés de toutes sortes de vexations par le» rois de Syrie, persécutés dans leur culte, les Juifs »e soulèvent sous la conduite des Macchabées (169), et se rendent indépendants. Les Macchabées, vainqueur», reçoivent la souveraineté héréditaire, d’abord sous le titre de grands-pontifes, de 166 à 107, puis soug celui de rois, de 107 à 40 [Voy. macchabées). Des divisions survenues dans la famille royale amènent.
JUIF
l'an 65 a*. J -C., une intervention des Romains, j qui bientôt prennent la plus grande influence. ' Protégé par eux, Hérode se place sur ie trône des Macchabées (40ansav. J.-C.) : c’est sous son règne 1 que naît le sauveur du «nonde. Après sa mort, la Palestine est distribuée entre ses fils et divisée en 4 parllesdïteste'trarchies (Judée, Galilée, Batanée,Iturée); mais, au bout de peu d’années, les Romains envoient dans le pays un procurateur qui gouverne en leur nom, et bientôt ils sont les seuls maîtres. Les Juifs, supportant impatiemment le joug, se révoltèrent plusieurs fois ; l’an 70 de J.-C., Titus s’empara de Jérusalem après une guerre de plusieurs années et un siège meurtrier de sept mois; enfln, à la suite d’une dernière révolte, la ville fut prise de nouveau sous Adrien, l’an 135 : les Juifs furent en grande partie exterminés; ce qui restait fut à jamais chassé de Jérusalem. Depuis, les Juifs n’ont plus formé un corps de nation, et ils se sont répandus sur toute la terre. Lorsque le christianisme fut devenu la religion de l’empire, leur sort ne fit qu’empirer. En 418, le service militaire leur fut interdit et on voulut les contraindre à recevoir le baptême; l’empereur Héraclius, en 610, lança contre eux de nouvelles et terribles ordonnances. Ils furent moins maltraités par l’islamisme. Sous le règne des califes, les juifs d’Asie, d’Afrique et d’Espagne purent en paix se livrer au commerce et cultiver les lettres et les sciences. Dans l’Europe chrétienne, au contraire, surtout au temps des croisades, ils eurent à subir toutes sortes de persécutions; ils se virent même à différentes époques forcés d’acheter à prix d'or le droit de vivre et de commercer; on Ipim- nt ^urier des marques distinctives sur leurs habits (depuis le xme sièele). on les relégua dans des quartiers séparés (depuis le xv«). En même temps on les frappait de contributions énormes. Chassés de l’Angleterre en 1290, du midi de la France en 1395, d’Espagne et de Sicile en 1492, ils parvinr. presque toujours à se faire rappeler en payant des sommes immenses. En Allemagne ils étaient la propriété des empereurs ou des seigneurs, qui les imposaient, les vendaient, les mettaient en gage à leur gré. L’établissement de l’inquisition ranima encore contre eux les persécutions, surtout dans les états soumis à la domination espagnole; cependant les Juifs obtinrent quelque repos à dater du xvi* siècle. En France ils furent admis à Bayonne et à Bordeaux dès 1550. En 1784 ils furent exemptés de la capitation à laquelle ils étaient auparavant soumis; en 1791 l’Assemblée constituante, sur la proposition de Grégoire, leur accorda l’égalité des droits; depuis 1831, les ministres de leur culte sont, comme ceux des autres religions, payés par l’état. La plupart des états de l’Europe, suivant l'exemple de la France, ont adouci le sort des Juifs ; cependant ils sont encore exclus de l’Espagne, du Portugal, et d’une grande partie de la Russie. — Les Juifs sont répandus dans les quatre parties du monde ; ils sorxt surtout très nombreux en Allemagne, en Pologne, dans le nord de l’Afrique, particulièrement dans l’Algérie. Quoique mêlés depuis dix-huit siècles à tant de nations diverses, ils ont conservé, non seulement leur religion et leurs usages, mais un certain type national, dont les traits les plus saillants sont des cheveux roux et un nez aquilin.
II. Mœurs , littérature , relujion. Les Juifs appartiennent à la race sémitique, ainsi que le prouve leur langue, qui est voisine de l’arabe, du syriaque et du chaldéen. Leur vie primitive fut patriarcale, pastorale, nomade peut-être (au moins dans le désert, entre la sortie d’Egypte et l’entrée dans la Terre Promise). D’après la Bible, ils avaient beaucoup de vices, et ils y joignaient la superstition, le penchant 5 l’idolâtrie , l’esprit de discorde, de révolte. Quand