‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 571 sur 1261 · KANT — 947 — KANT · texte numérisé non relu

KANT — 947 — KANT

On y trouve de nombreux kangourous. Découverte par Flinders; visitée en 1803 par Baudin qui la nomma j le Decrès , en l’honneur du vice-amiral de ee nom.

KANGRAH , dite aussi Nagorkote , ville de la Confédération des Seikhs (Lahore) , sur une montagne, près du Ravi. Chàteau-fort dit Kote-Kangrah.

KAN1TZ, ville de Moravie. Voy. kaunitz.

KAN-KIANG, riv. de Chine, naît dans la partie mérid. de la prov. de Kian-si, coule à l’E., puis au N., et tombe dans le lac Poyang. Cours, 600 kil.

KANO ou GIIANAT, vilie de Nigritie, eapitale de l’état de Haoussa, à 149 kil. S. E, de Cachena, par 12° lat. N., 7° long. E.; 32,000 hab. de population permanente : 25 kil. détour; 15 portes en bois; maisons en pisé, d’aspect mauresque ; marché bien pourvu d’articles d’Europe. Etoffes de coton. Entrepôt du commerce de toute l’Afrique centrale. — Du temps d’Edrisi cette ville était îa résidence du plus puissant roi de l’Afrique.

KANOBIN, Cænobium en latin moderne, ville de Syrie (Tripo)i), à 44 kil. S. E. de Tripoli, sur le Nahr-Kadès, a été souvent la résidence du patriarche des Maronites.

KANODGEou CANOUGE ( Calinapaxa de Pline?), ville de l’Inde anglaiee (Calcutta), à 191 kil. E. d’Agra, sur le Cally-Neddy, et non loin du Gange, avec lequel elle communique par un canal. Longue rue de 9 kil. ; vastes ruines. Kanodge était très importante jadis. Elle se rendit en 1018 à Mahmoud-le-Gaznévide ; après le départ du conquérant, les radjahs du Delhy surprirent la ville et la saccagèrent. Elle ne s’est point rpJ«v<5" <*clmis.

KANSA, Drinca indien , rival de Krichna, est une incarnation de Siva. Voy . krichna et siva.

KANSAS, riv. des États-Unis (Missouri), a sa

urce entre l'Arkansas et la Platte et s’unit au Mis- .ouri par la rive droite après un cours de 630 kit. Elle donne son nom à un territoire formé en 1855.

KAN-SOU, prov. de Chine au N O., formée de la partie occid. du Chen-si, et d’une partie de la Petite-Boukharie : 2,000 kil. sur 900; 6,400,000 hab. Ch.-l., Lan-tcheou. Montagnes qui renferment des mines d’or et de mercure ; marbre , sel , etc. Le Hoang-ho traverse cette province. Riz et autres grains. — Le Kan-sou se divise en 9 départements (Lan-tcheou, Koung-tchang, Phing-liang, Kingyang, Ning-hia, Kan-tcheou, Liang-tcheou , Sining, Tchin-si).

KANSOU ou KANSOUL-EL-GHAURY , sultan d’Egypte, l’avant-dernier de la dynastie des Mamelouks bordjites, fut proclamé l’an 1501 de J.-C. à la suite d’une révolte. Il avait d’abord été esclave et était âgé de 60 ans lorsqu’il monta sur le trône ; il s’unit à Venise contre l’établissement des Portugais en Inde, apaisa des révoltes intérieures, et régna jusqu’en 1516, époque à laquelle l’empereur des Turcs Sélim I envahit la Syrie. Kansou fut vaincu et tué dans la plaine de Mardj-Dabek près d’ Alep (1516).

KANT (Emmanuel), célèbre philosophe allemand, né en 1724 à Kœnigsberg, était fils d’un sellier. 11 étudia à l’université de Kœnigsberg et parcourut en peu d’années le cercle presque entier des connaissances humaines ; il resta néanmoins longtemps obscur et pauvre, et fut pendant quinze ans simple répétiteur. Il obtint en 1770 la chaire de logique et de métaphysique à l’université de Kœnigsberg, devint en 1786 recteur de cette université, et fut reçu en 1787 à l’Académie de Berlin. Il mourut en 1804 dans sa ville natale, dont il n’était, dit-on, jamais sorti. Kant est l’auteur d’un système qui faitépoque et qui a opéré en philosophie une véritable révolution. 11 se propose de soumettre à la critique toutes les connaissances humaines: d où sa doctrine a pris le nom de criticisme. Pour cela, il distingue dans nos connaissances deux parts, 1 une qui app^iéSRt

aux objets de la pensée et qui nous est donnée pai

1 expérience : c’est ce qu’il nomme la madère, l’o^ jectif; l’autre qui appartient au sujet pensant et que l’esprit tire de son propre fond pour l’ajouter aux données de l’expérience : c’est la forme , le subjectif. La raison applique la forme à la matière comme le cachet donne son empreinte à la cire, puis elle croit voir comme existant dans les choses ce qui n’est réellement qu’en elle-même. Kant fait le dénombrement de ces formes qui sont inhérentes à la raison humaine , et qu’il nomme indifféremment idées a priori, idées pures , catégories ; à leur tête il place les idées de temps, d’espace, de substance, de cause, d’unité, d’existence, etc. Se demandant ensuite quelle est la valeur de nos connaissances et si nous pouvons légitimement passer du sujet à l’objet, il déclare que nous ne pouvons connaître directement que ce qui nous est donné par l’expérience , que tout le reste est simplement un objet de foi ou de croyance, et qu’ainsi nos idéeB d’âme, d’univers, de Dieu, n’ont aucune certitude objective. Cependant, par une heureuse contradiction, il accorde en morale à la raison humaine une autorité qu’il lui refuse en métaphysique; là il croit à la liberté, à la loi impérative du devoir, à la nécessité d’une harmonie entre le bonheur et la vertu, et il se trouve ainsi conduit à rétablir comme indubitables les vérités qui sont impliquées dans celleslà, l’existence de Dieu et l’immortalité de l’âme. En morale, ce philosophe enseigne une doctrine rigide, fondée sur l’idée du bien absolu, et qui rappelle le stoïcisme. Kant a laissé un grand nombre d’ouvrages qui se rapportent, les uns à la philosophie , jns autres à différentes sciences. Ses ouvrages philosophiques les plus importants sont : orui^uc d ,

la raison pure, Riga, 1781-1787, etc. (c’est là que se trouve exposé son système sur l’origine et la légitimité de nos connaissances); Prolégomènes ou Traité préliminaire à toute métaphysique , 1788 ; Base d'une métaphysique des mœurs , 1784 ; Principes métaphysiques de la science de la nature , 1786; Critique de la raison pratique , 1787 (c’est là que se trouve son système de morale) ; Essai d'anthropologie, 1788 ; Critique du jugement (où il traite du beau et du sublime), 1790; la Religion d'accord aiec la raison, 1793 ; Essai philosophique sur la paix perpétuelle, 1795; Principes métaphysiques de là science du droit, 1796; Principes métaphysiques de la morale , 1797. On a en outre extrait de ses manuscrits un Manuel de logique, 1801 , et un Traité de Pédagogie, 1803. Ses ouvrages scientifiques sont : Pensées sur la véritable évaluation des forces vives, 1746 ; Histoire naturelle du monde et théorie du ciel d'après les principes de Newton, 1 7 55 ; Théorie des vents, 1759; Nouvelle théorie du mouvement et du repos des corps , 1758; Essai sur les quantités négatives en philosophie, 1763; Précis de géographie (posthume), 1802. — On reproche àKani un langage obscur, une terminologie barbare. Son système offre incontestablement des vues neuves et profondes; mais il aconduitplus.de ses disciples àde déplorables conséquences, au scepticisme, à l’idéalime ou au panthéisme; la Critique de la raison pur est condamnée à Rome. Ses œuvres on tété réunies pa î Tieftrunck,4 v. in-8, Halle, 1799-1807, et par Rosen cranz, 10 v. in-8, Berlin, 1838 et ann. suiv. Ses ouvr . philosoph.ont été trad. en lat. par F. -G. Born,Leips. 1796-98, 4 vol. in-4. Ch. Villers a le premier fait cou naître son système en France en publiant la Philosophie de Kant, 2 vol. in-8, Metz, 1801. M. Tissot a traduit la Critique de la raison pure, Paris 1 836,

2 vol. in-8 ; les Principes métaphysiques de la morale , 1830: les Principes métaphysiques du droit, ,837 M.Veylandatrad.rEwai sur le Beau, 1823. On doit à M. Cousin une exposition de la Philosophie di Vant ef ’i’M .1 Rulli umj trad.compl. de ses Œuvres.

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