‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 651 sur 1261 · LOUI — 1069 — LOUI · texte numérisé non relu

LOUI — 1069 — LOUI

rendit de sages lois. En 1665, Philippe IV, père de a reine, étant mort, Louis demanda la Flandre et la Franche-Comté, comme indemnité de la dot de sa femme, qui n’avait jamais été payée ; sur le refus qu’on fit de les lui livrer, il marcha sur la Flandre «ont il prit toutes les villes en une campagne ; il conquit plus rapidement encore, l’année suivante, ia Franche-Comté. La Hollande étant venue alors au secours de l'Espagne, Louis se vit obligé de conclure avec celte dernière puissance la paix d'Aixla-Chapelle (1668; ; par ce traité, il abandonnait la Franche-Comté. Pendant le temps de repos qui suivit, les Invalides furent bâtis, et le roi fonda les manufactures des Gobelins et de la Savonnerie. En 1672, la guerre fut déclarée aux Hollandais, qui s’étaient précédemment joints aux ennemis de, la France, et la campagne fut ouverte avec succès par le roi en personne, suivi de Turenne et de Condé. C’est au début de cette campagne qu’eut lieu le célèbre passage du Rhin. L’Espagne, l’empereur et l’électeur de Brandebourg, que la puissance du monarque français épouvantait, se liguèrent contre lui. Louis s’empara de nouveau de la Franche-Comté; Turenne entra dans le Palatinat qu’il mit à feu et à sang; Schomberg battit les Espagnols dans le Roussillon ; Condé défit le prince d'Orange à Senef ; Duquesne gagna deux batailles navales contre Ruyter, qui périt dans la dernière. Louis XIV offrit alors la paix et signa le traité de Nimègue (1678). Alger fut bombardé en 1682, pour avoir insulté le pavillon français, et Gênes dut également s’humilier devant le grand roi (1685). Mais la révocation de l’édit de Nantes (1685) vint interrompre le cours de tant de prospérités : cet acte de rigueur fit sortir de France une foule de familles qui portèrent chez l’étranger leur industrie. Peu après se forma la ligue d’Augsbourg, par laquelle l’Empire, l’Espagne, l’Angleterre, la Hollande se coalisèrent contre la France.' La campagne s’ouvrit par des succès que contrebalança la perte de la bataille navale de la Hogue. Les années 1692, 93 et 94 furent signalées par la prise de Namur et les victoires de Steinkerque, de Nerwinde et de la Marsaille ; mais Namur fut reprise par Guillaume à la fin de 1694 , et lasses d’hostilités inutiles, les puissances belligérantes conclurent le traité de Ryswyk (1697), qui fit rentrer la France dans ses anciennes limites. La mort de Charles II, roi d’Espagne, qui laissait sa couronne à Philippe de France, duc d’Anjou, alluma une nouvelle guerre, dite de la Succession (1700). Les premières années furent mêlées de reverset de succès ; mais en 1704, les Français furent battus à Hochstett, en 1706 à Ramillies. La France était à deux doigts de sa perte. Enfin, en 1707, Berwick gagna en Espagne la victoire signalée d’Almanza, et Duguay-Trouin battit les flottes ennemies dans plusieurs rencontres. Cependant Louis XIV, ayant éprouvé quelques revers l'année suivante, demanda la paix ; on ne lui fit que des réponses dures et humiliantes, el il se vit forcé de continuer la guerre ; elle ne fut pa3 heureuse : Marlborough et le prince Eugène battirent Villars à Malplaquet (1709). Tout semblait perdu lorsque Vendôme gagna la victoire de Villaviciosa, qui rendit le trône d’Espagne à Philippe (1710), et peu après, Villars , prenant sa revanche, remporta celle de Denain qui amena la paix d’Utrecht (1713). Louis mourut deux ans après, le 1er septembre 1715, laissant la couronne a son arrière-petit-fils, Louis XV, qui n’était âgé que de cinq ans. 11 avait perdu peu auparavant son fils, ditle Grand-Dauphin, et son petit-fils, le duc de Bourgogne. — Le règne de Louis XIV est l’époque la plus brillante de la monarchie; sous ce prince, la gloire des lettres, des arts et du commerce s’unit la gloire des armes. C’est alors qu’ont brillé

Condé, Turenne etVauban, DuquesneetDumav' Trou m Colbert et Louvois; Corneille, Racine Molière, La Fontaine, Boileau, Bossuet et Fénelon - Lebrun, Lesueur, Girardon, Puget et Perrault. C’est alors que s’élevèrent le palais de Versailles 1661) hôtel des Invalid 5S (1670) , etc. Louis XIV avait toutes les qualités d un grand roi : noble, généreux, braye, ferme, ami des lettres et des arts , il joignait à c et qualités une figure belle et majestueuse; mais il aima trop la gueüTê, le faste et les plaisirs ; il eut un grand nomb.e de maîtresses dont les plus célèb sont Mmesde La Vallière, de Montespan, Fontanges. Quant à Mme de Maintenon, il s’était uni à elle par un mariage secret. L. XIV prit une gr. part aux aff. ecclésiast.de son temps ; il révoqua l’édit de Nantes (lG85),et exerça contre les Protestants de grandes rigueurs ; les jansénistes ne furent pas non plus épargnés. Entre les ouvrage» qui ont été écrits sur ce règne, on distingue surtout : le Siècle de Louis XIV , par Voltaire ; V Histoire de Louis XIV , par Pélisson ; V Essai sur l'établissement monarchique de Louis XIV, par Lémontey. On a de ce roi quelques écrits, qui ont été publiés en 1806, sous le titre à’ Œuvres de Louis XIV ; on y remarque les Instructions qu’il rédigea pour le dauphin et le roi d’Espagne.

louis xv, arrière-petit-fils de Louis XIV et fil» du duc de Bourgogne, né à Fontainebleau en 1710, fut déclaré roi en 1715, sous la régence de Philippe, duc d’Orléans, et eut Fleury pour précepteur. Devenu majeur en 1723, Louis conserva le régent pour premier ministre et reçut de lui pendant quelques mois d’utiles leçons de gouvernement. Philippe étant mort subitement à la fin de 1723, ie due de Bourbon lui succéda au pouvoir; ce prince ne signala son ministère de deux ans que par un édit impolitique qui proscrivait de nouveau les Protestants, et par le mariage du jeune roi avec Marie Leczinska, fille de Stanislas, roi de Pologne. Le cardinal de Fleury fut appelé aux affaires en 1726, et parvint un instant, par une sage économie, à rétablir l’ordre dans les finances Stanislas ayant été en 1735 forcé, malgré les secours donnés par la France, d’abandonner son trône de Pologne, Fleury fit céder à ce prince par l’Autriche le duché d« Lorraine, en stipulant qu’à la mort de Stanislas cette province reviendrait à la France. Après la mort de l’empereur Charles VI (1740), sa succession fut vivement disputée. Louis XV se déclara pour Charles-Albert, électeur de Bavière, contre la fille de l’empereur, Marie-Thérèse, et parvint même à le faire nommer empereur sous le nom de Charles VII ; mais la perte de la bataille de Dettingen détruisit toutes les espérances du protégé et du protecteur (1743). Cependant, Louis, animé, diton, par les conseils de la duchesse de Châteauroux, sa maîtresse, va attaquer en personne les possessions autrichiennes dans les Pays-Bas, prend plusieurs places fortes, et court en Alsace s’opposer au due Charles de Lorraine ; mais il tombe gravement malade à Metz. Cette maladie excita les alarmes universelles, el lorsque le roi eut été sauvé, comme par miracle, il reçut de son peuple le beau nom de Bien-Aimé. Les batailles de Fontenoy (1745), de Raucoux (1746), remportées en Flandre sur les Impériaux et les alliés, ajoutèrent à la supériorité de nos armc3 ; mais dans le même temps nos affaires

étaient dans le plus mauvais état en Italie. La bataille de Plaisance , perdue par le maréchal de Maillebois (1746), força les Français à repasser les Alpes. Alors fut signée la seconde paix d’Aix-la- Chapelle f 1748), par laquelle la France rendit toutes ses conquêtes. En 1756 commença la fameuse guerre de Sept-Ans ( Voy . ce mot), guerre si désastreuse pour la France, et dont le principal événement est la sanglante défaite essuyée par les Français à Rosbach, en 1757. La guerre continua jusqu’à l’année

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