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LUNA — 1081 — LUNE

en Italie, en Espagne, plusieurs collèges pour l’étude des langues orientales et du grand art; niais, n’obtenant pas des souverains les moyens d’accomplir la croisade pacifique qu’il avait méditée, il résolut d’aller travailler seul à la conversion des infidèles. 11 fit dans ce but trois voyages : il alla dans le premier à Tunis (1292), dans le second à Bone et à Alger (1305); dans le troisième, il retourna à Tunis (1315), étant âgé de 80 ans. 11 avait déjà obtenu quelques succès, mais en courant les plus grands dangers; à son dernier voyage, il fut lapidé par les habitants de Tunis et laissé pour mort sur la place; un vaisseau génois le recueillit expirant, et le conduisit à Majorque où il fut inhumé. Ses compatriotes lui décernèrent la couronne de martyr. Les uns regardent R. Lulle comme un saint et un inspiré ; d’autre3, comme un insensé et un hérétique. Cet auteur a laissé un nombre prodigieux d ouvrages, que quelques-uns portent à plus de 1,000. Les principaux sont : Ars generalis site magna quarumcumque ariium et scientiarum asseculrix et clavigera , comprenant: Ars demonsiraiiva , Ars inventiva , Ars exposiliva ; Arbor scientiœ ; Ars brevis ; Libri XII contra Averroïstas ; Logica nova. Lulle a enoutre écrit sur la théologie, lagrammaire, la mnémonique, les mathématiques, la physique ; on lui attribue aussi des écrits sur la cabale et la magie. Le recueil le plus complet de 3es œuvres a été publié par Bucholius et Salzinger à Mayence, 1721, 10 vol. in-fol. L’art de Lulle, après avoir régné pendant près de quatre siècles, a été condamné, depuis la régénération de la philosophie, par les -esprits les plus sages, comme substituant les mots aux choses, et ne servant qu’à faire discourir sans jugement de ce qu’on ne savait pas. M. de Gérando a lu en 1814 et 1819 à l’Académie des Inscriptions trois notices excellentes sur la vie, les écrits et le grand art de Raymond Lulle.

LULU (J.-B. ), célèbre musicien du siècle de Louis XIV, né à Florence en 1633, mort en 1687, vint à Paris dès l’âge de 13 ans et y resta jusqu’à sa mort. Il se fit d’abord remarquer par son talent sur le violon, puis se livra avec le plus grand succès à la composition ; fut nommé en 1661 surintendant de la musique du roi, et obtint en 1672 le privilège de l’Académie royale de musique ; c’est de cette époque que date la prospérité de cet établissement. Lulli composa en quinze ans dix-neuf grands opéras, dont les paroles étaient le plus souvent fournies par Quinault ( Voy . ce nom). C’est lui qui composait la musique des ballets et intermèdes qu’on jouait à la cour; on lui doit la partie chantante et dansante de plusieurs des pièces de Molière* le Bourgeois gentilhomme , le Malade imaginaire, etc. Il excellait, également dans la musique religieuse. La musique de Lulli, qui eut tant de succès dans son temps, paraît aujourd'hui froide et sans caractère.

LUMBRES, ch.-l. de cant. (Pas-de-Calais), à 11 kil. S. O. de Saint-Omer; 800 hab.

LUMELLO, ville des États sardes (Novare), à 24 kil. N. O. de Voghera; 3,60» > hab.

LUNA, auj. Lunt ou Lunegiano,v. marit. de Pane. Etrurie, au N., sur la Macra, le meilleur port et le plus riche marché du pays. Aux env., vins excellents, beaux marbres. Prise en 867 par le Normand Hasting qui, en y entrant, s’imaginait avoir pris Rome.

luna, bourg d’Espagne (Saragosse), à 50 kil. N. de Saragosse; 1,300 hab. Patrie de l’anti-pape Pierre de Lune (Benoit XI II).

LUNA (don alvarez de), ministre et favori de jean II, roi de Castille, fut nommé connétable par ce prince en 1423. Il se rendit odieux au peuple par ses exactions, et aux grands par sa hauteur. Ceux-ci le firent chasser deux fois de la cour, et deux fois il fut rappelé. Enfin le grand-trésorier

de Castille, don Alphonse de Vivars, ayant été assassiné, les ennemis d’Alvarez de Luna vinrent à bout de le faire condamner comme auteur de ce meurtre; on l’accusait aussi de plusieurs autres crimes, entre autres d’avoir reçu de l’argent des Maures pour empêcher le siège de Grenade. Il fut décapité à Valladolid en 1453.

LUNAS, ch.-l. de cant. (Hérault), à 10 kil. S. O. de Lodève ; 1 ,000 bab. Mines de cuivre et de plomb argentifère.

LUNl) ou LUNDEN, ville de Suède (Malmœhus), à 58 kil. S. O. de Christ ianstad, par 10° 52’ long. K., 55° 42’ lat. N.; 3,250 hab. Evêché. Université. Cathédrale. Bibliothèque, jardin botanique, musée, collection de médailles, minéraux, etc. Société physiographique. Assez d’industrie. — Bataille saiK glanle entre les Danois et les Suédois en 1675.

LUN E ( montagnes de la ) , en arabe el-Kamar ou al-Kumr, chaîne de mont, de l’Afrique centrale, au S. E. de la Nigritie, au S. du Darfour, s’étend de l’E. à LO., sur un espace considérable et dans des pays totalement inconnus. Ces montagnes se rattachent probablement vers LE. aux monts d’Abyssinie ; mais on ignore si à LO. elles vont rejoindre les monts Kong. C’est de leur versant septentrional que descend le Bahr-el-Abiad, une des branches qui forment le Nil.

LUNE, ville d'Italie ; — d’Espagne. Voy. luna.

LUNE (pierre de), antipape. Voy. benoît xhi.

LUNEAU DE BOISJERMA1N, né en 1732 à Issoudun , mort en 1801, entra d’abord chez les Jésuites, les quitta pour se livrer à l’enseignement, et fit à Paris des cours de grammaire , d’histoire et de géographie qui réussirent. Il, se mit ensuite à faire des livres et les vendit lui-même, ce qui lui suscita avec les libraires un procès dans lequel il succomba. On a de lui une édition de Racine avec une Vie et un Commentaire estimé, 1768, 7 vol. in-8 ; des Cours de langues italienne , anglaise, latine (1783-89), qui se composent de versions interlinéaires d’après la méthode de Dumarsais et de Radonvilliers.

LUNEBOURG, ville murée de Hanovre, sur l’Hmenau, ch.-l. de la principauté de Lunebourg, à 105 kil. N. E. d’Hanovre; 12,000 hab. Château royai. Académie, gymnase. Industrie, commerce, surtout en sel et en chevaux. — Jadis ville hanséati** que et impériale ; ch.-l. du dép. de l’Elbe-lnférieur, dans l’anc. royaume (français) deWestphalie.

lunebourg (principauté de), un des gouvernements du roy. de Hanovre, borné au N. par le Holstein, le Lauenbourg et le territoire de Hambourg , à LE. par le Mecklembourg-Sehwérin et la Saxe prussienne, au S. par le duché de Brunswick et le gouvernement d’Hildesheim, à LO. par les gouvernements de Hanovre et de Stade : 130 kil. sur 90; 270,000 hab. Ch.-l., Lunebourg. Sol plat et marécageux. Beaucoup de rivières, blé, sarrazin, houblon, chanvre; pâturages ; abeilles, etc. Lainages et toiles. — La principauté de Lunebourg portait jadis le titre de duché et eut longtemps des ducs particuliers, de la maison de Brunswick; mais elle fut réunie au Hanovre en 1692, lorsque Ernest-Auguste, duc de Brunswick- Lunebourg, eut été nommé électeur de'Hanovre De 1807 à 1810, elle fut comprise dans le roy. (français) de Westphalie et y fut répartie entre les dép. de l’Aller, de l’Elbe inférieur, et du Nord ; en 1810, elle fut réunie à l’empire français et fit partie des dép. des Bouches-de-l’Elbe et des Bouchesdu-Weser. En 1814, elle entra dans le roy. de Hanovre, et recul le titre de gouvernement en 1823.

LUNEGIANE, contrée d’Italie, longtemps à la Toscane, au duc de Modène depuis 1847, enclavée entre les États Sardes , les duchés de Parme et d? Modène, comprend les vicariats de Pontre-

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