‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 669 sur 1261 · MAGN · texte numérisé non relu

MAGN

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dans son palais II possédait la connaissance la plus complète des principales collections de l’Europe. Magliabecchi n’a laissé d’autre ouvrage qu’un Catalogue des manuscrits orientaux de la bibliothèque Médicis , mais il a rendu de grands services aux savants en publiant de précieux manuscrits cachés dans ja bibliothèque Laurentienne à Florence. On a imprimé diverses parties de sa correspondance avec les savants étrangers, Florence, 1745. Il légua en mourant sa propre bibliothèque à la ville de Florence ; elle y est connue sous le nom de Magliabecchiana.

MAGLOIRE (saint), né au pays de Galles, vivait au VI* siècle. Il embrassa la vie monastique dans son pays, puis se ûxa en France, et devint évêque en Bretagne. Il fonda un monastère à Jersey et y mourut en 575, à 80 ans. On le fête le 24 octobre.

MAGNAC-LAVAL, ch.-l. de canton (H. -Vienne), à 6 k. N. E. deBellac; 3,435 h. Collège. Jadis ch.-l. d’une baronnie, érigée en duché en 1723.

MAGNATS, nom donné en Hongrie (et quelquefois en Pologne^ à la haute noblesse, tels que : les barons du St-Empire ou comtes palatins, les conseillers auliques, les gouverneurs de Croatie, de Dalmatie, d’Esclavonie, le trésorier et les principaux fonctionnaires de la cour. Autrefois la dignité de magnat représentait une puissance réelle; aujourd’hui ce n’est plus qu’un titre honorifique.

MAGNE, pays de Grèce. Voy . ma’ïna.

MAGNEN (Jean-Chrysostôme), Maynenus, médecin, né à Luxeuil (Bourgogne) au commencement du XVII* siècle, se rendit en Italie, et obtint une chaire de médecine à Pavie; il y professa aussi la philosophie. Magnen est mort vers 1661 à Paris, où il était venu à la suite d'un ambassadeur étranger. On lui reproche d’avoir trop accordé à 1 astrologie. Ses écrits sont : Democritus revivi&cens , sive de Atomis , etc., Pavie, 1646, in-4; De Tubaco, Pavie, 1648, in-4; De Manna, Pavie, 1648, in-8.

MAGNENCE, Flavius Magnentius , tyran, né en Germanie; fait prisonnier fort jeune, il prit du service chez les Romains, et devint capitaine des gardes de l’empereur Constant. Profitant de l’indolence de ce prince, il revêtit la pourpre à Augustodunum (Autun) en 349, et battit Constant qui périt dans sa fuite (350) ; marchant de lâ sur Rome, il y défit et tua Népotien, autre usurpateur, et proposa à Constance II de le reconnaître emp. d’Occident. Celui-ci pour toute réponse marcha contre lui , ie battit àMursa sur laDrave en lllyrie et le contraignit à prendre la fuite. Magnence, voyant ses affaires désespérées , se donna la mort à Lyon en 353.

MAGNÉSIE, Magnesia , contrée de Thessalie, au S. E., entre le golfe Pagasétique et la mer de Thrace, se terminait par une presqu’île qui s’avançait dans la mer Egée, vers l’Eubée; ch.-l., Démétriade. Le pays tirait son nom d’une ville de Magnésie, située sur la côte E.

magnésie, nom commun à plusieurs villes de l’antiquité, parmi lesquelles: 1 6 Magnesia ad Mœandrum, aujourd’hui Ghuzel tlissar ou lenibazar, en Lydie, à l’0. de Tralles, colonie des Magnésiens de Thessalie; 2° Magnesia ad Sipylurn , aujourd’hui Manika ou Ma7isa , aussi en Lydie, au pied du Sipyle, et sur l’Hermus, colonie magnésienne comme la première; elle est célèbre par la victoire de Scipion l’Asiatique sur Antiochus, l’an 190 av. J.-C. — On trouvait de l’aimant auprès de ces villes : c’est de là, dit-on, que l’aimant a été nommé magnes; selon d’autres, au contraire, ces villes auraient pris leur nom du mot magnes , nom grec de l’aimant.

MAGNOL (P.), médecin et botaniste français, né à Montpellier en 1638, mort en 1715, fut professeur au jardir. royal de sa ville natale. On a de lui : llotanicum Monspeliense , sive Plantarum... index , Lyon, 1676 ; Peodromus historien generalis planta rum} 1689; hoi tus eç>}'us Monspeliensisj 1697 4 No-

MAGO

tuu? Char acier plantarum, 1720, ouvrage posthume, i i limier avait appelé Maynolia un genre de plantes que Jussieu a nommé depuis Talama; Linné a donné le nom de Maqnolia à un genre d’arbres de

I Amérique qui fait auj. l'ornement de nos jardins. C’est à M. qu’on doit la lre idée des*familles botaniq.

MAGNUM prom. (c.-à-d. grand cap), nom de plusieurs caps chez les anciens, notamment le cap Patani ou cap de Bragu actuel, prom. de l’Inde au-delà du Gange ; il formait l’entrée occidentale du Magnus sinus; — le cap Rocca di Sintra, en Lusitanie, au N. O. d’Olisippo (Lisbonne).

MAGNUS 1, surnommé Ladulos, roi de Suède, né en 1240, mort en 1290, était le deuxième fils de Birger, et monta sur le trône au préjudice de son frère aîné, qu’il condamnaàuneprisonperpét.,1275.

II fit des lois contre les voleurs et assura si bien le respect des propriétés qu’on le surnomma la Serrure des granges (c’est ce que veut dire ladulos)

magnus H, surnommé Smek (le Trompé ), roi de Suède, fils du duc Eric, né en 1316, suce. dès 1319 à Birger, fils de Ladulos, à l’âge de 4 ans, et fut obligé de céder ses états, en 1363, au duc Albert de Mecklembourg. 11 mourut en Norwége en 1374.

magnus, dit le Bon, roi de Norwége et de Danemark, fils de saint Olaüs, remplaça Suénon sur le trône de Norwége en 1036, et succéda en 1042 à Canut III, roi de Danemark. Il mourut en 1047, laissant le Danemark à Suénon et la Norwége à llarald. Magnus avait composé pour îa Norwége un Code de lois qui n’existe plus. — Après lui, cinq autres princes du nom de Magnus régnèrent sur la Norwége (Voy. norwége); le plus connu est :

magnus vil. surnommé le Législateur, fils de Haquin VI , lui succéda en 1 263, et eut un règne glorieux et paisible. Il mourut en 1280.

magnus, fils de Christian 111 , roi de Danemark, rié en 1540, fut proclamé roi par les Livoniens, fatigués du joug oppresseur des chevaliers teutoniques (1570). 11 fut dépouillé par les Polonais de ses possessions les plus importantes, et mourut abandonné et méprisé de ses sujets, en 1583.

magnus (Jean), archevêque d'Upsal, né à Linkœping en 1188, mort à Home en 1544, s’opposa au projet conçu par Gustave Wasa d’introduire la réforme en Suède; mais n’ayant pu réussir, il se retira à Borne. On a de lui : Gothorum Suenonumquc Historia, etc., Rome, 1554, in-fol.; Bâle, 1558, in-8; et IJistoria metropolilanœ ecclesiœ Vpsalensis, etc.

magnus (Olaüs), frère du précédent, fut nommé archevêque d’Upsal sans pouvoir prendre possession de cette dignité, et mourut au monastère de Sainte-Brigitte à Rome en 1568. On lui doit : Historia de geniibus septentrionalibus, etc., Rome, 1555, in-fol.; Tabula terrarurn septenirionalium, 1639. magnus (Jacobus) , écrivain. Voy. legrand. MAGNUS POBTUS (Grand port), ville de la Bretagne romaine, chez les Belges, auj. Portsmouth; — ville de la Mauritanie Césarienne, la même qu ’Arsenaria, auj. Arzew, au S. O. de Cartonna, sur la mer; — ville et port d’Hispame, auj. La Corogne.

MAGNY,, ch.-l. de cant. (Seine-et-Oise) , à 18 kil. N. de Mantes; 1,500 hab. Tanneries.

MAGON, illustre famille carthaginoise, qui faisait partie de la faction barcine et de laquelle sortit Ànnibal. Plusieurs Magon furent su f fêtes, généraux ou amiraux; l’un d’eux conquit les îles Baléares vers l’an 702 av. J. -G., et y fonda te port qui est encore appelé de son nom Port-Mahon (Portus Magonis). — Un autre , surnommé Barcée, conquit une partie de la Sicile et battit Denys-le-Tyran àCronium l’an 382 ; il fut sur le point de s’emparer de Syracuse ; mais il se laissa battre honteusement par Timoléon, et prit la fuite (344); il allait être condamné à mort pour ce fait lorsqu il se tua. — Le plus célèbre personnage de ce nom est un frère

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d'Annibal qui eut une grande part au gain de la bataille de Cannes, 216 av. J.-C.; il se soutint quelque temps en Espagne contre Scipion, s'empara del’ile Minorque et y fortiûa le Porius Magonis, qu’avait fondé un de ses ancêtres. Il fut battu dans 1 Insubrie par Quinlilius Varus, et périt peu après d’une blessure reçue dans la bataille, 203 av. J.-C.

MAGONIS portos. Voy. mahon (port).

MAC RA, riv. d’Italie, anciennement la macra.

MAGRADA, fleuve d’Hispanie, auj. la bidassoa, ou peut-être I’urumea.

MAGUELONE, Magalona, petite île de b rance (Hérault), dans l’étang de Thau, à 6 kil. S. de Montpellier, avec un village (jadis ville épiscopah ; ruinée en 737 par Charles-Martel )• L eveché, longtemps célèbre, a été transféré à Montpellier.

MAGUNT1A, auj. Mayence. Voy. moguntiacum

MAHA BHARATA, grande épopée indienne, com posée en langue sanscrite par le poète Vyasa (7oy. et nom). Le poète y raconte les guerres de Kourous (ou Koravas) et des Pandous (ou Pandavas), et les exploits de Krichnaet d’Ardjouna. Elle se compose de 18 livres et renferme plus de 200,000 stances. Plusieurs épisodes de ce poème ont été traduits à part: Je Bhagavad-Gila par Schlegel, le Nalus parBopp 1820) . L’ouv. entier a été publ. en sanscrit à Calcutta en 183iet trad. par laSoc.asiatiq. decetteville.

MAHANADA, rivière de l’Inde septentr. (Népal), tombe dans le Gange à Nababgonge. Cours, 400 kil.

MAHANADD1, riv. de l’Inde. Voy. kattak.

MAHAUT, ancienne forme du nom de mathilde.

MAHD1 ou MAHADI (le), c.-à-d. le dirigé , nom donné par certaines sectes de musulmans, notamment par les Chyites et les Ismaéliens, à une espèce de Messie dont ils attendent la venue. Les Druzes voient le Ma/idi dans le sultan d’Égypte Hakem- Riamrillah (Voy. imam et mohammed-al-mahdi).

mahmoud H, né en 1785, mort en 1839, fut élevé au trône en 1808 par Mustapha Beiraktar, chef des janissaires, à la place de Mustapha IV. Sous ce règne, la décadence de la Turquie continue malgré les efforts de Mahmoud. En 1812, la paix de Bukharest cède aux Russes la Bessarabie. De 1812 à 1817, la Servie, la Moldavie, la Valachie sont abandonnées, et l’indépendance des îles Ioniennes reconnue (1819). Mahmoud voit en 1820 éclater l’insurrection de la Grèce, et après 8 ans d’uneguerre désastreuse il est contraint de laisser la Grèce libre (1828). Une nouv. guerre éclate alors avec la Russie; l’intervention des autres puissances européennes empêche seule les Russes d’entrer à Constantinople, et la paix est signée à Andrinople (1829). Pendant ce temps, Ali, pacha de Janina, avait longtemps bravé le sultan (1819-22); Méhémet-Ali, pacha d’Égypte, s’était rendu indépendant. L’extermination des Janissaires (1826) et l’introduction de quelques détails de civilisation européenne froissèrent plus les Musulmans qu’ils ne servirent Mahmoud. Aussi, en 1833 , défait 3 fois par les Egyptiens, Mahmoud se met, par le traité d’Unkiar-Skelessi, à la merci de la Russie. Il venait d’entamer une nouv. guerre avec Méhémetlorsqu’il mourut. Peu dejoursavantsa mort son armée avait été détruite à Nézib par Ibrahim.

:,:ahmoud-ghah, Voy. mir-mahmoud. — Le nom de Mahmoud a encore été porté par deux sultans de la dynastie des Gaurides, dont l’un, fils de Mohammed, régna de 1118 à 1131 sur la Perse occidentale ; et l’autre, fils de Gaïat-eddyn Mohammed, régna quelques années à Gazna et à Firouz-Kouh (1202-1209); — par un empereur musulman de l’Indostan, qui régna à Delhy de 1246 à 1266, etc.

MAHMOUD-ABAD , ville de l’Inde anglaise (Bombay), dans le Guzzerat, à 9 kil. N. E. de Ka'îra, fondée vers la lin du xive siècle, avait des

port. Poivre, cannelle, sandal, etc. Acquise par les Franç. en 1727 ; occ. par les Anglais de 1761 à 1785, et de 1795 à 1815. Son territoire n’a que9k. de rayon.

mahé (îles), dans la mer des Indes, au N. de l’île de France, forment, avec les Amirantes, l’archipel des Seychelles : on en compte 30, dont les princi-

MAHOMED-KHAN-TANDA, ville de l’Inde (Sindhy), à 60 kil. S. d’Haïderabad ; grande et florissante. Grand marché de chevaux.

MAHOMET, en arabe Mohammed, fondateur de la religion musulmane, né à La Mecque vers 670 de J.-C., appartenait à la puissante tribu des Ko-

pales sont Mahé, 6,000 hab. (ch.-l., Mahé) ; et raichites. Il perdit à cinq ans son père, Abdallah, Praslin. Elles appartiennent aux Anglais. i fut élevé auprès de son oncle, Abou-Taleb, prince

MAHE DE LA BOURDONNAIS. V.la bourdonnais, de La Mecque, jusqu’à l’âge de 14 ans, puis s’en- MAHERBAL, général carthaginois, suivit Anni-Jjôla dans une caravane et alla faire la guerre sur J en Italie , décida les Gaulois Cisalpins à se-’ ia frontière de Syrie. De retour à La Mecque il y

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couer le joug de Rome , remporta en Etrurie une victoire sur les Romains, et commanda la cavalerie à Cannes. Il conseillait à Annibal de marcher sur Rome immédiatement après le gain de cette bataille. L’avis contraire ayant prévalu, il s’écria: « Annibal, tu sais vaincre, mais tu ne sais pas profiter de la victoire ! *>

MAHIM, ville de l’Inde anglaise (Bombay), dans l’Aurengabad à 9 kil. N. O. de Bombay; 15,600 h.

MAHMORAH. Voy. mamoré.

MAHMOUD (Aboul Cacem Yemin-ed-Daulah), prince gnznévide, contribua puissamment à étendre la puissance de sa famille, et obtint d’Ilek- Khan, souverain du Turkestan, l’empire du Koraçan, l’an 999 ; il augmenta ses domaines par ses conquêtes et forma un vaste état qui s’étendait depuis les bords du Gange jusqu’à ceux de la mer Caspienne. Ce prince tenait sa cour à Balkh et à Gazna. 11 m. en 1028 ou 1030. Ilest le premier qui ait pris le titre de sultan (empereur), au lieu de celui d'émir (commandant) qu’avaient porté ses prédécesseurs.

mahmoud i, sultan des Turcs ottomans, né en 1696, fils de Mustapha II, fut placé sur le trône de Constantinople en 1730 par le visir Patrona Khali!, fce plongea dans la mollesse, et mourut en 1754.

épousa, à l’âge de 25 ans, une riche veuve nommée Kadichah. 11 s’était déjà fait remarquer par son esprit et par la régularité de sa conduite* mais depuis son mariage jusqu’à l’âge de 40 ans il mena une vie toute de retraite et d’étude, pendant laquelle il conçut^ le projet de réformer la religion de son pays, d’y faire adorer un seul Dieu, et de réunir en un seul culte les diverses religions qui divisaient alors l’Arabie, savoir : l'idolâtrie , le sabéisme et le judaïsme. 11 commença sa mission en 610. Il prétendait que l’archange Gabriel lui apparaissait et lui dictait les vérités qu’il devait révéler aux hommes. Après avoir converti sa famille et quelques amis puissants, parmi lesquels on compte Ali, Abou-Bekr et Othman, qui furent tous les trois califes , il prêcha publiquement , se disant prophète et envoyé de Dieu. Mais il éprouva dans La Mecque une forte opposition, et fut contraint en 622 de s'enfuir à Yatreb ; cette ville l’accueillit avec transport et reçut de là le nom de Médine (Medinet-al-Nabi) ou ville du Prophète. C’est de cet événement que date l’ère des Mahométans, appelée hégire ou fuite. Mahomet persécuté donna l’ordre à ses sectateurs d’employer les armes à la propagation de la nouvelle religion.

MAHO — 1101 — MAHR

Ii parvint lui-même à soumettre plusieurs tribus de l'Arabie, et en 630 il s’empara de La Mecque, dont il renversa les idoles. II allait étendre au loin ses conquêtes, lorsqu’il mourut à Médine en G3.2, laissant ce soin à ses généraux, dont les plus célèbres sont Âbou-Bekr, Khaled, Omar, Amrou. Abou- Bekr lui succéda avec le titre de calife (lieutenant). Les dogmes et les préceptes de la religion de Mahomet sont consignés dans le Koran. Les principaux dogmes sont l’unité de Dieu, l’immortalité de l’âme, un paradis avec des jouissances toutes sensuelles, le jugement dernier et la prédestination; le fatalisme, qui ne saurait s’accorder avec la justice de Dieu, fut adapté par Mahomet à sa doctrine /)our en faire un auxiliaire de l’esprit de conquête en inspirant le mépris de la mort. Les préceptes sont la circoncision, la prière, l’aumône, lesablutions, le jeûne (surtout pendant le Ramadan), les sacrifices dans quelques occasions solennelles, et l’abstinence du vin et de toute liqueur fermentée. La polygamie est permise par cette religion toute sensuelle ; cependant on ne peut avoir plus de 4 femmes légitimes. De nombreux ouvrages ont été publiés sur Mahomet: Aboul-Féda est la principale source à consulter. L’ouvrage le plus complet en français est la Vie de Mahomet, par Gagnier, Amst., 1732; en allemand, celui de G. Weil, Stuttgard, 1843. M. A. Noël Desvergers a publié le texte arabe de la Vie de Mahomet, d’Aboul-Féda, avec traduction française et notes, Paris, 1838, chez F. Didot.

mahomet i, empereur des Turcs ottomans, fils de Bajazet I, succéda en 1413 à son frère Mouça, qu’il avait vaincu, avec l’aide de l’emp. Manuel. Il releva et raffermit l’empire , ébranlé par Tamerlan, délivra Bagdad, assiégée par le prince de Caramanie, vainquit un imposteur, Mustapha, qui se disait son frère, soumit les Serviens, les Bosniaques, et rendit les Valaques ses tributaires. Il est le premier sultan qui ait eu une armée navale : il disputa l’empire de la mer à la république de Venise, jusqu’alors toute-puissante. Il mourut en 1421 , à 47 ans.

mahomet il, succéda en 1451, âgé de 21 ans, à son père, Amurat II. En 1453, à la tête d’une armée formidable, il attaqua Constantinople, défendue par l’empereur Constantin Dracosès, emporta cette ville d’assaut et en fit h capitale de son empire. Ses généraux subjuguaient pendant ce temps la Thrace et la Macédoine; mais ils échouèrent en Albanie contre le fameux Scander- Beg. Etant venu lui-même assiéger Belgrade en 1456, il fut complètement défait par Jean Hunyade, et se vit contraint de s’enfuir après avoir perdu 40,000 hommes. Mais il soumit ensuite la Grèce centrale, où régnaient deux frères de Constantin Dracosès, ainsi que la Servie (1459); mit fin en 1461 à l’empire de Trébizonde, que gouvernaient les Comnène depuis 1204 ; subjugua en 1462 l'île de Lesbos ; vainquilet déposséda le woïwode de Valachie qui refusait de payer tribut; s’empara delà Bosnie (1463), de la Caramanie(l464), et de l'île de Négrepont qu’il enleva aux Vénitiens (1470). Deux ans après, il battit en Cappadoce le roi de Perse qui avait fait invasion dans l’Anatolie ; il enleva en 1475 Caffaaux Génois, rendit la Géorgie et la Circassie tributaires, soumit la Moldavie, l’Albanie et les îles de l'Adriatique; envahit le Frioul et la Dalmatie; força en 1478 les Vénitiens à acheter une paix humiliante, entra en 1480 en Italie et s’empara d Otrante. Mais il échoua devant l’île de Rhodes, défendue par les chevaliers de St-Jean de Jérusalem. Il mourut en 1481, lorsqu’il menaçait à la fois Rome, la Perse et l’Egypte. A la gloire des armes, il joignit celle des lettres; l’histoire lui reproche cependant des actes d’une cruauté révoltante. Guillet a donné une His - ’oîre de Mahomet II, Paris, 1681, in— 1 2. mahomet in, succéda à son père, Amurat 111,

en 1595, à 1 âge de 27 ans, et commença par faire étrangler 19 de ses frères et noyer 10 femmes de son père que ce prince avait laissées enceintes L’empereur Rodolphe II , et les princes de Transylvanie de \ alachie et de Moldavie se liguèrent contre lui, et lui disputèrent la Hongrie. Il vint assiéger Agria en 1596, él y entra par composition ; un mois après, son lieutenant, Cicala-Pacha, vainquit les Impériaux à Careste. Mais celle victoire n’empêcha pas Mahomet de perdre diverses places fortes en Hongrie; plusieurs révoltes qui éclatèrent en Asie vinrent ajouter à ses embarras. Il mourut de la peste en 1603.

MAHOMET IV, fut placé sur le trône en 1649, à l’âge de sept ans, après le meurtre d’ibrahim, son père. Il eut pour ministres les deux Koproli (père et fils), qui jetèrent de l’éclat sur la première partie de son règne. Les îles de Mélelin et Lemnos furent conquises sur les Vénitiens (1660); Peterwaradin fu<t enlevé aux Autrichiens (1661) ; la capitale de l’île de^ Candie fut prise d’assaut (1669) ; le sultan luimême prit Kaminiets sur les Polonais (1672). Cependant Mahomet IV avait, dès 1664 , perdu la bataille de Saint-Gothard et avait été obligé de signer la paix de Temeswar ; la fin de son règne fut remplie par des désastres. Ses troupes furent vaincues en 1673 à Choezim par les Polonais, et en 1683 sous les murs de Vienne par le roi de Pologne Sobieski, uni aux troupes de l’empereur. Les Impériaux enlevèrent ensuite à la Turquie les villes de Wivar (168o) et de Bude (1686), tandis que les Vénitiens s'emparaient de Corinthe et d’Athènes. Tant de revers amenèrent le soulèvement de l’armée de Hongrie, qui déposa Mahomet IV et mit à sa place Soliman II, son frère. II vécut encore 5 ans après sa disgrâce. C’était un prince faible, ennemi de toute occupation sérieuse ; il passait sa vie à la chasse. — Pour les autres princes du nom de Mahomet, Voy.

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