‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 715 sur 1261 · MELI ~ M64 — MELO · texte numérisé non relu

MELI ~ M64 — MELO

oncles Mélik-el-Kamel et Mélik-el-Ascliraf, et qui, plusieurs fois rétabli et renversé, fut enfin réduit à se réfugier dans le désert d’Arabie, où il mena la vie des nomades.

MÉL1K-EL-MOADHAM-GAIATH-EDDYN-TOURAN - CHAH ,

sultan d’Egypte, de la dynastie des Ayoubites, fils de Mélik-Nedjm-Eddyn, et petit-fils de Mélik-el-Kamel, régna d abord sur la Mésopotamie, et monta sur le trône d’Egypte en 1249, après avoir assassiné son frère Adel-Chah. 11 coupa les vivres à l’armée de saint Louis, et la força ainsi à cette funeste retraite qui coûta la vie ou la liberté à plus de 30,000 Français ; il fit massacrer ses prisonniers et ne respecta que saint Louis. Sa conduite envers ses propres sujets, ses débauches, son ingratitude envers les Mamelouks Baharites, à qui il devait ses succès, causèrent sa perte, il fut détrôné et mis à mort par ceux-ci en 1250, après cinq mois de règne. En lui s’éteignit la dynastie des Ayoubites, qui fut remplacée par celle des Mamelouks Baharites. Cependant Mélik-ei-Aschraf et lbegh disputèrent encore le pouvoir aux Mamelouks jusqu’en 1254.

MEL1LLA, Rusadir, ville d’Afrique (Maroc), à 225 kil. N. E. de Fez, sur la mer, par 35° 8’ lat. N. et 5° 16’ long. O.: 2,500 hab. C’est une des présides espagnoles. Petit port. Prise par les Espagnols en 1496. Elle doit, dit-on, son nom au miel qu’on recueille dans ses environs.

MELINDE, ville d’Afrique, sur la côte de Zanguebar, capit. du roy. de Mélinde, à l’embouchure du Quilimancy, sur la droite du fleuve, par 38° 42’ long. E., 3° lat. S. Cette ville a été très florissante et a compté, dit-on, 200,000 hab. Ce n’est auj. qu’une triste solitude. Il s’y fait encore un peu de commerce avec la Perse, l’Arabie et l’Inde. Mélinde fut prise par les Portugais au xvif siècle ; mais les Arabes la leur enlevèrent en 1698. — Le roy. de Mélinde, un des principaux états de la côte de Zanguebar (Afrique orient.), s’étend le long de la mer, entre les roy. de Jubaau N., de Zanzibar au S. ; il était censé possession portugaise et faisait partie de la capitainerie - générale de Sofala-et- Mozam bique.

M ELI PILLA, district du Chili, entre ceux de Quillota, Mapocha, Raucagua, Maypo, et l Océan ; 110 kil. sur 65. Ch.-l., Valparaiso.

MEL1SEY, ch.-l. de cant. (Haute-Saône), à 10 kil. N. de Lure; 2,000 hab. Fromages.

MÉLISSES, philosophe éléatique , natif de Samos, disciple de Parménide, florissait vers 450 av. J.-C. Homme d’état et général habile en même temps que philosophe, il commanda la flotte des Samiens contre les Athéniens, et remporta quelques avantages sur Périclès ; mais il ne put empêcher sa patrie de succomber, 440 av. J.-C. Il professait l’idéalisme, et soutenait que l’univers est un être unique et indivisible, que les formes diverses des êtres ne sont que des apparences , que le mouvement n’a rien de réel, etc. il ne reste rien de lui : il n’est connu que par les écrits de quelques auteurs grecs, notamment d’Aristote.

MEL1TE, Melila, nom donné par les anciens à deux îles de la Méditerranée, auj. malte et meleda.

MEL1TÊNE, auj. Meledni, petit pays entre la Cappadoce et l’Euphrate, avait jadis appartenu à l’Arménie; fut annexé à la Cappadoce, et plus tard, lors de la formation de la province dite Petite-Arménie, fut une des 5 préfectures de cette province. Son ch.-l. était Mélile, nommée aussi Mélitène (auj. Malaiia), sur l'Euphrate, près de son confluent avec le Mêlas. Cette ville avait été fondée par Trajan, et fut la capitale de la Petite-Arménie. Elle fut longtemps le siège d’une légion dite la Méliline et surnommée la Foudroyante; cette légion , toute composée de chrétiens, n’était pas moins célèbre par sa méfé que par son courage; on attribue à ses prières

une pluie miraculeuse qui sauva l’armée de Marc- Aurèle au moment où elle allait périr de soif dans les déserts de la Germanie (174). Il se livra à Mélitène en 576 une bat. ou Chosroës I , roi de Perse, fut déf. par le gén. Justinien, cousin de Justin II.

MELITON (saint) , évêque de Sardes sous Marc- Aurèle, présenta à cet empereur vers 172 une Apologie de la religion chrétienne. Il avait composé un grand nombre d écrits, entre autres un Traité de la Jête de Pâques (11 fixe cette fête au 14e jour de la lune de mars), mais aucun ne nous est parvenu. On le fête le 1er avril.

MËLITUS, un des accusateurs de Socrate , était orateur et assez mauvais poëie. On dit que les Athéniens ayant reconnu l’innocence de Socrate, le firent mourir comme calomniateur (400 av. J.-C.) ; cependant Platon et Xénophon ne disent rien de ce fait.

MELIUS (Spurius), chevalier romain, fut accusé d’aspirer à la tyrannie. Ayant refusé de comparaître devant le dictateur Cincinnatus pour répondre à cette accusation, il fut tué au milieu du Forum par le maître de la cavalerie, Caius Servilius Ahala, 438 av. J.-C.

MELKART (c.-à-d. le roi de la ville, ou plutôt le roi fort), l’Hercule phénicien ou l’Hercule de Tyr , était considéré, de même que l’Hercule grec, comme l’image du soleil ; une flamme éternelle brûlait dans son temple : tous les ans on élevait en son honneur un immense bûcher des flammes duquel les prêtres faisaient échapper un aigle , symbole de l’année qui renaît de ses cendres. Melkart était adoré nonseulement à Tyr, mais dans toutes les colonies phéniciennes, à Gadès , à Malte, à Carthage.

MELLA, affluent de l’Oglio, a donné son nom s un dép. du roy. français d’Italie (ch.-l. Brescia).

MELLE, Mellusum , ch.-l. d’arr. (Deux-Sèvres), à 27 kil. E. de Niort, près de la Béronne; 2,724 hab. Collège. Toile, serge, lainages. Commerce de grains, mulets, etc. Environs charmants ; eaux sulfureuses. — L’arrond. de Melle a 7 cant. (Brioux, Celles, Chef- Routonne, Lezay, La-Mothe-Saint-Héray , Sauzé- Vaussais, plus Mellej, 99 communes et 75,580 hab.

MELLERAY, bourg de France. Voy. meilleraie.

MELLO ou MERLOU, bourg du dép. de l’Oise, à 35 kil. S. E. de Beauvais ; 600 hab. Jadis titre d’une seigneurie. Voy. cadaval.

MELLO, bourg de Portugal ( Beira ) , à 26 kii. N. O. de Guarda; 800 hab. 11 a donné son nom à une branche de la maison de Bragance.

MKLLO-FRE1RE-DOS-RE1S (José de), jurisconsulte portugais, grand-vicaire de Crato, membre du conseil du roi et de la cour souveraine de justice, né en 1738, à Anciâo (Portugal), fut nommé, par le marquis de Pombal , professeur de droit portugais à Coïmbre, 1772. En 1783 la reine Marie lui confia la rédaction d’un nouveau Code. 11 mourut en 1798, laissant inédits un Code de droit public et un Code de droit pénal ( le deuxième a été publié en 1823). On a de lui, en outre, plusieurs savants traités de droit, réunis à Coïmbre, 1 8 1 5. On remarque surtout les Institutions de droit public , privé et criminel du Portugal , et son Histoire du droit civil, tous deux en latin. On place Mello auprès des Montesquieu et des Blackstone.

MELLOBAUDES , roi franc, le premier dont l’histoire fasse mention, servait dans l’armée romaine vers 354 ; fut commandant des gardes sous Constance, Julien, Jovien et Valentinien; et sous Gratien remporta une grande victoire sur les Allemands, en 378.

MELLORIA ou MELORIA (la) , Mœnaria, île de ia Médit. , sur la côte de Toscane, au S. O. de Livourne. Vict. desPis. ourles Gén. ,1241 ;desG. sur lesP.. 1284.

MELODCNUM , ville de Gaule ; Lyonnaise 4* j, chez les Senones , est auj. melun.

MELOS, auj. Milo, une des îles Cyclades, la plus

MELU — 1165 — MEME

au S. 0., à égale distance du cap Scyllœume n Hermionide et du cap Dictynnœum en Crète. — Les Phéniciens vinrent s’y établir les premiers; Sparte v envoya ensuite une colonie (vers 1116 av. J.-C.). Mélos resta fidèle à Sparte pendant la guerre du Péloponèse; les Athéniens la prirent en 4 16, après sept mois de blocus et massacrèrent toute la population mâle. Patrie de l'athée Diagoras.

MELPOMÈNE (du grec melpô , chanter des vers héroïques) , une des 9 Muses, présidait à la tragédie. On la représente sous la figure d’une femme jeune encore, avec un visage imposant, richement vêtue , chaussée du cothurne , tenant un poignard d’une main, un sceptre de l’autre, et portant une couronne sur la tête.

MELROSE ou MELROSS , ville d’Ecosse (Roxburgh), à 56 kil. S. d’Edimbourg; 4,339 hab. Aux environs, ruines de la célèbre abbaye de Melrose.

MELSUNGEN, ville de la Hesse électorale, à 19 kil. S. E. de Cassel: 3,000 hab. Château. Drap, toiles. Commerce de bois.

MELTON- MOWBRAY, ville d’Angleterre (Leicester), à 33 kil. S. E. de Nottingham; 3,500 hab.

MELUN, îMelodunum , ville de France, ch.-l. du département de Seine-et-Marne. sur la Seine, à 39 kil. S. E. de Paris; 6,846 h. Coll.; soc. d’agriculture. bibliothèque. Maison centrale de détention. Comm. de blés, vins, etc. Fabr. decalicots, percale, faïence, verrerie, etc. Patrie d’Amyot. — Ville très anc. Résidence des premiers Capétiens. Plusieurs fois prise par les Normands et les Anglais (notamment en 1419); Charles Vil la reprit en 1430. Longtemps elle eut le titre de vicomté ; elle fut érigée en duchépairie (1709), en faveur de Louis-Hector de Villars. — L’arrond. de Melun a 6 cantons ( Brie-Comte- Robert, le Châtelet, Moimant, Tournan, plus Melun qui compte pour 2), 1 08 comm. et 57,821 hab.

MELUN (maison de), maison noble et ancienne, dont la descendance est connue depuis le Xe siècle, était alliée à la race royale des Capétiens, et a fourni à l’état et à l’église, dès le temps de Hugues Capet, un grand nombre de personnages distingués.

melun (Guillaume de), dit le Charpentier , fut un des principaux chevaliers français qui aidèrent Godefroi de Bouillon à conquérir la Terre-Sainte. Le surnom de Charpentier lui fut donné parce que rien ne pouvait résister aux coups de sa hache d’armes. Les chroniques le disent parent de Hugues-le-Grand, comte de Vermandois.

melun (Adam, vicomte de), général de Philippe- Auguste, fut envoyé en 1208 dans le Poitou contre Aimery Vil, vicomte de Thouars, commandant les troupes de Jean, roi d’Angleterre, et contre Savary de Mauléon, qui avaient fait tous deux une incursion sur les terres du roi de France. Il les mit en pleine déroute, et fit le vicomte de Thouars prisonnier. 11 eut une grande part à la victoire de Bouvines (1214). En 1216, il passa en Angleterre avec Louis de France, depuis Louis VIII , que les barons anglais demandaient pour roi, et y mourut en 1220.

melun (Charles de) , baron des Landes et de Normanville , parvint, au commencement du règne de Louis XI, au plus haut degré de faveur, fut grand-maître de France et lieutenant-général du royaume. Sa conduite équivoque lors de la guerre du Bien public lui fit perdre la confiance du roi, qui se contenta d abord de le priver de ses emplois, et qui ensuite le fit condamner à mort (1468), comme ayant eu des relation? avec les chefs de la ligue, notamment avec le duc de Bretagne. Il fut réhabilité sous le règne suivant.il avait déployé, pendant qu’il était en faveur, un faste qui le fit surnommer le Sardanapale de son temps.

melun (Louis de', marquis de Maupertuis, puis

duc de Joyeuse, lieutenant-générai des armées du roi né en 1634 , mort en 1721, se signala en 1677 au siège de Valenciennes, où il emporta les retranchements à la tête d’une compagnie de mousquetaires, et fut fait brigadier par le roi sur les retranchements mêmes. 11 ne montra pas moins de bravoure à la bataille de Cassel et au siège d’Ypres ; fut successivement nommé maréehal-decamp et lieutenant-général , et fut envoyé vers 1694 au Havre-de-Grâce, qu’il défendit contre les Anglais, et qui dut, en grande partie, aux mesures qu'il sut prendre Je bonheur de n 'être point réduit en cendres comme Dieppe. Louis XIV rétablit pour lui en 1714 le duché-pairie de Joyeuse, dont les titulaires venaient de s’éteindre.

MËLUSINE, magicienne ou fée célèbre dans nos romans de chevalerie et dans les traditions du Poitou, descendait d’un certain Élénas, roi d’Albanie ; elle épousa Raymondin , comte de Poitou , et devint la tige des maisons de Lusignan (et par suite de Jérusalem et de Chypre), de Luxembourg et de Bohême. Elle était, dit-on , tous les samedis changée en serpent, pour avoir donné elle-même la mort à son père. Son mari, l’avant un jour aperçue dans sa métamorphose, l’enlerma dans un souterrain de son château de Lusignan, où elle est depuis restée emprisonnée : elle y doit vivre encore.

MELVIL (sir James), seigneur écossais, né dans le comté de Fife en 1530, mort en 1606, fut attaché au connétable de Montmorency en France pendant neuf ans, et fut rappelé en 1561 en Ecosse par la reine Marie Stuart, qui le nomma conseiller privé. Il servit sa souveraine avec autant d’intelligence que de fidélité, et ne craignit pas de lui adresser les remontrances les plus énergiques lorsqu’il découvrit son funeste attachement pour Bothwell ; il fut même obligé de s’enfuir pour échapper à la vengeance de ce dernier. 11 fut rappelé au conseil par les régents qui gouvernèrent après Marie Stuart et par le roi Jacques VL Melvil a laissé sur les événements de son temps de9 Mémoires historiques qui ont été publiés à Londres en 1683, in-fol., et traduits par l’abbé Marsy, Paris, 1745. Ces Mémoires sont condamnés à Rome.

MELVILLE (Henri dundas, vicomte de), homme d’état, né vers 1741, mort en 1811, issu d’une famille illustre d’Ecosse, fut envoyé au Parlement comme représentant de la ville d’Edimbourg; se rangea parmi les plus zélés défenseurs du ministère de lord North pendant la guerre d’Amérique ; combattit le ministère éphémère dit de la coalition (composé des partisans de Fox et de ceux de lord North); s’opposa au fameux bill de l’Inde; soutint ensuite le système dePitt, et fut nommé successivement par ce ministre président du contrôle pour l’Inde ( 1783), secrétaire d’état de l’intérieur (1791), puis de la guerre, lord du sceau privé, gouverneur de la banque d’Ecosse, et enfin premier lord de l’amirauté (1804). 11 exerçait un pouvoir presque souverain en Ecosse. En 1806, il fut accusé de malversation dans l’emploi des deniers publics , et bien qu’acquitté par la Chambre des Lords il ne prit plus qu’une faible part aux affaires. Melville est auteur de plusieurs brochures politiques fort remarquables.

MELVILLE, nom de 2 îles ainsi nommées en l’honneur de lord Melville: l’une dans l’Australie, sur la côte N. de la Nouvelle-Hollande; 120 kil. sur 70: les Anglais y avaient formé un établissement qu’ils ont abandonné; l’autre dans l’Océan Glacial arctique, par 108°-ll6° long. O., 74°-76° 50’ lat. N.; 85n kil. sur 300; froid extrême Découverte par le capitaine Parry.

MEMBR1LLA (la), ville muree d’Espagne (Manche), à 42 kil. E. de Ciudad-Réal; 8,100 hab. Ch., teau-fort. Fabriaue de savon blanc.

MEMJN

MEMEL , ville des Etats prussiens (Prusse) , à l’embouchure de la Dange dans le Kurische-Haff, à 115 kil. N. E. de Kœnigsberg ; 8,400 hab. Port. Comptoir de banque provinciale. Industrie, toile, gants, savon, eau-de-vie, bière; commerce actif.

memel, nom donné parfois au Niémen. Voy. ce nom .

MEM1NI, petit peuple de la Gaule Narbonnaise, au S. E. des Tricastini, dans le pays des Salyes, avait pour villes principales Forum Neronis (Forcalquier, et Carpentoracte (Carpentras).

MEMM1NGEN, ville de Bavière (Danube supérieur), à 44 kil. S. E. d’Ulm; 6,500 hab. Bibliothèque, gymnase, etc. Arsenal, fonderie de cloches, cotonnades, toile, bonneterie, martinets à fer et à cuivre. Commerce avec la Suisse et l’iLalie.

MEMM1US, maison plébéienne de Rome, a fourni plusieurs tribuns sous la république et plusieurs consuls sous l’empire.

memmius (T.), tribun du peuple l’an 112 av. J -C., se montra constamment opposé à Jugurtha, et parvint à déjouer ses intrigues et à le faire amener de la Numidie à Rome pour être jugé. C’était un des orateurs les plus célèbres de son temps. Salluste met dans sa bouche une fort belle harangue.

memmius gemellcs (C.), fut successivement tribun du peuple, préteur et gouverneur de la Bithynie ; mais il fut exilé à Patras en Achaïe comme concussionnaire. Il cultivait avec succès l’éloquence et la poésie et protégeait Lucrèce ; c’est à lui que ce poète dédia son poème De Natura rerum.

MEMNON, personnage fabuleux, fils du beau Tithon (frère de Priam) et de l’Aurore, régnait sur l’Egypte et l’Ethiopie, selon les uns, sur la Perse et la Susiane, selon les autres; ou enfin, selon les syncrétistes, sur l’Egypte et la Perse à la fois; il vint, dans la dixième année du siège de Troie, amener à Priam un secours de dix mille (ou vingt mille) combattants; se distingua par sa bravoure, tua Antiloque, fils de Nestor, combattit Ajax, et fut tué lui-même par Achille. Quand il eut été placé sur le bûcher, on vit sortir de ses cendres une troupe d’oiseaux, qui, pour honorer ses funérailles, se partagèrent en deux bandes et se combattirent avec Tu reur. L’Aurore au désespoir versa des larmes abondantes qui se transformèrent en rosée. On érigea en l’honneur de Memnon dans plusieurs villes, notamment à Suse, à Ecbatane, à Tlièbes en Egypte, des monuments dits memnonium. 11 existait à Thèbes une statue colossale de Memnon qui, dit-on, rendait un son harmonieux lorsqu’elle était frappée des premiers rayons du soleil levant; on en voit encore les débris. On a fait mille conjectures sur la fable de Memnon : les uns voient en lui un prince réel, qui aurait régné sur les régions orientales, ce qui le fit nommer fils de l’Aurore; ou le prennent pour un roi puissant de l'Egypte qu'ils identifient tantôt avec Osymandias, tantôt avec AménophisIIl (nom dont celui de Memnon serait une corruption), ou enfin, comme Hérodote, avec le conquérant Sésostris ; d’autres en font la personnification de la lumière solaire. Quant au son rendu par sa statue, si ce n’est une pure invention, on l’expliquerait par une cause physique ignorée du vulgaire et analogue à celle qui produit le singulier phénomène d’acoustique connu sous le nom de harpe éolienne.

memnon, général perse, frère de Mentor de Rhodes, s’était révolté dans sa jeunesse contre Artaxerce Ochus; mais ayant obtenu son pardon, il était devenu le plus fidèle serviteur de ce prince; il servit avec le même zèle son successeur Darius. Lorsque Alexandre envahit la Perse, Memnon donna à Darius le conseil de ravager l’Asie-Mineure; quoique ce sage avis n’eût pas été adopté, il ne combattit pas avec moins de dévouement pendant la guerre contre Alexandre, il se distingua au passage du Granique, défendit la ville de Milet et s’em-

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