‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 760 sur 1261 · MORE · texte numérisé non relu

MORE

par la révolution, il vécut en composant des traductions pour les libraires. En même temps il publiait de3 écrits courageux en faveur des familles dépouillées ou exilées. Il fut appelé en 1807 au Corps législatif, et mourut en 1819 à 92 ans. Il avait donné en 1818 des Mélanges de littérature et de philosophie , 4 vol. in-S, qui renferment ses meilleurs morceaux, il a laissé des Mémoires qui ont été publiés en 1821, 2 vol. in-8. Morellet a fourni à Y Encyclopédie un grand nombre d’articles de philosophie et de théologie. Il a été aussi un des rédacteurs les plus actifs du Dictionnaire de l' Académie.

MORELLI (l’abbé Jacques), bibliographe, né à Venise en 1745, mort en 1819 , fut nommé en 1778 gardien de la bibliothèque de Saint-Marc à Venise, et consacra tous ses soins à enrichir cette célèbre bibliothèque. On lui doit la découverte de plusieurs morceaux d’auteurs anciens, entre autres V Oraison d’ Aristide contre Leptine , une Déclamation de Libanius pour Socrate , des fragments des Éléments harmoniques d'Arisloxène , Venise, 1785 ; des fragments de D.ion Cassius , 1798; la publication des catalogues des bibliothèques de Venise, et une foule d’éditions et de dissertations savantes.

MORENA (sierra-) , Mariani Montes , chaîne de montagnes en Espagne , entre la Manche et l’intendance de Jaën, se prolonge à l’O. S. O., entre la Manche et l’intendance de Cordoue, entre l’Estra • rnadure et l'intendance de Séville , et enfin entre l’Alentéjo et l’Algarve. Ainsi prolongée, cette chaîne forme ce qu’on appelle le système marianique et partage les eaux entre le Tage et le Guadalquivir. La Sierra-Morena est fort âpre, peu fertile , et a de hauts sommets (la Poya, la Cumbre d’Aracena, la Sierra-Sagra , qui s’élèvent à 1,264, à 1,717, et même à 1,815 mètres). Olavidé, sous Charles III (1767, etc.), colonisa la Sierra-Morena en y établissant des étrangers , notamment des Allemands et des Suisses, et tout le district sur lequel on les dissémina prit le nom de colonies de la Sierra-Morena; Carolina et Carlota en sont les villes principales. Bien que négligées, et même vues de mauvais œil après la chute du ministre Aranda , ces colonies ont modifié puissamment l’aspect du pays, jadis désert et en friche.

MORÉRI (L.), savant compilateur, né en 1643 à Bargrmont en Provence, mort en 1 680, entra dans les ordres à Lyon, et publia dans cette ville en 1673 un Dictionnaire historique et géographique, en un vol. in-fol., ouvrage précieux et devenu célèbre. Il en donnait une 2* édition lorsqu’il mourut. Il a été fait depuis plusieurs éditions du Dictionnaire de Moréri, avec des suppléments dus en partie à Goujet; enfin il a été entièrement, refondu par Drouet, qui le donna en 10 vol. in-fol. , Paris, 1759. C'est pour corriger et compléter le Dictionnaire de Moréri, que Bayle entreprit son Dictionnaire critique.

MORET, ch.-l. de cant. (Seine-et-Marne), sur le Loing, à 9 kil. S. E. de Fontainebleau : 1,900 hab. Commerce en blé, vin, bois, pavés, etc. Jadis titre de comté. Concile au vme siècle. Possédée par les Anglais de 1420 à 1430. Fortifiée par Charles VII.

MORET (Antoine de bourdon, comte de), fils naturel de Henri IV et de Jacqueline de Beuil, comtesse de Moret, né eD 1607, prit parti pour Gaston, duc d’Orléans, arma pour lui dans le Languedoc, et périt à l’affaire do Castelnaudary, où le duc de Montmorency fut fait prisonnier (1632).#Quelques-uns ont cependant prétendu qu’il avait survécu, s’était fait capucin sous le nom de Jean-Baptiste, et avait voulu rester inconnu jusqu'à sa mort.

MORETO Y CABANA (Auguste), poète comique espagnol du xvne siècle, contemporain de Caldéron, composa de 1650 à 1676 un grand nombre de pièces qui eurent beaucoup de succès ; quelques-unes ont été imitées par Molière, notamment dans la

MORG — 1227 — - MORT

Princesse d' Êlide et V École des maris. Il abandonna d’assez bonne heure le théâtre pour entrer dans l’état ecclésiastique, et fut protégé par Philippe IV. Ses comédies ont été publiées â Valence, 1676 et 1703, 3 vol. in-4, et se trouvent dans le Trésor du théâtre espagnol , publié à Paris en 1838 par Baudry (tome IV).

MORETTA, ville des États sardes, à 33 kil. O. àe Coni, au confluent du Pô et do la Vraita; S, 200 hab.

MOREllIL, ch.-l. de cant. (Somme), à 15 kil. N. O. de Montdidier; 1,000 hab. Bas, papeterie.

MOREY ou MOREZ , ch.-l. de cant. (Jura), à 28 kil. N. E. de Saint-Claude; 3,555 hab. Lunetterie, horlqgevie, quincaillerie, teintureries, tanneries.

MORF1L, île de la Sénégambie. Voy. éléphant.

MORFONTAINE. Voy. mortefontaine.

MORG-AB, Margus, riv. d’Asie, naît sur les limites du Khoraçan et du khanal de Balk; coule à l’O. S. O., puis au N. O.; arrose le Khoraçan, et se jette dans le Djihoun suivant les uns, ou se perd dans le lac Badakandir suivant les autres.

MORGAGNI (J .-B.), savant médecin, né en 1682 à Forli, mort en 1771 , eut pour principal maître Valsalva à Bologne, et cultiva avec le plus grand succès l’anatomie pathologiq. Il devint prof, de médecine à Padoue en 1712, et y forma une ecole qui attirait les étrangers de toutes les parties de l’Europe. Son principal ouvrage est le traité De scdibus et causis morborum per anatomen indagatis , Venise, 1761, plusieurs fois réimprimé et traduit en français par Desormeaux, 1821. Il y établit la médecine sur l’anatomie, et la fait par là sortir de l’élat purement conjecturai. On a aussi de lui une riche collection de mémoires sous le titre d ' Adversaria anatomicœ , 1706-62, et des Miscellanea , 1753.

MORGAN (Henri), chef de flibustiers anglais, était né dans le pays de Galles. Il fut pris en amitié par Mansfield, vieux flibustier, qui le nomma son vice-amiral et mourut peu de temps après, en 1688. Morgan rassembla 12 bâtiments montés de 700 hommes, attaqua d’abord et rançonna une ville de l’île de Cuba, emporta d’assaut Porto-Bello et détruisit le fort de Maracaïbo. Il se retira ensuite à la Jamaïque (1669) avec l’intention d’y jouir paisiblement de sa fortune ; mais l’année suivante il se mit de nouveau en course avec une flotte de 37 voiles, ravagea les côtes de l’état de Nicaragua, marcha sur Panama (1671) avec 1,300 hommes, prit cette ville et la brûla , et traita Porto-Bello avec une égale cruauté. Le roi d’Angleterre ayant fait la paix avec l’Espagne , mit fin à tant de ravages. Après un voyage en Europe où il rendit compte de sa conduite, Morgan revint à la Jamaïque, s’y maria, et y finit tranquillement ses jours.

MORGANE (fée), sœur d’Artus et élève de l’enchanteur Merlin, est célèbre dans les romans de chevalerie. Les habitants de Reggio, dans le roy. de Naples, attribuent à cette fée le pouvoir de produire les phénomènes de mirage qui apparaissent fréquemment dans cette partie de la Méditerranée.

MORGARTEN, montagne de Suisse, entre les cant. de Schwitz et de Zug. Dans un défilé voisin, les conjurés suisses, au nombre de 1,300, défirent 20,000 Autrichiens (15 novembre 1315). Les Français y combattirent les Suisses (1798) , et les Autrichiens (1799).

MORGES, ville.de Suisse (Yaud). à 11 kil. S. O. de Lausanne, sur le lac de Genève; 2,100^ hab. Bon port; peut sur le lac ; ch. de 1er, allant à Salins. Fonderie de canons. Vieux château qui sert d’arsenal.

MORGHAB, riv. d’Asie. Voy. morgab.

MORGHEN (Raphaël), célèbre graveur, né à Portici, près de Naples, en 1761, mort à Florence en 1833, étudia d’abord sous son père Philippe Morghen , puis sous Voîpato qui lui donna sa fille

(1781). En 1793, il se rendit à Florence sur les aollicitations du grand-duc Ferdinand 11, et y demeura toute sa vie. On lui doit, outre une foule d’excellents portraits, un grand nombre d’estampes estimées ; la Vierge à la Chaise et la Transfiguration , d’après Raphaël ; des Vierges d’André del Sarto et du Titien; la Cène de Léonard de Vinci, l'Aurore du Guide, etc.

MORIIOF (Dan. George), philologue, né en 1639 à Wismar (Mecklembourg) , mort en 1691, fut nommé dès 1660 professeur de poésie latine à Rostock ; il devint en 1 665 professeur de belles-lettres à runiversité de Kiel, en 1673 professeur d’histoire, et en 1680 bibliothécaire à Kiol. Son principal titre est le Polyhistor , sive notitia auctorum et rerum , etc., Lubeck, 1688-92, 3 part, in-4, réimprimé en 1695, ouvrage d’une érudition immense , dans lequel il traite de l’histoire littéraire, du choix des livres, et des meilleurs ouvrages sur la grammaire, la rhétorique, la poésie, la philosophie, les mathématiques et l’histoire.

MORIALE (fra). Voy. Montréal.

MOR1GIA (Jacques-Antoine), dit l'Ancien , l’un des fondateurs de la congrégation des Rarnabite3 , était né à Milan vers 1493; il mourut en 1545.

morigia (le cardinal Jacques- Antoine ) , de la même famille que le précédent, et, comme lui, barnabite, né à Milan en 1632, mort en 1708 à Pavie, dont il était évêque, avait occupé les siégea de San-Miniato et de Florence, et refusé l’archevêché de Milan. On a de lui trois Oraisons funèbres et des Lettres pastorales.

MORILLO (don Pablo), comte de Carthagène, général espagnol, né en 1777 à Fuente de Malva, dans la province de Toro, servit d’abord contre les Français ; 6e distingua en Galice , en Estramadure et en Portugal ; contribua à la victoire d’Arroyo de Molinos en 1812. A la rentrée de Ferdinand VII en Espagne, il fut un des premiers à le reconnaître. En 1814, il fut envoyé contre les insurgés de Vénézuéla et de la Nouvelle-Grenade ; prit Carthagène après une résistance héroïque des habitants; entra à Santa-Fé, où il se signala par scs rigueurs et son despotisme. Il se préparait à envahir le Pérou et Buénos-Ayrcs, lorsque Bolivar, secouru par Péthion, recommença la guerre (1817). Morillo fut plusieurs fois battu par Bolivar, mais sut toujours réparer ses défaites. Dans la campagne de 1818, il obtint d’ éclatants succès; mais la bataille de Boyaca (1819) le força d’abandonr,er la Nouvelle-Grenade , et il revint à Madrid après la révolution qui venait d’éclater en Espagne. Dans la campagne de 1823 , il joua un rôle équivoque : chargé par les Cortès du commandement de la Galice, il favorisa les royalistes, laissa échapper le corps du comte d’Amarante, destitua Quiroga et entrava les efforts de Robert Wilson. Sa conduite ne fut pas récompensée par Ferdinand; il se retira en France en 1824, et y mourut en 1832 Il a laissé des Mémoires sur ses campagnes, qui ont été traduits par E. de Blossovitle, Paris, 1826.

MORIMOND , abbaye considérable de l’ordre de Cîteaux, en Champagne (Bassigny), dans le diocèse de Langres, avait été fondée en 1115 par un seigneur de Choiseul , et était une des quatre filles de l’ordre de Cîteaux (Voy. cuteagx). Elle avait plus de cent monastères sous sa dépendance, et en outre les cinq ordres militaires d’Espagne : ceux de Calatrava, d'Alcantara, de Montesa, d’Avis et du Christ.

MORIN (grand-), rivière de France, naît à l’O. de Sézanne (Marne) , et joint la Marne à Condé (Seine-et-Marne) ; cours, 100 kil. ^ ^

morin (petit-), rivière de France, naît près d'Ecouy (Marne) , passe à Montmirail , tombe dans la Marne à La Ferté-sous-Jouarre; cours, 60 kil.

MORIN (Jean), oratorien , né à Blois en 1591, mort à Paris en 1659, était né de parents protes-

Page 1