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frère du roi et son ennemi acharné. Condamné de nouveau, il résista les armes à la main et s’enferma dans Lectoure, où il soutint un long siège contre le eardinal Jotïrédy. Celui-ci lui proposa de traiter; mais pendant qu’on négociait, les troupes royales entrèrent dans la place par trahison, et le comte d’ Armagnac fut assassiné, 1473. Ce seigneur s’était acquis une fâcheuse célébrité par son amour incestueux pour sa sœur Isabelle, qu’il épousa publiquement malgré les foudres du Vatican , et dont il eut plusieurs enfants.
armagnac (Jacques d’), duc de Nemours , petitfils du connétable Bernard d’ Armagnac, mais issu d’un fils cadet, fut dans sa jeunesse comblé de bienfaits par Louis XI, qui lui fit épouser une de ses cousines, l’investit du duché de Nemours et lui confia des commandements importants. Loin de se montrer reconnaissant , Jacques d’ Armagnac se rangea parmi les ennemis du roi , et accéda à la ligue du Bien public. 11 obtint deux fois son pardon ; mais ayant pris part à de nouvelles intrigues , il fut assiégé et pris dans Carlat, et amené à la Bastille, où le roi irrité le fit enfermer dans une cage de fer. Condamné par le parlement , il fut mis à mort en 1477, à peine âgé de 40 ans. Ses fils, encore en bas âge, furent forcés d’assister à son supplice , et placés sous l’échafaud pour recevoir sur leur tête le sang de leur père.
armagnac (Louis d’) , duc de Nemours, 3* fils du précédent , n’avait que 5 ans lors du supplice de son
Eère. Il fut détenu à la Bastille jusqu’à la mort de ouis XI. Charles VIII le mit en liberté et lui rendit une partie de ses biens; il accompagna ce prince dans son expédition en Italie et s’y distingua. Louis XII le nomma vice-roi de Naples; mais il éprouva plusieurs échecs, et périt à Cérignole en combattant contre les Espagnols, 1603. Avec lui s'éteignit cette branche de la maison d’Armagnac.
armagnac (Jean, bâtard d’), surnommé de Lescun, fils naturel d’Anne, fille de Bernard d’Armagnac. fut nommé par Louis XI chambellan , puis maréchal de France, 147 1 , et obtint le gouvernement du Dauphiné. Il mourut en 1473.
ARMAGNACS ( faction des ) , opposée à celle des Bourguignons. Voy. armagnac ( Bernard VII , comte d ).
ARMANÇON, riv. de France , naît au S. de Pouilly (Côte-d’Or) , baigne Semur, Nuy^ , Ancy-le-Franc, Tonnerre, Saint-Florentin, Brinon-l’Archevêque , et se perd dans l’Yonne à 18 kil. N. d’Auxerre, après un cours de 263 kil. N. O., dont 120 flottables.
ARMAND. Les poètes du xvn® siècle désignent souvent sous ce nom le cardinal de Richelieu.
ARMATOLES , milice grecque de la Thessalie, instituée au commencement du xvi® siècle par Sélim I, dans le but de s’opposer aux incursions des monta-
S lards connus sous le nom de Klephies (brigands).
ans ces derniers temps , les Armatoles se sont unis aux Klephtes contre les Turcs. — Voy. pallikars.
ARMENIE, Armenia , contrée de l’Asie occid., située entre l’Imérétie et la Géorgie au N. , le Kurdistan et l’Aderbidjan à l’E. , l’Aldjezireh au S. , l’Anatolie à 10. Ses limites ont du reste très souvent changé. — Elle peut se partager en Arménie turque et en Arménie russes la lre comprend les pachalika d’Erzeroum, de Kars et de Van, à 10. et au S. ; la 2e se compose de l’Erivan , à l’E., qui formait autrefois l’Arménie persane , et du pachalik d’Akhaltsiké au N., qui naguère était aux Turcs. Villes principales : Erzeroum, Kars, Van, Ani, Erivan, Nakhchivan, etc. L’Arménie est traversée par des chaînes de montagnes qui unissent le Caucase et le Taurus ; la plus connue est le mont Ararat. L’Euphrate , le Tigre , l’Aras (Araxe) et le Kour (Gyrus) prennent leur source dans cette contrée on v trouve un grand lac le lac de Vrn. Le climat de l’Arménie
est très varié ; les montagnes sont couvertes de neiges éternelles, mais les vallées sont de la plus grande fertilité ( on a meme voulu y placer le paradis terrestre) ; on y cultive le blé, le chanvre , le tabac , le coton. Les montagnes renferment de riches mines d’or, d’argent, de cuivre , de fer et de plomb ; des carrières de marbre, de jaspe. Les Arméniens sont d’un caractère souple , poli, insinuant, mais perfide; ils sont très adonnés au commerce. On les trouve répandus dans toute l’Asie, surtout dans l’Arabie et la Turquie ; et en Europe, dans la Grèce et à Venise. Les Arméniens sont Chrétiens depuis le iv® siècle , mais le plus grand nombre forme une église particulière, l’église arménienne, qui admet en Jésus- Christ une seule nature, et ne reconnaît point la suprématie du pape.
Arménie ancienne. Elle se divisait en Grande-Arménie ( Armenia Major) , et Petite-Arménie {Armenia Minor). La Grande-Arménie était située entre l’Euphrate à l’O., le Tigre au S., l’Assyrie et l’Atropatène à l’E., et l’Ibérie au N. Elle comprenait un grand nombre de prov. dont les principales sont nommées: 1° Acilisène, Sacasène, Basilisène, Catarzène, Phasiane, Colthène (entre l’Euphrate et l’Aras); 2° Sophène , Arzanène , Chorzène , Bagraydanène , Cordyène, Cotée, Moxoène, Caranitide (entre l’Euphrate et le Tigre); 3° Orbalisène, Otène, et le pays des Obareni, Taochi, Scythini, Sanni (entre l’Araxe et lTbérie). Artaxata , auj. Ardech , était la capit. de toute l’Arménie. La Petite-Arménie était située à l’O. de l’Euphrate, entre la Colchide, la Cappadoce et la Comagène. Lorsqu’elle eut été réduite par les Romains en province romaine, elle fut divisée en 6 préfectures, appelées : Mélitène, Cataonie, Muriane, Laviane et Rhavène. Plus tard on la partagea en Arménie lr«, ch.-l. Satala, et en Arménie 2e, ch.-l. Simbra. Le nom de Petite- Arménie fut aussi donné au roy. d’Arménie fondé par les Grecs en 1079. {Voy. ci-après.)
Histoire. L’Arménie fut d’abord un état indépendant gouverné par des rois, dont le 1er fut Haïg, qui régnait vers 2107 av. J.-C. ; mais depuis l’an 2000, ses successeurs, soumis par Sémiramis, reconnurent la suprématie de l’Assyrie, puis celle de la Perse. En 328 , sous le règne de Vahé , le dernier des Haïganiens, l’Arménie fut conquise par les Macédoniens ; elle passa depuis sous la domination des Séleucides. Elle secoua leur joug l’an 189 av. J.-C., et forma dès lors deux royaumes distincts: la Grande et la Petite-Arménie. Cette dernière, après avoir eu longtemps des rois particuliers, fut réduite en province romaine vers l’an 76 de J.-C. Quant à la Grande-Arménie, elle jouit de quelque éclat sous les règnes d’Artaxias, fondateur d’Artaxate (189-169), et deTigrane II, l’allié de Mithridate (96-37 av. J.-C.). Pendant les 2 premiers siècles de l’Empire romain, l’Arménie fut régie par une branche de la dynastie des Arsacides, qui régnaient déjà sur les Parthes, et fut un éternel sujet de guerres entre les Parthes et les Romains. De 232 à 286 après J.-C., les Sassanides, rois perses, régnèrent sur l’Arménie privée de ses rois. En 387, Théodose-le-Grand La partagea avec les Perses,mais Bahram III, roi sassanide, réunit toute l’Arménie à son empire (398). Néanmoins la dynastie des Arsacides subsistait encore; elle ne s’éteignit qu’en 428, en la personne d’Ardachès qui fut déposé. L’Arménie retomba alors entièrement sous le joug des Perses. Après la chute des Sassanides (652), l’Arménie fut longtemps en proie à d’horribles convulsions ; elle retrouva un peu de repos sous la dynastie des Pagratides (855- 1079). Les Grecs s’emparèrent en 1079 de la Petite- Arménie,- puis, en y ajoutant la Cilicie, ils en firent un royaume dont Anazarbe, ou Césarée de Cilicie 4 était la capitale. Ils en furent expulsés par Rupen, prince de la famille des Pagratides (1 182). Ceprince fit, ainsi que ses successeurs, de nombreuses allian-
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ces avec les croisés établis en Syrie ; mais au xive siècle (1373); la dynastie des Rupéniens fut renversée par l’invasion des Mongols , et dès lors l’Arménie cessa d’avoir une existence indépendante. Elle passa successivement sous le joug des Turcs seldjoucides et sous celui des Turcs ottomans. Les Persans enlevèrent ensuite aux Turcs une partie de leurs conquêtes et furent eux - mêmes dans ces derniers temps remplacés par les Russes, qui partagent aujourd’hui avec la Turquie la possession de l’Arménie.
ARMENT1ERES, ch.-l. de cant. (Nord), sur la Lys, à 13 kil. N. O. de Lille, sur la frontière; 7,700 hab. Fortifications détruites. Coll. comm. Haras. Genièvre, linge de table, construction de bateaux , etc. Commerce de grains, vin, eau-de-vie, tabac, fer, etc.
ARMENTO, Grumentum, ville du roy. de Naples (Basilicate), à 44 kil. S. E. de Potenza; 2,400 hab.
ARMINIENS, secte de la religion réformée. Voy. arminius (Jacques).
ARM INI US ou HERMANN, fameux général des Chérusques, tailla en pièces l’armée de Varus dans les défilés deTeutbourg ( Teutoburgiensis saltust), l’an
10 de J.-C., se soutint longtemps avec avantage contre les forces romaines, commandées par Germanicus, et les contraignit enfin à abandonner la Germanie. Dans la suite, ayant aspiré au titre de mi.
11 fut empoisonné par un de ses compatriotes, 1 an 19 de J.-C. 11 n’avait que 37 ans. Arminius avait été élevé à Rome et avait longtemps joui de la confiance d’Auguste et de Varus lui-même. Après sa mort, les Germains en firent, dit-on, un dieu sous le nom dTrminsul. Voy. ce nom.
arminius (Jacques), ou harmknsen ou hermanns, théologien protestant, né à Oude-Water en 1560, mort en 1609, fut ministre à Amsterdam (1588), et professa la théologie à Leyde (1603). Il combattit ■’a doctrine des Supralapsaires , nia la prédestination telle que l’enseignait Calvin, et même .telle que l’admettent les Catholiques, et s’efforça de* réunir toutes les communions chrétiennes. Ses sectateurs, qui sont encore très nombreux en Hollande, sont nommés Arminiens ; on les appelle aussi Remontrants, parce qu’ils exposèrent leur doctrine dans un mémoire intitulé Remontrances , qu’ils adressèrent en 1610 aux états de Hollande. Arminius eut à soutenir à Leyde des contestations fort vives, surtout avec Gomarus, zélé Calviniste, dont les partisans sont appelés Gomaristes. Les écrits d’ Arminius ont été publiés à Francfort, 1631, 1 vol. in-4.
ARMLEY, ville d’Angleterre (York), sur le canal de Leeds à Liverpool, à 11 kil. E. de Bradford; 4,400 hab. Grandes fabriques.
ARMORIQUE, en latin Armorica ou Armoricanus tractus (des motsceltiq. ar mor , la mer), nom donné aux côtes de la Gaule le long de la Manche et de l'Océan, mais plus spécialement aux côtes bretonnes, à toute la Bretagne actuelle. — Le nom d’Armorique paraît avoir aussi désigné la partie méridionale de la Gaule située entre le Rhône et l’océan Atlantique, et que les Romains nommèrent plus tard Aquitaine.
ARMSTRONG (Jean), médecin et poëte écossais , né en 1709 à Castleton, près d’Edimbourg, mort en 1779, fut nommé en 1746 médecin de l’hôpital militaire de Buckingham, et en 1760 médecin de l’armée d Allemagne. Il a laissé quelques traités et essais de médecine, mais il est surtout connu comme littérateur. On lui doit un Essai poicr abréger l’étude de la Médecine (1735), satire ingénieuse dirigée contre les empiriques ; l’économie de l’amour (1737), poëme auquel on reproche quelques peintures licencieuses; 1 An de conserver la santé { 1744), poëme didactique très estimé, traduit en 1817 par M. Monne ; le Jour (1760), poëme, et des Essais divers , publiés sous le nom de Lancelot Temple.
aRNA, ch.-l. d une oasis du Sahara oriental, entre
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le roy. de Bournou et le désert de Libye, à 900 kil. S. E. deMourzouk. — Ane. v.d’Ombrie, sur le Tibre.
ARNAC-POMPADOUR , village du dép. de la Corrèze, à 30 kil. N. 0. de Brives. Haras. Ane. marquisat. Chat, bâti en 1026; donné par Louis XV à Mme d’Etioles, qui prit de là le nom de marq. de Pompadour.
ARNAUD, de Brescia, célèbre hérétique du xne siècle, né en 1100, vint jeune en France où il suivit les .eçons d'Abélard, puis retourna en Italie et prit l’habit monastique. 11 prétendit réformer le clergé , et faire revivre la primitive église ; il soutenait que les ecclésiastiques ne peuvent posséder de biens temporels sans être damnés. 11 se fit un grand nombre de partisans et excita des troubles dans plusieurs villes où le peuple prit les armes contre les ecclésiastiques. Condamné par le pape Innocent II et par le concile de Latran en 1139, il se retira quelque temps en Suisse; mais en l’an 1144, voyant croître son parti, il vint à Rome, d’où il chassa successivem. les papes Lucius II et Eugène III. Alliant la réforme politique à ta réforme religieuse, il rétablit la république, et forma un sénat. 11 resta maître de Rome pendant 1 0 ans ; mais au bout de ce temps le pape Adrien IV réussit à rentrer dans Rome. Arnaud se réfugia en Toscane; mais ayant été pris par l’em- Tvareur Frédéric Barberousse qu’Adrien avait appelé a son secouns, n fut livré au préfet de Rome, qui le fit décapiter au château Saint- Ange, 1 155.
Arnaud de Villeneuve, savant du XIH* siècle, né en 1238, à Villeneuve en Languedoc, ou, selon d'autres, en Catalogne , se distingua à la fois par ses profondes connaissances en médecine, en chimie, en astrologie et en théologie. 11 voyagea en France, en Italie et en Espagne pour s’instruire, et séjourna longtemps à Paris et à Montpellier, exerçant la médecine. Condamné par l’Université de Paris pour avoir soutenu plusieurs propositions hérétiques, il se réfugia en Sicile auprès de Frédéric d’Aragon. Le pape Clément V, étant tombé malade, l’appela auprès de lui pour le soigner ; mais il périt dans la traversée de Naples à Avignon, en 1314. Arnaud de Villeneuve a surtout fait avancer la chimie; il découvrit les acides nommés aujourd’hui sulfurique, muriatique et nitrique; il composa le premier l’alcool et l’essence de térébenthine. Malgré ses lumières, il s’adonna à l’astrologie et voulut prédire la fin du monde. Ses œuvres ont été publiées à Lyon, en 1504 et en 1520, avec une Vie de l’auteur.
arnaud-baculard ( Fr. -Thomas -Marie de baculard, connu sous le nom d’), littérateur médiocre, né à Paris en 1718, d’une famille noble du comtat Venaissin, mort dans cette ville en 1805, fit des vers dès l’âge de 9 ans et avait déjà composé trois tragédies à 17 ans. Voltaire remarqua ses essais, le soutint de ses conseils et même de sa bourse; le roi de Prusse Frédéric le choisit pour son correspondant, puis l’appela à Berlin; Arnaud n’y resta qu’un an. Il fut nommé, vers 1751 , conseiller de la légation française à Dresde, puis il revint se fixer à Paris où il se livra tout entier à la composition de ses écrits, il adopta un genre lugubre et sombre qui eut faveur pendant quelque temps. Malgré le succès de ses écrits, il ne s enrichit pas et finit même dans sa vieillesse par tomber dans une profonde misère. Scs principales productions sont : les Épreuves du sentiment. I 7 7 2-8 1 ; les Délassements de l’homme sensible , 1783-93; les Loisirs unies, P93; Y Histoire de M. et madame Lahédoyère ; plusieurs pièces de théâtre, dont la plus connue est le Comte de Comminges , drame fort noir, représenté en 1790, et divers recueils de poésies oubliées aujourd’hui. Presque tous ses écrits sont d’une prolixité fatigante.
ARNAULD (Antoine), avocat du xvi° siècle, issu d’une noble et ancienne famille d’Auvergne, ué à Paris en 1560, mort en 1619, se lit recevoir avocat au parlement de Paris et honora sa profession par
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gon éloquence et sa probité. Henri IV voulut l’entendre, et Catherine de Médicis le nomma, en 1585, son procureur-général. 11 prononça, en 1594, un plaidoyer, devenu fameux, en faveur de l’université contre les Jésuites (imprimé à Paris et à Lyon, 1594-95), et rédigea, en 1602, un Mémoire au roi pour empêcher le rappel de cette compagnie (imprimé en 1602 et 1610, in-8). Il a composé aussi un assez grand nombre de pamphlets politiques. Antoine Arnauld eut vingt-deux enfants, dont dix seulement lui survécurent et dont plusieurs ont illustré son nom. Il restaura le monastère de Port-Royal-des-Champs dont sa fille, la mère Angélique, fut supérieure, arnauld d’Andilly (Robert) , fils aîné du précédent, né à Paris en 1589, mort en 1674. 11 parut de bonne heure à la cour, et n’y fit usage de son crédit que pour rendre service. A l’âge de 55 ans, il quitta le monde pour se retirer dans la solitude de Port-Royal. 11 a composé un grand nombre d’ouvrages de piété et a donné des traductions estimées des Confessions de saint Augustin, 1649; des Vies des PP. du désert , écrites par des PP. de l'église , 1653 ; deY Histoire des Juifs de Josèphe, 1667-68; des Œuvres de sainte Thérèse, 1670. 11 a laissé des Mémoires sur sa vie, publiés en 1731 (et dans la collect. de Mémoires de Petitot, 1824). Il fut père de Sim. Arnauld ,marq. de Pomponne, ministre sous Louis XIV .
ARNAULD (-Antoine), célèbre théologien, frère du précédent et le 20e des enfants d’Antoine Arnauld, né à Paris en 1612. se fit recevoir docteur en théologie en 1641. Il commença à se faire connaître par le traité De la fréquente communion , 1613, ouvrage dicté sans doute par une piété ardente, mais rempli d’exagération; il s’engagea bientôt après dans les querelles sur la grâce, prit parti pour Jansénius, publia deux Apologies de cet évêque, 1644 et 1645, et écrivît à ce sujet plusieurs pamphlets qui le firent censurer par la Sorbonne et exclure de la faculté de théologie, 1656. Alors il alla s’enfermer à Port- Royal; il y resta pendant douze ans ; c’est dans cette retraite qu’il composa, soit seul, soit avec ses amis, Nicole, Lancelot, Pascal, ces ouvrages de théologie, de logique, de métaphysique, de grammaire, de géométrie, qui tirent ia réputation de la société dont il était l’âme. De retour à Paris en 1668, lors de la paix de Clément IX, il résolut, afin d’éviter de nouvelles disgrâces, de tourner ses armes contre les Calvinistes, et publia, avec Nicole, le célèbre traité delà Perpétuité de ta foi. ; mais l’attachement qu’il gardait au jansénisme le rendant suspect, Louis XIV donna l’ordre de i arrêter. 11 fut quelque temps obligé de se cacher à Paris ; puis il se réfugia à Bruxelles, où il continua à combattre les Protestants, et où il eut de vifs démêlés avec le ministre Jurieu. En 1683, il s’engagea dans une nouvelle lutte, et attaqua la doctrine du P. Malebranche sur la grâce et sur la vision en Dieu. 11 mourut à Bruxelles en 1694, dans les bras du P. Quesnel. Les Jansénistes, dont il était le plus ferme appui, l’ont surnommé le grand Arnauld. Il est à regretter qu une ardeur trop vive pour la dispute ait consumé tous les efforts d’un homme qui aurait pu si bien servir la religion et les sciences. A la fin de sa vie et pendant son exil, Nicole lui exprimait le désir de se reposer de leurs luttes perpétuelles : « Vous reposer ! lui dit-il, eh ! n avez-vous pas pour vous reposer l’éternité entière P » Arnauld a prodigieusement écrit; les divers ouvrages qu’il a publiés forment 135 vol. On les a réunis en 48 tomes in-8°, Lausanne, 1775-83, avec une Vie de l’auteur. Les principaux de ses ouvrages, outre ceux que nous avons déjà cités, sont : la Grammaire générale et raisonnée , faite avec i,ancelot, 1660; l’Art de penser , fait avec Nicole, 1662; plusieurs vol. de la Morale pratique des Jésuites, 1669-1694 , 8 vol. in-1 2 ; Réflexions sur l'éloquence des prédicateurs j 1696 ; Objections sur les Méditations