‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 802 sur 1261 · ORBI — 1309 — ORDE · texte numérisé non relu

ORBI — 1309 — ORDE

le royaume (1528), mais il se déshonora dans cette occasion par sa cruauté. Chargé de commander l’armée impériale en Toscane, il assiégeait Florence (1530), lorsqu’il fut tué à lage de 28 ans.

orange (Guillaume et Henri-Frédéric de NAS¬ SAU, princes d’). Voy. Nassau et Guillaume.

ORANG1STES ( Orangemen ), nom de mépris qui fut donné pour la première fois en 1689 aux Protestants d’Irlande qui reconnaissaient l’usurpation de Guillaume d’Orange, par les Catholiques restés fidèles à la cause de Jacques 11. Cette dénomination est restée depuis aux Protestants, dans le courant des luttes qui ont affligé l’Irlande jusqu’à la proclamation du bill d émancipation catholique en 1829. Aujourd’hui le parti orangiste, à la tête duquel était le duc de Cumberland (depuis roi de Hanovre), et qui a trouvé un adversaire puissant dans le célèbre O’Connell, s’est confondu avec le parti tory. 11 s’oppose dans le parlement à toute concession de droits ou de privilèges en faveur du parti catholique d’Irlande. — En Belgique, on appelle aussi orangistes ceux qui sont partisans de la maison d'Orange, qui avant 1830 régnait sur tous les Pays-Bas.

ORAN1ENBAUM (c.-à-d. oranger), ville de la Russie d’Europe (Saint-Pétersbourg), à 31 kil. S. O. de Saint-Pétersbourg, sur le golfe de Finlande, visà-vis de Kronstadt; 1,500 hab. Château impérial, bâti par Menzikov. École descadets; liôp.de marins.

ORAPOLEON. Voy. horapollon.

ORATOIRE (Pères de V) , congrégation fondée à Rome par saint Philippe Néri en 1550, porta d’abord le nom de Confrérie de la Trinité, et fut destinée à donner des secours aux étrangers que la piété amène à Rome, puis à instruire les enfants. Elle n'était composée dans son origine que de 15 hommes du peuple seulement; elle s’accrut bientôt en nombre et en richesses. Son ch.-I. était l’église de Notre-Dame de la Vallicella, dite Chiesa Nuova. — En 1611, P. de Bérulle imita cet institut en France en y fondant V Oratoire de Jésus, que confirma Paul V en 1613. Cette dernière institution avait pour but d’honorer l’enfance, la vie et la mort de J.-C., d’instruire la jeunesse, d’élever des clercs pour l’Église dans les séminaires , d’enseigner le peuple par la prédication et les missions; du reste, les Oratoriens ne faisaient point de vœux. Cet Ordre a produit beauc. d’hommes distingués (Malebranche, Massillon, Mascaron, Niceron, La Bletterie, Foncemagne, Dottevilie, etc ), et a rendu de grands services à l’enseignement : il avait son ch.-l. à Paris, dans l’église de V Oratoire (rue SHIonoré). Supprimé enl790,i’0rat. aété rétablià Parisen 1853 parM. l’abbé Petétot,sous le titre d’O.de l’Immac. Conception.

ORBA ou ORB, vide de Bavière (Bas-Mein), à 42 kil. N. 0. de NVurtzbourg; 3,100 hab. Salines.

ORBE, Orbeti ou Orbach en allemand, Vrba on latin, ville de Suisse (Vaud), sur l’Orbe (qui tombe dans le lac de Neuchâtel), à 24 kil. N. de Lausanne; 2,100 hab. Patrie de Yiretel du cardinal Duperron. — Jadis ch.-l. d’une des quatre grandes tribus des Helvétiens,celledesOrbigènes,puiscapitale de la Petite-Bourgogne. Conquise par les Suisses en 1475.

ORBE ou ORB, Orobis, riv. du dép. de l’Hérault.

ORBEG, ch.-l. de cant. (Calvados), à 18 kil. S. E. de Lisieux, sur l’Orbec (affluent de la Toucque) ; 3,209 h. Coll. Draps, étoffes de laine, rubans, tanneries.

ORBEGUE, riv. d’Espagne dans le roy.de Léon. Théodoric, roi des Wisigolhs, défit sur ses bords Réchiaire, roi des Suèves, en 456.

ORBELGS, auj. 1’ Argenlaro, mont, de Macédoine, à l’E. de l’ilémus, entre la Macédoine et la Mésie.

ORBEY,bourgdu dép. du H. -Rhin, à l5kil.N.O.de Colmar ; 5,200 hab T biles imprimées et faïenceries.

ORB1TELLO, ville d Italie, dans le grand-duché de Toscane, à 100 kil. S. de Sienne, sur un petit hc dit lac d'Orbilello; 3,000 h. Port commode.

ORCADES , Orkney en anglais, Orcades en latin groupe d’îles au nord de la pointe septentrionale de l’Ecosse, par 58° 42’-59° 22’ îat. N., et par 4° 35*-5» 35’ long. O. On en compte 30, dont 26 habitées. (Pomona ou Mainland des Orcades, Hoy , les deux Ronaldshay, Sanday, etc., sont les principales); 28,000 hab. Climathumide, pluies perpétuelles, froid moins vif que n’indiquerait la latitude ; sol peu fertile, pâturages, bétail; pêche (la navigation d’île à île est difficile et n’a lieu que l’été). — Les Orcades, jointes au Shetland, forment un des comtés de l’Ecosse; Kirkwall en est le ch.-l. — C’est la flotte d’Agricola qui ût connaître ces îles aux Romains vers 83 , e qui les soumit. Au Xe siècle, elles furent conquises par des pirates normands qui en exterminèrent les habitants. Plus tard, elles passèrent au Danemark. Jacques VI les acquit par son mariage avec Anne de Danemark.

orcades australes, dites aussi Nouvelles-Orcades et Potvell, groupe d’îles dans le Grand-Océan Austral, par 60° 46’ lat. S., et 47° long. O., au S. E. de l’Amérique, et à l’E. N. E. de l’archipel du Nouv.-Shetland, appartiennent aux terres australes. Elles sont arides et désertes ; des pics aigus forment les sommets de la plupart. On vient y pêcher des phoques. La principale se nomme Pomona et Mainland (ou Coronation). Elles ont été découvertes en 1821 par le capitaine Weddel.

ORCAN, sultan. Voy. Orkhan.

ORCHA, ville de la Russie d’Europe (Mohilev) , sur le Dniepr, à 75 kil. N. de Mohilev ; 1,900 hab. Défaite du czar Wasili IV par les Polonais en 1514.

ORCHIES, Origiacum , ch.-l. de cant. (Nord), à 15 kil. N. E. de Douai ; 3,484 hab. Huile, bière, etc.

ORCHIMONT, village de Belgique (Luxembourg), sur le Semoy , près de la frontière de France et de celle de la prov. de Namur ; 300 hab. Restes d’un château fort, pris et rasé en 1636 par le maréchal de Cliâtillon. — Cette ville eut le titre de comté dès le xe siècle, et appartint aux évêques de Liège , aux comtes de Luxembourg et à ceux de Namur.

ORCIÈRES, ch.-l. de cant. (Hautes- Alpes), sur le Drac, à 19 kil. N. d’Embrun ; 1,700 hab.

ORCHOMÊNE , Orchomenus , nom de plusieurs villes grecques, dont deux surtout sont célèbres. 1° Orchomène d’Arcadie, auj. Kalpaki , au N. da Mantinée ; — 2° Orchomène des Minyens ou Orchomène de Béotie, auj. Scripou , au N. etprèsde Lébadée, non loin d’un lac de même nom. Elle fut longtemps le siège d’un petit état fameux dans la my- ’ thologic. Sylla y battit Arcliélaüs (87 av. J.-C.).

ORGES, nom de Pluton chez les Romains. Oo le fait dériver du latin urgeo , presser ; du grec eïrgô, enfermer; ou enûn d ’orkos, serment, parce que Pluton était invoqué lors de la prestation des serments , et que l’onde du Styx était le garant le plus terrible de la sainteté des promesses.

ORDALIE ou ORDÉAL, du saxon ordal, le même mot qu'urtheil, jugement, nom donné quelquefois aux épreuves judiciaires. Voy. jugement de dieu.

ORDELAFF1 (Cecco), s’empara en 1315 du gouvernement de Forli, qui resta dans sa famille jusqu’en 1480, époque à laquelle la veuve de Pino Ordelafli le vendità Jérôme Riario, neveu de Sixte IV.

ORDER1C VITAL, né en 1075 en Angleterre, mort vers 1150, dans l'abbaye de Saint- Evroul en Ouche (Normandie), a laissé une Histoire ecclésiastique qui va de la naissance de J.-C. à l’an 11 41, et qui est une des sources pour l’histoire de France. On la trouve en entier dans les Scriptores historiée normannicœ de Duchesne , Paris , 1619, dans l’éd. d’A. Leprévost, 1844, et par extrait d. lé recueil des Historiens de France , t. 12; M. Dubois l’a traduit pour la première fois en français, Paris, 1827, 4 vol. in-8 (dans la collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France deM. Guizot).

OREN — 1310 — ORFA

ORDOGNO, roi de Léon. Voy. léon.

ORÉADES, nymphes des montagnes, et compagnes de Diane. Voy. nympjies.

ORÉE, ville d’Eubée. Voy. histiée.

OREGON ou COLUMBIA, fleuve des Etats-Unis, dans le territoire auquel il donne son nom, prend sa source dans les monts Rocheux, par 50° lat. N. et 118° 50’ long. 0., coule d’abord au N. O. jusqu’à 52° lat. N., puis retourne au S., et vers 46° lat. N., se dirige à l’O. pour se jeter dans le Grand-Océan par 46° 19’ lat. N. et 126° 14’ long. O., entrelescaps du Désappointement et d’Adam; cours, 2,000 kil. OREGON, v. et territ. F. l'art, oregon au Supplém. O’REILLY (Alex.), général au service de l’Espa-

fne, né en Irlande en 1735, avait d’abord servi la rance avec distinction pendant la guerre de Sept- An3. Il sauva la vie au roi Charles III , lors d’une émeute suscitée à Madrid en 1766, obtint la faveur de ce prince , alla prendre possession de la Louisiane cédée à l’Espagne par la France, fut chargé en 1774 d’une expédition contre Alger, et échoua dans cette entreprise ; il conserva néanmoins sa faveur jusqu’à ce qu’il fût supplanté par Florida- Blanca (1786). Il mourut en 1794, au moment où il allait marcher contre la France.

OREL ou ORLOW, ville de la Russie d’Europe, ch.-l. du gouvernement d’Orel, sur l’Oka etl’Orlik, à 1,050 k. S. S. E. de St-Pétersbourg ; 23,000 hab. Grand entrepôt entre la Russie sept, et la Crimée (grains et chanvres en énorme quantité ; vins, miel, suif, etc.). — Cette ville fut détruite presque entièrement au xvii* siècle par les Lithuaniens ; elle fut depuis plusieurs fois saccagée par les Polonais et les Tartares de Crimée. — Le gouv. d’Orel, situé entre ceux de Kalouga et Toula au N., Smolensk et Tchernigov à l’0., etc., a 420 kil. de l’E. à l’O., 172 du N. au S. ; 1,350,000 hab.; ch.-l., Orel. Climat tempéré , sain; sol très fertile (en grains, houblon, chanvre, fruits); un peu de lin; bétail. Fer, albâtre. Industrie assez active. Grande exportation de blé.

ORELLANA, Aureliana, ville d’Espagne (Estramadure), à 60 kil. N. deTruxillo; 2,000 hab. orellanà, fl. d’Amérique. Voy. amazones (fl. des). ORELLANA (Fr.) , voyageur espagnol , né à Truxillo au commencement du xvi* siècle , suivit Pizarre, s’abandonna sur un brigantin au cours du fleuve des Amazones, depuis le lieu où il reçoit le Napo, et parvint ainsi le premier à découvrir l’embouchure de ce fleuve (qui depuis prit son nom). Il obtint de Charles-Quint des lettres-patentes pour établir des colonies dans les régions par lui visitées , repartit en 1549 avec trois vaisseaux, en perdit deux , et peu après mourut de chagrin à Caracas.

ORENBOURG, v. forte de Russie d’Europe, dans le gouv. d’Orenbourg, sur la droite de l’Oural, à 1,900 kil. S. E. de St.-Pétersbourg ; 14,000 hab. Cathédrale (sur un rocher de jaspe rouge) , hôtel du gouvernement, hôpital , chancellerie , douane , etc. Grand commerce avec les Tartares, Boukhares, etc. (presque tout entier par échange). Caravanes qui en trois mois se rendent aui Indes. On exporte draps, velours, cuirs de Russie, verroterie, etc. On importe sable d’or, lapis-lazuli , rubis , cotons , indiennes , perses, peaux d’agneaux de Boukharie, peaux de tigres et de chats-tigres, etc. Grandes foires de chevaux et de moutons. — Bâtie d’abord en 1734 au confluent de l’Oural et de l’Or sous le nom d’Orsk, puis transférée en 1739 à 200 kil. plus bas sous celui de Krasnogorskaïa , elle fut enfin construite dans son emplacement actuel, et reçut le nom d’Orenbourg en 1742. Cette ville a été quelque temps ch.-l. du gouvernement de son nom.

orenbourg ou ouf a (gouvern. d’) , un des gouv. orientaux de la Russie d’Europe, confine à l’Asie, et n’a au S. que ceux de Saratov et d’Astrakhan : SCO kil. de l’E. à l’O. sur 580; 1,100,000 hab.

environ, dont beaucoup de Cosaques, Baskirs, Tchérémisses. Ch.-l. Oufa (c’était précédemment Orenbourg). Sol généralement très fertile, blé, lin, chanvre. Bétail et animaux sauvages, dont quelques-uns féroces. Or, cuivre, fer, vitriol, marbre, albâtre, cristaux, jaspe, agate, etc. Commerce avec les Asiatiques; bétail, poisson, caviar, ichthyocolle , etc Toute la frontière est garnie d’une ligne de petits forts en bois pour la défendre contre les Kirghiz.

ORENOQUE , Orinoco en espagnol, grand fleuve de l’Amérique du Sud , naît dans les monts de Parime (Vénézuela), par 65° long. O., 5° 6’ lat. N. , décrit un large quart de circonférence , puis coule au N. à l’E., passe par Esmeralda, Atures, Urbana, Caycara, Angostura, et se jette dan3 l’Atlantique par 50 bouches (dont 7 navigables, entre autres la Boca de Navios); cours, 2,500 kil. Grands affluents, le Guaviare, le Méta, la Vichara, l’Apure grossi par la Portugueza. Un bras célèbre, le Cassiquiare, l’unit à l’Amazone. Ses cataractes, près d’ Atures, sont effrayantes. Ce fleuve nourrit nombre de caïmans, de gros poissons, etc. Profond et large, il déborde dans la saison de3 pluies jusqu’à 100 kil. de ses rives; à son embouehure, il ressemble à un lac. Colomb, dans son troisième voyage, vit l’Orénoque , et de sa largeur conclut l'existence d’un très vaste continent.

ORénoque (dép. de 1’), dans la république de Vénézuela, jadis partie de la Colombie, est divisé en trois provinces (Varinas , Apure et Guayana) , et a pour ch.-î. Varinas. Ce dép. est séparé du Brésil par le fleuve des Amazones ; il est très vaste (1,250 kil. sur 1,100), mais n’a que 180,000 hab., et est couvert de vastes forêts.

ORENSE, ville d’Espagne. Voy. caldas d’orense.

ORESME (Nie.), écrivain français, né vers 1320 en Normandie, mort en 1382, devint en 1355 grandmaître du collège de Navarre, fut chargé de terminer l’éducation du Dauphin (Charles V) , et fut nommé en 1377 évêque de Lisieux. On a de lui, entre autres ouvrages , des traductions françaises de la Morale (1488) et de la Politique d’Aristote (1489), entreprises par ordre de Charies V.

ORESTE, Orestes , fils d’Agamemnon et de Clytemnestre, passa sa jeunesse chez le roi de Phocide, Strophius son oncle, après le meurtre d’Agaraemnon par Glytemnestre et Égisthe , et contracta là cette amitié avec Pylade qui les a rendus si célèbres l’un et l’autre. Il vengea la mort de son père par celle des deux coupables, mais il fut aussitôt poursuivi par les Furies, et depuis il promena partout ses remords et sa démence : en Attique où l’Aréopage et Minerve l’acquittèrent, à Trézène où il se fit expier, en Tauride où il acheva de se purifier en courant risque de la vie, et où il retrouva Iphigénie sa sœur. De retour en Grèce, il donna Electre, sa sœur aînée, en mariage à Pylade , tua Pyrrhus à Delphes , épousa Hermione , et mourut piqué par un serpent à plus de 90 ans.

oreste, Orestes , père de l’emp. Augustule, étai un grand de la cour d’Attila. S’étant fixé en ütalie, il y devint tout puissant sous l’empereur Julius Nepos. (473); mais bientôt il détrôna ce prince et donna la couronne à son fils (475). Vainqueur de ce dernier , Odoacre fit tuer Oreste (476).

ORESTIDE, contrée de la Macédoine à l’O. Voy. macédoine.

ORETUM, ville de l’Hispanie (Tarraconaise), vers les sources de YAnas (Guadiana) , capitale des Ore iani , auj. calatrava ou nostaa-senora-de-oreto.

ORFA , primitivement Callirhoë , YEdesse des Grecs et des Croisés, nommée parfois Antioche , v. de la Turquie d’Asie (Diarbekir), ch.-l. de livah , près du lacel-lbrahim-el-Kalil, à 180 kil. S. O. de Diarbekir; 40,000 hab. Beaucoup de mosquées; églises, caravansérais, bains. Étoffes de coton , cuirs , bijouterie, etc. Commerce par caravanes. Environs dé

ORIB — 131 1 — OIUE

licieux, où l’on a voulu placer le paradis terrestre. Yoy. EDESSE.

ORFANO, ville de Turquie. Yoy. contessa.

orfano (golfe d’), Strymonicus sinus , golfe de Archipel , sur la côte du livah de Salonique, par 40° 40’ lat. N. ,21° 30’ long. E. ; 26 kil. sur 32. Ainsi nommé de la ville d’Orfano, qui est sur ses bords.

ORFFYRÉE ou ORPHYRREUS (J.-Ernest-Elie bessler, dit), né à Zittau (Alsace) en 1680, mort en 1745 à Furstenberg, fut tour à tour frère lai, soldat au service d’Autriche, empirique, horloger, chercheur de trésors , conseiller de commerce à Cassel. A deux reprises différentes (1712 et 1719), il crut ou dit avoir trouvé le mouvement perpétuel : il montra gratis dans diverses villes de Saxe et de Hesse une machine qui , selon lui , résolvait ce problème, et publia le Mouvement perpétuel triomphant (allemand et latin, Cassel, 1719, in-4); mais il brisa sa machine après le rapport défavorable qu’en fit S’Gravesande. Se rejetant alors du côté des matières religieuses, il conçut le plan du Gotlesburg (ou ville de Dieu) , grand établissement où l’on recevrait des Chrétiens , des Turcs , des Juifs, etc., pour les initier à la piété, aux sciences, aux arts en même temps , et publia son Orffyrée orthodoxe, Cassel, 1723, in-4 , plan de réunion de toutes les sectes religieuses.

ORFORD, ville d’Angleterre (Suffolk) : à 25 kil. E. d’ipswich; 1,200 hab. Jadis plus importante.

ORFORD (Edward rüssel, comte d’). Voy. russel.

ORGAZ, Althœa , ville d’Espagne (Tolède) , à 22 kil. S. de Tolède ; 2,520 hab. Salpêtre, drap, étamines. Mines d’argent.

ORGE, petite riv. de France (Seine-et-Oise), naît dans l’arr. de Rambouillet, près de Dourdan, traverse Arpajon, passe près de Juvisy, reçoit la Remarde, l’Yvette, et se jette dans la Seine, au S. O. de Villeneuve-Saint-Georges ; 45 kil. de cours.

ORGELET, ch.-l. de cant. (Jura), à 17 kil. S. de Lons-le-Saulnier ; 2,300 hab. Tanneries renommées.

ORGÈRES, ch.-l. de cant. (Eure-et-Loir) , à 28 kil. E. de Châteaudun ; 400 hab.

ORGÉTORIX, riche helvétien, décida ses compatriotes à se jeter sur la Gaule, l’an 61 av. J.-C., et, pour réussir plus aisément, fit une Mgue avec le Séquanais Casticus et l’Eduen Dumnorix, les engageant à se rendre maîtres du pouvoir chacun dans sa république, et promettant d’en faire autant parmi les Helvétiens. Ceux-ci furent avertis de ce plan, et citèrent Orgétorix à comparaître. Orgétorix se déroba au jugement, mais il périt presque aussitôt. On pensa qu’il s’était lui-même donné la mort.

ORGIES, Orgia, fêtes en l’honneur de Bacchus, étaient les mêmes que les Dionysiaques ou Bacchanales et devaient leur nom à la fureur sacrée ( orgè ) dont étaient transportés les célébrants. •

ORGON, ch.-l. de cant. (Bouches-du-Rhône), sur la Durance, à 34 kil. N. L. d’Arles ; 2,641 hab.

ORIA ou URITANA, ville du roy. de Naples (Otrante), à,38k.E.deTarente; 4,800 h. Evôché. Fondée par des Crétois ; reçut au xve s. des Grecs réfugiés.

oria, ville d’Espagne (Grenade), à 22 kil. E. de Baza ; 6,200 hab. Lainages. Mines d’argent.

OR1BASE, de Pergame, médecin de l’empereur Julien, suivit ce prince en Gaule, où il facilita son élévation à l’empire, et l’accompagna dans l’expédition de Perse. Julien l’avait nommé questeur du palais ; Yalentinien et Yalens le dépouillèrent de cet emploi et l’exilèrent. Oribase acquit un grand renom parmi les peuples barbares. Il fut enfin rappelé et dédommagé par l’empereur. Il avait composé, entre autres ouvrages, un grand Recueil, en 70 livres, de passages importants d’anciens médecins ; il nousen reste env. 22 livres, dont 9 seulementen grec, publiés sous le titre de Collecta nea artis medicæf Paris, 1556; nous avons de lui un abrégéde cet ou-

>5, et quelques trad. en fr. par >51-54, 4v.in-8.

OR1CUM, ville et port d’Epire, sur la mer Adriatique, au fond d’un golfe qui sert de limite à l’Epire et à l’illyrie. — Fondée, dit-on, par une colonie venue de Colchide. Après la guerre de Troie, elle servit de résidence à Hélénus et à Andromaque.

ORIENT (empire d’) , dit ensuite et successivement Bas-Empire , Empire Grec ou Byzantin, Empire de Constantinople , nom porté par l’empire dont Constantinople fut sans interruption la capitale , et qui, commençant à la mort de Théodose, finit à la prise de Constantinople par Mahomet II, en 1453. La vraie date du commencement de l’empire d’Orient est 395. Il y avait bien eu précédemment , en 364, un partage officiel de l’empire, entre Yalentinien I et Yalens ; la tétrarchie de Dioclétien elle-même avait établi un partage réel en empire d’Occidcnt et empire d’Orient ; mais ce partage ne fut complet et définitif qu’après la mort de Théodose. L’histoire de l’empire d’Orient se divise en six périodes. Pendant la lr® (395-565) , dont Justinien est le personnage principal , l’empire grec, après avoir subi les ravages des Huns et perdu presque toute l’Arménie, vit périr l’empire d’Occident; mais il ne tarda pas à s’annexer quelquesunes de ses dépouilles (Italie, Afrique, Barbarie, un peu de l’Espagne). La 2e période (565-717) commence sa décadence : les Lombards occupent les deux tiers de l’Italie ; les Bulgares , Serbes et Croates s’établissent au sud du Danube ; les Arabes soumettent la Syrie, l’Égypte, l’Afrique et l’île de Cypre (622-632); Maurice, Héraclius, Pogonat sont les princes les moins nuis de ces 150 ans. Avec la 3e période (717-867), commence la dynastie isaurienne qui se prolongera jusqu’en 802, et dont le zèle iconoclaste amène la perte de presque tout ce qui reste aux Grecs dans l’Italie. Sous les sept princes qui succèdent à Irène, le culte des images est rétabli (842), mais bientôt (868) Pholius prépare le schisme d’Orient [Yoy. église grecque); Candie, presque toute la Sicile, laCilicie, échappent aux em-

Eercurs (822, 827, 832, etc.). Les guerres contre les ulgares amènent d’affreux désastres. La dynastie macédonienne, qui, souvent interrompue ou annulée par des usurpations , remplit la 4e période (867- 1056), ralentit la chute de l’empire et offre quelques princes remarquables ; les Bulgares, les Russes, les Petchenègues insultent et ravagent l’empire , mais la Bulgarie est deux fois reprise (971 , 1018) , avec la Servie (1018); Cypre, la Cilicie, Candie rentrent sous la domination de l’empire (961-964) ; Alep (962), la Sicile (1038-40), sont momentanément recouvrées. Au commencement de la5« période (1056- 1260), les Seldjoucides s’emparent des deux tiers de l’Asie Mineure. Alexis, Jean et Manuel Comnène ne peuvent reconquérir qu’une faible partie des provinces sur la mer Noire (1081-1180): les Croisés qui traversent l’empire grec ne lui sont d’aucun secours, et même lui sont onéreux et funestes; des guerres contre les Normands, qui ont conquis la Sicile , et contre les Hongrois épuisent les forces des Grecs. A la mort du dernier Comnène, la décadence est de plus en plus sensible ; les Serbes et les Bulgares redeviennent indépendants ; la 4« croisade se détourne de Jérusalem sur Constantinople, qui est prise (1204), et qui devient le siège d’un empire latin , tandis qu'un démembrement général fait sortir- des restes de l’empire dOrient (outre une douzaine de petits états latins, 1 entre autres le royaume de Thessaloniquc, la principauté d’Achaïe, le duché d’Athènes, le duché de Naxie , et les provinces vénitiennes en fréto), trois

vrage: Synopscos libri IJ, Paris, I5î autres écrits. Ses OEuv. ont été publ. et MM.BussemakeretDaremberg.Par.,lt ORICELLARIUS. Yoy. ruccellai.

ORICHOVIUS. Yoy. orzecrowski.

ORIE — 1312 — GïUE

états grecs, dont un en Europe (le despotat d’Epire), et deux en Asie (l’empire de Nicée, l’empire de Trébizonde). Le 5e empereur de Nicée, Michel Paiéologue, reprend enfin Constantinople (1261). Il ouvre la 6e période que remplit la dynastie des Paléologues. Mais ni lui, ni Andronic son fils, ne peuvent recomposer l’empire. Trébizonde, la Servie, la Bulgarie, la Bosnie, les îles et presque tout le sud de la péninsule sont indépendants ; le reste passe au pouvoir des Turcs, ainsi que les neuf dixièmes de l’Asie Mineure (xie siècle). Les guerres civiles (sous Andronic 111, Cantacuzène, etc.) achèvent la ruine de l’empire. En vain les empereurs mendient les secours de l’Occident et promettent d’abjurer le schisme, les Turcs redeviennent maîtres de la Bulgarie (1391), font la guerre en Servie, pressent Constantinople de tous côtés, imposent tribut à Jean VII, et sans l’invasion deTamerlan (1402), l’empire grec était détruit par Bajazet. Enfin Mahomet II s’empare de Constantinople (1463), malgré la défense héroïque du dernier des Constantins ; la prise de la capitale est bientôt suivie de la soumission des petits états du Danube, de la Morée et de Trébizonde. — L’empire d’Orient est surtout remarquable par sa longue duree ; ses annaies n offrent guère qu’une suite de crimes, de trahisons et de bassesses; tout occupés de querelles théologiques, les empereurs ne savent pas résister aux Barbares, et enfin l’empire, affaibli de jour en jour par les invasions, par les dissensions intestines et par les vices des princes , périt de décrépitude.

Géographie de l'empire d’ Orient. Les provinces de l’empire d’Orient, de 395 à 534, sont à peu près cellos qui, dans l’empire romain, composaient les deux préfectures d’illyrie orientale et d’Orient proprement dit. Les conquêtes de Justinien firent ajouter aux 59 ou 60 provinces qui composaient cet empire : 1° l’Afrique, la Numidie, les 3 Mauritanies; 2° 4 districts espagnols en Carthaginoise , en Bétique, en Lusitanie , en Gallécie ; 3° l’Italie entière. Dans l’intervalle s’était ajoutée à l’Asie Mineure (où l’on distinguait 4 Arrnénies), une Arménie romaine, dite Grande Arménie, quoiqu’elle ne fût que la moindre partie de l’Arménie (le reste était aux Perses et s’appelait Persarménie). De 569 à 590, l’Italie grecque se réduisit à l’Exarchat (plus la Pentapole), aux duchés de Gênes, de Mantoue, de Rome, de Naples, aux 2 Calabres, aux 3 grandes îles. En 624, toutes les possessions espagnoles revinrent aux Wisigoths. La Syrie et la Mésopotamie échappèrent en 636, l’Egypte en 640, l’Afrique de 670 à 707, toute la rive du Danube (sur une largeur de 100 à 250 kil.) de 623 à 641, le duché de Rome en 728, l’Exarchat en 752, etc., etc. Au milieu de ces désastres, la division géographique de l’empire avait changé : les prov. prirent au VIIe s. le nom de Thèmes. On en compta d’abord 32, dont 15 en Europe (Europe, Dyrrachium, Nicopolis, Slrymon, Rhodope, Thrace, Mimonti, Hellade, Péloponèse, Thessalonique, Macédoine, Cherson, Lombardie (qui était alors la Terre d'Olranle ), Calabre, mer Egée ; et 17 en Asie (Samos, Obsequium , les Optimates, les Thracésiens, les Cibyrrhéotes, les Buccellariens, Paphlagonie, Arménie, Chaldie, Colonie. Mésopotamie, Sébastc, Cappadoce! Lycande, Séleucie, Anatolie, Cypre). La conquête des deux roy. de Bulgarie et de Servie étendit ces limites au N. (1018). Mais entre 976 et 1018 le roy. Bulgare (allant de l’ Hellade au Danube et longeant toute l’ Adriatique jusqu’à Sabioncello) avait absorbé plus de moitié de la Péninsule. Après les succès des Seldjoucides et la fondation du roy. de Konieh, l’empire grec, privé d’ailleurs de la Servie, rempli de camps de barbares (Petchenègues , Co-

üe\.'',la^aes)’ e* ayanl a sa frontière le désert, ait roret des Bulgares, n’eut plus en Asie que deux rovincesoccid, de 1 Asie Mineure (celles d’Héraclée

et de Séleucie), plus un long littoral sur la mer Noire (Paphlagonie et Chaldie). En 1261, l’empire no contenait plus que la Thrace au S. de l’Hémus, la Macédoine et l’Empire oriental en Europe, la Mysie, la Lydie et un peu de la Lycie et de la Carie en Asie : on le divisait en 8 régions : 1° Thrace, Orient, Occident, Grande Vlaquie, Morée grecque ; 2° Bithynie, Cilbianum, Mageddo. A l’avènement de Bajazet 1 ces provinces se réduisaient à 4 districts en Europe (Constantinople, Thessalonique, Zeitoun, Sparte) et quelques échelles sur la mer Noire. Enfin au moment de la prise de Constantinople, toutes les possessions grecques consistaient en cette seule ville, avec 20 ou 30 bourgades voisines et deux dis¬

tricts de la Morée.

Empereur 1° Dynastie théodosienne.

Arcadius, 395

Théodose II, 408

Pulchérie seule, 450

Pulchérie et Marcien,450 Marcien seul, 453

2° Dynastie de Thrace.

Léon 1, 457

Léon 11, 474

Zénon, lre fois, 474

Basilisque, 475

Zénon, 2e fois, 477

Anastase I, 491

3° Dynastie de Justinien et ses annexes.

Justin 1, 518

Justinien I, 527

Justin II, 565

Tibère II, 578

Maurice, 582

Phocas, 602

4° Dyn. d’Héraclius , etc.

Héraclius I, 610

Héraclius Constantin, 641 Héracléonas Constantin, 641

Constant II, 641

Constantin III Pogonat , 668

Justinien II, lr* fois, 685 Léonce, 695

Tibère III (Absimare), 698 Justinien 11, 2* fois, 705 Philépiqueou Philippique (Vartan), 711 Anastase II, 713

Théodose 111, 716

5° Dyn. isaurienne et les 3 Michel.

Léon III l’Isaurien, 717 Constantin IV Copronyme , 741

Léon IV le Kliazare , 775 Conslanlin V Porphyrogénète I, 780 Irène (impératrice), 797 Nicéphore I, 802

Staurace, 811

Michel 1 le Curopalale, 811

Léon V l'Arménien , 813 Michel II le Bègue , 820 Théophile, 829

Michel III l’Ivrogne, 842 6° Dyn. macédonienne.

Basile I, 867

Constantin VI, avec Basile, son père, 868-878 LéonVl lePhilosophe, 886 Alexandre,

• d’Orient.

Constantin VII , dit Porphyrogénète II , d’abord seul, 912 puisav. Romain ILécapène, et ses 3 fils, Christophe, Etienne et Constantin VIII, 919 seul de nouveau, 945 Romain II, 959

Basile II et Constantin IX, 963

avec Nicéphore II Phocas, 963

avecJeanl Zimiscès, 969 seuls tous deux, 976 Constantin IX seul, 1025 Romain III Argyre, 1028 Michel IV le Paphlagonien, 1034

Michel V le Calfat ,1041 Zoé avec Constantin X Monomaque, 1042 Théodora 1054

Michel XLStratioq. ,1056

7° Comnènes , Ducas et Anges :

Avant Alexis ,

Isaac I Comnène, 1 057 Constantin XI Ducas, 1059 Eudocie avec Michel VII Parapinace , Andronic et Constantin XI bis (tous 3 Ducas), 1067 Romain 1Y (et Eudocie), 1068

Michel VII, 2e fois et seul, 1071

Nicéphore III Botoniate (et Nicéphore IV Bryenne compétiteur), 1078

Les cinq Comnènes , Alexis I, 108I

Jean 11 (Jean I Comnène), ms

Manuel I, n43

Alexis II, H80

Andronic I (Andronic Comnène), 1183

Anges ,

Isaac II, lrf fois, 1185 Alexi3 III, 1195

Isaac II, 2e f. avec Alexis IV, son fils, 1203 Alexis V Murzuphle, 1204 8° Les Grecs régnent à Nicée pendant que les Latins régnent à Con~

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