‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 842 sur 1261 · PER0 — 1376 — PÉ.RO · texte numérisé non relu

PER0 — 1376 — PÉ.RO

mont, de 2,474 mètres, dite aussi Nauhcampatepetl.

PEROTTI (Nie.), archevêque de Siponto ou Manfredonia en 1458, mourut en 1480 à 50 ans, après avoir pris part à une foule d’affaires importantes, et laissant, entre autres ouvrages, des Commentaires sur Pline le naturaliste , et des notes sur Martial sous le titre de Cornucopia, Venise, 1489, in-fol. On a retrouvé dans ses commentaires quelquesunes des fables de Phèdre, et on a voulu à tort le faire passer pour le véritable auteur de toutes les fables attribuées à l’auteur latin.

PÉROU. On désigna longtemps sous ce nom une vaste contrée de l’Amérique du Sud, qui s’étendait le long de l’Océan-Pacifique, et était comprise presque tout entière entre l’équateur et le tropique du Capricorne. Elle avait pour bornes à 10. 10céan-Pacifique, au N. le Popayan, à l’E. les déserts inconnus du Brésil et une partie desCordillières, au S. le Tucuman, le Paraguay, le Chili. Ce pays immense, après avoir formé un empire indépendant sous les Incas ( Voy . ci-après), puis une vice-royauté de l’Espagne sous les Espagnols, qui l’avaient divisé en trois audiences (Los Reyes, Quito et Charcas ou la Plata), est auj. partagé en deux états distincts: le Bas-Pérou ou république de Pérou au N. O., et le Haut-Pérou ou république de Bolivie au S. E.

Pérou (bas-), république de l’Amérique du Sud, bornée au N. par celle de l’Equateur, au S. et à l’E. par la Bolivie, à l’E. par le Brésil, à l’O. par le Grand-Océan, s’étend de 69° à 84° long. O,, et de 3° à 22° lat. S.: 2,340 kil. du N. au S., et l,325de plus grande largeur; 11,702,000 hab. Capitale, Lima. On le divise en 7 départements, savoir :

Départ. Chef-lieux.

Sud.

Nord. |

! Le Pérou est traversé dans sa partie occid. par les Andes, qui serrent de près la côte sur une longueur de plus de 2,000 kil., formant deux chaînes parallèles, entre lesquelles se trouve une bande de terrain dite la Sierra , aride, nue, élevée généralement de 3,400 mètres au-dessus de la mer ou même davantage, sujette à d’énormes variations de température et très malsaine. Le climat est au contraire assez égal et tempéré le long de la côte. Sur le versant oriental s'offrent d’abord la Montagna , région de forêts et de lacs infestée de reptiles et d’insectes ; puis de belles et fertiles plaines, richement arrosées et qui produisent toutes les denrées coloniales , des arbres superbes (maria, cotonnier, ébéniers, palmiers, cocotier, pin, aloès, bois de fer, cèdre). On y recueille le sang-dragon, des gommes et baumes, la casse, le jalap, Yyerva maté. On y trouve en abondance la cochenille, le kermès, diverses espèces d’abeilles, et, sur les montagnes, le lama, l’alpaca, la vigogne, le guanaco; les poissons, de superbes oiseaux y abondent, mais malheureusement on y voit aussi un grand nombre d'animaux malfaisants : jaguars, couguars, ours noirs des Andes, caïmans, etc. Les mines d’or du Bas-Pérou, les plus riches connues, et ses mines d’argent, ont une renommée proverbiale. Toutefois, c’est en Bolivie que se trouve le célèbre Potosi. En revanche, l’industrie est peu de chose au Pérou. Le commerce, auj. déchu, était jadis assez florissant: il consistait en or et en argent, et en produits du pays ; on importait beaucoup de tissus européens, de quincaillerie, passementerie, ébénisterie, librairie, etc.

Le Pérou, en comprenant à ia fois sous ce nom le Bas-Pérou et le Haut-Pérou ou Bolivie, fut habité primitivement par les Quichuas ou Péruviens et

Lima,

Lima.

Arequipa,

Arequipa.

Puno,

Puno.

Cuzco,

Cuzco,

Ayacucho,

Huamanga.

Junin,

Huanuco.

Livertad,

Truxillo.

quelques autres peuples (Chiquitos, Carapuchos); il forma, du xn® au xvi® siècle, un vaste empire, celui des Incas, qui semble même avoir compripendant un temps l’état actuel de l’Equateur, et peut-être partie de la Nouvelle-Grenade, du Vénézuela et du Brésil. Leurs bâtiments, leurs forts, leurs temples , des routes superbes de 1,600 à 2,000 kil. de long à travers les Andes, des canaux d’irrigation ; leurs vases, habits, armes et ornements; leurs institutions politiques et religieuses, témoignent du degré de civilisation où ils étaient parvenus. Le dieu principal était le Soleil, vénéré sous le nom de Pachakamak ; le roi, dit Inca, prétendait descendre de ce dieu par Mancocapac, le premier législateur du Pérou; le gouv. était despotique. Cuzco était la capitale.de l’empire péruvien. Les incas Atahualpa et Huescar, treizièmes successeurs de Mancocapac, régnaient sur le Pérou lorsque les Espagnols eurent connaissance du pays. Pizarreet Almagrol’explorèr. etleconquir.de 1526 à 1533. Huescar périt en combattant, Atahualpa fut perOdement mis à mort par les Espagnols. Le Pérou devint alors une vice-royauté de la monarchie espagnole, et fournit pendant trois siècles à l’Espagne une immense quantité de métaux précieux. De toutes les colonies espagnoles de l’Amérique , ce fut celle qui arbora la dernière le drapeau de l’indépendance. Une armée chilienne, commandée par le général de Buénos-Ayres, Saint-Martin, s’empara de Lima en 1821 et proclama l’indépendance du Pérou sous la protection de Bolivar. La victoire de ce dernier à Junin (1824), et celle du gén, Sucreà Ayacucho (lOdéc. 1824) consolidèr. la liberté du Pérou; mais bientôt la discorde éclata dans la nouvelle république, et une scission violente sépara le Haut-Pérou, protégé par Bolivar, et qui prit le nom de Bolivie, et le Bas-Pérou , qui conserva l’ancien nom. Une longue anarchie a désolé jusqu’à ce jour les deux républiques, et bien que la question des limites soit aujourd’hui à peu près vidée, les dissensions intérieures ne sont point encore arrivées à leur terme. Le président Gamara, élu en 1830, après s'être maintenu onze ans dans la direction des affaires, se vit chassé de Lima (12 mai 1841) par le gén. Santa-Cruz qui abdiqua bientôt (1842).

PÉROU (HAUT-). Voy. BOLIVIE.

PÉROUSE, Perugia des Italiens, Perusia des Latins, ville de l’État ecclésiastique, ch.-l. de la délégation de Pérouse, près du Tibre; 30,000 hab. Evêché. Plusieurs édifices ou monuments remarquables: églises el Jesu, Saint-Pierre, des Philippins; porte de la Piazza Grimana, deux amphithéâtres, salles de spectacle, etc. Etoffe de soie, de laine; liqueurs, chapeaux, eau-de-vie, etc. — Jadis une des douze cités de la confédération étrusque au S. de l’Arno. Elle s’allia aux Samnites contre Rome ; mais fat écrasée aux deux grandes batailles de Pérouse (309 et 295 av. J. -G.) et se soumit alors aux Romains. On nomme guerre de Pérouse la lutte qu’Octave eut à soutenir l’an 41 av. J.-C. contre L. Antonius, frère du triumvir, et F ulvie, sa femme : Pcrouse subit alors un siège célébré et vit Octave vainqueui faire immoler des prisonniers sur les autels, d’où le mot autels de Pérouse. Elle fut au vi* siècle assiégée sept ans par les Goths, qui la prirent et à qui Narsès la ravit. Elle tomba ensuite au pouvoir des Lombards. Pépin l'assura aux papes , mais elle fit souvent la guerre à ses nouveaux jnaîtres et se maintint en quelque sorte en forme de république. En 1392, elle se soumit à Boniface IX , fut prise par le fameux condottiere Forte-Braccio en 1416, etdevint le ch.-l. de la principauté que se fit ce guerrier aux dépens du Saint-Siège. Enfin, en 1442, elle se soumit au pape Eugène IV, mais en réalité les deux grandes familles des Oddi et des Baglioni s’y disputèrent encore longtemps le pouvoir, et c’est Léon X qui , après s’être emparé de la personne de J, -P. Ba-

PERR — 1377 — PERS

glione, en fit une ville de l’Etat papal, 1520. Vazi ucci , dit le Perugin , naquit près de Pérouse.

Pérouse (délégat, de) , une des divisions de l’Etat ecclésiastique, bornée au N. par celle d’Urbin et Pesaro, à 10. par celle de Yiterbe, etc., a pour villes principales (outre son chef-1. Pérouse), Foligno, Notera, Assise, Ciltà diCastello, Ciltà delle Pieve, Todi.

pérouse (lac de), le lac Trasimène des anciens. Voy. TRASIMÈNE.

PÉROUSE (LA), navigateur. Voy. lapérouse.

PÊROUSIN. Voy. pérugin.

PERPENNA, Romain du parti de Marius, devint, en79av. J.-G., lieutenant de M. Æm. Lepidus (père du triumvir), et, après la mort de celui-ci, joignit ses troupes à l’armée de Sertorius; mais bientôt, jaloux de la supériorité de ce général , il le fit assassiner dans un festin. Devenu par ce crime général en chef de l’armée sertorienne , il ne fit que des fautes, se .laissa prendre dans une embuscade et fut mis à mort par ordre de Pompée en 74 av. J.-C. — Un autre Perpenna, consul l’an 130 av. J.-G., battit et fit prisonnier Aristonic, qui disputait aux Romains le royaume de Pergame.

PERPÉTUE (sainte), vierge chrétienne, fut martyrisée à Carthage avec sainte Félicité, en 203 ou 205. On la fête le 7 mars.

PERPIGNAN, Pei'i enmanum en latin moderne,v. forte, ch. -i. desPyrénées orient, et delallediv.ndlit., sur le Tet, à 888 k. S. de Paris; 17,618 h. Evêché (transféré d’Elne en 1604), trib. de comm., collège. Forte citadelle, place d’armes, casernes, cathédrale, hôtel-de-ville, hôtel des monnaies, etc. Société d’agriculture, jardin botanique, bibliothèque, cabinet d’histoire naturelle et de physique, pépinière départementale ; bergerie impériale. Dr^ps, couvertures de laine , bouchons , tanneries. Grand commerce de vins de Roussillon. — On voit près de Perpignan les ruines de Ruscino , détruite en 828. Perpignan, qui a remplacé cette ville, fut la capitale du Roussillon ; elle appartint successivement aux rois d'Aragon et aux rois de France. Elle a soutenu plusieurs sièges, entre autres en 1475 et 1642. Assiégée de nouveau en 1794, elle fut défendue par Dugommier. Patrie de Jean-Blanc, qui repoussa les Espag. en 1475; du peintre Rigaud, etc. L’ rr. a7c. (Millas, Rivesaltes, Saint-Paul de Fenouilhet, Thuir, laTour-de-France, plus Perpignan, qui compte pour deux), 85 comm., et 76,134 hab.

PERRACHE (Michel), sculpteur, né à Lyon en 1685, embellit sa patrie d’un grand nombre d’ouvrages qui assurèrent sa réputation et mourut en 1 7 50. — Son fils, sculpteur et architecte, membre de l’Académie de Lyon, mort en 1779, avait formé le projet d’agrandir Lyon en reculant au S. de la ville le confluent du Rhône et de la Saône ; on fit dans ce but une chaussée qui porte encore son nom, mais on ne continua pas l’exécution de ses plans.

PERRAULT (Claude), né en 1613 à Paris, mort en 1688, fut d’abord médecin, ensuite architecte. Il s’est immortalisé en fournissant les plans du nouveau Louvre, notamment de la Colonnade, ainsi que de l’Observatoire et de quelques autres monuments On lui doit une bonne trad. de Vitruve. — Son frère, Charles Perrault (1628-1703), se livra d’abord au genre burlesque et fit beaucoup de vers, eut quelque succès au barreau , devint premier commis de la surintendance des bâtiments du roi, eut part à la fondation des académies des inscriptions, des sciences, de peinture, sculpture et architecture, fut membre de l’Acad. Française et de celle deslnscr., fit transporterai! Louvre lesiégedel’Ac.Fr. Ilestauteur de notic. sur Leshom. illustres du xvn® siècle, Paris. 1696-1701 ; mais il est surtout célèbre par ses Contes des fées, 1697, qui sont encore aujourd’hui populaires. Il fit paraître, de 1686 à 1696, le Parallèle des anciens et des modernes t 4 vol. in-12, ou¬

vrage dans lequel il donnait hautement la préférence aux derniers, et qui excita de vives disputes parmi les gens de lettres. Boileau s’est plu, fort injustement, à dénigrer les deux frères Perrault.

PERREUX, ch.-l. de cant. (Loire), à 5 kil. E.*de Roanne; 2,600 hab.

PERRHÉB1E, Perrhœbia, contrée de Thessalie, sur les bords du Pénée, entre l’Atrax et la vallée de Tempé, était habitée par les Lapithes avant leur défaite par les Centaures.

PERRIN (Pierre), dit l'abbé Perrin, quoiqu’il n’eût jamais reçu les ordres, auteur d’opéras, né à Lyon vers 1630, était introducteur des ambassadeurs chez Gaston, duc d’Orléans. 11 fit représenter en 1659 une pastorale en cinq actes et en vers ; c’est la première pièce française qu’on ait chantée. En 1669, il obtint des lettres patentes pour l’établissement d’une académie de musique, où l’on chanterait des pièces de théâtre, installa ses acteurs dans un jeu de paume, rue Mazarine , et y fit jouer son opéra de Pomone ; il fut ainsi le créateur de l’opéra français. Boileau l’a fort maltraité. Perrin mourut en 1680.

PERRONET (J.-Rod.), célèbre ingénieur, né à Surenes en 1708, mort en 1794, fut directeur des ponts et chaussées (1747), fit treize ponts magnifiques, entre autres le pont de Neuilly (qui fut le premier exemple d’un pont horizontal), et le pont Louis XYI, dirigea le canal de Bourgogne, donna un plan pour amener à Paris les eaux de l’Yvette, fonda l’Ec. des Ponts-et-Chaussées , et indiqua les moyens à employer pour construire des menés Ue pierre de 100 et même de 150 ra. d’ouverture.

PERROS-GU1REC , ch.-L de cant. (Côtes-du- Nord), à 10 kil. N. de Lannion ; 1,580 hab.

PERSAIM, Bassein des Birmans, ville de l’empire birman (Pégu), sur le Persaïm (bras de l’Iraouaddy), à 200 kil. S. 0. de Pégu; port de mer Ville jadis importante ; elle fut brûlée dans le& guerres entre les Péguans et les Birmans ; les Anglais ont voulu y établir un comptoir en 1757, mais ils n’ont pu s’y maintenir.

PERSANTE, riv. des États prussiens (Prusse), sort d’un petit lac au N. 0. de Neu-Stettin et tombe dans la Baltique, près de Colberg. Cours, 140 kil.

PERSARMÉNIE , c.-à-d. Arménie perse, nom donné à la portion de l’Arménie qui devint province perse par suite du partage de l’Arménie en deux états, qui étaient vassaux, l’un de Constantinople, l’autre de la Perse (en 390). La limite des deux portions passait à l’E. de Theodosiopolis et à l’O. du lac Arsissa (ou lac de Van). Un prince du sang des Sassanides régna sur la Persarménie de 415 à 416.

PERSE. Nous distinguerons sous ce nom la Perse ancienne, dite aussi empire des Perses ou empire médo-persan, et l’Iran ou Perse moderne.

perse ancienne, Persia, vaste contrée de l’Asie, avait pour bornes au S. la mer des Indes, au N. lé Caucase, la mer Caspienne et une ligne qui joindrait la ville actuelle d’Hérat au Djihoun et le Djihoun à l’Attok, à l’O. les monts des Kourdes et du Lou ristan, ainsi que le golfe Persique, à l’E. les montagnes de l’Inde : ce vaste espace comprenait l’Iran actuel (ou Perse proprement dite), le royaume d’Hérat, le royaume de Caboul, la confédération des Beloutchis, et le S. de la Russie Caucasienne. — Comme État, la Perse a souvent varié d étendue ; sous les successeurs de Cyrus, surtout depuis Darius, filsd’Hystaspe, l’empire perse comptait, outre tout l’espace décrit ci-dessus, la Syrie et l’Asie Mineure (avec Cypre et autres îles), à l’O. ; la Bactriane et la Sogdiane, au N. E. ; l’Egypte (en Afrique) ; il avait pour bornes* à l’E. l’Indus, au S. la mer Erythrée, au N. les déserts des Scythes, et à 10. la Méditerranée (avec la mer Egée et le Pont-Euxin), et le désert de Libye. Cyrus divisa ce vaste empire en 120 petits gouvernements ; Darius I en 20 grands gouv. ou satrapies ;

FERS

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