PH AL
PFEF
frère, D. Jér. Pez, aussi bénédictin, a publié Script Ores rerum Austriacarum , Leipsick, 1721-25.
PEZAY (Alex.-Fréd.-Jacq. masson, dit le marquis de), né à Versailles en 1741, mort en 1777 , fut d’abord officier de mousquetaires et se fit quelque renom par de petits vers dans le goût de Dorât. Chargé de donner quelques notions de tactique au dauphin (Louis XVI), il trouva moyen de s’insinuer dans l’intimité de ce prince, eut une grande part, dit-on , à la chute de Terray et à l’élévation de Necker, mais il finit par être lui-même éloigne ûe la cour. Il fut nommé inspecteur général des côtes. 11 mourut dans sa terre de Pezay à 36 ans. On a réuni ses poésies sous le titre d 'Œuvres agréables et morales , Liège, 1791 , 2 vol. in-16. On a encore de lui : la Rosière de Salency, pastorale, avec musique de Grétry, 1774 ; Campagnes de Maillebois en Italie , (en 1745 et 1746), Paris, 1775, 3 vol. in-4, et une traduction en prose de Catulle. Tibulle et Properce, 1771, peu estimée.
PEZENAS, Piscennœ, ch.-l. de canton (Hérault) , sur l’Hérault, à 22 kil. N. E. de Béziers; 7,978 hab. Industrie active et variée: lainages, chapeaux, verdet, esprits, eaux-de-vie, produits chimiques, filatures, teintureries, etc. Commerce de vins, eau-devie, câpres, etc. Le prix des eaux-de-vie sur cette place sert de mercuriale à toute l’Europe. — Déjà célèbre par ses laines sous les Romains , Pézenas devint au moyen âge le titre d’une seigneurie ; fut achetée par saint Louis en 1261 , érigée en comté par le roi Jean (1361) en faveur de Charles d’Artois, et passa ensuite dans les maisons de Montmorency, Condé et Conti.
PEZRON (Paul), de l’ordre des Bernardins, né à Hennebon en Bretagne, l’an 1639, mort en 1706. On a de lui: Y Antiquité des temps , Paris, 1687 , in-4 (il y soutient qu’il s’est écoulé plus de 5,000 ans jusqu’à l’avénement du Messie) ; Histoire évangélique , confirmée par la judaïque et la romaine , Paris, 1696, 2 vol. in-12 (il y a joint une dissertation où il soutient que J.-C. est mort l’an 29 et non l’an 33 de l’ère vulgaire) ; De l'antiquité de la nation et de la langue des Celtes , 1703, in-8.
PEZZA ou POZZA (Michel). Voy. fra-diavolo.
PFAFF (Christophe-Matthieu) , théologien protestant, né à Stuttgard en 1686, mort en 1760, montra un génie précoce, visita l’Italie, la Hollande, l’Angleterre, la France, l’Allemagne, professa la théologie à Tubingue, devint chancelier de l’université de cette ville, comte palatin , membre des États de Wurtemberg, dirigea l’édition de la Bible protestante , dite Bible de Tubingue , et composa plus de cent ouvrages, entre autres : Dissertoiiones antibeelianæ (contre Bayle), Tubingue, 17 19, 1720, in-4; Insliluliones historiœ ecclesiasticœ , 1727 , in-8; etc. On lui doit la découverte de plusieurs manuscrits anciens, notamment de fragments importants de Lactance (1712) et d’Irénée (1715).
PFAFFENDORF, village des Etats prussiens (Silésie), à 2 kil. N. de Liegnitz; 300 hab. Victoire de Frédéric II sur les Autrichiens en 1760.
PFAFFENHAUSEN , ville murée de Bavière (Haut-Danube), à 8 kil. N. de Mindelheim ; 1,000 hab. Château.
PFAFFENHOFEN , ville de Bavière (Isar) , sur l’Inn, à 48 kil. N. O. de Munich ; 1 ,800 hab. Combat entre les Français et les Autrichiens ( 1 7 4 5 et 1809).
PFALZ. Voy. palatinat.
PFEFFEL (Chrétien-Frédéric), jurisconsulte et publiciste français, né à Colmar en 1726, mort en 1807, avait pour père J. Conrad Pfeffel, jurisconsulte du roi en Alsace. 11 remplaça son père et remplit diverses fonctions diplomatiques pour les cours de France, de Saxe, de Deux-Ponts. 11 laissa, entre autres ouvrages : un Abrégé chronologique de l’hiMire et du droit public de l'Allemagne , 1754 et
1776, 2 vol. in-4; Recherches historiques sur les droits des papes sur Avignon, 1768 ; État de la Pologne, avec un abrégé de son droit public et ses nouvelles constitutions, 1770, 1 vol. in-12.
pfeffel (Conrad-Gottlieb), littérateur, frère du précédent, né à Colmar en 1736, mort en 1809, devint aveugle à 21 ans, et ne s’en distingua pas moins par ses écrits. 11 fonda et dirigea une école militaire à Colmar, avec son ami Lersé ; devint en 1803 président du consistoire, puis secrétaire-interprète de la préfecture du Haut-Rhin. 11 a beaucoup écrit en prose et en vers, et ses Œuvres poétiques forment 10 vol. in-8 (Tubingue, 1802-10) ; elles sont en allemand et 6e composent de pièces de théâtre, de contes, de fables, d’épîtres, etc. (elles ont été réimprimées à Strasbourg, 1841); on y trouve de la grâce et de la sensibilité; mais elles sont de mérite inégal. On estime beaucoup ses Fables ; elles sont devenues classiques. Ses écrits en prose se composent surtout de nouvelles. On lui doit aussi des Principes de Droit naturel, à l’usage de l’école de Colmar, 1781 (en franç.). — Son fils a trad. ses Contes et Nouvelles, Par., 1825, 7 v. in-12; M. P. Lehr a rnis en vers franç. ses Fables, Strasb., 1840.
PFIFFER (Fr.-L. de) , lieutenant-général suisse au service de la France, né en 1716, mort en 1802, se distingua aux sièges de Menin, Ypres, Fribourg, aux batailles de Rocoux et de Laufeld. 11 se retira à Lucerne après 60 ans de service et y exécuta un admirable plan-relief delà Suisse (de7m, 60sur4m). On le conserve à Lucerne. Pfiffer avait tant d’influence sur ses compatriotes qu’on le surnommait le roi de la Suisse.
PFINZ, riv. du grand-duché de Bade, prend sa source dans le Wurtemberg (Forêt-Noire) , et tombe dans le Rhin à 8 kil. E. de Graben ; cours, 10 kil. Elle donne son nom au cercle de Murg-et-Pfinz.
PF1RT, bourg de Suisse. Voy. ferrette.
PFORZHE1M, ville du grand-duché de Bade (Murg-et-Pfinz), à 26 kil. S. E. de Carlsruhe, sur trois rivières (Wirm, Nagold, Enz) ; 5,500 hab. Bijouterie, horlogerie, maroquin, teinturerie à la turque, produitschimiq.Lemaréch.de Lorgesybaltit le duc de Wurtemberg en 1692. Putr. de Reuchlin.
PHACËE, roi d’Israël, 753-726 av. J.-C. , était d’abord général de Phacéia, sur lequel il usurpa le trône après l’avoir assassiné, fit plusieurs invasions dans le roy. de Juda, fut attaqué par Salmanazar, roi d’Assyrie, qu’il n’éloigna qu’à force d’argent, et fut tué par Osée.
PHACEIA, roi d’Israël, successeur deManahem, ne régna qu’un an , de 754 à 753 , et périt victime de Phacée, un de ses généraux.
PHAËTHON , fils du dieu du Soleil et de Clymène, fille de Jupiter. Epaphus lui ayant soutenu qu’il n’était pas fils d’Apollon, le jeune Phaéthon alla trouver son père afin d’apprendre la vérité de sa propre bouche; puis, s’en étant assuré, il le supplia de lui accorder une grâce pour prouver qu’il était véritablement son fils. Apollon jura par le Styx qu’il ne lui refuserait rien ; alors Phaéthon demanda de conduire le char du soleil un jour seulement, et Apollon, enchaîné par son serment, se vit contraint de lui accorder cette folle demande. Mais l’entreprise était au-dessus des forces de Phaéthon: les chevaux, mal dirigés, l’emportèrent, embrâsèrent la surface de la terre et desséchèrent les eaux. Jupiter , pour mettre un terme à ces désordres, foudroya Phaéthon et le précipita dans l’Eridan. Ses trois sœurs, les Héliades, vinrent pleurer sur son corps, et furent changées par le6 dieux en peupliers.
PHALANGE, phalanx, corpsd’infanteneancienne, était surtout employé en Macédoine. Philippe la perfectionna : telle qu’il l’établit , elle se composait de 4,096 hommes rangés sur 16 de profondeur (256
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files, 16 rangs), et armés de sarisses (lances longues de plus de 4m), de telle sorte que les lances des 5 premiers rangs forma-ient en avant de la phalange un mur de fer. Plus tard, Philippe doubla et quadrupla sa phalange. La grande phalange était de 1 6,384 hommes (1,024 par rang).
PHALANSTÉR1ENS, disciples de Fourier. Voy. F6URIER (Charles).
PHALANTE, Phalantus, Lacédémonien , chef des Parthéniens (Voy. ce mot), alla fondera leur tête la colonie de Tarente, vers 707 av. J.-C.
PHALARIS, tyran d’Agrigente, était Crétois d’origine; il s’emparadu pouvoir vers l’an 566 av. J.-C., et régna 16 ans suivant les uns, 30 ans suivant d’autres. Sa cruauté le rendit odieux et il fut, dit-on, lapidé par ses sujets. Péri lie, habile mécanicien, lui avait fait hommage de son célèbre taureau de cuivre destiné à enfermer des condamnés qu'on voudrait brûler à petit feu. Phalaris le reçut et en fit l’essai surPérdle lui-même. — 11 reste sous le nom de Phalaris des Lettres qui sont évidemment apocryphes, mais qui ont donné lieu à de vives disputes entre les savants. El les ont été publiées à Oxford, 1718, par Ch. Boyle; à Grœuingue, 1777, in-4 , et à Leipsick, 1823, in-8, pav G. -H. Schæfer, avec les notes de Ch. Boyle, Lennep et Walkenaer. On en a unetrad. française, parBenaben, Angers, 1803, in-8.
PHALERE, PUalerus , port d’Athènes, à 4 kil. de la ville, était employé avant le Pirée, et subsista concurremment avec celui-ci; mais il ne pouvait recevoir que de petits bâtiments. C’est là que naquit Démétrius dit de Phalère. Voy. démétrius.
PI1ALSBOURG (c.-à-d. bourg palatin, Pfalzburg), ville de France (Meurthe) , chef-lieu de canton, à 17 kil. N. E. de Sarrebourg; 3,722 hab. Ville très forte et qui par sa situation commande les défilés des Vosges. Forteresse construite par Vauban. Collège. Industrie et comm.: eau de noyau, liqueurs, bière, grains, etc. — Fondée en 1570 par l’électeur palatin George-Jean; cédée à la France en 1661 ; fortifiée en 1 f>79;souv.assiégée.Pat.du maréch. Lobau.
PHANAGORIE, ville de Russie. Voy. fanagorie.
PHANAR10TES, Voy. fanariotes.
P11 AON, amant de Sappho. Voy. sappho.
PHARAMONl), personnage douteux, longtemps donné comme le premier roi de France, ne fut qu’un chef ou duc des Francs, s’il exista véritablement; ceux qui l’admettent le font fils de Marcomir, et supposent qu’il passa le Rhin vers 419, avança au plus jusqu’à Tongres ou jusqu’à Trêves et fut enterré à Frankenberg. Clodion était, dit-on, son fils et lui succéda en 428 ou 430.
PHARAON, nom commun sous lequel on désigne les anciens rois d’Egypte avant Psamménit. La Bible applique ce nom à dix rois différents. Les plus connus sont; celui dont Joseph expliqua le songe et qui le combla de bienfaits; — celui qui commença à persécuter les Hébreux et qui fit mourir tous leurs enfants mâles ; c'est par sa fille que fut sauvé Moïse: on le croit le même qu’AménophisïlI; — * celui qui fut sommé par Moïse de lui laisser emmener les Hébreux: ayant refusé, il vit son peu-
Iile frappé de dix plaies ; il laissa enfin partir les sraëlites, mais ayant voulu les poursuivre, il fut englouti dans les eaux de la mer Rouge; ce dernier Pharaon fut le père de Sésostris.
PHARASMANE, nom commun à sept rois d’Ibérie, qui régnèrent du 1er au vi® siècle après J. -G. Le seul remarquable est Pharasmane I, qui régna de l’an 35 à l’an 54 de J. -G. Il s’allia aux Romains, fit la guerre au roi des Parthes Artaban III, puis à Mithridate, son frère, roi d’Arménie. Il fit conquérir ce royaume par son fils, le célèbre Rhadamiste, époux de Zénobie, mais ensuite il fit assassiner ce prince parce qu’il le soupçonnait de trahison. PHARBE riTE Cnome), un des nomes de la Basao*
Egypte, prenait son nom de la ville de Pharbète, à l’O. du bras Bubastique du Nil.
PHARE, Pharos , petite île voisine du port d’Alexandrie, fut jointe au continent, en 285 av. J.-C.,, par un mole de sept stades, puis fut ornée d’une haute tour au sommet de laquelle on entretenait la nuit des feux pour guider les vaisseaux. Cet appareil prit le nom de phare, nom qui fut étendu depuis à tous les édifices du même genre. — Il y avait dans la mer Adriatique une île du nom de Pharos, primitivement Paros, auj. Lésina.
PHARE DE MESSINE. Voy. MESSINE.
PHARISIENS, Pharisœi, secte juive, opposée à celle des Saducéens, se distinguait par un zèle excessif pour les pratiques extérieures du culte, par un attachement servile à la lettre de la loi et par un esprit ardent de prosélytisme. Elle faisait profession de croire à la Providence , à l’immortalité de l’àme, à l’éternité des peines et à la résurrection des morts' Les Pharisiens jouissaient d’une très-grande autorité dans Jérusalem et persécutaient les novateurs. Jésus les attaque en plus d’une occasion et les accuse d’orgueil et d’hypocrisie. Ou place leur origine ▼ers l'an 180av J.-C.; on leurdonne pour chef H illel.
PHARNABAZE, nom fort commun dans l’ancien empire des Perses. Un Pharnabaze, satrape de Phrygie, attisa le feu de la guerre du Péloponèse, fut longtemps favorable à Sparte, se fit battre aux batailles d’Abydos et de Cyzique en 411 et 410 par Alcibiade, devint ensuite l’ami d’Athènes, en 407, fut attaqué par Dercyllidas, par Agésilas, et remporta, de moitié avec Conon, la victoire de Cnide sur la flotte lacédémonienne en 394.
pharnabaze, fondateur de la première dynastie des rois d’ibérie, délivra ce pays de la domination des Perses, lui donna une organisation nouvelle, le divisa en huit provinces, bâtit des villes, des forts, et mourut en 225 av. J.-C., après 25 ans de règne.
PHARNACE I, roi de Pont (184-157), fil* de Mithridate V, et grand-père de Mithridate VH le Grand, 11 fit la guerre à Eumène, roi de Pergame.
pharnace il, roi du Bosphore Cimmérien, fils de Mithridate-le-Grand, trahit son père en faveur des Romains et monta sur le trône du Bosphore l’an 64 av. J.-C. Il tenta de reconquérir les états de son père et s’attira par là une guerre désastreuse. Attaqué par César (en 47), il perdit la bataille de Zéla et fut réduit en trois jours. C’est à l’occasion de cette facile victoire que César écrivit au sénat : Veni, vidti, vici (je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu). Pharnace capitula dans Sinope et se vit forcé de rentrer dans le Bosphore. Sa mort eut lieu peu après.
PHAROS. Voy. phare.
PHARSALE, Pharsalus ou Pharsalia, ovt].Farsa, ville de Thessalie, à l’E. de l’Epidanus et près de l’Enipée, est célèbre par la victoire décisive que César y remporta sur Pompée l’an 48 av. J.-C. et que suivit bientôt le meurtre de ce dernier en Egypte. — Lucain a intitulé la Pharsale son poème sur la guerre civile de César et de Pompée.
PHASE, Phasis, riv. de Colchide, naissait dans l’Arménie, coulait de l’E. à 10. et tombait dans le Pont-Euxin. Elle répondait au Fasi actuel et à la partie du Rioni qui, grossie du Phase, se rend à la mer. C’est à l’embouchure du Phase qu’était la ville d’Æa, but de l’expédition des Argonautes. On a cru retrouver dans le Phase un des quatre fleuves de l’Eden (le Phison).
PHATMETIQUE ou PHATNITÏQUE (bras et bouche). Ce n’est autre chose que le prolongement du bras Athribitique du Nil.
PHAYORINUS. Voy. favorin.
PHAYLLUS, général phocéen, frère d’Onomar» que, succéda à celui-ci dans le commandement des Phocéens, pendant la guerre sacrée, vainquit les Béotiens l’an 352 av. J.-C. et pilla le temple de Del-
PHEG
PHEN
phes. Il mourut peu après, au milieu de douleurs violentes, qu’on ne manqua pas d’imputer à son
impiété.
PHAZAN1E, Phazania , auj. le Fezzan , contrée de la Libye Intérieure, près de la petite Syrte.
PHEAC1ENS, nom que portent dans l’Odyssée les habitants de l’île de Corcyre, qui avaient alors pour roi. Alcinoüs, le fils de Phéax. Ils étaient habiles marins, mais grands amis du luxe, de la table, des plaisirs, incrédules et moqueurs. Ulysse reçut l’hos-
fétalité dans leur île et fut reconduit par eux à thaque.
P HE RÉ ou PHOEBÊ. Voy. diane.
PHÉBUS ou PHOEBUS. Voy. Apollon.
PHÉbus (gaston). Voy. foix (Gaston m, comte de). PHÉDON , d’ËIis , disciple et ami de Socrate. Ayant été dans sa jeunesse pris par des pirates , il fut racheté par Socrate, qui l’admit à ses leçons. Après la mort de son maître, il retourna dans sa patrie, et y fonda l’école dite d’Elis, qui se distingua par la fidélité avec laquelle elle conserva les doctrines de Socrate. — Platon a donné le nom de Phédon à un dialogue où il traite de l’immortalité de l’âme, et Mendelssohn a écrit sous le même titre un ouvrage sur le même sujet.
PHEDRE, Phædra , fille du roi de Crète Minos et de Pasiphaé , etsœur d’Ariane , épousa Thésée, roi d’Athènes. Elle conçut pour Hippolyte, son beaufils, un amour criminel auquel ce prince refusa de répondre; pour se venger, elle l’accusa auprès de son père d’avoir voulu la séduire et causa ainsi la mort du jeune prince. Bientôt après, elle se pendit de désespoir. Euripide, Sénèque, Racine ont pris Phèdre pour sujet de tragédies.
phèdre, Phœdrus , philosophe épicurien grec, florissait dans Athènes environ 60 ans av. J.-C. 11 fut un des maîtres de Cicéron, et composa, entre autres écrits, un traité De la nature des dieux , que Cicéron mit à contribution dans son De naturâ deorum. Il ne reste de Phèdre qu’un fragment retrouvé à Uerculanum , publié et restitué par Christ. Petersen, Hambourg, 1833, avec une traduction latine.
phèdre, fabuliste latin, né dans la Piérie (Macédoine) vers l’an 30 av. J.-C., fut amené comme esclave à Rome , fut, dit-on, affr. par Auguste, resta attaché au palais impérial, se trouva compromis on ne sait dans quelle affaire, perdit sa fortune pour avoir froissé un grand personnage, qu’on croit avoir été Séjan, et mourut dans un âge avancé sous le règne de Claude, vers l’an 44 de J.-C. On a de lui 5 livres de Fables , qui sont remarquables par la pureté du style , par la naïveté et quelquefois même par la force de la pensée. L’authenticité n’en est pas douteuse aujourd’hui, quoiqu’on ait voulu les attribuer à Nicolas Perotti, écrivain du xve siècle. La première édition de Phèdre fut donnée à Troyes en 1696, par P. Pithou, sur un manuscrit trouvé par son frère François. Ce manuscrit, longtemps égaré, fut retrouvé en 1780 chez M. de Rosambo par Brotier, puis copié et publié de nouveau par M. Berger de Xivrey en 1830. Orelli a donné en 1832 à Zurich une excellente édition critique de Phèdre, augmentée de tous les fragments connus, notamment d’un fragment découvert au Vatican par M. Mai en 1831. La plus estimée des éditions antérieures était celle de Schwabe, Brunswick, 1801 , reproduite dans la Bibliothèque des classiques latins de Lemaire. Entre les traductions de Phèdre, on remarque celles de Sacy (sous le nom de Saint- Aubin), de Joly, Paris, 1813, de M. Parisot, 1835, in-12, et celle de M. Fleutelot, dans la Collection des auteurs latins traduits de M. D. Nisard, 1839 ; cette dernière est faite sur l’édition d Orelli, et se d tingue par l’élégance et la fidélité.
PHÉGEE, Pheyeus, roi d’Arcadie, reçut chez lui Alméor. après le meurtre de sa mère, l’admit à
' °PHfi°lp’pFAire fP°"9er “a fl,"e Alphfeibée.
1 HELIPPEAUX (A. le picard de) , officier d’ar-
tillene, né en 1768 , avait été camarade de Bonaparte à Brienne. Il émigra en 1791 , fit la campagne de 1792, organisa une insurrection royaliste dans les départements du centre en 1795, s’empara de Sancerre, fut pris et enfermé à Bourges, s’évada, osa venir à Paris, fit évader sir Sydney Smith, servit depuis sous cet amiral , fut chargé par lui des travaux de défense de Saint-Jean-d’Acre contre les français (1799), et mourut peu après de la peste. — V. Maurepas, Pontchartrain, St-Fiorenlin, Vrillière.
PHÊMIUS, poète ionien, épousa Crithéis lorsqu’elle était enceinte d'Homère, et fut le maître du jeune enfant. — Homère, dans l’Odyssée , nomme Phémius un chantre laissé par Ulysse auprès de Pénélope pour veiller sur sa conduite.
PHENICIE, Phœnicia , petite région de la Syrie , resserrée entre l’Anti-Liban et la mer, s’étend depuis l’emb.de l’Eleuthèreau N. jusqu’à celle duBélus au S. Elle ne formait pas un seul état; on y comptait diverses villes , ou libres, ou gouvernées raonarchiquement. Les principales étaient Tyr , Sidon, Béryte, Byblos, Tripolis, Aeo ou Ptolémaïs {Acre) On regarde quelquefois , mais à tort, comme appartenant à la Pbénicie le littoral des Philistins et celui des Juifs, où se voient Jamnia, Joppé, etc. La Phénicie fut comprise dans l’empire médo-persan; Alexandre, les Séleucides , Rome, la possédèrent en» suite. — Les Phéniciens sont les navigateurs les plus célèbresdelahauteantiquité. L’Anti-Liban leurfournissait de superbes bois de construction. C’est à eux qu’il faut rapporter beaucoup d’inventions relatives à la construction et à l’équipemenl des navires ; ils se guidaient en mer d’après la petite Ourse. Du XIX® au xme siècle av. J.-C., ils couvrirent les côtes et les îles de la Méditerranée de leurs colonies et de leurs stations coloniales ; Carthage , Hippone , Utique , Gadès , Panorme, Lilybée étaient du nombre. Ils naviguèrent même dans l’Océan Atlantique, et l’on a cru, mais sans doute à tort, qu’ils avaient fait le tour de l’Afrique. L’importance de la marine phénicienne diminua à mesure qu’augmenta celle des Grecs, des Carthaginois, des Tyrrhéniens, desMassiliens, etc.; elle disparut peu après Alexandre. — La langue des Phéniciens était de la famille des idiomes sémitiques. Leur religion, assez semblable à celle de l’Egypte, variait suivant les villes. Melkart (analogue à Hercule) était le dieu de Tyr; Byblos adorait Thammouz (Adonis) , etc. Leur industrie était renommée, surtout pour la teinture de pourpre. Enfin c’est à eux qu’on attribue vulgairement l’invention de l’écriture, invention qu’ils eurent du moins le mérite de répandre dans tout l’Occident.
PHENIX, oiseau merveilleux, célèbre dans les traditions fabul. des Egyptiens. Ils le peignaient de la grandeur d’un aigle, avec une belle huppe sur la tête , les plumes du cou dorées , la queue blanche, mêlée de plumes incarnates, et les yeux étincelants. Lorsqu’il voit sa fin approcher, il se forme un nid de plantes aromatiques, qu’il expose aux rayons du soleil, et sur lequel il se consume. De la moëlle de ses os naît un ver d’où se forme un autre phénix. Le premier soin du fils est de rendre à son père les honneurs de la sépulture; il forme avec de la myrrhe une masse en forme d’œuf, la creuse, y dépose le corps enduit de myrrhe, et porte ce précieux fardeau à Héliopolis, dans le temple du soleil. C’est dans les déserts d’Arabie qu’on fait naître le phénix, et on luidonnejusqu'àcinqousix cents ans de vie. On l’a regardé comme un symbole de l’immort. de l’àme ou d’un cycle astronom. (le cycle sothiaque).
phénix, fils d’Amyntor, roi des Dolopes , eut les yeux crevés par ordre de son père , sur une fausse imputation, recouvra la vue par l’adresse deChiron, devint l’instituteur d’Achille, et le suivit à Troie.
PHËRËCRATE, poëte comique d’Athènes, vers 420 av. J.-G. , composa 17 ou 23 comédies, dont il ne reste que quelques fragments (entre autres un morceau d’une pièce intitulée Chiron ), qui ont été publiés parRunkel, grec-latin, Leips., 1829, et par Meinecke, dans ses Fragments des poètes comiques, 1839. 11 a laissé son nom au vers phérécratien, qui se compose d’un spondée, d’un dactyle et d un trochée.
PHÉRÉCYDE, philosophe grec, né vers l’an 600 av. J.-G., dans l’île de Syros, un# des Cyclades, ouvrit une école à Samos, et compta Pythagore au nombre de ses disciples. 11 mourut dans un âge très avancé. Il admettait comme principes éternels Jupiter ou l’air, le Temps et la Terre; il est le premier qui ait enseigné philosophiquement l’immortalité de l’âme. 11 avait des connaissances en physique et en astronomie, et prédisait les éclipses, fl est, selon quelques-uns, le premier qui ait écrit en prose. — Un autre Phérécyde , historien, natif de l’île dé Léros (une des Sporades), florissait vers 480 av. J.-G. Il avait écrit sur les auiochihones de l’Attique un traité dont il reste quelques fragm. publ. par Sturz, 1789, avec une dissert, sur les 2 Phérécyde.
PHERES, Veleslina , v. de Thessalie, près de la Magnésie, à quelques milles de la côte , avait pour port Pagases. La fable y place le roi Admète. Jason, rolydore, Alexandre y régnèrent dans les temps historiques. Philippe s’en empara en 352.
PHËRÉSÉENS, un des peuples qui habitaient la terre de Chanaan avant l’établissement des Hébreux dans cette contrée; ils erraient sur les deux rives du Jourdain et au N. de Sichem. Les Israélites les exterminèrent à leur arrivée.
PHËROJN, roi d'Egypte, fils de Sésostris, succéda à son père vers l’an 1600, et ne fit rien de remarquable ; il devint aveugle sur la fin de son règne.
PHIDIAS, le plus grand statuaire de l’antiquité, né en Attique, vers l’an 498 avant J.-G., mort yers 430, exécuta, entre autres superbes morceaux, la Minerve guerrière, la Minerve poliade, la Minerve lemnienne, le Jupiter olympien, fut nommé surintendant de tous les travaux d’art entrepris par ordre du peuple , et de concert avec Périclès enrichit Athènes de plusieurs beaux monuments, entre autres le Parthénon. Accusé d’impiété pour avoir placé son portrait sur le bouclier de Minerve, il crut devoir s’enfuir, et mourut à Elis après un exil assez long. Les ouvrages de Phidias étaient empreints d’un caractère de grandeur et de sublimité qui l’a fait nommer l’ Homère de la sculpture.
PH1DON, tyran d’Argos vers 860 avant J.-G., inventa, dit-on, la balance, et fit frapper la première monnaie d’argent (à Egine).
PI11GALËE , ville d’Arcadie, au S. , entre les fleuves Néda et Lymax. Auj. Paulitza ou Phanari?
PH1LADELPHE. Voy. ptolémee ii et attale ii.
PHILADELPHIE , , Philadelphia , auj. Alachehr, ville de Lydie, au pied du mont Tmolus, fut bâtie par Attale Philadelphie, roi de Pergame. — La Batanée (en Palestine) avait aussi une Philadelphie, nommée plus anciennement Rabbath-Ammon; c’est auj. Amman. Voy. rabbatii-ammon.
Philadelphie , ville des Etats-Unis de l’Amérique du Nord (Pensylvanie), à 200 kil. N. E. de Washington, et à 120 kil. de la mer, sur la Delaware et le Schuylkill ; 228,832 (1840). Port vasteet sûr ; rues droites, larges, bien bâties; belles places, entre autres celle de Washington ; marché magnifique , superbe aqueduc; peu d’édifices remarquables ; beaucoup de monuments religieux pour tous les cultes; établissements littéraires et de bienfais., université; prisons cellul. Fabriques en nombre infini; l’imprimerie et la librairie y sont florissantes. Grand commerce d’importation et d’exportation avec l’Angleterre, la France, le Brésil, la Ghine, les Indes. Environs charmants. — Philadelphie fut
fondée en 1682 parles colons queW.Penn avait amenés en Pensylvanie. 11 y fut conclu en 1749 un célèbre traité avec les Indiens des Six-Nations. Dans la guerre de l’Indépendance, Philadelphie fut le siège du premier congrès tenu par les députés de l’Union (1776); les Anglais la prirent en 1777. Elle fut ravagée par la fièvre jaune en 1793 et 1797.
PI11LÆ, Tachompso des anciens Egyptiens, Gezirei-el-Heif ou el-Birbé des Arabes, île de la Haute-Egypte (Thèbes), dans le Nil, à 4 kil. S. do Syène (Assouan); elle a 2 kil. de tour. On y trouve encore beaucoup de monuments et de ruines antiques, entre autres deux beaux temples. Près de Philœ était une des cataractes du Nil . — Voy. rosette .
PH1LARÊTE, en arménien Filard, général arménien, suivit l’empereur grec -romain Diogène dans son expédition contre les Turcs Seldjoucides, où il se distingua , lui resta fidèle lors de la révolte de Michel Parapinace, et prit le titre d’empereur après le triomphe de ce dernier. Il fit sa paix avec Nicéphore Botoniate, et fut nommé duc d’Antioche, mais ensuite il embrassa l’islamisme et se soumit au sultan Mélik-chah. Il mourut en 1086.
PH1LE (Manuel), poète grec du moyen âge, né & Ephèse vers 1275, mort vers 1340, passa sa vie à mendier les faveurs de la cour. Philé a laissé divers poèmes en vers politiques, publiés par Wansdorf, Leipsick, 1768, in-8 (avec version lat. et notes), et une Histoire naturelle , qui consiste en extraits d’Elien, mis en vers, et que de Pauw publia à Utrecht, 1730 , d’après les corrections de Camerarius.
PHILELPHE (Fr.), savant italien, néen 1398 à T-olentino, mort en 1481, avait étudié à Padoue, remplit diverses missions (à Gonstantinople pour Venise, et près de Sigismond pour Jean Paléologue), professa les langues anciennes à Venise , Florence , Sienne, Bologne, Milan , la philosophie à Rome, et mourut à Florence, laissant de nombreux écrits en prose et en vers (satires, fables, etc.), et des trad. du grec ( Rhétorique d'Aristote , Cyropédie et opuscules de Xénophon , quelques Vies de Plutarque). Philelphe fut l’ennemi desMédicis, eteutdiversesquerellesavec plusieurs savants, notamment avec le Pogge. — Son fils aîné, Marie Philelphe, né à Constantinople en 1426, fut employé à la cour de Constantinople, puis à celle de Provence sous René, professa les belles-lettres à Gênes , fut avocat à Turin , et mourut à Mantoue en 1480. On a de lui de nombreux écrits, discours , lettres , poésies (en latin), épiyrammes , tragédies , commentaires , etc.
PH1LEMON, époux de Baucis. Voy. baucis.
piiilémon, poète comique grec, né à Soles en Cilicie vers l’an 320 av. J.-G. , fut presque l’égal de Ménandre. 11 mourut, dit -on, dans un accès de rire, à 97 ans. 11 avait composé plus de 80 pièces; il n’en reste que quelques fragments que l’on trouve avec ceux de Ménandre , et qui ont été traduits en français par Poinsinel de Sivry.
philémon , grammairien du Ve, ou plutôt du xii* siècle, est auteur d’un Lexique technologique (grec), édité pour la première fois par Burney , Londres) 1812, in-8, et plus complètement, avec notes, par Frédéric Osann, Berlin, 1821, in-8.
PHILENES (les autels des), Pkilœnorumarce}y. et port d’Afrique, sur les confins des Etats de Carthage et de Cyrène. Elle tirait son nom de deux frères carthaginois qui , dans une contestation survenue entre les Carthaginois et les Gyrénéens au sujet des bornes des deux états, s’étaient dévoués pour étendre le» limites de leur pays, et qui avaient été enterrés vifs par les Gyrénéens : Carthage éleva deuiautels sur leur tombeau : selonPline^esaut.n’étaientquedesdunes.
PHILÉTÈRE, Philœterus , fondateur du roy. de Pergame, était un eunuque paphlagonien. Nommé par Lysimaque gouverneur de Pergame, il s’empara du pouvoir dan3 cette ville , 283 ans av. J.-C.
11 gouverna 20 ans, mais sans prendre îe titre de roi, et laissa ses états à Eumène, son neveu. On a donné son nom à un pied un peu plus grand que le pied grec ordinaire, qui était employé dans ses états; ce pied avait 35 centimètres, 4 millimètres, tandis que le pied vulgaire ou olympique n’avait que 30 centimètres et 8 millimètres.
PHILIBERT, nom de plusieurs princes de Savoie. Voy. Savoie et emmanuel-philibert.
PHILIDOR (Fr.-André danican, dit), célèbre compositeur, né à Dreux en 1726 , mort en 1795, avait un talent particulier pour le jeu d’échecs, et le üt admirer en Angleterre, en Allemagne, comme en France ; mais il cultiva surtout la musique. Il donna plusieurs opéras-comiques, dont un seul (le Maréchal ferrant) est resté au répertoire , et trois grands opéras , qui sont oubliés aujourd’hui. Philidor manquait de verve et d’inspiration , et fut souvent accusé de plagiat. Son Analyse du jeu des échecs, Londres, 1749, a été souvent réimprimée.
PH1L1PON DE LA MADELEINE (L.) , né à Lyon en 1734, mort en 1818, fut successivement avocat du roi à la chambre des comptes de Besançon , intendant des finances du comte d’Artois, et devint sous le Directoire bibliothécaire du ministère de l’intérieur. Il a laissé divers ouvrages utiles, comme : Dictionnaire portatif des rimes, ! 806 ; Grammaire des gens du monde, 2' édition, 1807 , in-12; Homonymes français , 3* édition, 1817, in-8 ; Manuel épislolaire , 7e édition, 1820, in-12 ; etc.
PHILIPPE, nom commun à un grand nombre de princes anciens et modernes (Grecs, Romains, Français, Espagnols, etc.), et de personnages divers.