I. Souverains Grecs et Romains
On compte cinq rois de Macédoine de ce nom : Philippe I (609-576 av. J. -G.) ; — Philippe II, le plus célèbre, 360-336; — Philippe III ou Arrhidée, 323-317; — Philippe IV, fils de Gassandre, 298 ; — Philippe V (ou Philippe III, si on ne compte pas les deux précédents), 221-178. — Les seuls importants sont le deuxième et le dernier [Voy. ci-après).
Philippe il, roi de Macédoine, 3e fils d’Amyntas III, né l’an 383 av. J. -G., fut envoyé à Thèbes comme otage par Pélopidas, qui avait été appelé en Macédoine pour mettre fin aux troubles qui désolaient ce pays. 11 y vécut dans la maison d’Epaminondas, dont il reçut les leçons. A la mort de Perdiccas, son frère (360), Philippe s’évada de Thèbes, saisit le pouvoir comme tuteur de son neveu (titre qu’il changea bientôt en celui de roi), leva et disciplina une armée, qui dut sa plus grande force au perfectionnement de la phalange , rétablit la tranquillité à l’intérieur , en battant ses compétiteurs Argée et Pausanias , età l’extérieur en traitant avec Athènes, agrandit son royaume par la prise d’Amphipolis , de Pydna, de Méthone et par d’importantes conquêtes en Illyrie, en Péonie et en Thrace. Depuis, il tourna ses vues sur la Grèce et dirigea surtout son habile et perfide politique contre Athènes, où il trouva un grand adversaire dans l’orateur Démosthènes. Profitant des troubles causés par la Guerre sacrée , il s’empara de Méthone (où il perdit un œil), d’Imbros, de Lemnos, se fit déclarer le protecteur des Thessaliens, et tenta, mais vainement, de franchir les Thermopyles. Il protégea ensuite Mégalopolis contre Sparte , fit contre l’Eubée une tentative qui échoua devant le génie de Phocion, prit Olynthe (348), termina la guerre sacrée (346) et se fit admettre au Conseil ampliictyonique; puis il tourna de nouveau ses armes contre l'Epire et la Thrace, tout en se préparant à asservir la Grèce. Démosthènes, qui avait deviné ses projets, ayant fait renouveler la guerre, Philippe éprouva d’abord des revers et fut obligé par Phocion de lever le siège de Byzance; mais, ayant pénétré en Grèce sous le prétexte de rénrimerune nouvelle guerre sacrée, en 338,
il remporta la même année sur les Athéniens et les Thébains la célèbre victoire de Chéronée. Il n’abusa pas de sa supériorité sur ses faibles ennemis, et retourna en Macédoine pour préparer une grande expédition contre les Perses; mais avant d’avoir pu l’accomplir, il mourut assassiné, en 336, par Pausanias, seigneur macédonien, qui lui reprochait un déni de justice. Alexandre-le-Grand, son fils, lui succéda. Philippe avait régné 24 ans. Ce prince joignait l’astuce au courage; c’est le plus profond politique de l’antiquité. Philippe était borgne (Voy. aster).
PHILIPPE III, ARRHIDÉE. Voy. ARRHIDÉE.
Philippe v (ou ni), roi de Macédoine, fils de Démétrius, succéda en 221 à son oncle Antigone- Doson, à l’âge de 16 ans. 11 s’engagea presque aussitôt dans la lutte des deux ligues, prit parti pour les Achéens, remporta sur les Etoliens de grands avantages, fit conclure la paix en 217, et profila de sa puissance pour asservir presque toute la Grèce. Aratus, qui lui avait servi de tuteur, voulut employer en faveur de ses compatriotes l’influence qu’il croyait avoir sur lui; Philippe ne l’écouta pas et le fit empoisonner (213). Il s’était déjà imprudemment attiré l’inimitié de Rome, en faisant un traité avec Annibal, malgré les avis d’Aratus. Sa Hotte fut détruite en 214 : il n’éprouva depuis que des revers, et la paix îut conclue en 205. Cette paix fut rompue en 200, lorsque Philippe reçut du sénat l’ordre de cesser ses hostilités contre Athènes, Rhodes, et Pergame, alliées de Rome. 11 fut battu en 197 à Cynoscéphales par Flamininus, et subit un traité honteux par lequel il abandonnait toutes ses prétentions sur la Grèce. Depuis lors, effrayé par la puissance romaine, il refusa toutes les sollicitations d’Annibal et d’Antiochus, roi de Syrie , qui le poussaient à renouveler la guerre, et se montra obéissant aux moindres désirs du sénat, qu’il détestaitde tout son cœur ; cependant, fatigué de plus en plus par les exigences de Rome, il se préparait à soutenir une nouvelle lutte, lorsqu’il mourut en 178. Sur de faux rapports, il avait mis à mort son fils Démétrius. Persée, son fils naturel, lui succéda.
Philippe, roi de Syrie, un des derniers Séleucides, fils d’Antiochus VIII Grypus, devint roi l’an 93 av. J. -G., à la mort de son frère Séleucus VI, et fut continuellement occupé à faire la guerre contre ses compétiteurs, Antiochus X, Antioehus XI, Antiochus XII. Déposé une première fois, il remonta peu de temps après sur le trône; mais ses sujets, fatigués des guerres civiles, le déposèrent vers l an 8fi et appelèrent à régner sur eux Tigrane, roi d’Arménie. Il mourut simple particulier vers l’an 57, après avoir vu la Syrie réduite en province romaine (64 av. J.-C.).
Philippe, fils d’Hérode-le-Grand , roi de Judée, obtint d’Auguste, l’an 1er de J.-C., le titre de tétrarque avec plusieurs provinces du royaume de Judée (la Trachonite, la Batanée, biturée). Il les gouverna avec sagesse et mourut l’an 33 de J.-C. 11 avait fondé en Palestine la ville de Césarée, dite de Philippe ( Cœsarea Philippi).
Philippe, dit YArube, Marcus Julius Philippus Arabs, empereur romain, né à Bosra, dans l’Idumée, qui faisait alors partie de l’Arabie, était fils d’un chef de brigands. 11 s’éleva par son courage et ses talents aux premiers grades de l’armée, et se distingua dans la guerre coût. les Perses; mais il n’us i de son influence que pour soulever les troupes, et après le meurtre du ji une Gordien à Za'ith, en Mésopotamie, il prit le titre «/empereur 244. Il fit la paix avec les Perses en leur cédant la Mésopotamie, repoussa sur le Danube une invasion de barbares et vint à Rome où il célébra les dixièmes jeux séculaires (247). Des lois sages et morales firent espérer un règne heureux; mais plusieurs légions se révoltèrent et proclamèrent des empereurs (Joiapien, Marin, etc.) ; Dèce envoyé contre
elles par Philippe môme, revêtit la pourpre et marcha contre l’empereur. Philippe fut vaincu et tué à Vérone en 249. On a prétendu qu’il était chrétien.