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Rois de France et Ducs de Bourgogne

Philippe i, roi de France, fils de Henri 1, lui succéda en 1060, âgé de huit ans, sous la tutelle de Baudouin, comte de Flandre. A la mort de Baudouin, en 1067, il voulut intervenir dans les guerres qu’occasionna la succession au comté de Flandre, et se fit battre par Robert-le-Frison. 11 fut plus heureux en défendant le duc de Bretagne contre Guillaume-le- Conquérant, qu’il força de lever le siège de Dol. En 1094, il se fit excommunier pour avoir répudié Berthe et pour avoir épousé Bertrade, déjà mariée au comte d'Anjou. Philippe resta dix ans sous le poids de cette sentence, qui lui aliéna les esprits et excita plusieurs révoltes,- il finit par se soumettre, mais déjà son pouvoir était si ébranlé qu’il dut associer au gouvernement son fils Louis-le-Gros. 11 mourut en 1108. 11 était resté spectateur indifférent de la conquête de l'Angleterre par Guillaume-le-Conquérant eide ia lrc croisade.il réunit le Gâti nais, cédé par Foulques-le-Piéchin, 1068, le Vexin, par droit d’ec/iiue J 082, eüa vicomté de Bourges qu’il acheta, 1100.

Philippe ü, dit A uy us le (\)&r ce qu’il naq. eu a oât), fils de Louis VII, lui succéda en 1 1 80, âgé de 1 5 ans. Il s’unit au sang de Charlemagne par son mariage avec Isabelle de Hainaut, qui lui apporta en dot le comté d’Artois, remplit son trésor par de cruelles persécutions contre les Juifs, et fit plusieurs guerres heureuses et brillantes à quelques grands vassaux, notamment au comte de Flandre et au duc de Bourgogne. Réclamant ensuite ses droits sur le Vexin, qu’un mariage avait donné à l’Angleterre, il lutta avec avantage contre Henri 11 en excitant ses fils contre lui. A la mort de cc prince, en 1 1 89, il s’unit étroitement avec Richard-Gœur-de-Lion et entreprit avec lui la troisième croisade dans le but de reprendre Jérusalem sur Saladin. Arrivés en Sicile, les deux rois eurent de violents démêlés. Philippe-Auguste 6e rendit cependant en Asie, et eut une part glorieuse à la prise de Saint-Jean d’Acre en 1 191 ; mais il revint promptement en France où il suscita des ennemis à Richard; l’influence du pape put seule l’empêcher d’attaquer ses états. Au retour de Richard, la guerre éclata entre les deux rois. Philippe n’obtint pas de grands succès tant que vécut Richard- Cœur-de-Lion ; mais à la mort de ce prince (1199), il se vit en état de lutter puissamment contre Jeansans-Terre. 11 prit d’abord la défense d’Arthur de Bretagne, neveu du roi d’Angleterre, et lorsque ce prince eut été assassiné, il cita Jean-sans-Terre à comparaître devant lui pour rendre compte de ce meurtre (1203). Sur son refus de se présenter, il le fit condamner par les pairs et lui enleva successivement les fiefs qu'il possed. en V rance\la Normandie, le Maine, laTouçaine, ! Anjou le . Poitou l. I! tourna ens ses armes contre le duc de Flandre : dans cette nouvelle lutte, il eut pour adversaires, outre le duc de Flandre, Jean-sans-Terre et l’empereur Othon IV. 11 gagna sur eux, le 27 juillet 1214, la bataille de Bouvines, qui assura toutes ses conquêtes, et lui donna une prééminence marquée sur tous les princes de l’Europe. 11 régna depuis paisiblement, et ne prit que peu de part à la croisade des Albigeois. Il mourut en 1223. Ce prince avait fondé les Archives de France, protégé l’Université de Paris, publié d’excellentes fois civiles, créé en 1189 la milice connue sous le nom de Ribauds , encouragé le commerce, fortifié etembelli Paris, qui lui dut ses premières rues pavées. Philippe-Auguste avait été excommunié en 1199 pour avoir répudié sa femme lngelburge, afin d’épouser Agnès de Méranie; il reprit en l2ül lngelburge, et 1 excomm. fut levée. Capefigue a écrit son Histoire.

Philippe iii, dit le Hardi, fils de Louis IX, avait suivi son père à la dernière croisade. Il lui succéda en

1270, et se hâta de conclure la paix avec le souverain de Tunis et de revenir en France. Il hérita des comtés de Valois, de Poitou, d’Auvergne et de Toulouse. Il fit sentir sa puissance au comte de Foix, Roger Bernard III , qui refusait de reconnaître sa suzeraineté, et, à la mort de Henri, roi de Navarre, en 1274, força les Navarrais de se soumettre au gou-^ vernement de Jeanne, leur jeune reine, qu’il avait fiancée à son fils Philippe, mais il tenta vainement de placer les infants de La Cerda sur le trône de Castille. Après le massacre dit des Vêvres siciliennes (1282), il Ht la guerre au roi d’Aragon Pierre III, et lui prit Eine, la passe d’ Ecluse. Girone ; mais il contracta une maladie dont il mourut à Perpignan, en 1285. Ce prince avait eu quelques chagrins domestiques. Pierre Labrosse, son favori, fut pendu pour avoir accusé la reine Marie de la mort de Louis, fils du roi. Philippe tint la main à l’exécution des ordonnances sur les guerres privées. En 1273, ce prince avait cédé au Saint-Siège le comtat Venaissin.

Philippe iv, dit le Bel, fils de Philippe III, lui succéda en 1285, à l’âge de 17 ans. Il termina en 1291 la guerre contre l’ Aragon, par le traité de Tarascon ; il s’engagea bientôt après dans une lutte contre Edouard I, roi d'Angleterre, qui fit alliance avec Gui de Dampierre, comte de Flandre ries victoires de Fûmes, de Comines et la prise de Bruges amenèrent une trêve avec Gui de Dampierre et facilitèrent la conclusion du traité de Montreuil, par lequel Edouard I fiançait son fils Edouard avec Isabelle, fille du roi de France (1299) ; en même temps, Philippe IV réunit le comté de Flandre à la couronne. Vers la même époque, il eut un violent démêlé avec le pape Boniface Vlll, qui voulait subordonner le pouvoir temporel au pouvoir spirituel et exercei sur tous les trônes un droit de suzeraineté. Le pontife lança contre lui plusieurs bulles ( Clericis laicos : 1296; Salvator mundi, 1300, Ausculta Jili , 1301), et n’ayant rien obtenu, il excommunia le roi et mit le royaume en interdit. Philippe fit brûler la bulle Ausculta Jili et convoqua en 1302 les États-Généraux (les premiers qu’on ait vus en France), qui promirent de défendre contre tout pouvoir l’indépendance de la couronne. Au milieu de ces embarras, les Flamands, exaspérés par la tyrannie de Châtillon leur gouverneur, se révoltèrent et battirent les Français àCourtray (1302). Philippe signa une trêve avec eux, ce qui lui permit d’agir contre le pape. 11 l'accusait d’hérésie et de plusieurs crimes, et demandait un concile. Boniface l’excommunia une seconde fois, et Philippe IV, exaspéré, envoya en Italie des troupes qui se saisirent du pa pe et exercèrent coi tre tuiles pluscoupablesvlolences( V. nogaret). Puis, il marcha contre les r ïamands, qu'il vainq. à la bat. de Mons-en- Puede t.J3u4), et auxquels ii accorda une paix honorable. A la mort du pape Benoît XI, il fit nommer un pape français, Clément V (Bertrand de Got), qui s'établit à Avignon. Il] le pressa de faire le procès à la mémoire de Boniface VIII et d’abolir l’ordre des Templiers (1312). Philippe s’empara des richesses de cet ordre puissant, livra au bûcher ses principaux chefs et le grand-maître Jacques Molay. Il mourut peu après (novembre 1314). Philippe-le- Bel avait altéré la valeur des monnaies, ce qui le fit surnommer par le peuple le faux monnoyeur ; poursuivi par le besoin d’argent, il persécuta les Juifs, vendit des chartes aux communes, et des titres de noblesse à des roturiers. Philippe était devenu roi de Navarre par son mariage avec la reine Jeanne,* il ajouta encore à ses domaines la Flandre française, le diocèse de Viviers, le Querey et la ville de Lyon.

PHILIPPE v, dit le Long , fils de Philippe IV, fui chargé de la régence à la mort de Louis X, son frère, qui avait laissé enceinte la reine Clémence de Hongrie. L’enfantde Clémence n’ayant pas vécu, Philippe fut proclamé roi, malgré l’opposition de plusieurs

princes du sang, qui ne reconnaissaient pas l’ex- J elusion des femmes, et voulaient placer sur le trône la fille de Louis X, Jeanne de Navarre. Les États- Généraux sanctionnèrent son avènement. En 1320, Philippe conclut une paix définitive avec la Flandre ; depuis lors, il se livra tout entier à l’administration intérieure ; il affranchit les serfs des campagnes, anoblit des familles roturières, mit des officiers royaux à la tête des milices urbaines, régla la fabrication des monnaies, déclara inaliénable le domaine de la couronne. Ce prince permit à l'inquisition de poursuivre rigoureusement les hérétiques dans le Midi, et sévit lui-même avec barbarie contre les Juifs et contre les lépreux. Il mourut en 1322. Charles IV, son frère, lui succéda.

Philippe VI, dit de Valois , chef de la branche royale des Valois, était fils de Charles de Valois et petit-fils de Philippe 111. Il fut régent du royaume à la mort de Charles IV, dont la femme était enceinte, et cette princesse ayant mis au monde une fille, il se fit proclamer roi (1328), malgré l’opposition d’Edouard 111, roi d’Angleterre, qui réclamait la couronne de France du chef de sa mère Isabelle, fille de Philippe IV. Appelé au secours de Louis I, comte de Flandre, qui avait été chassé par ses sujets, Philippe VI remporta sur les Flamands la victoire de Cassel, le 23 août 1328. Dix ans après, éclata la célèbre guerre de Cent- Ans, à l’occasion de la protection qu’Edouard 111 accordait à Robert d’Artois, condamné par les pairs de France. Edouard, après s’être allié avec Jacques Arteveld, chef du parti démocratique en Flandre, et avec l’empereur Louis de Bavière, prit le titre et les armes de roi de France, et vint débarquer dans les Pays-Bas. La bataille navale de l'Ecluse (1340), funeste aux Français, fut suivie d’une trêve de deux ans. Philippe ayant défendu les droits de Charles de Blois au duché de Bretagne, tandis qu’Edouard soutenait ceux du comte de Montfort, la guerre se ralluma; elle fut encore désastreuse pour la France; Edouard, débarqué en Normandie, ravagea tout le pays jusqu’aux environs de Paris, et remporta la victoire de Crécy, le 26 août 1346; il assiégea et prit Calais en 1347, après quoi il accorda à Philippe une trêve de six ans. Philippe VI mourut avant la reprise des hostilités, en 1350. Son fils Jean lui succéda. Sous le règne de Philippe VI la France fut ravagée par la peste dite de Florence, et fut écrasée d’impôts; c’est par lui que fut créé l’impôt du sel ouyaoelle. Plu 1 . ajouta a »cs domaines la seigneurie de Montuellier,le Dauphiné du Viennais: c’est depuis celle dernière acquisition que le fils aîné du roi de France fut appelé Dauphin.

Philippe I, dit de Douvres (du bourg de Rouvres, près de Dijon, lieu de sa naissance), duc de Bourgogne, petit-fils du duc Eudes IV, lui succéda en 1349, âgé de 4 ans, sous la tutelle de Jeanne de Boulogne, sa mère ; prit les rênes du gouvernement en 1360, et mourut un an après sans postérité (1361). En lui finit la première branche royale des ducs capétiens, qui avait régné sur la Bourgogne depuis Robert de France. Le duché de Bourgogne fut réuni pour peu de temps à la couronne.

Philippe II le hardi, duc de Bourgogne, quatrième fils de Jean, roi de France, naquit en 1342, fit des prodiges de valeur à la bataille de Poitiers et y fut pris. En 1363, peu avant la mort de son père, il reçut en apanage le duché de Bourgogne, qui avait été réuni à la couronne depuis 1361. Son mariage avec Marguerite, fille du comte de Flandre, le rendit en 1384 héritier des états de ce seigneur, en sorte qu’il devint un des plus puissants souverains de l’Europe, il arrêta les progrès des Anglais, soumit les Gantois révoltés et s’empara de la régence en France à la mort de Charles V, conjointement avec tes frères, les ducs d’Anjou et de Berry. Son ad¬

ministration fut sévère. Lorsque Charles Vï voulut gouverner par lui-même, Philippe Be retira en Bourgogne ; mais il reprit bientôt le gouvernement du roy. pendant la démence du roi. La régence revenait de droit ou à la reine ou à Louis, duc d’Orléans frère de Charles Vï : Philippe eut à lutter contre ce dernier, mais son influence fut la plus forte, et il gouverna la France jusqu’à sa mort, en 1404*. Il eut pour fils et successeur Jean-sans-Peur.

Philippe iii, dit le Bon, duc de Bourgogne, fils de Jean-sans-Peur, lui succéda en 1 4 1 9, après le meurtre de son père, et signa l’année suiv. avec Henri V, roi d’Angleterre, le traité de Troyes, dans lequel il reconnaissait Henri régent de France et héritier présomptif de Charles VI. 11 fit beaucoup de mal aux Français, entra dans Paris avec les Anglais et combattit dans leurs rangs pendant plusieurs années contre Charles VII; c’est un de ses lieut. (J. de Luxembourg) qui prit Jeanne d’Armcepend c’est malgré lui qu’elle fut livrée aux Angl. S’eianl brouillé avec ses alliés, qui lui disputaient le Hainaut, il entama des négociations avec Charles Vil , et signa en 1435 le traité d’Arras, par lequel, tout en reconnaissant le roi de France pour son suzerain, il devenait indépendant de fait, et obtenait la cession des comtés d’Auxerre et de Mâcon. Depuis lors, il seconda loyalement les efforts tentés pour l’expulsion des Anglais. Quelque temps avant le traité d’Arras il avait combattu coutre Jacqueline de Hollande, qui lui disputait la succession du Brabant, à laquelle il avait droit comme le plus proche parent mâle du dernier duc, et avait réuni à ses domaines le Brabant et la Hollande (1433). Des expéditions contre les Gantois qui se révoltaient sans cesse , et contre le Luxembourg, qu’il soumit à sa tante Elisabeth, occupèrent ses dernières années. 11 donna asile au dauphin, depuis Louis XI, exilé de la cour de Charles VII, mais il refusa de se mêler à ses différends avec son père. Vers la fin de sa vie, il abandonna presque entièrement le pouvoir à son fils Charlesle-Téraéraire. Il mourut en 1467 , au moment où il préparait une croisade contre les Turcs. Ce prince avait protégé les lettres et les arts, fondé l’Université de Dole, favorisé le commerce. Il créa l’ordre célèbre de la Toison d’or en 1430.

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