‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 854 sur 1261 · P1ER — 1402 — PI ER · texte numérisé non relu

P1ER — 1402 — PI ER

dit le prince des apôtres, était frère de saint André, premier disciple du Sauveur, et s’appelait d’abord Simon Bar-Jone. Jésus le choisit en 32 pour vicaire en lui adressant ces paroles : « Tu es pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. » Effrayé pendant la passion de Jésus, Pierre renia son maître, mais il se repentit bientôt. Il fut un de ceux qui furent les premiers instruits de la résurrection de J.-G. Il prêcha avec succès le christianisme dans Jérusalem, convertit en un jour 5,000 Juifs ou étrangers, siégea d’abord à Antioche , puis passa à Rome, où il fut martyrisé avec S. Paul en 65 ou 66. On célèbre sa fête le 29 juin. On a de saint Pierre deux Epitres seulement.

— On compte encore quelques autres saints du nom de Pierre : un év. de Sébaste, m. en 387, bon. leOjanv.;

— saint Pierre Chrysologue, né à Iinoia , évêque de Ravenne de 433 à 452, éloquent orateur, auteur de 176 homélies ( Augsbourg, 1758 ) : son surnom veut dire qui parle d’or ; on le fête le 4 déccmb.; — saint Pierre d’Alcantara, ainsi nommé de sa ville natale , franciscain (1499-1562), qui fut un modèle de pénitence ; — saint Pierre Nolasque, fondateur de l’ordre de la Merci. Voy. nolasque.

pierre 1, roi d’Aragon (1094-1104), fut proclamé devant lluesca, à la mort de Sanehe Ramire, son père, prit celte ville (1096) après la viet. d’Alcaraz, conqui ensuite Barbastro (1101) et d’autres districts, et laissa le trône à son frère, Alphonse-Ie-Batailleur.

pierre h, roi d’Aragon, fils et successeur d’Alf. II (1196-1213), chassa les Vaudois réfugiés dans ses états , s’unit au roi de Castille Alphonse IX contre Sanche VII, roi de Navarre, puis marcha avec ces deux princes contre les Almohades, qu'il vainquit à las Navas deToiosa(l2l2).Ilaliaensuite porter secours aux Albigeois : défait par Simon de Montfort à Muret (1213), il resta sur le champ de bataille.

pierre ni, dit le Grand , roi d’Aragon (1276-85), né en 1239, fils et successeur de Jacques I, fut secrètement ie moteur des Vêpres Siciliennes, se fit reconnaître roi en Sicile, fut excommunié par le pape, qui donna ses états à Charles de Valois, mais se défendit bien contre Charles et contre son propre frère Jacques, roi de Majorque, et mourut avant la fin de la guerre.

pierre iv , dit le Cérémonieux, roi d’Aragon ( 1336-1387 ) , fils et successeur d’Alphonse IV, né en 1319, dépouilla le roi Jacques II de Majorque , s’allia contre les Maures au Portugal et à la Castille ( 1340-42 ) , battit sur mer près d’Alghero les Génois qui lui disputaient la Sardaigne (1353), soutint Henri de Transtamare contre son frère ( 1357-65 ), mais ensuite s’allia au roi de Portugal , Pierre-le-Cruel, contre Henri (1369), à condition qu’il aurait lui-mêine en partage une partie du royaume de Castille, fut forcé de renoncer à ses prétentions par la paix d’Alinazan (1374), et conclut avec les Génois un traité au sujet de la Sardaigne ( 1386 ). Diverses révoltes troublèrent son règne. Pierre IV avait fondé l’université de Huesca.

pierre I, roi de Sicile (1282-85), est le même que Pierre III, roi d’Aragon.

pierre il, roi de Sicile (1337-42), fris et successeur de Frédéric I , avait été associé au trône dès 1321. Il se fit haïr, excita des révoltes et allait avoir la guerre au dehors lorsqu’il mourut.

pierre, dit le Cruel, roi de Castille (1350-69), né en 1334, fils et successeur d’Alphonse XI, gouverna despotiquem. éternellement, fit tuer Éléonore de Guzman, maîtresse de son père (1351), abandonna le lendemain de ses noces sa femme Blanche de Bourbon , puis l’enferma et la fit mourir (1361); égorgea Jean, son cousin, Frédéric son oncle, etpréparait le même sort à son frère naturel, Henri de Transtamare; mais ce prince s’enfuit en France, revint suivi de huguesclin et d’une armée française, dé! rénale tyran et prit la couronne de Castille (1366). L’année suivante, Pierre fui rétabli par le prince

Noir, et redoubla de cruautés. Duguescliu , de re tour, le battit h Montiel (1369), puis le fitprisonnier. Peu après son frère Henri le tua de sa propre main.

pierre i, dit le Justicier et le Cruel , roi de Portugn (1357-67), né en 1320. Il avait, avant de monte • sur le trône, épousé secrètement en secondes noces Inès de Castro, qw’Alphonse IV, son père, fit périr (1355); il se révolta, puis consentit à poser les armes et promit de pardonner aux auteurs du meurtre ; mais dès qu’il fut devenu roi, il se les fit livrer par Pierre-le-Cruel de Castille, leur fit arracher le cœur en sa présence à Santarem en 1360; fit exhumer Inès , et lui lendit les honneurs royaux. 11 se montra juste, mais sans pitié, réforma les abus, réprima l'insolence de ta noblesse, abrégea les formalités judiciaires, fit des règlements utiles, allégea les impôts. C’était un prince libéral et bienfaisant.

pierre il, régent, puis roi de Portugal, était le 2e Gis de Jean IV. 11 s’unit à sa mère et à la reine pour renverser l’imbécile Alphonse VI son frère, s’empara de la régence en 1667, épousa Marie-Françoise de Savoie, sa belle-sœur, qu’il avait fait séparer de son premier époux, fit conduire Alphonse à Terceire, puis à Cintra (où ilmouruten 1683), signa la paix avec l’Espagne, qui reconnut l’indépendance du Portugal (1668), traita avec les Provinces-Unies (1669), se déclara pour la France au commencement de la guerre de la succession d’Espagne (1701), puisse jeta dans les bras de l’An gleterre, et entra dans la gr. alliance contre la France (1703). Il m. en 1706.

pierre m, 2e fils de Jean V, épousasa propre nièce Marie Ire, et monta ainsi sur le trône du Portugal. Il régna de 177 I à !786. La prépondérance des Anglais ne fit que s’accroître sous ce règne.

pierre iv, vulgairement dit don pedro , roi de Portugal et empereur du Brésil. Voy. pedro, pierre, duc de Coïmbre. Voy. coimbre.

pierre-le-reau ou calopierke , Valaque de naissance, fonda avec Asan, son frère, le troisième roy. de Bulgarie ou royaume Valaco-Bulgare,aux dépens des Grecs, en 1186, fut en relation avec l’empereur Frédéric 1, et périt assassiné en 1197.

pierre, dit l'Allemand , fut roi de Hongrie (1038- 1041), après son oncle Etienne I , déplut par sa cruauté, ses exactions, son amour pour les Allemands, fut chassé et remplacé par Aba, beau-père d’Etienne, revint aidé de l’empereur Henri III (1044), et se reconnut vassal de l’empire germanique (1045). Il causa une nouvelle révolte , eut les yeux crevés et mourut trois jours après en prison (1047).

pierre i, dit le Grand, czar ou empereur de Russie, né en 1672 , était le troisième fils d’Alexis, A la mort de son frère aîné Fédor 111, en 1682 , il fut placé sur le trône par les grands , au préjudice d’Ivan plus âgé, mais jugé incapable, eide Sophie, sa sœur celle-ci, ayant excité une révolte des Strélitz, se fit admettreuu partagedu pouv. ainsi qu’lvan. En 1689, P. resta seul maître par la retraite d ivan et l’emprisonnement de Sophie. 11 résolut d’affranchir, d’accroître et de civiliser la Russie. Pour y réussir, il voulut visiter par lui-même les nations les plus civilisées ; il partit en 1697, accompagné de Lefort; alla d’abord en Hollande, y apprit l’art de charpentier de vaisseau en travaillant dans les chantiers de Saardam comme simple ouvrier sous le nom de Peter Michaelof, puis visita l’Angleterre, où il choisit d’habiles ingénieurs pour tracer un canal du Don au Volga. Rappelé en Russie en 1698 par une révolte des Strélitz, il fit égorger 4,000 de ces soldats rebelles. Il fonda St-Pétersbourg en 1703, puis s’unit au roi de Pologne Auguste II contre Charles XII, et, après avoir été plusieurs fois battu par ce dernier, notamment à Narva, 1700, il le vainquit à Pultava (1709). II reprit en 1710 à la Suède la Livonie, l’Esthonie, la Carélie, puis marcha contre les Turcs, alliés de Charles XII ; mais il se laissa cerner à Huscli ,

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âur le Pruth , et n’échappa que grâce à sa femme Catherine, qui acheta la paix (1711). Il conquit la Finlande (1713), ainsi qu’Aland (1714) , après avoir remporté une victoire sur mer. Pendant ces guerres, il ne cessait de s’occuper de ses grandes réformes ; il améliora la justice, la police, créa une marine, encouragea les manufactures , institua le saint-synode en remplacement du patriarcat, et fonda l’Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg ; mais il ternit sa gloire en faisant mourir son fils aîné Alexis , qui se prononçait trop hautement contre ses réformes (1718). 11 fit en 1721 avec la Suède la paix de Nystadt, par laquelle il gardait toutes ses conquêtes; enleva plusieurs provinces à la Perse ( Daghestan, Chirvan , Mazendéran, Asterabad, 1723). 11 mourut le 8 février 1725, d’une maladie honteuse. Catherine lr« sa femme lui succéda. Pierre mérita le titre de Grand par ses vastes entreprises, mais il fut emporté, débauché et cruel. 11 se plaisait souvent à exécuter lui-même les arrêts de mort qu il avait prononcés. Voltaire a rédigé une Histoire de la Russie sous Pierre- le-Gr and , 1759-63, qui est peu . stimée ; Halem a damé (en allemand) Y Histoire de , \-le-G., Munster. i 803, ainsi que Bergmann, 1829.

.-.erre il, fils d'Alexis et petit-fils de Pierre-le- Grun<£, eut le titre de czar de 1727 à 1730, et oicurut de la petite-vérole à 15 ans. Son règne n’offre d’événements que la disgrâce de Menzikoff. Anne lvanovna lui succéda.

pierre ni,e:Bp. de Russie, fils de Charles-Frédéric, duc de Holstein-Gottorp, et d’Anne, fille de Pierre-le- Grand, naquit en 1728, fut fait grand-duc en 1742, prit pour femme la fameuse Catherine d Anhalt- Zerbst , avec laquelle il vécut très mal ; monta sur le trône en 1762, et soudain changea le système du rabiaet, fit la naix avec Frédéric 11. roi de Prusse, ets’unità lui. Il réformadivers abus, etcréaquelques institutions utiles, mais il déplut aux Plusses en s’entourant d’étrangers. Il se disposait à répudier Catherine, lorsque cette princesse le força d’abdiquer. Klle se fit proclamer impératrice sous le nom de Catherine II , et sept jours après lit étrangler son mari dans sa prison, 1762. Plus tard, parurent deux faux Pierre lil. Voy. pougatciief.

pierre, dit Mauclerc , comte de Bretagne, fils du comte de Dreux, Robert , épousa Alix (fille de Guy de Thouars et héritière de la Bretagne), devint par ce mariage régent de la Bretagne (1213-37), et vit son fils Jean 1 lui succéder lors de sa majorité. Il 3e croisa deux fois (1240 et 1247), et mourut en revenant en France (1250). Sa turbulence, son esprit , sa mauvaise foi, lui valurent le surnom de Mauclerc. 11 avait eu part à diverses révoltes et ligues contre la régente Blanche et Louis IX.

pierre de couktenay, comte d’Auxerre et de Nevei'B, empereur français de Constantinople, était cousin de Philippe-Auguste. Appelé à la mortde Henri I pour lui succéder (1216), il se mit en rou’e, mais les Vénitiens ayant refusé do le transporter par mer à Constantinople, il oinbaaux mains de Théodore l’Ange, qui, après deux ans de prison, !e fit mourir (1219). Yolande, sa femme, gouverna pendant sa captivité.

pierre -l’ermite /natif d’Amiens, était noble. II quitta les armes pour la robe d’ermite, fit le pèlerinage de la Terre-Sainte en 1093 , revint par Rome avec une lettre du patriarche de Jérusalem , Siméon, au pape, et peignit si pathétiquement les maux des Chrétiens en Orient ainsi que les profanations du tombeau du Christ, qu’ Urbain II le chargea de préparer les esprits à la première croisade. Pierre parcourut l’Occident pieds nus, une corde à la ceinture, le crucifix à la main , et partout souleva les populations ; puis, quand la croisade eut été résolue au concile de Clermont (1095), il se mit avec Gautiur-sans-Avoir à la tête de la première armée de Croisés. N’ayant ni vivres ni argent, il perdit beau-

pnnLÜe m°rde Iîongrie’ cn Bulgarie , bien plus encore en Asie-Mmeure, et arriva presque seul à Constantinople. Il assista au siège d’Antioche (1098) et mourut en 1 1 1 5 au couvent de Neu-Moutier (près de Huy dans le diocèse de Liège), qu’il avait fondé.

pierre-le-vénérable ou de cluny, ainsi nommé de ce qu’il fut abbé et général de l’ordre de Cluny était d Auvergne et d'illustre famille. 11 donna l’exemple de toutes les vertus, rétablit une discipline sévère dans ses couvents, fut le protecteur d’ Abélard en même temps que l’antagoniste des hérétiques, et mourut en 1156, à 65 ans environ. On a de lui des Lettres et divers Traités tkëoloqiques (dans la Bibliothèque des Pères, Lyon, 1677, t. 22).

pierre d’abano, médecin et astrologue, d’Abano près de Padoue, né en 1250, mort en 1316, professa la médecine avec un grand succès à Padoue, et laissa, entre autres ouvrages : Conciliator philosophorum et prœcipuè medicorum , Venise, 1471. Il fut accusé de magie et condamné au feu, mais il mourut avant l’execution.

pierre (J.-B. Marie), peintre, né à Paris en 1714, mort en 1789, élève de Ch. Natoire, se distingua par un faire facile et large , et devint premier peintre du roi. Il dut une bonne part de ses succès à sa fortune et à sa figure. Un estime de lui : Saint Pierre guérissant les boiteux , la Mort d'IIérode, etc.

pierre lombard, scholastique. Voy. lombard.

pierre de luise , antipape. Voy. benoit xiii.

PIERRE (SAINT-). Voy. SAINT-PIERRE.

PIERREF1TTE , ch.-l. de canton (Meuse) , sur lAire, à 25 kil. N. O. de Commerçy; 1,000 hab. Grains, huile, navette, etc. — Plusieurs villages de France portent le même nom, notamment dans les défi, de la Seine, de l’Oise et des Hautes-Pyrénées, qu ils doivent à des pierres druidiques.

PIERREF0JNTA1NE, ch.-i. de cant. (Doubs), à 20 kil. S. E. de Baume- les-Dames: 1,360 hab.

P1ERREFORT, ch.-l. de cant. (Cantal), à 24 kil. S. O. de Saint-Flour; 1,300 hab.

PIERRELATTE, ch.-l. de cant. (Drôme'), à 13 kil. S. de Montélimart; 3,500 hab. Vieux château.

PI F1* B F 1 or.T, TJi'rms mo>:s,m'ùe Suisse! Berne).

PIERLS ou piÈRlUS mons, chaîne de mont, de la Macédoine, courait en Piérie parallèlement au bord occid. du golfe Thermaïque. La fable en faisait le séjour des Piérides et uuedes résidences des Muses.

P1ETAS JUL1A, la même que Pola. Voy. pola.

P1ETERS (Bonav.), peintre de marine, 'flamand, né en 1614 à Anvers, mort en 1652, cultivait aussi avec succès la poésie. — Un autre Pioters, d’Anvers, né en 1648, avait un grand talent pour la peinture historique, mais il tomba par suite de sa misère dans des genres inférieurs.On lui doit des copies de Rubens.

PIÉTISTES, dits aussi Séparatistes et Spènèriens , secte de Luthériens qui affectent une piété extrême, et préfèrent les exercices privés aux cultes publics. Elle eut pour chef Spener , professeur de théologie, qui s’efforça de réformer le luthéranisme. Cette secte mystique commença à Leipsick par de simples réunions tenues chez Spener en 1689, sous forme de conférences, et qui furent appelées Colley ia pietatis-, les laïcs mêmes y étaient admis à expliquer les Ecritures. Elle fit bientôt de rapides progrès, se répandit à Berlin, à Augsbourg, surtout à Halle, dans le Wurtemberg et dans l’Alsace. Les Piétistes ont de l’analogie avec les Quakers par la sévérité de leur morale et leur aversion pour les plaisirs mondains, et avec les Méthodistes en ce que quiconque se sent inspiré peut prendre la parole dans leurs assemblées. Les réunions de Piétistes d’Alsace, qui avaient lieu surtout à Bischwiller près de Strasbourg, devinrent très nombreuses et inquiétantes au commencement de ce siècle; elles ont donné lieu en 1825 à des poursuites de la part de l’autorité en Alsace. — -On donne encore le nom de Piétistes à une subdivision

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