‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 875 sur 1261 · POUS · texte numérisé non relu

POUS

PRAC

E,, 27° 5ô' lat. N. Résidence d’hiver du Deb-Radjali.

POUPART (François), anatomiste et chirurgien, mort en 17 08, membre de l’Académie des Sciences, a fait quelques découvertes, et laissé des Mémoires (dans le recueil de l’Académie des Sciences) et une Chirurgie, Paris, 1695, auj. oubliée. On a donné son nom à l’arcade crurale, parce qu’il fut un des premiers à bien décrire ce ligament, quoique ce ne soit pas lui qui l’ait découvert.

POUQUEVILLE ( François-Charles-Hugues-Lausent) , historien , membre de l’Académie des Inrcriptions, né à Merlerault (Orne) en 1770, mort en 1838, étudia la médecine sous Dubois, qu’il accompagna dans l’expédition d’Egypte, fut à son retour pris par les Turcs et resta prisonnier jusqu’en 1801. Rentré en France, il fit paraître en 18115 son Voyage en Morée et à Constantinople , 3 vol. in-8, qui eut beaucoup de succès et lui valut la place de consul à Jauina. 11 résida près d’Ali- pacha jusqu’en 1815, revint en France en 1817 , y publia son Voyage en Grèce, 1820-22, 5 vol. in-8, ouvrage remarquable par l’exactitude des descriptions et la nouveauté îles aperçus ; puis son Histoire de la régénération de la Grèce , 1825, 4 vol. in-8. On lui attribue une Vie d’Ali - pacha. Il a donné V Histoire et la description de la Grèce (dans l 'Univers pittoresque), une foule de Mémoires pour l’Acad. des Inscriptions.

POURANAS. Voy. puranas.

POURCHOT (Edme), né au village de Pcilly, près d’Auxerre, en 1651, mort en 1734, professeur de philosophie au collège des Grassins, puis au collège de Mazarin, à Paris, fut sept fois recteur de l’Université. On a de lui : lnstituliones philosophicæ, dont la 4* édition fut donnée en 1734, in-4. Cet ouvrage, rédigé d’après les idées cartésiennes, eut un grand succès.

POURI, ville de l’Inde. Voy. djaggirnàt.

POUROUSou PURUS, riv. de l’Amérique du Sud, sort des Andes de Cachoa (Pérou), entre dans le Brésil et tombe dans l’Amazone par plusieurs embouchures, après un cours de 800 kil.

POURRIE (Mer), Putridum mare, partie S. O. du JPalus Mæotis, ainsi nommée à cause des miasmes qui s’échappent de ses eaux basses et fangeuses.

POUSSIN (Nicolas), chef de l’ancienne école française de peinture , naquit aux Andelys en 1594, fut élève de Eallemant à Paris, et, bien que fort pauvre, parvint à faire le voyage de Rome , grâce au cavalier Marini, qui le recommanda au cardinal Barberini. Là, des études sévères et la pratique constante de l’art mûrirent son talent et le portèrent à la perfection. 11 jouissait déjà d’une grande réputation à Rome, lorsque Louis XIII le fit inviter à rentrer en France; il y revint en 1640, et reçut, avec le titre de premier peintre du roi , une pension de 3,000 l'r., un logement aux Tuileries et la direction de tous les ouvrages de peinture et d’ornements des maisons royales. Les peintres Vouet et Fouquière en furent jaloux. Las de leurs tracasseries, Poussin reprit la roule de Rome (1 642) . Louis Xi V lui conserva son titre et ses honoraires. Le talent de Poussin grandit encore dans la dernière période de sa vie : son pinceau devint plus riche, plus moelleux, son talent plus varié; il ne réussit pas moins dans le paysage historique que dans l’histoire. Lesueur, Lebrun, Mignard doivent infiniment à ce grand maître. Il mourut en 1665 à Rome. On a surnommé Poussin le peintre des gens d’esprit, à cause de son imagination et de la beauté de son expression. La plus grande partie de ses œuvres est en France. On admire surtout son Déluge , son Et in Arcadid ego, son Triomphe de Flore. On a de lui des Lettres (Paris, 1824) qui se lisent avec intérêt. M. Castellan en 1811, et M. Gault en 1843, ont donné sa Vie.

POUSSINES (P.), en latin Possinus, savant Jésuite, né en 1609 aux environs de Narbonne, mort

en 1686, professa à Toulouse, fut à Rome un des continuateurs de VHistoire de la Société de Jésus. Il a laissé des trad. latines de quelques historiens byzantins, un Thésaurus ascelicus, Paris, 1684, etc.

POUTALÀ ou BOUDALA, temple du Thibet dans la province d’Ouéi, près de II’Lassa, sur le mont Pamouri. C’est la résidence du Dalaï-lama.

POUTROYE (la), ch.-l. de cant. (Haut-Rhin), à 16 kil. N. O. de Colmar; 2,511 hab. Teinture.

POUY ou POY SUR-DAX, village de France (Landes), à 7 kil. N. E. de Dax, près de la rive droite de l’Adour. Patrie de Saint-Vincent de Paul.

POUYASTRUC, ch.-l. de cant. (Hautes-Pyrénées), à 11 kil. N. E. de Tarbes ; 800 hab.

POUZAUGES-LA-VILLE, ch.-l. de cant. (Vendée), à 35 kil. N. de Fontenay; 2,141 hab. Eglise catholique (beau clocher), temple protestant; ruines romaines. Aux environs, mine d’antimoine. — A 1 kil. S. se voit Pouzauges-le- Vieux ; 1,200 hab.

POUZZOLES, Pozzuoli en italien, Puteoli et Dicœarchia chez les anciens, ville et port du roy. de Naples (Naples), sur le golfe de Naples, par 11° 47’ long. E., 40° 49’ lat. N., à 10 kil. N. O. de Naples; 8,700 hab. Évêché. Commerce de pouzzolane (gravier volcanique, ainsi appelé du nom de la ville). Près de Pouzzolessont le cap Misène, le lac Averne, le Monte Nuovo (qui occupe la place de l’ancien lac Lucrin), la Solfatarre. — Pouzoles fut fondé par les habitants de Gumes en 522 av. J.-C.,et nommé Puteoli à cause de ses nombreux puits; de 192 av. J.-C. à la chute de l’empire, elle fut très-florissante; ses bains magnifiques attiraient beaucoup d’éi rangers. On y trouve encore beaucoup de riches débris, entre autres les colonnes du temple de Sérapis, et ce qu’on appelle le pont de Caligula.

POWEL (Ed.), prêtre anglais, écrivit contre Luther et en faveur du pnpelePropugnaculumsummi sacerdotii, 1523, par ordre de Henri VIII, puis soutint la môme thèse contre Henri Vlll dans l’intérêt de Catherine. Henri le fit pendre et écarteler en 1540.

POWELL (îles). Voy. orcades australes.

POYAS, mont, de Russie. Voy. ourals.

POYET (Guillaume), chancelier de France, né vers 1474 à Angers, d’abord avocat célèbre, puis avocat général (1531) et président à mortier (1534), devint chancelier en 1538. Accusé de malversation, il fut arrêté en 1542, dépouillé de toutes ses charges (1545), et condamné à 100,000 fr. d’amende. Il mourut en 1548. C’est lui qui avait plaidé pour Louise de Savoie contre le connétable de Bourbon.

poyet (Bern.), architecte, né en 1742, à Dijon, mort en 1824, élève de Wailly, membre de l’Académie des Sciences et de celle d’architecture, donna le plan de la chambre des députés et de beaucoup d’autres édifices importants.

POZZü (Cassien del), dit aussi Dupuis, riche amateur piémontais, né à Turin vers 1590, m. vers 1657, fut l’émule de Peiresc. 11 se fixa à Rome, où il forma une collection d’antiquités; protégea les artistes et fut lié avec les principaux savants de l’Europe.

pozzo m borgo (le comte Ch. -André) , né en Corse au bourg de Pozzo ni Borgo (près d’Ajaccio) en 1764, mort à Paris en 1842, fut d’abord député à l’Assemblée Législative (1792), agit de concert avec Paoli pour livrer la Corse aux Anglais; fut néanmoins forcé dès 1793 de quitter celte Ile, où il avaif soulevé des haines.* passa d’abord en Angleterre,, puis entra au service de la Russie ; fut en !814 en) voyé parl’empereur Aiexandreauprèsde LouisXVIl^ puis nommé ambassadeur en France; assista à toii( les congrès de la Sainte-Alliance, eut part à toutes Ici mesures qui y furent prises. Il passa en 1835 de l’ambassade de France à celle d’ Angleterre, quitta lesl affaires en 1839 et termina scs jours à Paris.

PRACI11N, cercle de Bohême, borné par la Bavière au S. O., et par les cercles de Budweiss at

PRAD — 1444 — PBAG

S. E., de Tabor à TE., de Beraun au N. et de Klattau au N. O.: 110 kil. sur 60; 260,000 hab. Chef-lieu, Pisek. Riv., la Moldau, la Wottawa, etc. Grenat et pierres précieuses; perles, sable aurifère. Draps, toiles, glaces, armes, etc. — Ce cercle doit son nom à la ville et au château ruinés de Prachno, situés près de la ville et de la montagne d’Horazdiowicz, à 36 kil. E. de Pisek.

PRACR1T, idiome vulgaire de l’Inde, est dérivé du sanscrit; il se parlait dans le peuple lorsque le sanscrit était la langue des hautes classes.

PRADELLES, ch.-l. de canton (H.-Loire), à 32 kil. S. du Puy; 1,600 hab.

PRADES, ch.-l. d’arr. (Pyrénées-Orientales), sur le Tet, à 46 kil. S. O. de Perpignan ; 3,060 hab. Tribunal de lre instance ; collège communal et séminaire. Drap, papier gris, vins, laines fines très recherchées, elc. — L’arr. de Prades a 6 cantons Montlouis , Olette , Saillagouse , Sournia, Yi'nça, rades), 100 communes et 60,626 hab.

PRADES (l’abbé de), né en 1720 à Castel-Sarrazin, mort en 1782, fit scandale par une thèse qu’il soutint en Sorbonne en 1761 , et dans laquelle il défendait des propositions contraires à la doctrine de l’Eglise, s’enfuit en Hollande, puis à Berlin, et y devint, sur la recommandation de Voltaire , lecteur du roi de Prusse. Soupçonné par Frédéric II d’avoir été en correspondance avec le duc de Broglie pendant la guerre de Sept-Ans , et de l’avoir tenu au courant des mouvements de l’armée prussienne , il fut relégué à Glogau. A la fin de sa Yie, il rétracta ses principes irréligieux, et devint archidiacre du chapitre de Glogau. On lui doit un Abrégé de l’Histoire ecclésiastique de Fleury (avec une préface par Frédéric II), 1767, 2 vol. in-8.

PRADO, ville du Portugal (Minho), à 6 kil. N. 0. de Braga ; 6,460 hab. Faïence. Pêche.

prado (le), bourg d’Espagne (Madrid), à 66 kil. S. O. de Madrid ; 3,000 hab. Distilleries, etc.

prado, promenade de Madrid. Voy. Madrid.

PRADON, poëte tragique, né à Rouen en 1632, mort à Paris en 1698, n’est connu que comme auteur ridicule , vaniteux et- jaloux ; il eut pourtant quelques succès dans son temps , et quand Racine donna Phèdre , les envieux du grand poëte opposèrent à ce chef-d’œuvre la Phèdre de Pradon (1677); mais peu de jours suffirent pour remettre les deux pièces à leur place. On a de lui, outre Phèdre , les tragédies de Pyrame et Thisbé, Tamerlan, la Troade , Statira , Scipion l'Africain , Régulus (la moins mauvaise de toutes). Il composa contre Racine une comédie, le Jugement d'Apollon sur Phèdre, et contre Boileau un pamphlet intitulé : le Triomphe de Pradon, 1684, in-12, etc.

PRADT (Dominique ddfoür, abbé de), écrivain et homme d’état, né en 1769 à Allanches (Auvergne), mort en 1837 , était grand - vicaire à Rouen quand la révolution éclata. Député aux Etats-Généraux, il prit parti pour la cour et émigra en 1791 ; mais il revint en 1801, et, grâce à Duroc, son parent, devint successivement aumônier de l’empereur, baron , évêque de Poitiers, archevêque de Malines. Il fut chargé de quelques négociations en Espagne, où il aida à tromper Charles IV, et fut nommé en 1812 ambassadeur à Varsovie ; mais il s’acquitta fort mal de celte mission, et quand la campagne de Moscou fut terminée, il fut renvoyé dans son diocèse et privé de son titre d'aumônier. 11 devint dès lors ennemi acharné de Napoléon, et se déclara des premiers contre lui quand les Alliés furent à Paris. Il n’en fut pas moins très froidement reçu des Bourbons, et se vit obligé de renoncer à son archevêché : il reçut en Indemnité une pension de 12,000 fr. Nommé député en 1828, il se démit, trouvant la gauche trop timide. 11 a composé une loule d écrits de circonstance. Son ouvrage capital est l 'Histoire de l'am¬

bassade dans le gruni-duché de Varsovie en 1812, Paris, 1816, relation très partiale ; ensuite viennent j les Quatre Concordats , 1818 , 3 vol. in-8 ; les Trois Ages des colonies , 1801, 3 vol. in-8 ; V Europe et l'Amérique depuis le congrès d' Aix-la-Chapelle , 1821 , 2 vol. in-8 ; l'Europe et l’Amérique en 1821 et 1823, 2 vol. in-8; l 'Europe et l’Amérique en 1822, 1823, 1824, 2 vol. in-8, etc. L’abbé de Pradt est dans ses écrits spirituel et incisif, mais verbeux et peu profond : il avait la manie de prédire, mais c’était le plus souvent à faux. Ses Quatre concordats sont à V Index.

PRÆMUN1RE (Statuts de). On a donné en Angleterre le nom de statuts des provisions et de prœmunire à divers actes parlementaires, dont les principaux sont de 1343, 61 , 63, 64, et qui prohibaient, entre autres choses : 1° l’introduction en Angleterre des provisions papales; 2° l’intervention du pape dans les élections ecclésiastiques ; 3° l’évocation des sujets du roi en cour de Rome sur des points dont la connaissance appartenait aux cours royales ; 4° l’acceptation en cour étrangère de bénéfices ecclésiastiques du royaume. Grégoire XI indiqua pour discuter ces statuts une confér. à Bruges (1375); Wiclef y fut l’un des commiss. d’Édouard III ; la convention qui y fut signée admit une partie de ces statuts.

PRÆTUTII, auj. partie de YAbruzze Ultérieur e% peuple de l’Italie centrale, sur l’Adriatique, entre le Picenum et les Vestini ; Hadria et Intéramne étaient leurs villes principales.

PRAGA , ville de la Russie d’Europe (Pologne) , sur la Vistule, rive droite, vis-à-vis de Varsovie, est regardée auj. comme une partie de Varsovie; 3,000 hab. Elle était plus peuplée avant le massacre qu’y firent les Russes en 1794, lors de la prise de Varsovie par Souvarov. Victoire des Suédois sur les Polonais en 1666 , et des Polonais sur les Russes en 1830.

PRAGMATIQUE ou PRAGMAT1QUE-SANCT10N (c.-à-d. ordonnance sur les affaires], nom donné en général aux ordonnances des rois de France et aux résolutions de la diète de l’Empire, dans les xne, xnr, xive et xv* siècles. Toutefois, l’histoire n’a consacré ce nom qu’à quelques actes fameux, savoir :

1° la Pragmatique-Sanction de savit Louis en 1269, par laquelle ce prince , après avoir déclaré que de Dieu seul relève la France , posait en droit la liberté des élections d’évêques et prélats, prohibait les réserves, les grâces expectatives, maintenait le droit de promotion, restreignait les impôts levés en r rance par la pape, etc. On en conteste l'authenticité

2* la Pragmatique-Sanction de Charles VII , ou Pragmatique-Sanction de Bourges, en 1438 : c’est une extension de la précédente. Après avoir proclamé la nécessité des conciles généraux, leur supériorité sur le pape, l’entière liberté d’élection desévêques etabbés. elle supprime de rechef les réserves, les grâces expectatives, les annates, tend à redresser l’abus des appels en cour de Rome, à restreindre les effets de l’excommunication etde l'interdit, elc. Les ducs de Bourgogne et de Bretagne refusèrent de l’admettre. Louis XI, au commencement de son règne, la supprima nominalement (1461), tout en la laissant exécuter, suivant les besoins de sa politique, à l’égard, soit des feudataires, soit des papes. Voy. concordat.

3° la Pragmatique-Sanction de l'empereur Charles VI ou Pragmatique autrichienne , rendue en 1713, par laquelle cet empereur déclarait sa fille aînée Marie-Thérèse héritière de ses états ; il la fit garantir par les grandes puissances de l’Europe, mais pourtant elle ne put être réalisée qu’après la guerre de la succession d’Autriche, 1740-48.

4° la Pragmatique-Sanction de Charles III (d’Espagne), rendue le 2 avril 1767, pour la suppression des Jésuitee.

PRAGUE, Preg en allemand , Praha en bohémien, Boviasmum de Strabon? Marobodum de Ptolémée, capitale de la Bohême , sur sept collines et

PUAI — 1445 — PRAX

sur la Moldau , à 327 kil. N. O. de Vienne (par Iglau), par 12° 5’ long. E., 60° 5’ lat. N. ; 125,000 hab. ; la ville se compose de quatre parties , la Vieille et la Nouvelle-Ville, le Petit-Côté ( Kleinseile ), et le Hradschin. La ville est bien percée et bien bâtie ; pont superbe ; fortifications importantes. Ancien château impérial nommé Burg , achevé par Marie-Thérèse ; hôtel-de-ville, palais archiépiscopal, séminaire archiépiscopal , douane , grand hôpital , cathédrale, églises St-Veit,St-Nicolas,delaCroix, etc. Prague est le siège du commandement militaire du roy. de Bohême ; archevêché, tribunal d’appel du royaume; université (fondée en 1348 par Charles IV), trois gymnases, école de peinture, de musique, école vétérinaire , institut polytechnique, etc. ; société littéraire et scientifique , bibliothèque de l’université , cabinet d'histoire naturelle , musée national, observatoire, etc. Industrie active, commerce considérable (surtout commerce de transit). Patrie de Jérôme de Prague. — La Vieille-Ville fut fondée vers 759 ; Charles IV, en 1348, fonda la Ville- Neuve, qu’il nomma Karlow ou Karlstadt. Prague fut, au commencement du xv* siècle, le théâtre des troubles religieux les plus graves, suscités par Jean Huss, recteur de l’université; on y signa en 1433 les Compactata de Prague , qui rétablirent momentanément la paix. Prague joua un grand rôle dans la guerre de Trente- Ans : c’est là qu’eut lieu la fameuse défénestration , début de la guerre (ICI 8); l’armée de l’électeur palatin Frédéric V fut défaite près de Prague en 1(520 ; le Suédois Kœnigsmark y battit les Impériaux (1648) et prit la ville, ce qui mit fin aux hostilités. Dans la guerre de la succession d’Autriche, Charles Vil prit Prague (174 1;: les Français, ses alliés, y soutinrent un siège célèbre, remarquable par la défense de Chevert et la retraite de Belle- Iles (1742) ; les Prussiens la reprirent, puis l’abandonnèrent en 1744. Une troisième bataille de Prague eut lieu dans la guerre de Sept-Ans, entre les Autrichiens et les Prussiens ; ceux-ci la bombardèrent (1757), mais ne purent la prendre. 11 se tint à Prague, en 1813, un congrès pendant lequel l'empereur François I prit la résolution de faire la guerre à Napoléon. Bannie de France et quittant l’Ecosse, la branche aînée des Bourbons trouva en 1833 un asile au château de Hradsehin dans Prague. — Le capitanatde Prague, une des divisions de la Bohême, ne comprend que Prague et sa banlieue.

PRAGUE (Jérôme de). Voy. Jérôme de prague.

PRAGUKRIE , fameuse révolte qui eut lieu en France sous Charles VII , en 1440, et à laquelle Louis XI, encore dauphin, eut une part essentielle. Elle prit son nom de la ville de Prague, fameuse alors dans toute l’Europe par les désordres dont ses citoyens, Hussites en grande partie, l’avaient rendue le théâtre. Alexandre, bâtard de Bourbon, en fut le principal instigateur ; Jean II d’Alençon , Charles I et Louis de Bourbon , La Trémoille (ancien fa- V(*i) et Dunois s’y mêlèrent aussi. Le prétexte de l'insurrection était le bien public; on devait s’em-

Earer du roi et proclamer à sa place Louis XI.

/entreprise, mal conduite, échoua après une prise d’armes sans effusion de sang; six mois suffirent pour y mettre fin. Alexandre fut noyé, et le dauphin, exilé de la cour, se retira en Dauphiné.

PRAHEC, ch.-l. de cant. (Deux-Sèvres) à U kil. S. E. de Niort; 1,600 hab.

PRAIRIAL an ni (journées des 1, 2 et 3), 20, 21 et 22 mai 1795, insurrection du parti jacobin contre la Convention. La populace des faubourgs envahit la salle de la Convention, présidée par Boissy-d’Anglas, et massacra le député Féraud. Pendant dix heures, la majorité de la Convention, qui, imitant l'exemple de son président, avait eu le courage de rester en séance, fut en butte aux insultée et aux outrages des révoltés ; elle fut enfin

délivrée par les troupes des sections. Le désordre dura trois jours. La Convention ordonna l’arrestation de 13 de ses membr.: 6 fur. cond. àmort : Homme Goujon, Duquesnoy, Duroy, Bourbotte, Soubrauy!

prairial an vu Mournée du 30), 18 juin 1799. Les directeurs La Réveillère-Lepaux et Merlin furent dans cette journée renversés par les Conseils et remplacés par Roger-Ducos et Moulins.

PRAIRIE, riv. des États-Unis (Missouri), tombe dans la Grande-Rivière par 95° 59’ long. O., 39° 56’ lat. N. Cours, 250 kil.

prairie-du-chien, ville des États-Unis, dans le territoire du Nord-Ouest, sur le Mississipi, près de son confluent avec l’Ouisconsin ; 2,000 hab.

PRAISSAS, ch.-l. de cant. (Lot-et-Garonne), à 12 kil. N. O. d’Agen; 1,600 hab.

PRAKR1T, idiome indien. Voy. pracrit.

PRASL1N, une des branches de la famille Choiseul, tirait son nom du bourg de Praslin en Champagne (département de l’Aube) , près de Bar-sur- Seine. On connaît surtout ; César - Gabriel de Choiseul, duc de Praslin, et cousin du duc de Choiseul , né en 1712, mort en 1785 ; il fut ambassadeur à Vienne, ministre des affaires étrangères puis de la marine, duc et pair, fit faire de grands travaux, agrandit et fortifia le port de Brest, conçut le projet d’un nouveau voyage autour du monde, et laissa dans nos ports 70 vaisseaux de ligne et 50 frégates : c’est lui qui signa le traité de 1763, qui mit fin à la guerre de Sept-Ans ; il partagea la disgrâce de son cousin en 1770. — Son fils, le duc de Choiseul-Praslin, élu en 1789 aux Etats-Généraux par la noblesse de la sénéchaussée d’Anjou, se montra favorable aux idées de réforme. Il fut sous l’empire sénateur et commandeur de la Légiond’Honneur. — Ant.-César-Félix de Choiseul-Praslin, filsdupréc.,futchambelian de l’imp. Marie-Louise, se tint à l’écart sous la Restauration, entra à la Chambre des Pairs en 1830, et mourut en 1839, avec la réputation d’un vrai philanthrope.

PRASLIN , port naturel de l’île Sainte-Isabelle (une des îles Salomon), par 152° 30’ long. E., 7° 25: lat. S. Très beau port. — Voy. vaux-praslin.

PRASUM prom., en Afrique, auj. le cap delgado.

PRATEOLUS. Voy. dupréau.

PRATO, ville murée de Toscane (Florence), à 16 kil. N. O. de Florence; 10,000 hab. Evêché; cathédrale ; collège renommé. Lainages, ouvrages de fer et de cuivre. Patrie du poète Casti. — C’était une république au moyen âge ; les Florentins la soumirent en 1353. Les Espagnols la saccagèrent en 1512.

PRATS-DE-MOLLO ou P.-DE-MOILLOU, ch.-l. de cant. (Pyrénées-Orient.), au pied des Pyrénées, sur la Tecn, à 23 kil. S. O. de Céret ; 5,000 hab. Fortifications. Fabriques de draps communs. Aux environs, cuivre argentifère. Sources minérales. — Ville très ancienne. Ses fortifications datent de Louis XIV, qui, en 1679, y érigea le fort de la Garde.

PRATT (Sam. -Jackson) , écrivain anglais, né en 1749 à Huntingdon, mort en 1814, a fait preuve dans ses ouvrages d’une exquise délicatesse de sentiment et d’une grande richesse d’imagination. On estime surtout de lui : Pensées libres sur l’homme , etc. ; Histoire de Benignus , 1775-77, 6 vol. in-12; le Village de Shenstone , 1780, 3 vol. in-12; Emma Cobbett , 1781 , 3 vol. in-12. Il a aussi composé de belles poésies, des pièces de théâtre, etc. Plusieurs de ses écrits ont été traduits en français.

PRAUTOY, ch.-l. de cant. (Haute-Marne), à 20 kil. S. de Langres ; 750 hab.

PRAVADl,v. de Turquie (Bulgarie), ch.-l. delivah, sur une riv. de môme nom,àl00 k. S.E. de Silistrie,à25 k. O. de Varna. Vict. des Russes sur lesTurcsen 1829.

PRAXITÈLE, célèbre sculpteur grec, né vers Fan 360 av. J.-C., mort vers 280, exerça son art dans Athènes. Il excellait surtout par la grâce, la vérité

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