RADA
Mémoires pour la vie de Malherbe, et a composé des Bergeries , recueil d'idylles qui eut de la vogue ; des odes sacrées, tirées des psaumes ; des poésies diverses , faibles en général. Ses OEuvres ont paru en 1724; M. T. de la Tour les adonnées plus complètes en 1857.
RACCA, he h a ou okfa , Fane. Edesse. Voy. okfa.
racca, Nicephorïum, ville du Diarbekir, à 100 kil. S. d’Orfa, au confluent du Belès et de l'Euphrate. Fondée par Alexandre, sous le nom de Nicephorium. Ruines d'un palais d’Haroun-al-Raschid.
RACHEL, 2e fille de Laban , inspira de l’amour à Jacob , son cousin, qui, pour l’obtenir , consentit à se mettre pendant 7 ans au service de son oncle. Au bout de ce temps, Laban , usant de ruse, substitua à Rachel Lia, sa fille aînée, et Jacob fut obligé de servir encore 7 autres années pour obtenir la main de celle qu’il aimait. Rachel demeura 6 ans stérile. Elle eut ensuite un fils, nommé Joseph, et, 16 ans après, mit au monde un 2° fils, Benjamin, le plus jeune des enfants de Jacob.
RACHGOUN (île) , petite île de l’Algérie , sur la partie occident, de la côte , en face de l’embouchure de la Tafna, par 3° 50’ long. O.
RACH1M BOURGS. On nommait ainsi chez les Francs les hommes libres qui avaient le droit d’assister aux plaids pour délibérer sur les affaires générales et rendre la justice.
RACHOT1S, quartier d’Alexandrie d’Egypte. Voy. ALEXANDRIE.
RACINE (Jean) , l’un des plus grands poètes tragiques de la France, né en 1639 à la Ferté-Milon, mort en 1699 , avait pour père un contrôleur du grenier à sel de cette ville. Elevé à Port-Royal, il y puisa le goût de la littérature classique. Il se fit connaître dès l'âge de vingt ans, et s’attira les bonnes grâces de la cour par une ode qu’il composa pour le mariage de Louis XIV ( la Nymphe de la Seine). Il eut le bonheur de se lier dès sa jeunesse avec Molière et Boileau , qui le conseillèrent utilement. Se vouant à la carrière dramatique, il débuta par une tragédie de Théayène et Chariclée , essai fort imparfait encore, que Molière lui fit supprimer; fit jouer en 1664 la Thébaîde , en 1665 Alexandre , et révéla tout son talent dans Andromaque (1667), qui eut un grand succès, mais qui éveilla l'envie. Racine se délassa du genre tragique par la spirituelle comédie des Plaideurs (1668) , imitée des Guêpes d’Aristophane ; depuis, il se consacra tout entier à la tragédie, et donna successivement : Briiannicus (1669), Bérénice (1670) ; il y mettait en scène, sous des noms antiques, la séparation de Louis XIV et de Henriette d’Angleterre, qui s’aimaient; Bajazet (1672); Milhridaie (1673), Iphigénie (1674) , et enfin Phèdre (1677). 11 eut la douleur de voir siffler cette admirable pièce par une cabale à la tête de laquelle étaient le duc de Nevers et la duchesse de Bouillon , et dont Mm< Deshoulières eut le tort de faire partie; on lui opposa la Phèdre de Pradon qui triompha un moment. Froissé par ce traitement inique, Racine renonça au théâtre, quoiqu’il n’eût encore que 38 ans, et que son génie fût dans toute sa force; il était d’ailleurs confirmé dans cette résolution par des motifs religieux. Il se maria en 1677, fut nommé la même année historiographe du roi , et ne voulut plus s’occuper que du soin de sa famille et des devoirs de sa charge. Cependant il consentit, à la prière de Mme de Maintenon, et après un silence de douze ans, à traiter des sujets sacrés , et composa Esther (1689) et Aihalie (1691) , qui furent jouées à Saint-Cyr par les demoiselles de la maison royale. La première de oes tragédies eut du succès, mais la seconde , livrée au public par l’impression, fut entièrement méconnue, et Racine, découragé par cette nouvelle injustice, cessa définitivement de travailler pour la scène. Louis XI V né s su plut pas moins à le combler de faveurs ; il lui as¬
sura une pension, le fit trésorier de la généralité de Moulins et gentilhomme ordinaire; il l’admettait même dans sa familiarité. Mais un Mémoire sur la misère du peuple, que Racine avait rédigé à la sollicitation de Mm* de Maintenon (1697) , étant tombé entre les mains du roi, ce prince s’en offensa, ets’ exprima en termes durs, qui, rapportés au poète, lui portèrent un coup fatal : une maladie dont il souffrait (un abcès au foie) s’aggrava; il ne fit plus quelanguir et mourut 2 ans après. Il avait été reçu à l’Académie Française dès 1673. Racine n’égale peut-être pas Corneille en vigueur, en génie, mais il le surpasse en sensibilité, en souplesse , en élégance ; il n’offre point de disparate comme son émule; son style est la perfection même. Outre ses tragédie^ on a de lui quelques odes , quelques èpigrammes , des cantiques spirituels , composés pour Saint-Cyr (1694). Par un rare privilège, Racine écrivait en prose presque aussi bien qu’en vers; il avait, en sa qualité d’historiographe , écrit une Histoire du règne de Louis XIV qui était fort avancée an moment de sa mort; elle a péri dans un incendie (1726); on n’en a conservé qu’un fragment important (Campagne de 1672 à 1678). On a encore de lui : X Abrégé de F histoire de Port-Royal , 1693; des Discours académiques (dont l’un renferme l 'Eloge de P. Corneille), et des Lettres pleines de naturel. Les éditions de ses Œuvres sont innombrables: une des plus complètes et des plus estimées est celle de M. Aimé Martin, avec les notes des commentateurs, 1820, 6 vol. in-8, et 1825 , 7 vol. in-8. Parmi les éditions de luxe, on admire celles de Didot, 180M805, 3 vol. in-foi., etdeBodoni, Parme, 1813, 3 vol. in-fol. Le Théâtre de Racine a été commenté par Luneau de Rois-jermain, Laharpe, Geoffroy ; on doit à M. Fon? tarder des Éludes sur Racine.
racine (Louis), poète didactique, fils du précédent, né à Paris en 1692, mort en 1763 , se sentit de bonne heure entraîné vers la poésie. Il se fit recevoir avocat pour obéir au vœu de sa famille, alla passer trois ans à l’Oratoire , où il composa le poème de la Grâce; accepta en 1722 une place d’inspecteur des fermes, mais s’en démit vers 1750 pour se fixer à Paris. Ayant perdu en 1755 un fils unique , qui périt à Cadix par l’effet du tremblement de terre qui renversa Lisbonne , il renonça au monde pour ne s’occuper que d’exercices de piété. On a de lui, outre la Grâce (1722), la Religion (1742), poème d’un genre froid, mais qui offre de grandes beautés , et qui est justement devenu classique, des odes sacrées, des poésies diverses, des Réflexions sur la poésie , des Remarques sur les tragédies de J. Racine , avec un Traité de la poésie dramatique (1752) , des Mémoires sur la vie de J. Racine , une traduction en prose du Paradis perdu de Milton (1755). L’édition la plus complète de ses Œuvres est due à Lenormant, 1808, 6 vol. in-8.
racine (l’abbé Bonaventure ) , né en 1708 à Chauny, près de Laon, mort en 1755 , fut principal du collège de Rabastens ( diocèse d’Alby), fut forcé de quitter ces fonctions à cause de son attachement à la secte des Jansénistes , se signala parmi les appelants, et obtint un bénéfice de Caylus, évêque d’Auxerre. On a de lui un Abrégé de l’histoire ecclésiastique, 1748-56, 13 vol. in- 12, ouvrage instructif, mais partial, et tout en faveur des Jansénistes.
RACLE (Léonard), architecte, né à Dijon en 1730, mort en 1791, fut architecte de Voltaire à Ferney, trouva l’enduit dit argile-marbre , et fit sur le canal de Pont-de-Vaux, dont il dirigeait les travaux, un pont de fer, le premier qu’ait vu la France,
RACON1GI, ville des Etats Sardes, k 35 kil. N. de Coni; 12,000 h. Vers à soie, étoffes de soie, etc.
RACOV, RACOVIE. Voy. rakow.
KADAGA1SE, Radegast , chef de Germains, fondit avec 200,000 hommes sur l’Italie, dévasta le nord
iUDJ — 1478 — RAFF
de ce paya, assiégea Florence, fut battu et pris devant cette ville par le général d’Honorius, Stilicon, en 406, et fut décapité.
RADCLiFFE (Anne), née ward, romancière anglaise, née à Londres en 1764, morte en 1823, était la femme d'un gradué de l’université d'Oxford, propriétaire et éditeur de la Chronique anglaise. Elle acquit de benne heure la plus grande célébrité par des romans qui décèlent un vrai talent, et qui donnèrent lieu à une foule d’imitations ; puis elle renonça à écrire, parce que l’envie se plut à faire courir sous son nom des œuvres indignes d’elle. La terreur, le mystère 6ont les principaux ressorts de ses romans. On a dit à tort que , croyant aux fantômes de 6on imagination, elle eut des accès de démence vers la lin de sa vie. On a d’elle : les Châteaux d'Athlin et de Dumbayne{ 1789) ; la Forêt ou l'Abbaye de Saint-Clair ( 1791); les Mystères d'Udolfe '1794); Ju lia; l’Italien ou le Confessionnal des Pénitents noirs ( 1797), et un Voyage en Hollande, Londres (1794). Tous ce3 ouvrages ont été traduits.
RADEGAST, dieu slave, était la divinité principale de3 Varègues. Ce nom se retrouve auj. dans quelques villes de l’Allemagne et dans Radagaise.
RADEGONDE (Ste), r. de France, fille de Bertaire, roi de Thurmge, née en 519, fut élevée dans le paganisme. Le roi Clotaire I la fit instruire dans la religion chrétienne, l’épousa (538), et lui permit, six ans après, de se faire religieuse. Elle prit le voile à Noyon, fixa ensuite sa demeure à Poitiers , où elle fonda l’abbaye de Sainte-Croix, et y mourut en 587. Elle fut canonisée ; on l’hon. le 30janv. et le 1 3 août.
RADELG1SE I, prince de Bénévent (839-851), eut à soutenir pendant 10 ans la guerre contre Siconolfe, frère de son prédécesseur, et contre Landolfe, prince de Capoue ; bien qu’aidé des Sarrasins de Sicile et d’Afrique , il ne put garder que les districts situés sur la mer Adriatique.
radelgise il, prince de Bénévent, régna de 879 à 881, fut expulsé, puis rétabli (de 896 à 900).
RADET (Ét.) , général et baron de l’empire, né en 1762 en Lorraine, mort en 1825, fut chargé Dar le gén. Miollis en 1 809 d'erlever le pape Pie VU, conduisit à Cette en 1815 le duc d’Angoulême, fait prisonnier, fut pendant les Cent-Jours inspecteur général de la gendarmerie et grand-prévôt de l’armée, et fut condamné sous Louis XV11I, en 1816, à 9 ans de détention, pour avoir coopéré au retour de Bonaparte , mais il reçut sa grâce au bout de 2 ans.
RADI-BILLAH ( abou’l abbas mohammed al), calife Abbasside de Bagdad (934-940), créa la charge d’émir-al-omrah, 935, et s’annula lui-même.
RADJAHS ou RAJAHS. On appelle ainsi les princes hindous qui gouvernent les diverses contrées de l’Hindoustan; ils appartiennent généralement à la caste des chattryas ou guerriers. Avant la conquête des Mongols, ils étaient tous indépendants; mais auj. ils 6ont pour la plupart tributaires des Anglais.
RADJEMAL ou RADJEMAHAL (c.-à-d. résidence royale ), ville de Flode anglaise (Calcutta), à 110 kil. N. O. de Mourchedabad ; presque en ruines auj., mais jadis très grande ; elle était la résidence de Soudjah, frère d’Aurengzeyb.
RADJEPOUTANAH. Voy. ad;mir.
RADJEPüUTES, c.-à-d. fils de Radjahs , nom donné dans l'Inde non seulement aux fils de Radjahs (lesquels en droit avaient tous un apanage), mais encore à tout chef militaire d’une principauté, d’une seigneurie , d’un canton petit ou grand. On l a même étendu à toute la caste des guerriers ou chattryas (toutefois aujourd'hui ce nom n’a plus la même importance qu’autrefois). — On appelle principautés radjepoutes la plupart de celles qui forment 1 Inde anglaise médiate; l’Adjmir , où elles abon ent principalement, a été par suite appelé Uadiefioutanah. On y trouve la vaill. tribu des Djats.
RADNOR (comté de) , dans la principauté de Galles en Angleterre, est situé entre ceux de Montgomery au N., de Shrop au N. E., d Hereford à l’K., de Brecknock au S. et de Cardigan à 1 O. : 25,180 h. (en 1841); ch. -L, Radnor et Prestcign. Montagnes, pâturages, lacs pittoresques; les deux tiers du sol sont incultes. Peu d’industrie. Antiquités.
RADNOR (NEW-), OU MAESYFELD-NEWYOLD, ch.-l. du
comté de Radnor, à 250 kil. N. O. de Londres; 2,000 hab. Jadis beaucoup plus importante.
RADONVILLIERS, ville du dép. de l’Aube, à 20 kil. N. O. de Bar-sur-Aube ; 500 hab. Faïence.
RADONVILLIERS (Claude- François lysarde, abbé de), né à Paris en 1709, mort en 178 J, entra chez lea Jésuites, professa dans différents collèges, fut secrétaire de l’archevêque de Bourges (La Rochefoucauld), qu’il accompagna à Rome, puis devint sous-précepteur des enfante de France, membre de l’Académie Française et conseiller d’etat. On a de lui un traité fort estimé : De la manière d’apprendre les langues, 1768, in~8, une traduction de Cornélius JSepos et divers opuscules réunis par Noël, 1807.
RADOV1CHE, ville de la Turquie d’Europe (RouméUe) , à 80 kil. S. O. de Giustendil , près de la source du Radoviche ou Siroumnilza (affluent du Takimos) ; 2,000 hab.
RADSTADT, Teurnia , petite ville d’Autriche, à 59 kil. S. O. de Salzbourg; 1,000 hab. Moreau y défit les Autrichiens le 5 juillet 1796.
radstadt, v. du gr.-duché de Bade. Voy. rastadt.
RADZ1VIL, ancienne maison polonaise de Lithuanie, commence à figurer dans l’histoire au xive siècle. Nicolas Radzivi!, premier du nom, reçut le baptême en 1386 avec Jagehon, grand-duc de Lithuanie, qui, devenu roi, le créa palatin de Vilna; Radzivil prit, en se faisant chrétien, saint Nicolas pour patron et voulut qu’à l'avenir tous les aînés de sa maison portassent le nom de ce saint. Les plus célèbres de ses descendants sont : Nicolas 1 Y, né vers 1500, mort en 1567, palatin de Vilna et gouverneur de Livonie sous Sigismond-Auguste, roi de Pologne. Il se signala par sa valeur en 1557 contre l’Ordre teutonique, dont il fit le grand-maître prisonnier en 1565, et contre les Russes, qu’il battit complètement.
11 avait quitté la religion catholique pour le protestantisme ; il propagea avec zèle les nouvelles doctrines, établit une imprimerie fameuse à Brzescie, et lit trad. et imprimer a ses frais une Bible polonaise, qui fut condamnée à Rome. Ses enfants retournèrent à la foi catholique. — Charles Radzivil, palatin de Vilna, connu par son opposition aux Russes et sa rivalité avec la famille des Czartoryiski. Nommé en 1762, par le roi de Pologne Auguste III, gouverneur de la Lithuanie, il fit tout ce qui était en son pouvoir pour combattre l’influence russe ; mais il ne put empêcher Poniatowski, le protégé de l’impératrice Catherine, de devenir roi , fut mis hors la loi, et vit confisquer ses biens immenses, qui montaient à plus de 5 millions de revenu. 11 fut néanmoins nommé en 1767 chef de la confédération; mais ne pouvantempêcher le démembrement de son pays, il s’expatria. Il revint y mourir en 1790.— Barbe de R., femme d’une grande beauté, veuve d’uu Palatin, épousa secrètement le prince Sigismond (roi de Pologne en 1548).
RADZJV1LÛV, ville de la Russie d’Europe (Volhynie) , près de la frontière de la Galicie , à 26 kil. N. O. de Kremenetz ; grand commerce avec l’empire d’Autriche ; c’est une des places qui sont autorisées à commercer avec l’étranger.
RAFFENEL(Cl.-Denis), né dans le Jura vers 1797, voyagea pour des spéculations commerciales dans le Levant et en Afrique, fut attaché plus tard à un des consulats français des échelles du Levant , fonda l' Observateur oriental à Smyrne, fit à son retour en France l’éducation des petits-fils du général Lafayette, alla en 1826 combattre les Turcs en
SAIK — 1479 — • RÀLI
Grèce sous le commandement de Fabvier, et fut tué dans le château d’Athènes (1827). On a de lui : Histoire des Grecs depuis la prise de Constantinople jusqu’à ce jour, 1824 (c'est son principal ouvrage) ; Histoire complète des évènements de la Grèce , 1825.
RAFFINÉS, nom donné à la fin du xvie siècle à certains élégants de la cour, duellistes et débauchés.
RAGES, plus tard europus et arsacia, auj. Razi ou Réi , v. de Médie, au S., près d’Ecbatane, passait pour la seconde de la Medie en ancienneté. G’est là que Tobîe alla par ordre de son père chercher les 6 talents que lui devait Gabélus. Patrie du médecin Razi.
RAGOTZKY ou RAGOGZI (Sigismond) , magnat hongrois, fut élu prince de Transylvanie à la mort d’Etienne Botskay (1607); il était déjà vieux et se hâta de céder cette dignité à Gabriel Bathori, 1608.
ragotzky (George), l'Ancien, prince de Transylvanie (1630-48), reconnu par le sultan Amurat IV et l’empereur Ferdinand 11, se joignit aux Suédois pendant la guerre de Trente-Ans en 1643, se déclara ouvertement contre l'empereur en 1644, et fut secondé par les palatins de Hongrie, mais fit la paix en 1645, et conserva ses possessions.
ragotzky (George), le Jeune, prince de Transylvanie (1648-61) , se ligua avec la Suède contre la Pologne en 1659, malgré l’opposition du grand-visir, perdit son armée à Medjiboj, fut déposé par les Turcs et perdit la vie en se défendant.
ragotzky (Franç.-Léopold), né en 1676, avait été élevé à la cour de Vienne après que sa maison eut été dépouillée, puis fut enfermé au château de Neustadt pour avoir réclamé une partie de ses biens, s’évada, fut nommé chef par les mécontents de Hongrie en 1701, déploya à leur tête une grande valeur, et tint 10 ans la Hongrie séparée de l’Autriche. Proscrit après la paix de Nagy-Caroly (1711), il vécut soit en France, soiten Turquie, et m.àRodostoen 1735.
RÀGUENET (François), né à Rouen en 1660, mort en 1720, embrassa l’état ecclésiastique, s’appliqua à l’étude \îes belles-lettres et de l’histoire, remporta le prix d’éloquence à l’Académie Française en 1689. Ses principaux ouvrages sont : Monuments de Rome, 1700 et 1702, in-12; Histoire d’ Olivier Cromwell, 1691, in-4 ; Histoire de l’Ancien- Tèsiament, 1708, in-12 ; Histoire de Turenne, 1738.
RAGUSA, Hybla Heræa ? ville de Sicile (Syracuse), à 53 kil. O. de Syracuse ; 6,600 hab. uraps.
RAGUSE, Dubrawa en slave, Rhausium en latin, ville de Dalmatte, sur l’Adriatique (côte E.), à 312 kil. S. E. de Zara; 16,000 hab. Archevêché, dont le titulaire est primat de Dalmatie ; 2 ports , fortifications, quatre bibliothèques, collège de Piaristes. Soieries et lainages. Patrie de Baglivi, Boscovich, Stay, Banduri. — Raguse a^té fondée par des fugitifs d’Epidaure et de Salone aux via et vne siècles, fortifiée par Pie II et plus tard par les Français; rebâtie aux frais du pape et des rois de France et d’Angleterre , après le tremblement de terre de 1667, qui la renversa. Elle a été indépendante et s’est gouvernée en république jusqu’en 1806, que Napoléon l’occupa militairement ; en 1810, elle fut annexée aux prov. illyriennes : le congrès de Vienne l’attribua à l’Autriche (18 15). Napoléon avait donné au maréchal Marmont le titre de duc de Raguse. — A 12 kil. S. E. de Raguse est Vieux-Raguse (l’anc. Epidaurus).
RAHAB, hôtellière de Jéricho, reçut et cacha chez elle les envoyés de Josué ; aussi sa maison fut-elle épargnée par les Israélites à la prise de Jéricho. Elle épousa Salmon, prince de Juda, et fut mère de Booz.
RAHAD, riv. d’Afrique, qui naît en Abyssinie dans le roy. d’Amhara, coule au N. O. et tombe dans le Banr-el-Azrek. en Nubie. Cours, 450 kil.
RAHMANIEH, ville de la Basse-Egypte, à 18 kil. PL E. de Damanhour, toute en briques de terre noire ; elle donne son nom à un canal dérivé du Nil.
RAIRES (robert),. imprimeur de Glocester, né
j en 1735, mort en 1811, ayant amassé une fortune honnête, l’employa en actes de philanthropie, et fonda en 1781 les écoles du dimanche qui ne tardèrent pas à obtenir un grand succès.
RAIMOND. Voy. Raymond.
RAIMOND1 (Marc-Ant.), graveur italien, né à Bologne en 1488, mort en 1546, contrefaisait avec un* incroyable perfection les gravures d’Albert Durer, j et fut employé à Rome par Raphaël à reproduire ses | chefs-d’œuvre. Il fut emprisonné par le pape pour ! avoir gravé d’après Jules Romain des peintures ob- I scènes pour les sonnets de l’Arétin.
raimondi (J .-B.), orientaliste, né vers 1540, à ! Crémone , vécut longtemps en Asie , y apprit l’hébreu, l’arabe, le syriaque, l’arménien, dirigea à ! Florence la typographie orientale , mit en ordre à Rome tous les livres orientaux, forma le plan d’une Bible polyglotte plus vaste que celles d’Alcala et d’Anvers, mais ne put l’effectuer faute de fonds. Il publia en 1610 une Grammaire arabe.
RA1NOLF, aventurier normand, et premier comte d’Averse (en Italie), obtint vers 1029 ou 1031 l’investiture de ce comté de Guaimar IV, prince de Salerne et de l’empereur Conrad II, Il mourut en 1059 et eut pour successeur son fils Richard.
RAISMES, ville de France (Nord), près de l’Escaut, à 6 kil. N. O. de Valenciennes; 2,508 hab. Forges, fonderies ; pépinière. Houille aux environs.
RAJAHS. Voy. radjahs.
RAJANO, bourg du roy. de Naples ( Abruzze Ultérieure 2«), à 50 kil. S. E. d’Aquila; 1,530 hab. Bâtie sur l’emplacement de Corfinium.
RAJECZ, ville de Hongrie (Trentchin), à 26 kil. N. E. de Trentchin ; 4,500 hab. Sources thermales.
RAKKA, ville de la Turquie d’Asie. Voy. racca.
RAKONITZ, ville des Etats autrichiens (Bohême), ch.-l. de cercle, à 26 kïi. O. de Sehlan ; 2.000 hab.
RAKOW, bourg de la Russie d’Europe (Pologne), dans la voivodie de Sandomir, à 35 kil. S. O. d’Opatov, sur la Czarna. C’était jadi3 un des établissements principaux des Soeiniens.
RALE1GH, ville des Etats-Unis, ch.-î. de la Caroline du Nord , à 380 kil. S. O. de Washington ; 2,700 hab. Belle place, hôtel de l’Etat, avec une statue de Washington par Canova.
RALEIGH ou RALEGH (sir Walter), né en 1552 dans le Devonshire , se concilia de bonne heure la faveur de la reine Elisabeth, combattit avec courage les Irlandais révoltés , conçut le projet de coloniser 1 Amérique du Nord , fonda en 1584 rétablissement de la Virginie, contribua à battre la fameuse Armada des Espagnols , et travailla à replacer sur le trône le roi de Portugal (1589). Il fut plusieurs fois élu membre du parlement, et y jouit d’une grande influence. Disgracié un instant pour avoir séduit une des filles d’honneur de la reine, il rentra bientôt en faveur, et disputa à Leicester et au comte d’Essex le cœur d Elisabeth. On l’accuse d’avoir hâté la perte du malheureux Essex. Sous Jacques I, il perdit tout son crédit, fut accusé d’avoir pris pari à une conspiration contre le roi, et fut jeté dans une prison, où il resta 12 ans (1604-1 6). Il obtint enfin sa liberté provisoire, entrepriten 1617 une expédition à la Guyane, où il espérait découvrir des mines d’or, et prit possession de ce pays au nom de l’Angleterre ; mais ayant détruit quelques établissements espa>gnols, il fut, à la sollicitation de l'Espagne, emprisonné de nouveau à son retour. On fit revivre l’ancienne accusation de trahison dont il n’avait pas été entièrement déchargé ; il fut condamné à mort, et subit avec courage un Bupplice qu’il n’avait pas mérité ( 1618 ). Pendant sa longue détention , sir W. Raleigh avait composé divers écrits, entre autres une Histoire du monde , qui est fort estimée pour le style comme pour le fond. Il fut l’ami de Spenser* ,ün luiattrib. l’introd dutabacet delapommedeterre
RAMB — 1480 — RAME
RAMA ou ARIMATHIE, auj. Rama , Ramlè ou Sanden , ancienne ville de Palestine, dans la tribu d'Ephraïm, au S. de Joppé, entre Sainarie et Jéru galem> est la même peut-être que Rurnath ou Ratnuthim-Sophim , patrie de Samuel. C est aussi la patrie de Joseph , dit d’Arimathie. La ville actuelle , située en Syrie (Damas), a environ 2,000 hab.
RAMA , 7* incarnation de Viclinou , était le fils du roi d’Aoude, Daçaralha ; il fut élevé par Vacichtha, échappa aux pièges que lui tendaient ses ennemis, et parcourut le monde avec le brahme Viçouamitra, exterminant les géants. Arrivé à la cour de Djanaka, il gagne au tir de l’arc la main de sa fille, la belle Sita , puis rentre en triomphe au palais d’Aoude ; mais bientôt il est forcé d’en sortir : Daçaratha , son père, lié par un serment odieux que lui avait arraché sa dernière femme , l’exile pour 12 ans, et assure le trône à son plus jeune fils, Bharata. Rama, banni, eut pour compagnon fidèle son frère Lakchmaua, et se signala encore par des ex-j ploits merveilleux, ainsi que par de dures pénitences. Au bout des 12 ans, il revit Aoude, trouva son père mort de douleur, laissa le trône à Bharata, puis marcha contre Ravana, roi de Lanka (Ceylan), qui lui avait enlevé Sita, le fit périr, et reprit Sita. Rama, après cette expédition, fonda un royaume sur la côte de l’Inde en face de Lanka, donna aux hommes des lois, leur enseigna les arts, l’agriculture , la religion, puis remonta au ciel avec Sita, laissant l’empire à Koucha, son fils. On a cru retrouver dans Rama le Bacchus des Grecs. Ses aventures sont racontées dans un cél. poëme indien, le Ramayana. F.valmiky ,
RAMA (pont de). Voy. ramisseram.
RAMADAN ou RAMAZAN , 9e mois du calendrier turc ; pendant ce mois, les Musulmans observent une sévère abstinence depuis le lever jusqu’au coucher du soleil : c'est leur carême. Voy. beïram.
RAMAYANA ou RAMA1ANA, épopée indienne rédigée en langue sanscrite , où sont célébrées les aventures de Rama ; c’est l’œuvre d’un poëte nommé Yalmiky, ou plutôt c’est le recueil des travaux de plusieurs poètes d’une même école. Le Ramayana a été traa. en angl. par Carey et Marshman, Sirampour, 1809; en ail. par G. Schlegel,Bonn, 1826; en ital. par Gorresio, Par., 1843, et en franç. par H. Fauche, 1858.
RAMBERV1LLER ou RAMBERV1LL1ERS, ch.-l.
de cant. (Vosges), à 24 kil. N. E. d’Epinal ; 5,000 hab. Bibliothèque. Drap, toile, bas de laine, faïence, etc. Source pétrifiante et eaux ferrugin. Houblon.
RAMBLA, ville d’Espagne (Cordoue), à 30 kil. S. E. de Cordoue; 8,000 hab. Couvertures de laine.
RAMBOUILLET, Rambolelum , ch.-l. d’arrond.
( Seine - et - Oise ) , à 32 kil. S. O. de Versailles et à 50 kil. S. O. de Paris, dans une vallée agréable, au S. de la vaste forêt de Rambouillet ; 3,200 hab. Ancien Château royal , construit en forme de fer à cheval et flanqué de grosses tours ( on y voit la chambre où mourut François I); parcs attenant au château , et communiquant avec la forêt ; canaux, belles pièces d’eau très étendues ; dans le grand parc se trouve une belle bergerie établie par Louis XVI en 1786 pour l’amélioration des races. Le commerce de Rambouillet consiste surtout en moutons, laine, grains et farine. — Rambouillet était au xive siècle une seigneurie appartenant à la famille d’Angennes, elle passa depuis à celles de Sainte-Maure-Montausier et d’Uzès. Le château devint plus tard la propriété du comte de Toulouse, duc de Penthièvre, pour qui Louis XIV l’érigea en duché-pairie (1714). Louis XVI l’acheta en 1778 à la maison de Penthièvre. Charles X B’y réfugia à la suite des journées de juillet 1 830; mais le peuple de Paris, s’y étant porté en foule, le força d’évacuer cette ville. — L’arr. de Rambouillet a 6 cant. Chevreuse, Dourdan qui fait 2, Limours, Montfort- Amaury et Rambouillet), 119comm., et 66,514 h.
RAMBOUILLET (maison de), branche de la fa¬
mille d’Angennes, posséda, dès le xiv* siècle , la terre de Rambouillet, et produisit plusieurs personnages remarquables , entre autres : Jacques d’Angennes, seigneur de Rambouillet, favori de François 1, capitaine des gardes de ce prince et de trois de ses successeurs, qui remplit d’importantes missions en Allemagne, et mourut en 1562, laissant 12 enfants ; — Charles d’Angennes, cardinal de Rambouillet, un des fils de Jacques, né en 1530; il fui évêque du Mans (1560), assista au concile de Trente, fut ambassadeur auprès de Grégoire XI II, et mourut à Rome en 1587 . il a laissé des Mémoires ; — Charles d Angennes, marquis de Rambouillet, petit-fils de Jacques, né en 1577, mort en 1652, maréchal-decamp, ambassadeur en Piémont et en Espagne (1627); il avait épousé en 1600 Catherine deVivonue, et en eut la célèbre Julie (Julie-Lucie d’Angennes), qui épousa le duc de Montausier. C’est chez lui que se rassemblait la société dite de Y Hôtel Ut iimnOouiUet.