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ROME — 1526 — ROME

partie de l’Illyrie, elle soutint contre Annibal la seconde guerre punique, où elle pensa périr sous les coups de son redoutable adversaire (219-202), mais où elle Unit par ob enir la Sicile orient, ets’emparer de l’Espagne. Dans la première moitié du siècle suivant (201-146), on voit Rome abattre Carthage (146), s’avancer et se consolider en Espagne, assujettir plus fortement la Cisalpine, Plllyrie, anéantir la Macédoine (148) et la Grèce (146), qui devinrent prov. romaines, chasser les Séleucide-sde P Asie-Min. et les refouler au-delà du Taurus. De 146 à 133, Y i native et Numance succombent (la Lusitanie, les Callaïquea subissent le joug) ; vers 125 commence à se former en Gaule la Province romaine qui, s’agrandissant rapidement, s’étend bientôt de Toulouse à Nice ; de 1 12 à 1 01, les Romains, après avoir abattu Jugurtha, s’emparent d’une partie de la Numidie et morcellent le reste. Rome est, depuis cette époque, la première puissance du monde. Mais déjà les germes de ruine commencent à se développer, les vertus guerrières et civiques qui avaient fait la force de la Rome antique disparaissent : les vices, le luxe ont pris l’essor; la constitution normale est viciée. Les Gracques font de vains efforts pour la rétablir et améliorer la condition du peuple : ils périssent (133-121), mais ils laissent derrière eux un parti démagogique à qui tous les moyens sont bons pour réussir. De là une lutte permanente entre les plébéiens et les patriciens. Plusieurs événements, les deux guerres d'esclaves (en 133 et 104), la guerre des Cimbres et des Teutons (113-101), les guerres contre Mithridate (88-64), les demandes pressantes des alliés, qui sollicitent le droit de cité romaine et qui, refusés, courent aux armes (guerre sociale , 90- 88), suspendent pour quelque temps la lutte; mais elle recommence dès que le danger est passé. Marius et Sylla sont les chefs des deux partis, qui font assaut d’illégalités et de violences : Sylla fait enfin triompher le parti aristocratique (82), usurpe la dictature et règne par la terreur. Mais dès sa mort (78) la lutte recommence, soit ouvertement, soit sourdement et sous forme de conspirations (Catilina, etc., 65-62); ajournée quelque temps encore, grâce au premier triumvirat formé entre Pompée, César et Crassus (60-53) , elle éclate enfin entre César et Pompée (49) ; César, champion du parti démocratique, triomphe, mais il est bientôt assassiné (44). Les conjurés, cependant, ne peuvent se saisir du pouvoir; ils sont vaincus à Philippes par le second triumvirat (Octave, Antoine et Lépide), et il ne s’agit bientôt plus que de savoir qui régnera d’Octave ou d’Antoine. Actium décide eu faveur du premier (31), auquel le sénat décerne les titres de prince, d’auguste etd’impera/or on empereur (29).

Ici commence l’empire : le règne d’Auguste est une époque de réorganisation, de tranquillité profonde ; le temple de Janus est fermé; il se fait pourtant quelques conquêtes encore, mais seulement dans le but de donner à l’empire des limites naturelles (Rhin, Danube, Euxin, Euphrate, le désert en Afrique, et l’Atlantique) ; les provinces et le pouvoir sont partagés entre Auguste et le sénat. La république avait duré 480 ans ; l’empire devait en durer plus de 500. On peut le diviser en cinq périodes. 1° Le premier siècle du principat : des adoptions successives donnent pour successeurs à Auguste des princes qui sont tous funestes ou odieux (Tibère, Caligula, Claude, Néron) ; la dynastie de César tombe avec Néron, et trois usurpateurs (Galba, Otiion , Vitellius) fraient la roule aux trois princes de la dynastie flavienne (Vespa- Bien, Titus, Domitien). L empire s’accroît de la Bretagne. — 2° Le second siècle du principat (96- 193) a pour caractères principaux la sagesse et la bonté profondes des cinq premiers princes (Nerva, lrajan, Adrien, Antonin, Marc-Aurèle), qui tous

se succèdent par adoption, et la scélératesse du sixième, Commode (qui est héréditaire); l’homogénéité de plus en pins grande que prennent les diverses parties de l’empire, et enfin les bril* lantes et utiles conquêtes de Trajan (la Mésopotamie conquise sur les Parthes ; la Daoie sur les Barbares). — 3° Anarchie militaire, de 193 à 284.: Cette période se subdivise en trois phases : Syrienne pure, jusqu’à 235 (Septime-Sévère , Caracalla, Ma-' crin, Héliogabale, Alex.-Sévère) ; anarchique, jusqu’à 268 (Maximin , les Gordiens , Philippe-l’Arabe, etc., enfin les trente tyrans sous Callien); phase de restauration, de 268 à 284 (sous Claude II, Aurélien, Tacite, Probus , etc.). Les ravages réitérés des Barbares signalent cette période; l’empire s’épuise et tombe en décadence. — 4« Le premier siècle do la monarchie vraie (284-395). 11 commence par Dioclétien et finit à Théodose ; Dioclétien donne une nouvelle organisation à l’empire : afin de mieux résister aux Barbares, il crée deux augustes et deux césars. De 310 à 325 (sous Constantin), le christianisme triomphe et devient religion impériale. Bientôt après (330), Rome cesse d’être la capitale de l’ompire (ce rang passe à Constantinople). Les Barbares sont souvent repoussés, mais déjà l’empire a reculé en Mésopotamie, en Arménie, en Dacie, et dès 376, les Goths, vaincus par les Huns, se sont établis sur les terres de l’empire. Dans cette période, l’empire a déjà été partagé en deux parties (sous Dioclétien, 284, et sous les deux Valentinien, de 364 à 376). — 5° Second siècle de la monarchie vraie (395- 476). Partage définitif de l’empire romain en empire d’Orient et empire d’Occident après la mort de Théodose (395) ; invasion victorieuse des Barbares en Occident : Alaric en Italie; les Alains, Suèves, Vandales, Burgundes, Francs, etc., en Afrique, en Espagne, en Gaule; les Saxons dans iaGr.- Bretagne ; toutes les proviuees,hors L’Italie, sontsuccessivemeut abandonnées ; enfin l’Italie elle-même est conquise et devient un royaume à part sous Odoacre, qui ne daigne pas prendre le titre d’empereur (476). Rome, pendant ce temps, avait été prise plusieurs fois : par Alaric en 410; par Gen- 6éric, en 455 ; par Odoacre en 476. Elle eut encore à souffrir cruellement pendant la guerre que fit Théodoric aux Hérules, et pendant celle que fit Justinien aux Wisigoths pour leur reprendre l’Italie; Théodoric, Bélisaire, Vitigès l’emportèrent successivement, et sa dépopulation, 6a détresse s’accrurent.

Dans l’Italie redevenue grecque , Rome, qui, depuis 404, n’était plus même la capitale de l’Italie ( Honorius avait donné ce rang à Ravenne en fuyant devant Alaric), devint le ch.-l. d’un duché particulier (le duché de Rome), une des prov. de la Pentapole, et fut soumise aux exarques ; mais le délégué de l’exarque y avait en réalité moins d’autorité que le pape. Sous Léon III l’iconoclasle, Rome et tout le duché se soulevèrent contre l’exarchat, et formèrent de fait une république indépendante gouv. par les papes, 728; menacée tour à tour par les empereurs de Constantinople et les Lombards, elle demanda l’appui des rois Francs. Après la chute de l’exarchat (752) et du roy. des Lo ubards (774), Rome et son duché, que Pépin avait en quelque sorte donnés au pape, furent, sous le fils de ce prince, Charlemagne, qui avait confirmé 'a donation de son père , placés sous la protection de la France. Mais sous les faibles successeurs du grand monarque, cette protection eût été inutilement invoquée, et l’autorité des papes dans Rome fut plus d’une fois méconnue ou anéantie par des partis puissants. Au xe siècle domina la famille Marozie , qui disposa scandaleusement de la papauté, jusqu’à ce qu’Üthon I vint rétablir l’ordre en comprimant les factions, 962. Cependant Rome ne cessa de s’agiter sous Otkon II et III, et plus encore

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eou.6 Henri II. Le mal était au comble, quand) Henri III le répara violemment en faisant plier Rome sous la loi de3 empereurs , et en lui imposant des papes de son choix. La pureté régna dès lors sur le siège apostolique; mais bientôt les papes eurent à défendre contre les empereurs la liberté de rÉglise et de l’Italie: Borne futavec Milan l’àmedes résistances. Malheureusement les papes, touten combattant la domination desempereurs, virentsouvent leur propre autorité ébranlée dans Rome : tantôt des trou pes impériales, tantôt, des familles puissantes ou des démagogues les expulsaient ou les réduisaient à fuir. Henri IV, après trois sièges (1081 , 82 et 83), prit Rome et en chassa Grégoire Vil (10841. Pendant les querelles d’innocent 11 et d’AnacIet II (1140, etc.), Arnold de Brescia établit à Rome la république et un sénat, et la ville ne se soumit qu’en 1 149 : Grégoire IX s’enfuit devant Frédéric 11 marchant sur Rome (1241); en 1281, les nobles, maîtres à Rome, refusèrent d’v recevoir le pape Martin i\ , en 1347 , à la faveur de l'absence des papes, qui depuis 1309 avaient Avignon pour résidence, le fameux Rienzi rétablit à Rome la république (1347) ; mais cet état de choses ne dura qu'un instant. Les papes pourtant ne redevinrent pas maîtres de Rome immédiatement ; et quand Albornoz (dès 1364) y eut préparé leur retour (qui eut lieu en 1377), les grandes familles, notamment les Colonne et lesUrsins, y dominèrent plus qu’eux jusqu’au xvi* siècle. La ün du grand schisme commença le rétablissement de leur pouvoir; Alexandre VI, Jules 11, et les deux papes Médicis(Léon X et Clément Vil, 1492-1534) le consolidèrent. Dans l’intervalle, Rome fut presque prise d’assaut par Charles VI II allant à la conquête de Naples (1495), et elle le fut réellement par le connétable de Bourbon en 1 527 . Quand la domination des Espagnols en Italie y eut enün rétabli l'ordre, Home prit une autre face. Déjà les papes Jules 11 et Léon X l’avaient embellie ; leurs successeurs, et surtout Sixte- Quint, marchèrent sur leurs traces. Elle devint plus que jamais le rendez-vous des pèlerins, des voyageurs, des artistes et des savants. La révolution française seule troubla cette tranquillité : Berthier enleva Rome au pape et y proclama la république (1798) ; la paix de Lunéville (1801) la rendit à Pie VII, mais en 1808 Napoléon réunit Rome avec la plus grande partie de T Etat ecclésiastique à l’empire français (le reste fut annexé au roy. d’Italie) ; il déclara Rome seconde ville do l’empire, en lit le ch.-l. du dép. du Tibre ou de Rome, et lui donna un préfet français. Les événements de 1814 ont ramené les papes à Rome et leur ont rendu le pouvoir, dont ils ont joui paisiblement jusqu’en 1848. PieIXsevitalorsforcéde fuir de Rome, qui s'érigea en répübl.rdès l’année suiv.,il fut rétabli par la France.

Pendant l’immense période de temps qui s'est écoulé depuis la fondation de Rome, cette ville a été successivement régie par des rois (753-509 av. J.-C.), des consuls (509-31 av. J-C.), des empereurs (31 av. J.-C.-476 ap. J.-C.), puis, après le passage des Hérules et des Gotha, par des ducs dépendant des exarques de Raven ne, et enfin par les papes , qui la possèdent encore auj. Nous donnerons ici la liste des rois et des empereur» ; on trouve à l’article papes celle des souverains pontifes.

Rois.

Romulus, av. J.-C., 753 Tarquin-T Ancien, 614 Numa Pompilius, 7 1 4 Servius Tullius, 578 Tullus Hostilius, 671 Tarquin-le-Super- Ancus Marcius, 639 be, 534-509

Empereurs Romains.

Auguste, av. J.-C., 31 Galba, 69

Tibère, ap. J.-C., 14 Othon, 69

Caligula, 37 Vitellius, 69

Claude 1, 41 Vespasien, 69

Néron, 54 Titus, 79

Domitien,

César , 292 ,

ÂU-

Nerva,

guste.

Trajan,

Galère, César,

Adrien,

Auguste,

Antonin,

Sévère, César ,

LMarc-Aurèle et Lu¬

Auqusie,

cius Verus,

Maximin II Daza ou

Marc-Aurèle seul,

Data , César ,

Commode,

Auguste,

Pertinax,

Licinius, Aug.,

Didius Julianus,

Constantin 1,

Pescennius Ni-

Constantin II ,

Con-

ger, 193-95 stance II, et Con-

Albinus, 193-97 stant , 337

Septime-Sévère, 193 Constance II, et Con-

Caracalla et Géta, 211 stant, 340

Caracalla seul, 212 Constance il seul , 350

Macrln, 217 Mugnence, 350-353

Héliogabale, 218 Julien Y Apostat, 361

Alexandre Sevère, 222 Jovien, 363

Maiimin I, 235 Valentinien I , en

Les deux Gordiens, 237 Occident, 364-75

Maxime Pupien et Valens, en Orient, 364-79 Balbin, 237 Gratien, en Occid. 375-83

Gordien III te Pieux, 238 Valentinien 11, en

Philippe YArabe, 244 Occident, 383-92

Dèce, 249 Théodose I, en Orient

Gallus etVolusien, 251 379, seul, 392-95

Emilien, 253 Empire d'Occident.

Yalérien,

Honorius,

Gallien,

Valentinien III,

( Les 30 tyrans ).

Pétrone-Maxime,

Claude II le Gothiq., 268

Avitus,

Quintillus,

Majorien,

Aurélien,

Libius Sévère,

Tacite,

Anthémius,

Florien,

Olybrms,

ProbuB,

Glycérius,

Carus,

Julius Nepos,

Carin et Numérien, 284

Romulus Augustu -

Dioclétien,

lus, 475-76

Maximien-Hercule ,

Empire d'Orient.

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