‹ Dictionnaire universel d'histoire et de géographie (volume 2)Chapitre 88 sur 567 · ARME · texte numérisé non relu

ARME

frire da roi et son ennemi acharné. Condamné de nouveau, il résista les armes à la main et s'enferma dam Lectoure. où il soutint un long siège contre le cardinal Joffrédy. Celui-ci lui proposa de traiter; mais pendant qu'on négociait , les troupes royales entrèrent dans la place par trahison, et le comte d'Armagnac fut assassiné, 1473. Ce seigneur s'était acquis une fâcheuse célébrité pr son amour incestueux pour sa sœur Isabelle; qu'il épousa publiquement malgré les foudre» du Vatican , cl dont il eut plusieurs enfants.

armagnac 'Jacques d'), duc de Nemours , petitflls du connétable Bernard d'Armagnac, mais issu d'un fils cadet, fut dan» sa jeunesse comblé de bienfaits par Louis XI, qui lui fit épouser une de ses cousines, l'Investit du duché de Nemours et lui confia des commanriements importants. Loin de se montrer reconnaissant, Jacques d'Armagnac se rangea parmi les ennemis du roi , et accéda à la ligue du Bien public. 11 obtint deux fois son pardon ; mais ayant pris part à de nouvelles intrigues, il fut assiégé et pris dans Cariât, et amené à la Bastille, où le roi irrité le ût enfermer dans une cage de fer. Condamné par le parlement , il fut mis à mort en 1477, a peine âgé de 40 ans. Ses ûls, encore en bas âge, furent forcés d'assister à son supplice , et placés sous l'échafaud pour recevoir sur leur tfite le sang de leur père.

ARMAGNAC (Louis d') , duc de Nemours , S* fils du précédent , n'avait que 5 ans lors du supplice de son père. Il fut détenu à la Bastille jusqu'à la mort de Louis XL Charles VIII le mit en liberté et lui rendit une partie de ses biens ; il accompagna ce prince dans son expédition en Italie et s y distingua. Louis XII le nomma vice-roi de Naples: mais il éprouva plusieurs échecs, et périt à Cérignole en -ombattant contre les Espagnols. 1603. Avec lui s éteignit cette branche de la maison d'Armagnac.

armagnac (Jean , bâtard d') , surnommé de Leseun, fils naturel d'Anne, fille de Bernard d'Armagnac, fut nommé par Louis XI chambellan , puis maréchal de France, 1 47 1 , et obtint le gouvernement du Dauphiné. Il mourut en 1473.

ARMAGNACS (faction des), opposée à celle des Bourguignons. Voy. armagnac ( Bernard Vil , ^mte d'j.

ARMANÇON, rlv. de France , naît au S. de Pou il ! v fCote-d'Or) , baigne Semur , Nuy^ , Ancy-le-Franc, Tonnerre , Saint-Florentin , Brinon-l'Archevftque , et se perd dans l'Yonne à 18 kil. N. d'Auxerre, après un cours de 253 kil. N. 0., dont 120 flottables.

ARMAND. Les poètes du xvu* siècle désignent souvent sous ce nom le cardinal de Richelieu.

ARMATOLES , milice grecque de la Thessalic, Instituée au commencement du xvi* siècle par Sélim I, dans le but de s'opposer aux incursions des montagnards connus sous le nom de Klephus (brigands). Dana ces derniers temps , les Armaloles se sont unis aux Kl. phtes contre les Turcs. — foy. fallieabs.

ARMENIE , Armenta, contrée de l'Asie oedd., située entre I'Imérétie et la Géorgie au N. , le Kurdistan et l'Aderbidian à l'E. , l'Aldjezlreh au S. , l Anatolie à 10. Ses limites ont du reste très souvent changé. — Elle peut te partager en Arménie turque et en Arménie ruttes la 1" comprend les pachaliks d'Erxeroum, de Rare et de Van, à 10. et au S. ; la 2* se compose de 1 Erivan , à l'E., qui formalt autrefois l'Arménie persane , et du pachallk d Akhaltsiké au N„ qui naguère était rua Turcs. YUles principales : Erzeroum, Kara, Van, Ani, Erivan, Nakhchi van, etc. L'Arménie est traversée par des chaînes de montagnes qui unissent le Caucase et le Taurus ; la plus connue est le mont Ararat. L'Euphrate , le Tigre , 1" Aras (Araxe) et le Kour (Cyrus) prennent leur source dans cette contrée on y trouve ud grand lao le lac de V n. Le climat de l'Arménie j

est très varié ; les montagnes sont couvertes d< nei-

!;es éternelles, mais les vallées sont de la plus grande èrtililé ( on a même voulu v placer le paradis terrestre) ; on y cultive le blé, le chanvre , le tabac , le coton. Les montagnes renferment de riches mines djor, d'argent, de cuivre , de fer et de plomb ; des carrières de marbre , de jaspe. Les Arméniens sont d'un caractère souple, poli, insinuant, mais perfide, ils sont très adonnés au commerce. On les trouve répandus dans toute l'Asie, surtout dans l'Arabie et la Turquie ; et en Europe, dans la Grèce et à Venise. Les Arméniens sont Chrétiens depuis le iv* siècle , mais le plus grand nombre forme une église particulière , l'église arménienne , qui admet en Jésus- Christ une seule nature, et ne reconnaît point la suprématie du pape.

Arménie ancienne. Elle se divisait en Grande-Arménie {Armenia Major) , et Petilo-^rménie (Armenia Minor). La Grande-Arménie était située entre l'Euphrate à 10., le Tigre au S., l'Assyrie et l'Atropatène à l'E., et l'ibérie au N. Elle comprenait un grand nombre de prov. dont les principales sont nommées: I" Acilisène, Sacasène, Basilisène, Cataraène, Phasiane, Colthène (entre l'Euphrate et T Aras); 2° Sophène , Ananène , Chorzène , Bagraydanène , Cordyène, Cotée, Moxoène, Caranilide (entre l'Eu phrate et le Tigre); 3° Orbalisène, Otène, et le pays des Obareni. Taochi, Scythini, Sanni (entre l Araxe et l'ibérie). Ariaxata, auj. Ardech, était la capiL de toute l'Arménie. La Petite-Arménie était située à 10. de l'Euphrate, entre la Colcltide, la Cappadoce et la Comagène. Lorsqu'elle eut été réduite par les Romains en province romaine, elle fut divisée en 5 préfectures, appelées : Mélitène, Cataonie, Muriane, Laviane et Rhavène. Plus tard on la partagea en Arménie lr«, ch.-l. Satala, et en Arménie 2*, ch.-l. Simbra. Le nom de Petite- Arménie fut aussi donné au roy. d'Arménie fondé par les Grecs en 1079. (Voy. ci-après.)

Histoire. L'Arménie fut d'abord un état indépendant gouverné par des rois, dont le 1" fut Halg, qui régnait vers 2107 av. J.-C. ; mais depuis l'an 2000, ses successeurs, soumis par Sémiramis, reconnurent la suprématie de l'Assyrie, puis celle de la Perse. En 328 , sous le règne de Vahé , le dernier des Halganiens, l'Arménie fut conquise par les Macédoniens ; elle passa depuis sous la domination des Séleucides. Elle secoua leur joug l'an 1 89 av. J.-C., et forma dès lors deux royaumes distincts: la Grande et la Petite-Arménie. Cette dernière, après avoir eu longtemps des rois particuliers, fut réduite en province romaine vers l'an 75 de J.-C. Quant à la Grande-Arménie, elle jouit de quelque éclat sous les règnes d'Artaxias, fondateur d'Artaxate (189-159), et deTigrane II, l'allié de Mithridate (95-37 av. J.-C.). Pendant les 2 premiers siècles de l'Empire romain, l'Arménie fut régie par une branche de la dynastie des Arsaddes, qui régnaientdéjà sur les Parthes, et futun éternel sujet de guerres entre les Parthes et les Romains. De 232 à 286 après J.-C., les Sassanides, rois

Î erses, régnèrent sur l'Arménie privée de ses rois. En 87, Théodose-le-Grand la partagea avec les Perses ; mais Bahram III, roi sassanide, réunit toute l'Arménie à son empire (398). Néanmoins la dynastie des Arsaddes subsistait encore; elle ne s'éteignit qu'en 428, en la personne d'Ardachès qui fut déposé. L Arménie retomba alors entièrement sous le joug des Perses. Après lachutedesSassanides (652), l'Arménie fut longtemps en proie à d'horribles convulsions; elle retrouva un peu de repos sous la dynastie des Pagratides (855- 1079). Les Grecs s'emparèrent en 1079 de la Petite- Arménie; puis, en y ajoutant la Cllirie, ils en firent un royaume dont Anaiarbe, ou Césarée de Cilicie, était la capitale. Ils en furent expulsés par Rupen, prince de la famille des Pagratides (Il 82). Ceprinre fit, ainsi que ses successeurs, de nombreuses allian-

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