CHRISTINE DE PISAN. F. PTSAN
CHRISTMAS, île du Grand Océan êquinoxial, par !• 45' lat. N. et 160» 5' long. E., a 90 kil. de tour. Ainsi nommée par Cook, parce qu'il la vit le jour de Noèl (en anglais Christthas) de l'année 1777.
CHRISTOPHE (S.), en grec Chrùtophoros, c.-à-d. Porte-Christ, natif de Syrie ou de Palestine, subit, à ce que l'on croit, le martyre sous Dèce vers 250, dans TAsie-Mineure. On le fête le 25 juillet. — La Légende fait de ce saint, dont la vie est peu connue, une espèce d'Hercule chrétien : on le représente, sans doute par allusion à son nom, portant le Christ sur ses épaules. On voyait jadis à l'entrée de N*-Dame de Paris une statue colossale de ce saint, qui fut abattue en 1784. S. Christophe était au moyen âge le héros d'un Mystère célèbre.
CHRISTOPHE, empereur d'Orient, fils de Romain I, fut associé par son père à l'empire en 919, avec ses
frères fîtienne et Constantin VIII , et mourut en j 931 , sans avoir rien fait de remarquable. I
CHRISTOPHE I, roi de Danemark, fils de Walil^ mar II , succéda à son frère Abel en 1252. H fut ^ns cesse en lutte avec les évèques de son roy., surtout | avec l'archevêque de Lunden. Il mourut à Ribenea 1259 : on prétendit qu'il avait été empoisonné dans un festin. — n, fils d'£ric VII, succéda en 13^0 à i son frère Eric VIII, et fut déposé en 1326. apr^ s'être aliéné l'esprit de tous ses sujets par sa perfidie et ses cruautés. Il parvînt cependant à reconquérir une partie de ses Etats : mais il fut exoom munie et tomba dans un mépris général. Il mourut en 1333 ; son fils (Waldemar lY) régna depuis 1340. ~ m, roi de Danemark et de Suède, fils de Jean de Bavière et neveu d'Eric XIII, fut élu roi de Danemark en 1440, de Suède en 1441, et de Norvège en 1442. Il donna au Danemark et à la Suède des lois qui ont été en vigueur jusque vers le milieu du zviii* siècle. Il mourut en 1448.
CHRISTOPHE (Henri), roi d'Haïti sous le nom de Henri I, né en 1767, était noir et esclave de naissance. Il se signala dans l'insurrection de St-Domingue en 1790, fut nommé général de brigade par Toussaint, défendit en 1802 le Cap contrôles Français, mit à mort Dessalines, de concert avec Pétioo, fut proclamé président en 1806 ; prit en 1811 le titre de roi (Henri 1), régna 9 ans sur la partie N. de I1!e, malgré l'opposition de Pétion et de Boyer, et gouverna avec fermeté. Mais en 1820, une insurrection ayant éclaté parmi ses sujets, il se donna lui-même la mort pour ne pas la recevoir. Voulant copier les rois de PEurope , il avait créé une noblesse et des institutions féodales, qui le rendirent ridicule.
CHRUBIM, V. de Bohême, ch.-L de cercle, sur la Chrudimka, à 97 kil. 0. de Prague: 6000 bab. Grand conmiierce de chevaux.— Le cercle, riche en céréales, a 95 kQ. sur 40, et 300000 hab.
CHRYSËIS, fille de Chrysès, prêtre d'Apollon, fut prise par Achille lors du sac de L^rnesse et échut en partage à Agamemnon. Ce pnnce n'ayant pas voulu la rendre à son père qui était venu le supplier dans son camp, Apollon vengea son prêtre en frappant l'armée des Grecs d'une peste terrible; le fléau ne cessa que quand Agamemnon eut rendu Chryséis. Cet événement est cnanté par Homère au début de V Iliade,
CHRYSEPPE, philosophe stoïcien, né en Cilicie, à Soles ou à Tarse , l'an 280 av. J.-C., mort vers 208. succéda à Cléanthe dans l'enseiraement et fut regardé comme la colonne du Portique; il combattit les Épicuriens et les Académiciens, et eut pour principal adversaire Caméade. Il cultiva la dialectique et poussa quelquefois la subtilité jusqu'à l'eicès. On lui attribue l'invention de plusieurs sophismes, entre autres de celui du crocodile. Il ne reste presque rien de ses nombreux ouvrages. Cicéron a imité dans ses Offices un de ses traites de morale. Baguet a donné un travail estimé De Chrysippi vita et reliquiis, Louvain, 1822, et Peterson: Philosophie chrysippeœ fundamenta, Hambourg, 1827.
CHRYSOLOGUE (Noël André, dit le P.), capucin, né en 1728 à Gy en Franche-Comté, mort en 1808, se livra avec succès à l'étude de l'astronomie et de la géographie et donna on 1778 les meilleurs planisphères qui eussent paru jusque-là. On estime sa Théorie de la surface de la Terre^ 1806.
CHRYSOLORAS (Emmanuel), savant grec du XIV* siècle, fut envoyé en Europe par l'empereur de Constantînople, Jean II Paléolo^e, pour implorer Tassistance des princes chrétiens contre les Turcs. II enseigna ensuite à Florence (1394) , à Venise, à Pavie et à Rome, et fut un des principaux restaurateurs des lettres en Italie. Il mourut à Cou stance en 141.5, à 47 ans. On a de lui une Grammaire grecque, sous le titre d*Erotem€aa (Interrogauons), Ferrare, 1.509, des Lettres, des Discours, etc. CURYSOPOLIS, Scutan? v. de Bithynie, sur le
CHTP
CIBÂ
Bosphore de Thrace, en face de Byzance. C'est là que s'embarquèrent à leur retour les Diannille Grecs conduits par Xônophon. Licinius y fut battu par Constantin en 323.
CHRYSOSTOME. F. DiON et JEàn (S.).
CHUCUITO, T. de Bolivie, sur le nord N. du lac de Titicaca, à 250 kil. N. 0. de la Paz. Cette y. a eu 30000 h., mais elle est fort déchue.
GHVQUISACA ou charcas (dite aussi Là plata, c-à-d. P Argent, à cause de ses mines d'argent), capit de la Bolivie, ch.-l. du département de Chuquisaca par 19* 32' lat. S. , 67» SOMonç. 0. ; 30 000 h. Archevecné, université, consulats. Belle cathédrale; monument du général Sucre. L'indépendance de la Bolivie y fut proclamée en 1825; il y fut conclu en 1834 un traite de commerce entre la France et la Bolivie. — Le dép., situé entre le Pérou au N. , le Brésil à TE., le Paraguay et le pays des Chiquitos, au S. , les dép. de la Paz et de Potosi à l'O., a 880 k. de long et 180 000 bab. (presque tous Indiens). Trèsbautes montagnes; mines d'or et d'areent. Pizarre pénétra dans le pays en 1538 et y fonda la v. Cbuquisaca, sur les ruines d'une ville péruvienne.
CHURCHILL (Charles), pofite satirique, né en 1731 à Westminster, mort en 1764, était fils d'un ministre anglican, qu'il remplaça à&as une des paroisses de Londres. Il mena une vie fort dissipée et fort misérable , et mourut à trente-trois ans. Ses principaux poèmes sont : la Rosciade, contre les comédiens de son temps ; le Revenant, la Prophétie de famine, contre les Écossais; VAuteur; lÉpitre à Hogarth, satire sanglante contre cet artiste. On a publié en 1804 ses œuvres en 2 voL in-8, avec notes. Les Anglais placent ce poète après Pope.
CHURCHILL (John). V. MARLB0R0U6H.
CHUS (Terre de), nom donné dans la Bible à l'Ethiopie, qu'une tradition fait peupler par Chus, fils de Cham et petit-fils de Noé.
CHUSAN ou CHOUSAN, grande île de la Chine, dans la mer Bleue, sur la c^te delaprov. deTché-Kiang, compte env. 250 000 bab. et a pour ch.-l. Tinghaî. Sol fertile et bien cultivé : riz, patates, thé, arbres à suif. Cette He domine à la fois l'embouchure du Yang-tsé-kiang et la route du Japon. Les Aoglais la prirent en 1840 et en 1841, et la restituèrent en 1846. EUe fut de nouveau occupée en 1860 par l'armée anglo-française, mais évacuée la même année.
CHYITES, secte musulmane, opposée à celle des Sotinites ou Sunnites, ne reconnaiit qu'Ali pour légitime successeur de Mahomet, et .que les descendants d'Ali pour imamg ou souverains pontifes. Ils rejettent les explications théologiques a'Aboubekr, d'Omar et d'Otlunan. Le nom de Chyites (factieux, bérétiques) leur est donné par les Sunnites, qui se disent seuls orthodoxes; mais ils s'appellent euxmêmes Adéliis , partisans de la justice. Les Chyites se subdivisent en plusieurs sectes ; la pluoart admettent après Ali douze imams ^ qui sont les successeurs légitimes du Prophète, et regardent un certain Ismaél comme le dernier; ils croient que cet Ismaêl, ^\ disparut sans qu'on connût son sort, doit tôt ou tard revenir sur la terre, et ils attendent son retour (y. ISMAÉLITES et MAHoi). La socto des Chyites se forma àla suite de l'assassinat d'Ali et de l'usurpation des Ommiades, qui exclurent les descendants d'Ali (659). Les Chyites occupent particulièrement la Perse, les Indes, la Mésopotamie, la Syrie et le N. de l'Annie, où ils sont connus sous le nom de Wahabites.
CHYPRE, Cypros des anciens, lie de la Méditerranée, entre l'Asie-Mineure et la Syrie; 225 k. sur ^ienv. 100000 bab.; ch.-L, Nicosie; autres villes, Larnaka, Baffa (Paphos), Famagouste, Limasol. Elle ^t traversée par une chaîne de montagnes trèshautes, parmi lesquelles l'ancien Olympe. Le sol, très-fertile, produit du Wé, du coton, du tabac, de ^garance, de l'huile, des figues et autres fruits du Midi, et surtout des vins excellents, dont les plks estimés sont ceux de la Commanderiez On ex-
Sloitait jadis dans cette tie de riches mines d'or, 'argent et surtout de cuivre (en latin euprum), — L'Ile de Chypre fut très-célèbre dans rantiq[aité. C'est laque florissaient les villes d'Amathonte, de Paphos, d'Idalie, toutes trois consacrées à Vénus, qui pra* nait de ik le nom de Cypris, Cette lie fut soumise successivemt aux Phéniciens (jusqu'en 620av.J.-C.), aux Égyptiens (550) et aux Perses (depuis Artaxerce Mnémon); cependant elle se gouvernait par ses pro-
Sres lois; souvent même elle sa révolta avec l'appui es Grecs, notamment du temps de Cimon (450). Elle était indépendante au commencement du iv* s. av. J.-C. : et ony comptait alors 9 roy. dont le plus célèbre est celui de Salamine (F. evagobas). Elle fut ensuite comprise dans l'empire d'Alexandre. Sous les successeurs de ce prince, elle fût souvent disputée par les rois d'figypte et de Syrie, et parfois elle forma un roy. paruculier, qui fut possédé par divers princes de la famille des Ptolémé^. Caton s'en empara pour les Romains en 58 av. J.-C. Sous les empereurs grecs, Chypre fut prise par les Arabes, et après avoir subi diverses dominations, elle fut con-
2uise par Richard. Cœur de Lion (1191). Celui-ci la onna à Guy de Lusignan, seigneur français, qui y fonda le roy. de Chypre (1192), et dont les descendants la possédèrent plusieurs siècles. Enfin, Catherine Gomaro, veuve de Jacques III et héritière des Lusignans, la vendit aux Vénitiens en 1489. Les Turcs s'en emparèrent en 1570 ; sous leur domination elle a été réduite à un état déplorable. M. Mas- Latrie a écrit YUistoire de Chypre sous la domination française, 1853.— Les ducs de Savoie, depuis rois de Sardaigne et d'Italie, portent le titre de rois de Chypre et de Jérusalem ; ils tiennent ce droit de Charlotte de Lusignan, reine de Chypre (1458), qui avait épousé un prince de Savoie, et qui, bien que dépouillée par le bâtard Jacaues , légua en mourant son royaume à son neveu Charles I de Savoie (1487).
Rois de Chypre de la maison de lAuignan. Guy de Lusignan, 1192. Hugues IV, 1324.
Amaury, 1194. Pierre I, 1361.
Hugues I, 1205. Pierre II, 1369.
Henri I, 1218. Jacques I, 1382.
Hugues II, 1253. Jean II, 1398.
Hugues lU, 1267. JeanUI, 1432.
Jean I, 1284. Charlotte et Louis, 1458.
Henri II, 1285. Jacques II, 1464.
Amaury de Lusi- Jacques III, 1473.
j^an, usurp. 1306-1310. Catherine, 1475-1489.
GIACCONIUS ou CHACON (P.), savant espagnol, né en 1525 à Tolède, fut chanoine à Séville, puis vint à Rome où il mourut en 1581. Il a laissé des notes estimées sur Salluste, César, Arnobe, Tertullien, etc., ainsi que des traités De Triclinio romano, Rome, 1588; De Jl^onderibus , mensuris et nummisGrxcorum etRomanorum, 1608, et l'explication des bas-reliefs de la colonne Trajane.
GIACCONIUS ou CHACON (Alph.), religieux espagnol de l'ordre des Prêcheurs, né en 1540 à Baez, mort à Rome en 1590, a composé un grand nombre d'ouvraffes en latin sur l'histoire romaine et l'histoire ecclésiastique. Nous citerons sa Bibliotheca scriptorum ad ann. 1583, Paris, 1731, in-fdl., rangée par ordre alphabétique, ouvrage précieux, mais in< achevé (il s^arréte à la lettre E.)^Ft(â; et gesta iioman. Pontif. et cardin., Rome, 1601, in-fol.
CIANUS SINUS, golfe de Moudania , sur la côte S. E. de la Propoutide, à l'O. de Nicée, tirait son nom de Ciiu ou Cionte qui était sur ses côtes.
CIBAUS, auj. Sivilei, v. d'Hlyrie, sur la Save, aux confins de la Pannonie. Constantin y battit Licinius en 314. Patrie de Valentinien et de Valons.
GIBAO (monts), situés au centre del'tle d'Haïti, sur une étendue de 90 k. Ils renferment une mine d'or, la !'• qu'on ait trouvée en Amérique. L'Artibonite, le Grand-Yaque et quelques autres riv. y prennent leur source. — Ces monts ont donné leur nom à un dép. de l'Etat actuel d'HaîU- ch.-l. Santiago.
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CIBBER (Colley), auteur et acteur, né à Londres on 1671 , mort en 1757, était fils d*un sculpteur distingué, n excellait dans le genre comique et la caricature, n devint en 1711 un des directeurs du théâtre de Drury-Lane, et fut nommé en 1730 poète lauréat. Celles de ses comédies qui eurent le plus de succès sont : U Mari intouciant, 1704; t« Non-Jurar, 1717, imitée du Tartufe. Le recueil de ses œu- Tres forme 4 toI. in-13, 1760. Cibber se distingua plus par Tesprit et la tivacité du dialogue que par l'invention et Foriginalité. ^ Son fils, Théophile Cibber, mort en 1757, fut aussi auteur et acteur; il arrangea pour le théâtre plusieurs pièces de Shakespeare; on a publ. sous ton nomlesViet des poètes anglais et irlandais ^ 1753, qui sont de Rob. Shiels.
CIBO, famille génoise. T, ctbo.
GIBYBE, Ctbyra, auj. Bourovjr, v. de Phrygie, au S. 0. , sur les confins de la Carie et de la Pisidie. Grande et puissante autrefois ; soumise aux Romains Tan 83 av. J.-C: détruite par un tremblement de terre et relevée pAr Tibère. Ëvêché dans les premiers siècles du Christianisme.
CICËRON, Marctês Tullius Cicero^ le plus célèbre des orateurs romains, né près d'Arplnum, Tan 107 av. J.-C, d'une famille de chevaliers peu connue, se forma de bonne heure à Téloquence en étudiant la rhétorique et la philosophie sous les meilleurs maîtres, et débuta au barreau dès Page de 26 ans en défendant Roscius d'Amérie contre un affranchi de Sylla, alors tout-puissant. Après avoir jpassé quelques années à Athènes pour se perfectionner dans son art, il entra à 30 ans dans la carrière des honneurs, fut nommé questeur en Sicfle, et se concilia tellement Tamour de ses administrés, que lors^'ils poursuivirent le propréteur Verres qui les avait indignement pillés, c'est lui qu'ils chargèrent de l'accusation. Il gagna cette cause importante, malgré la puissance et les richesses de son adversaire. Nommé consul Tan 63 av. J.-C., il combattit et fit rejeter une loi agraire présentée par Rutlus, découvrit et fit échouer la conspiration de Catîlina et fût proclamé par le sénat Père de la Patrie; mais quelques années après (58). les partisans de Catilina, a la tète desquels était Glodius, ayant repris le dessus, il fut banni de Rome, sous le prétexte qu'il avait fait exécuter les conjurés sans jugement. U fut rappelé au bout de 16 mois : son retour fut un triomphe. Quatre ans après, Milon ayant tué le turbulent Clodius (53), Cicéron se chargea de le défendre, mais il ne put parvenir â le sauver. En 52, il fut chargé du gouvernement de laCilicie (52), et obtint dans cette province des succès militaires qui lui valurent de la part de ses soldats le titre d^imperator. Pendant la guerre civile il s'attacha au parti de Pompée; mais après la bataille de Pharsale il abandonna quelque temps les affaires et consacra ses loisirs à la composition de ses plus beaux ouvrages de philosophie. Cetp&ikdant, lorsque César eut rappelé Harcdlus, dont Cacéron était Tami, il rompit le silence pour le remercier de cet acte de générosité ; bientôt après, il arracha au dictateur par {m discours éloquent le pardon de Ligarius. Après le meurtre de César, auquel il était resté étranger, Cicéron se déclara contre Antoine, l'attaqua avec violeuce dans ses Philippiques (44), et se rapprocha du jeune Octave, le croyant moins dangereux pour la liberté ; mais lorsque celui-ci eut formé avec Antoine et Lépide cette ligue connue sous le nom de Triumvirat^ il n'eut pas honte d'abandonner Cicéron à la haine d'Antoine, qui envoya des stcaires pour le mettre à mort. Ils le trouvèrent à Formies : Cicéron leur Uvra sa tète sans vouloir résister (43); il avait 64 ans. Sa tète et ses mains furent envoyées à Antoine, qui les fit attacher à la tribune aux harangues. — On a reproché h ce grand homme quelque faiblesse de caractère et une vanité excessive; mais on ne peut lui refuser toutes les vertus qui font le bon citoyen. Il eut aussi les nius belles Qualités de l'homme nrivé :
S ère tendre , il ne put jamais se consoler de la perte e sa fille TuUie) excellent ami, il resta toute sa vie étroitement hé avec Atticus. (^mme orateur, il n'a point d'égal chez les Romains; son éloquence briUe surtout par l'abondance et par le nombre. Cicéron fût aussi un philosophe distingué, et il contribua puissamment à introduire à Rome la phQosophie des Grecs ; il appartenait à la secte des Académiciens. Cicéron avait prodig[ieusement écrit; il ne nous est parvenu <^'une partie de ses ouvram. On les divise en 4 classes : !• harangues, parmi lesqu^es on admire surtout les Verrines, les CatHinaires, le Pro Jftione, le Pro Marcello ^ le Pro U-
Sario, les Philippiques: t* livres de rhétorique, ont le plus beau est tOrateur; 3* Traités des Devoirs, des Biens et des Maux y De la Nature des Dieux j^ les Tusculanes, la Rénublique (qui ne nous est arrivée que mutilée et dont A.Maïa retrouvé en 1822 des firagmentadans des palimpsestes); 4* lettres, dont seize livres à Atticus; elles fournissent les matériaux les plus précieux pour l'histoire du temps. Parmi les ouvrages perdus, on regrette surtout VHortensius ovlDs la Philosophie ^ et le traité de la Gloire, On a donné une foule d'éditions, soit spéciales, soit générales, des œuvres de Cicéron. L» éditions complètes les plus estimées sont celles des Aides, 1519; des Ëtiennes, 1528, 1543; de Lambin, 1566; de Gruter, 1618; de Gronovius, 1692; d'Olivet, 9 vol. in-4, 1740; d'Emesti, eum da^ve^ 1116, 8 vol. in-8; de Schutz, 1814-23, 20 vol. iii-12; de la collection des Classiques {aftusdeLemaire, 1827 32, I9voL in-8;d'0rellius, Zurich, 1826-27, 2-édit., 1845, etc. Plusieurs ouvrages ont été traduits séparément par d'Oiivet, Auger, Mongault, Bouhier, GastiUon, Clément, Barrett, Guèroult, Bumouf. Wlemain , Gaillard, etc. Il a été traduit et annoté par J. V. Leclerc , 1821-25 , 30 vol. in-8 et 36 vol. in-32 ; et dans les coll. Pankoucke et Nisard. Sa VU a été écrite par Plutarque, par Middleton (trad. par Prévost) et par Horabin. M. G. Boissier a donné des Études sur Cicéron et ses amis j 1866.
0. CICÉRON, fipère du prôc, prit parti pour Pompée, bien qu'il eût servi sous César dans les Gaules, et fut en 43, comme son frère, victime de la proscription. Il cultivait les lettres : on a de lui un traité De pétitions eemsulatus (avec les œuvres de son ft-ère). — M. Cicéron, fils de l'orateur, commanda tm corps de cavalerie à Pharsale, combattit avec Brutus à Philîppes, puis se réfugia près de Sextub Pompée, n se déshonora par sa passion pour le rin. CIGOGNARA (le comte Léopold), né à Ferrare en 1767, mort en 1834, s'est distingué par son amour éclairé pour les arts. Après avoir rempli des fonctions politioues éminentes, il fut nommé membre, puis président de l'Académie des beaux-arts de Venise. Son principal ouvrage est Storia deUa Seutturay Venise, 1813-18, S vol. in-fol. , faisant suite à VHistoire de Vart de Winckelmann.
CICONES. peuple de Thrace, sur l'Hèbre, plus connu dans la mythologie que dans l'histoire : ch.-1'j Ismare. Cest chez les Cicones que périt Orphée.
CD) (Rodrigue Diaz de bivar, surnommé le), héros castillan, né à Burgos vers l'an 1030, mort à Valenoe en 1099, se signala par ses exploits sous les règnes de Ferdinand. Sanche II et Alphonse VI, rois de Léon et de Gastille. H s'attacha à Sanche II, roi de Castille, qui était en guerre avec Alphonse, roi de Léon, son frère; Sanche ayant été assassiné et remplacé par Alphonse, le Cid fut disgracié et quitta la cour. Dans sa retraite, il rassembla ses vassaux et ses amis , marcha contre les Maures, les battit en plusieurs rencontres, s'empara de Tolède (1085), de Valence (1094). et par ses exploits força le roi à le rappeler et à lui donner toute sa confiance. Ayant vaincu cinq rois maures, les députés que ces rois lui avaient envoyés le qaaliàèrent, en le saluant, du titre de wrd ou ctd, c'est-h-âÎTO sniftieur; CR surnom lui resta daouis. On le surnumiuc :iu»s*
CIUÂ
CINÂ
Campeodorf mot qui paraît signifier le héros des camps. Les romanciers ont broaé l'histoire du Cid; ils ont feint que dans sa jeunesse il fut forcé de se battre en duel avec don Gormaz, père de la belle Chimène qu'il aimait; cette aventure a fourni à Diamants, à Guilhem de Castro et à Corneille le si^et d'admirables tragédies. Parmi les poèmes et les romajiceras auxquels les exploits du Cid ont donné sujet, nous citerons: Poema del Cid Cctmvteador, composé vers 1128 en vers alexandrins, publié par Sanchez, ITthi Bùtoria del tnuy noble y valeroso cabaUero d Cid Kuy Diax^ Lisbonne, 16i5. Robert Southey a recueilli dans sa Chronicle of the Ctd, from Spanish (Londres, 1808, in-4), tout ce que les romanceros racontent du héros espagnol. M. Ûozy a publié dans ses Recherches sur Vnist. de VËspagM au vMgen âge un précieux fragment d'une rie du Ctd,en araoe, écrite en 1109. Le Romaneero du Cid a été traduit par Creuzé de Lesser, par Rénal, 1842, parDamas-Hinard, 1858, par E. de St-Albin, 1 866. Asbach adonné : De Ciii historia, Bonn, 1842. CIDAAITES (HUNS). V. HUNS.
CIuaE, Cilicia. auj. pachaliks de Selefkeh et d'Adana, partie de rAsie-Mineure, au S. £., oomée au S. par fa Méditerranée, au N. i>ar la Cappadoce, à ro., par la Pamphylie et la Pisidie, à TE. par la Syrie. On y distinguait : l» la Cilicie de plaines. Ciîicta eampestris^ à TE., fertile, riante, très-boisée dans sa partie septentr. ; cb.-l., Tarse; autres villes, Soles, Malle, Issus, Anazarbe; 2" la Cilicie âpre ou Trachéotide , Cilicia aspera^ Cilicia Tracheaj qui elle-même se subdivisait en Lalaside, Gétide, etc.; contrée montueuse, plus froide; pauvre, mais couverte de superbes forêts; villes principales : Sélinonte, Séleucie-Trachée , Célendéris. Plus tard, ces provinces prirent le nom de Cilicie l'* et Cilicie 2*. La Cilicie était en partie peuplée de Syriens (d'où les noms de Leuco-Syriens, Syriens blancs , donné à ses habitants) : sur ïk côte étaient des villes grecques. Le ciUce adopté par les anachorètes chrétiens était un vêtement des Gillciens Trachêotes. — La Cilicie . après avoir foit partie de Tempire des Perses et de celui d'Alexandre, fut possédée par les rois de Macédoine, puis par les Séleucides, et appartint pendant un temps aux rois Lagides de l'Egypte, 'lui en gardèrent quelques villes. Vers l'an 100 av. J.-C, les côtes de GUicie devinrent l'asile de pirates redoutables qui infestaient la Méditerranée; Pompée les extermina (67) et réduisit le pays en prov. roniaine (63). Conquise par les Arabes au vu* siècle, la Cilicie passa depuis sous la domination des Ottomans. CILLEY ou ciLLT, Claudia Celeia^ v. des £tats autrichiens (Styrie), ch.-l. de district, à 53 kil. N. B. de Laybach; 1800 n. Commerce de blé et vin. On attribue la fondation de cette ville à l'empereur Claude (l'an 41 de J.-C). Elle a été la capit* du Norique jusqu'à l'an 400. Jadisprincipauté.
CILLEY {Barbe de). F. sigismond.
CIUEY (ULRIG de). F. ULRIC.
CIHABCÊ (Giovanni gualtibre) , peintre et architecte de Florence, né en 1240, mort vers 1310, est considéré comme le restaurateur de la peinture en Italie. Il fut instruit dans son art par des peintres grecs que le sénat de Florence avait appelés, mais il ne tarda pas à surpasser ses maîtres ; il assouplit les lignes, fondit harmonieusement les couleurs et donna plus d'expression aux figures. Il reste encore de ce peintre quelques morceaux à fresque et en détrempe, où l'on admire son génie : le mieux conservé est La Vierge et Jésus, à Ste-Marie-Nouvelle (Florence). Il eut le mérite de découvrir la vocation du jeune pâtre Giotto pour la peinture.
CQfAROSA (Dominique), compositeur, néàAversa en 1754, mort à Venise en 1801, travailla pour le théâtre et se fit de bonne heure une telle réputation que plusieurs souverains d'Allemagne et de Russie (appelèrent à leur cour. Il a composé plus de ■ ".{) opéras, les uns sérieux , parmi lesquels on admire
le Sckcrifice d^ Abraham, Pénélope, ks Horaces et les Curiaces; les autres bouffons, dont les meilleurs sont : V Italienne à Londres^ le Directeur datis Vembarras (Imprésario in angustie)^ le Mariage secret. 11 excellait surtout dans ce dernier genre.
GIMBËBASIE, région de l'Afrique mérid., s'étend sur la côte occident., au S. de la Guinée mérid-, sur une longueur de 1200 kil., par 16"*-20* lat. S. Plage sablonneuse et sans végétation, habitée par les Cimbébas, peuple peu connu.
GIBIBRES, Cimbrif peuple teutonioue qui occu-
Êalt primitivement le Jutland et la partie môrid. du lanemark, et qui semble appartenir à la mâme famille que les JCymris de la Gaule et les Ôimmériens des Grecs. Chassés de leur pays par un débordement de la Baltique, ils émigrèrent vers l'an 114 av. J.-C, se joignirent aux Ambrons et aux Teutons septentr. , entraînèrent avec eux les Tigurins, et entreront en Gaule vers 112. ïls battirent plusieurs généraux romains de 11 2à 106, se portèrent jusqu'en Espagne l'an 105, mais en furent repoussés j revinrent tous ensemble en 102 vers l'Italie, mais se séparèrent des Teutons et des Ambrons pour v entrer par le nord, tandis que ceux-ci, passant le Bnône, devaient l'envahir par l'ouest. Arrivés à Verceil, ils trouvèrent devant eux Gatulus et Marins qui, déjà vainqueurs des Ambrons et des Teutons, les exterminèrent à leur tour, Tan 101 av. J.-C.
CIMBRIQUE (CHERSONÊSE). F. CHEHSONÊSE.