‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 2)Chapitre 115 sur 147 · TE^I · texte numérisé non relu

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dans l'atmosphère du soleil sons forme de taches solaires. Pidilinyloii qui a fait une longue et consciencieuse étude des typhons qui bouleversent de teiîips à antre les mers de l'Inde etde l'Indo-Chinea ni'tlemenl distingué leur forme circulaire et leur a donné le nom de cyclone (du grec xûxX'c, cercle); cette forme se retrouve plus ou moins nettement accusée dans toutes les tempêtes.

Les tempêtes de l'F.urope, les ouragans des Antilles, comme les typhons de l'Inde sont des cyclones ou se rattachent au voisinage d'un cyclone.

Le cyclone est constitué par une misse d'air considérable animée d'un mouvement de rotation rapide autour d'un axe à peu ^rès vertical. I-a rotation a constamment lieu dans l'hémisphère du Nord, de l'ouest à l'est en passant par le sud, c'est-à-dire en sens inverse du mouvement des aiguilles d'une montre. Dans l'hémisphère sud, au contraire, elle s'effectue de l'ouest à l'e-t en passant par le nord, ou dans le sens du mouvement des aiguilles d'une montre.

Pendant que l'air tourbillonne ainsi sur luimême, l'ensemble du phénomène est entraîné d'un mouvement plus ou moins rapide à la surface du globe et décrit une vaste courbe dont la convexité est dirigée vers l'orient.

Les cyclones proprement dits, ouragans des Antilles, typhons de l'Inde, prennent naissance entre l'équateur et les tropiques, à une latitude voisine de celle du soleil, à une époque où la zone des pluies, après avoir effectué son excursion vers le pôle, tend à retourner sur ses pss pour se rapprocher de l'équateur, c'est-à-dire à la On de notre été dans l'hémisphère nord, à la fin de notre hiverdans l'hémisphère sud.

Une fois formés, ils vont presque toujours en s'éloignant de l'équateur. Dans notre hémisphère , ils marchent d'abord vers l'ouest en se relevant un peu vers le nord : c'est dans cette partie de leur trajectoire que lescyclones del'Atlantique longent les Antilles qu'ils ravagent fréquemment. Arrivés à la lai itnde de 30 degrés nonl^ leur trajectoire s'infléchit vers le nord; puis elle incline vers l'est en longeant de plus ou moins près les côtes des Etats-Unis; puis, enfin, elle traverse r.\tlantique de l'ouest-sudouest à l'est-nord-est et vieoi aborder les

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côtes occidentales de l'Europe. Quelqur^fois même elle se prolonge jusque vers l'Asie.

Dans l'hémisphère austral, la marche des ouragans est la même que dans notre hémisphère, sauf qu'au lieu de remonter vers le nord ils se dirigent vers le sud. Cette disposition de leurs trajectoires n'est toutefois constante que sur l'Atlantique et l'océan Indien. Les typhons de la mer de C'iine affectent dps allures un peu différemes, et, dans certains cas, ils se rapprochent de l'équateur au lieu de s'en éloigner.

Le diamètre d'un cyclone à son début j varie de 250 à 4Û0 kilomètres ; il augmente progressivement à mesure que la tourmente s'éloigne de l'équateur; il peut atteindre à la fin de la course du météore de loOO à '2000 kilomètres et au delà.

La vitesse de rotation de l'air est à son maximum à une certaine distance du centre. Au centre même règne un calme plus ou moins complet, interrompu quelquefois par de violenies rafalesetde brusques renversements dans la direction du vent. Sur les bords extérieurs du disque tournant, là où il confine à la masse atmosphérique restée calme, la force du vent diminue graduellement. A une distance moyenne du centre, plus près cependant de celui-ci que du bord extérieur, la vitesse de l'air peut s'élever à 200 ou 250 kilomètres à l'heure. Le vent furieux qui en résulte se modère graduellement à mesure que la tempête progresse et s'étale sur une plus large surface.

La vitesse de translation du centre du mouvement tournant est également variable. D'après M. Keller, dans les plus faibles ouragans elle n'a jamais été inférieure à 15 kilomètres par heure ; dans les plug violents, elle n'excède pas 45 kilomètres. D'après M. Bridet, celte vitesse serait beaucoup moindre dans l'océan Indien. Du reste, la \itesse de translation d'un cyclone dépend non de l'intensité du mouvemeoi' tournant, mais de la vitesse moyenne de la masse d'air au milieu de laquelle il a pri& naissance et continue à tourner.

Les observations, quand elles sont en nombre suffisant dans les régions iniertropicales, permettent d'y constater le circuit complet des vents autour du centre du cyclone. Il est d'ailleurs arrivé plusieurs fois qu'un navire fuyant vent arrière devant la

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tempête, s'est retrouvé presque à son point de départ après un parcours de plusieurs centaines de lieues. Quand le tourbillon ntleint des latitudes plus élevées, il devient plus difficile de retrouver les traces d'une révolution complète et continue. Lorsqu'il atteint surtout la latitude de 40 à 45 degrés, ou au-dessus, on ne retrouve plus que la portion du tourbillon tournée vers l'équateur. C'est que le vont observé à la surface du sol est une combinaison de deux mouvements distincts : le mouvement de rotation autour de l'axe et le mouvement de translation de l'axe et de tout le système. Là où ces deux mouvements sont de même sens, leurs vitesses >'iijouteut ; là où ils sont de sens contraires leur vitesse résnlianle n'est plus que la différence des deux vitesses composantes. Il en est ainsi d'une roue de voiture roulant sur le .sol sans y glisser; la vitesse de rotation à la circonférence est égale à la vitesse de translation de l'essieu ; la vitesse résultante est nulle à l'extrémité du diamètre qui touche le sol; mais elle est double à l'extrémité opposée: ce qu'on gagne d'un côté on le perd de l'autre. Dans les régions équatoriales la vitesse de rotation est énormp et la vitesse de translation est relativement faible. La vitesse du vent observé diffère donc peu d'un pointa l'autre du pourtour. Aux latitudes plus élevées, la vitesse de rotation a diminué; celle de translation de l'axe s'est accrue ; l'éf-'alité tend à s'établir: la vitesse du vent observée tend donc à s'affaiblir de plus en plus dans la portion du circuit où les vitesses sont opposées, et cette portion regarde le pôle dans l'un et l'autre hémisphère.

Au reste, dans les régions équatoriales elles-mêmes, l'inégalité des vents est appréciable el bien connue des marins. Une moitié du disque tournant est appelée par c«x demi-ce' de dangereux et l'autre demicercle maniable. La difficulté des manœuvres pourfuir la tempête contribue pour sa part à légitimer ces dénominations. Dans nos régions tempérées, où la vitesse de rotation des cyclones est considérablement affaiblie, le vent conserve encore une grande violence dans le côté dangereux, par la supeipositinn des deux vitesses de même sens. . Toute tempête cycluaique est accuinpa-

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gnée de mouvements caractéristiques du baromètre. Sur le pourtour, en dehors du cercle d'action directe de la tourmente, le baromètre est plus haut que la moyenne ; à mesure qu'on se rapproche du centre, la hauteur barométrique baisse graduellement; elle atteint son minimum au centre même : là, le baromètre peut desiendre jusqu'à 720 millimètres et au-dessous, tandis que sur le pourtour il marquera 763 millimètres et plus. Cette variation barométrique est d'autant plus extraordinaire qu'elle survient dans des régions où habituellement le baromètre est d'une constance remarquable.

Elle fournit un précieux moyen d'avertissement de l'approche de la tempête ; elle est l'effet et non la cause du mouvement tournant.

Un cyclone est une sorte de ventilateur de proportions gigantesques. L'air, en tournant, tend à se porter du centreoù il se raréfie sur le pourtour où sa densité s'accroit. La raréfaction qui se produit dans l'axe détermine un appel d'air dans le sens vertical, en sorte qu'un troisième mouvement se surajoute aux deux précédents, de rotation et de translation du disque tournant.

Quand le disque tonmant est placé à une hauteur suffisante dans l'atmosphère, l'appel se fait verticalement, de bas en haut, de la surface du sol vers le disque tournant : c'est ce qui a lieu fréquemment dans les trombes orageuses. Vers la surface du sol l'air tend vers l'axe et y prend un mouve> ment ascendant. En montant, il .se dilate, se refroidit; sa vapeur se condense. Les nuages et la pluie sont à leur maximum, au centre même du mouvement. Mais dans la plupart, sinon dans la totalité des grandes tempêtes, le disque tournant appuie sur la surface terrestre. C'est donc par l'extrémité supérieure de l'axe que l'appel d'air s'effectue. L'air des régions supérieures afflue vers l'axe, il y prend un mouvement descendant ; il s'échaulTe et se dessèche parle fait même de cette descente : dans ce cas, le ciel se découvre, la pluie cesse ou ue tombe plusque par grains quand le baromètre est à son point le plus bas. C'est à une certaine distance du centre que le ciel est le plus chargé et que la pluie est le plus abondante.

Les tempêtes d'Europe et des régions tempérées, eu général, soot loin de pré-

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sentcr le degré de violence des lempctes intertropicales ; par contre elles sont beniiconp plus fréquentes. Leur étendue considérable, leur grande vitesse de tmiisiation, leur vitesse de rotation, relativement Tiible, ont pendant longtemps fait méconnaître leur caractère cycloniqu ■. Le vent n'y souffle, en effet, avec force que dans le demi cercle dangereux ; d.ins le deini-cercle m.iniable, il est faible et quelquefois nul ou môme de même sens que le mouvement de translation de l'axe. Mais si l'on consulte les hauteurs du baromètre simultanétnent sur les divers points de l'FÀiroye, onvoit apparaître un point central oîi le baromètre est le plus bas et autour duquel l'instrument monte graduellement à mesure qu'on s'éloigne de ce point et tout autour de lui. Si l'on suit ensuite les déplacements successifs de ce point, et que dans la direction des vents observés on tienne compte du mouvement de translation de manière à remonter an mouvement simple tel qu'on l'observerait si la translation n'existait pas, ou retrouve exactement les caractères du mouvement cyclouique. Plusieurs cyclones des mieux caractérisé», nés dans des régions intertropicales, ont d'ailleurs été suivis pas à pas jusque dans leur course au travers de l'Europe. là, rien ne les distinguait des cyclones; ici, rien ne les distinguait des tempêtes ordinaires de l'Europe.

Nos tempêtes cependant ne viennent pas toutes des régions cqnatoriales ; la plupart naissent à la surface du Gidfstream dans la branche sepientrionale de son cours : dans les parages des Etats-Unis, de Terre-Neuve et même de l'Lslande. D'autres, mais plus rares, semblent se former sur la rive droite du Gulfstream et dans les parages des Açores. Uni' fois l'orniées, tontes sont portées vers l'Europe parle mouvement général de l'atmosphère à nos latitudes

Qnelle est la cause première de leur apparition? Cette cause est multiple; il en existe plusieurs.

Quand un cours d'eau un peu rapide pénètre dans un b issin large et profond où l'eau est dormante, on voit se former uu double chapelet de petits tourbillons des deux côtés du cours d'eau. Ceux du bord droit tournent dans un sens opposé à ceux du bord gauche. Or, à nos latitudes et sur

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tout le pourtour de la terre, l'atmosphère se transporte de l'ouest à l'est, sinon dnne manière continue et constante, au moins d'une manière générale. Mais la vitesse du mouvement comme sa direction n'est pas la même en tous les points. Sur le bord occidental de l'océag .\tlanlique, à la surface du Gulfstream, le courant aérien m.irchc du sud-ouest ou de l'ouest-sud-ouesl vers le nord-est ou l'est-nnrd-est, et il est assez actif. Sur le continent américain, au ron traire, il est ralenti par les aspérités du sol, et, au lieu de porter un peu vers le nord, il porte plutôt vers le midi. Nous .ivoru donc deux courants marchnnt côte à côte, mais de vitesse inégale et de directions différentes. Cette condition suffit à produira sur leur ligne de jonction un chapelet de mouvements tournants entraînés par le motivement général. D'autre part, le courant aérien qui règne à la surface du Gulfstream est chaud et chargé de vapeurs; le courant qui a parcouru' le Canada et les États-Unis du nord-est, au contraire, est froid en automne et en hiver. Le mélange de ces masses d'air produit des condensations de vapeur et des pluies. Aux points où cette condensation s'effectue, il se produit un viiie et un appel d'air. Dès lors nous voyons intervenir la forme delà terre et son mouvement de rotation {Voy. Circulation de l'atmosphère et des meus).

Chacun des parallèles terrestres fait , comme la terre, une révolution en vingtquatre heures : les parallèles ayant un rayon d'autant plus petit qu'ils sont plus près du pôle doivent donc avoir une vitesse de l'ouest à l'est d'autant moindre qu'ils sont à une lati. tude plus élevée. L'air afflue de toutes les directions vers le point où une condensati id de vapeur et un vide se sont produits ; mais l'air venu du midi ayant une vite.^se vers l'est supérieure à celle de l'air venu du nord, la convergence au lieu d'être directe est latérale, elle se fait en spirale et produit une rotation de toute la masse sur ellemême. Le mouvement tournant amène à son tour des pluies qui douiicnt lieu au même résultat, en sorte, qu"uiie fois commencé, le tourbillon s'entretient pur sa propre action. Sur la rive gauche du Gulfstream, vers les États-Unis, le Canada, l'Islande, le contact des deux courants d'air de

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directions et de vitesses dissemblables, d'une part, el d'autre part, l'inégalevitesse des parallèles terrestres,agissentdaQs le même sens pour produire le tourbillon aérien tournant comme les cyclones de l'hémisphère nord de l'ouest à l'est par le sud, en sens contraire les aiguilles d'une montre ; ces mouvements loivent donc être très fréquents, et comme .Is dérivent tous vers l'Europe portés par le courant général de l'atmosphère, il n'est ^presque pas de jours de l'année où l'on ne puisî-e en signaler un en quelque point de l'Europe. Mais il en est de très faibles, particulièrement en été, et qui produisent à peine quelques orages. Sur la rive droite du Gulfstream, les deux causes agissent de sens contraires. Les tourbillons nés du contact des masses d'air d'inégales vitesses y ont unedirection opposée à celle qui doit résulter de la rotation terrestre; ils doivent donc s'éteindre rapidement si même ils se fornent. L'état de l'atmosphère est d'ailleurs plus uniforme sur la rive droite que sur la rive gauche, et les accidents y sont bien moins nombreux.

Les cyclones proprement dits ont une origine semblable. De chaque côté de la tone des calmes équatoriaux soufflent les alizés. A la fin de notre été, cette zone est éloignée de l'équateur d'une dizaine de degrés ver» le nord. Les alizés du nord-est, ceux de notre hémisphère, courent franchement vers l'ouest. Les alizés du sud-est ont une pareille direction vers l'ouest tautqu'ils restent dans l'hémisphère sud ; mais ils traversent la ligne. A mesure qu'ils remontent vers le nord ils se redressent et ils arrivent dans la zone des calmes avec une direction du sud ou sudsud-ouest vers le nord-nord-est. Ils ne sont donc plus dans une direction symétrique avec celle des alizés du nord-est. Tant que la zone des calmes est bien établie, elle présente une assez grande largeur pour que ces deux courants n'arrivent pas en contact immédiat ; mais l'époque où cette zone va rétrograder vers le sud est critique. Le mouvement de recul n'est pas régulier; il s'y produit des hésitations pendant lesquelles l'un des alizés franchit brusquement de larges espaces pour revenir sur ses pas et recommencer son excursion. C'est à ces moments que les deux alizés peuventsemèler; leurdissymélrie produit alors

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des mouvements tournants qui une fois nés s'entretiennent d'eux-mêmes pendant huit à dix jours en parcourant plusieurs milliers de kilomètres à la surface des mers et des continents.

Nous avons dit que toutes les tempêtes ont une forme cyclonique et que tous les mouvements tournants de notre hémisphère sont de sens inverse au mouvement des ai" guilles d'une montre, la rotation s'y faii sant de l'ouest à l'est par le sud. Quand une tempête passe sur un lieu, lèvent paraît cependanty tourner dans un sens contraire, ce qui conduit fréquemment à des appréciations erronées. Ces deux faits, loiu d'être en opposition, découlent l'un de l'autre et sont la conséquence du mouvement de translation des tourbillons. Imaginons que le centre d'un tourbillon marche de l'ouest à l'est et passe un peu au nord de Paris. Paris va entrer dans le cercle d'action de la tempête par le bord antérieur du disque tournant; là le mouvement a lieu du sud au nord, le vent sera Sud. Quand par l'elTet de la progessiou le centre sera sur ie méridien de Paris, cette ville se trouvera dans la partie sud du disque tournant. Là le mouvement a lieu de l'ouest à l'est, le vent sera Ouest. Plus lard, Paris sortira du cercle de la tourmente par son bord postérieur, là où le mouvement a lieu du nord au sud; le vent sera Nord. Le vent aura donc tourné du sud au nord par l'ouest, dans le sens des aiguilles d'une montre, précisément parce que la rotation a lieu de sens contraire. Mais si le centre du mouvement tournant, au lieu de passer au nord de Paris, passait au sud, le vent à Paris tournerait du sud au nord par l'est et non plus par l'ouest. La rotation du vent serait du même sens que la rotation du cyclone. 11 arrive assez fréquemment que sur le parcours d'un même cy-j clonedeux localités entre lesquelles le centre a passé accusent ainsi des rotations de vent opposées et les attribuent à deux tour-, binons inverses. |

Les cyclones produisent d'effroyables ravages dans- les régions tropicales. En octobre 1780, 9000 personnes périrent à la Martinique, 1000 dans la seule ville de Saint- Pierre où pas une seule maison ne resta debout. La mer s'étant élevée de 25 pieds au moment du raz de marée, loO habitation»

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furent englouties presque en même temps. A Saint-Eusiache, 27 navires vinrent se briser sur les rochers. 6000 per>oiiues p(''rireut à Sainle-Lucie, où les plus solides édifices furent détruits. La mer s'y éleva à une telle hauteur qu'elle démolit le fort et qu'elle lança un navire jusqu'à l'hôpital maritime qui fut écrasé sous son poids. De tels désastres fout supposer qu'un tremblement de terre est venu ajouter son action à celle do l'ourasan. Des coïncidences de ce genre ne sont, du reste, pas très rares. Lorsque, par l'effet du travail des forces centrales, l'équilibre de la croûte solide du globe est sur le point de se rompre, le passage d'un ouragan, et quelquefois même d'unesimple tempête de nos climats, suffit pour déterminer la reprise d'un nouvel état d'équilibre et, par suite, pour produire uu mouvement plus ou moins prononcé du sol.

En mer les ouragans sont également redoutables. La mer y est effroyable. Soulevée en masses pyramidales par le vent qui souffle de tous les points de l'horizon, elle présente un amas confus de vagues pareilles à celles qui se brisent furieuses sur les roches d'un récif. C'est par ces vagues énormes que les plus solides navires sont souvent mis eu danger. Près du centre de l'ouragan où le danger est le plus pressant, la succession d'accalmies et de violentes rafales, le«= 'l brusques sautes du vent, rendent la n'.nœuvre presque impossible, alors mêc^ que le bâtiment n'aurait perdu ni mâts ni gouvernail. Mais actuellerneot la connaissance de la nature des cyclones et de leurs routes habituelles à la surCace des océans a permis aux marins de tracer des règles simples pour éviter les atteintes de ces tourmentes toutes les fois qu'ils ont de la mer autour d'eux. Le danger ne reste entier qu'au port ou en vue des côtes; aussi, le premier soin quand on est averti de l'approche d'un de ces météores, est-il de gagner la pleine mersi le temps et les circonstances le permettent.

Nous citerons un exemple des règles à cuivre en pleine mer d'après lingénieur hydrographe M. Keller.

.Supposoné-nous dans l'hémisphère nord, sur l'Atlantique, dans les parages des Antilles. Là les ouragans marchent du sud-est «u nord-ouest. En avant du disque tournant .event souffle du N.-E.; sur la gauche il

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