HO = C6H
Mannitane.
Ether
Si l'on pousse la température au delà ai 25 degrés, la mannite se décompose ave( boursouflement et dépôt de charbon ; ce« pendant, sur une lame de platine, on peul en volatiliser complètement une très faible quantité.
Action des acides. — Les acides acétique, siéarique, butyrique, etc., chauffés entre 200 et 230 degrés, dans des tubes fermés à la lampe, avec la mannite, la transforment en éthers, tout à fait analogues aux corps gras engendrés par la glycérine, type des alcools polyatomiques.
L'acide tartrique donne à 100 degrés de l'acide mannilar trique. Cet acide correspond à l'acide tartrovinique, qu'on obtient avec l'alcool ordinaire.
L'action de l'acide nitrique froid sur la mannite produit de la mannite nitrique.
Action des bases. — La mannite, comme les autres alcools, se combineàvec les bases puissantes.
Bien qu'elle puisse s'unir à l'oxyde de plomb, elle n'est pas précipitée par l'acétate tribasique de ce métal. La précipitation ne s'effectue que sous l'action de l'acétate de plomb ammoniacal.
Action des ferments. — • Sous l'influence des ferments azotés et en présence de la craie ou du bicarbonate de soude, la mannite fournit comme produits principaux de l'alcool, de l'acide carbonique et de l'hydrogène, et comme produits secondaires de l'acide lactique, de l'acide acétique et de l'acide butyrique.
mannitane C^H^O^. — La mannitane est un dérivé par déshydratation de la mannite :
C6H706 HO = C6H605 Mannite. Mannitane.
Préparation. — On peut la préparer par trois procédés différents : 1° par la saponification des composés manuitiques ; 2" eu
SUC
chauffant la mannite à 200 degrés ; 3° en la maintenant à 100 degrés avec de l'acide chiorhydriqiie.
1° La saponification peut s'effectuer;, soit par l'eau à température élevée, soit par les alcalis, soit par les acides et l'alcool. Dans tous les cas, on opère la séparation de la mannitane formée à l'aide de l'alcool absolu, qui la dissout seule.
2" On chauffe pendant quelques minutes la mannite à 200 degrés dans un vase ouvert; on sépare la mannitane formée par l'alcool absolu et on la purifie en la traitant à 100 degrés par l'oxyde de plomb, qui élimine quelques produits pyrogénés.
3» Soixante heures d'ébullition avec de l'acide chlorhydrique fumant et une évaporotion à sec transforment la m.imiilc en mannitane. On purifie ce produit comme il vient d'être dit pour le second procédé.
Propriétés. — La mannitane est plus volatile que la mannite ; déjà à 140 degrés elle commence à émettre des vapeurs.
A la température ordinaire, la mannitane est un liquide sirupeux; sa saveur est légèrement sucrée. — Insoluble dans l'éiher, la mannitane est très soluble dans l'eau et l'alcool absolu.
Elle est peu stable: abandonnée au contact de l'air, elle tombe en déliquescence et donne, au bout de quelques semaines, des cristaux de mannite.
. Cette transformation est beaucoup plus rapide au contact de l'hydrate de baryte, de l'oxyde de plomb à 100 degrés, ou d'un mélange d'acide chlorhydrique et d'alcool à la température ordinaire.
La mannitaue, chauffée vers 250 degrés avec les acides sléarique et benzoïquc, donne les mêmes corps gras neutres que la mannite.
Ce résultat, joint à la remarque suivante, à savoir que les composés gras neutres de la mannite, dédoublés par la saponification, produisent toujours de la mannitane et non de la niannite, prouve que dans la formation des élhers, la mannite se convertit d'abord ea mannitane, puis celle-ci en corps gras, et que ces derniers sont les éthers Je la mannitane.
Dérivés de la mannite ou de la mannitane. — f-a mannite ou la mannitaue peuvent donner uuiis.mee à un grand nombre de
dérivés; M. Berthelot en a fait une étude très complète, et il les groupe ainsi .
1° Combinaisons neutres formées par la mannite, la mannitane et les acides monobasiques ;
2° Combinaisons formées avec les acides bibasiquf's;
3° Combinaisons formées avec les acides tribasiques;
4" Combinaisons formées avec la mannite et les alcools;
5° Composés formés par la déshydratation de la mannite.
Voici quelques généralités sur ces composés :
Combinaisons neutres formées avec les acides monobasiques. — Ofi peut diviser ces combinaisons en trois séries :
La première série comprend les corps qui résultent de l'union de 1 équivalent de mannite et de 1 équivalent d'acide mouobasique, avec élimination de 1 équivalent d'eau ; ou, ce qui revient au même, de l équivalent de mannitane avec 1 équivalent d'acide, avec élimination de 2 équivalents d'eau.
On a préparé dans cette série :
1* La mannite mono-acétique. . . . ClOHSQT
2* — mono-butjrique. . . . Cl^HiâQ^
3* — moiio-palmitique. . , C38H3(50'7
4* — mono-oléliue C'^HSSOI
5* — mono-benzoïque. . . C^OHioO'?
6* — mono-c!ilorliydriquo. . C6H5C103
Dont la formule équivaut à :
Ac. acétique. Eau.
Ac. butyrique. Eau.
-I- C32H320V — mO
Ac. palmilique. Eau.
Ac. oléique. Eau.
Ac. benzoïque. Eau.
C6H605 + HCI - 2110
Mannitane. Ac. chlorhydrique. Eau.
La deuxième série comprend les corps qui résultent de la combinaison de 1 équivalent
suc
de maniiitano nvcc 2 d'acide et élimination de 4 équivalents d'eau.
On a obtenu dans cette série :
1* La mannite di-biitvrique. . . . C^^Hi^'OS
2. di-sté;.riqiie. . . . CTTH^eoH 3* — di-nitiique C6H*0l3Az2
Dont la formule équivaut à :
f C6H605 + 2CSH804 - 4H0
Mannitane. Ac. butyrique. Eau.
M.nnni'i.nne. Ac. stcarique. Eau.
3» C6HS0S + 2(Az05HO) — 4H0
Mannitane. Ac. nitrique. Eau.
La troisième série comprend les corps qui résultent de l'union de 1 équivalent de mannitane et de 3 d'acide avec élimination de fi équivalents d'eau.
On a produit:
<• La mannite tri-stéarique . . . C114H108O11 2° — tri-benzoïque. . . C'fSHl^OH
3' tri-nitrique. . . . G6HiOl8Az3
Dont la formule équivaut à :
!• CGH60S + 3G3GH3605 6H0
Mannitane. Ac. sténrique. Eau.
«• C6HC05 + SCnueoi 6H0
Mannitane. Ac. benzoïque. Eau.
3. CGH605 + 3(AzOS.HO)-6HO+HO(decrist.) Mannitane. Ac. azotiq. Eau.
Combinaisovs formées avec les acides bibaaiques. — Les combinaisons d'un acide bibasique et de la mannitane peuvent être neutres ou acides.
On a obtenu :
loUn composé neutre: la mannite quinoviquc, ceoH^eOK.
Ce composé résulte de la combinaison de 2 équivalents de mannitane et de 1 équîva- IcML d'acide quinovique avec élimination de ^équivalents d'eau :
C60H4GOii =^ aGSHGOS + C48H3808 — 4H0 Mann, qiiin. Mannitane. Ac. quinov. Eau. 2" Trois composés acides :
1* L'acide manni-mono-sulfurique. f;6H605S206 2« L'acide niannitri-tartrif|iie. . . C3uHl8035 3* L'acide maniii-sesqui sulfuriq C12H1'»012S6018 T. XIII
SUC 153
Dont la formule équivaut à :
^ C6HB05 + S206,H202 - 2H0
Mannitane. Ac. sulfurique. Eau.
C6H603 + 3G8HB012 — 6H0
Majinitane. Ac. tartrique. Eau.
Mannitane. Ac. sulfurique. Eau.
Combinaisons formées avec les acides tribasiques. — Un seul acide tribasique a été combiné avec la mannitane : c'est l'acide phosphorique ; mais le composé formé n'a point été analysé.
Combinaisons de la mannite avec les alcools. — On n'en a obtenu qu'une seule, c'est Yéthylmannite, combinaison de la mannitane et de l'alcool ordinaire, avec élimination de deux équivalents d'eau.
C10H1005 = C6H60S + G4H602 — 2H0 Ethylraannite. Mannitane. AlcooL Eau.
Composés formés par la déshydratation de la mannite. — On n'en a préparé que deux :
!• La Mannitane. . . . C6H605 déjà étudiée 2* La Mannide C6HS0*
Ce dernier corps est neutre, sirupeux, sucré et amer tout à la fois ; il est extrêmement déliquescent et se volatilise vers 100 degrés.
DULCITE, C6H»06.
La dulcite s'extrait d'une substance qui vient do Madagascar, et dont on ne connaît pas l'espèce végétale.
Elle est, comme on le voit d'après sa formule, isomérique avec la mannite.
Elle cristallise en prismes rhoinboïdaux obliques, brillants et présentant une certaine dureté.
Incolore et sans odeur, elle offre un goût légèrement sucré.
L'alcool absolu n'en dissout que des traces; mais l'eau, surtout à chaud, peut en dissoudre une quantité notable : la dissolution saturée à chaud cristallise d'ailleurs faciieineDt.
suc
La dnlciteestun peu moins fusible que la mannite ; elle n'entre en fusion qu'à 180 degrés : vers 200 degrés, elle se sublime en partie avec formalion de dulcitane, et peut résister à une température de 250 degrés. Mais à 300 degrés, elle ne tarde pas à se carboniser.
La dulcite n'a pas de pouvoir rotatoire ; elle ne réduit pas le réactif de Frommherz, même après avoir bouilli avec l'acide sulfurique.
Avec les acides et les bases, elle se comporte à peu près comme la mannite; cependant il est à remarquer que tandis que l'acide azotique bouillant transforme par oxydation la dulcite eu acide mucique , il ne se produit pas la moindre trace de ce dernier acide avec la mannite.
M. Jacquelain a montré que l'hydrate de potasse décompose complètement la dulcite à chaud et donne naissance à du butyrate et à (le l'oxalate de potasse. Pendant la réaction, il se dégage de l'hydrogène.
La dulcite, lorsqu'on la fait fermenter vers 40 degrés avec du fromage blanc, de l'eau et de la craie, engendre de l'alcool, de l'acide lactique et de l'acide butyrique.
Comme la mannite, elle peut, dans certaines conditions de fermentation, se convertir en un sucre véritable.
Dulcitane C^H^QS, — Isomère de la mannitane, la dulcitane est à la dulcite ce que la raaonitane est à la mannite.
Op la prépare par les mêmes procédés que la mannitane, c'est-à-dire:
1° Par la saponification des étbers gras de la dulcite;
2* En maintenant la dulcite à 200 degrés pendant quelque temps ;
3° Par l'action prolongée de l'acidechlorhydriquesur la dulcite.
La dulcitane se présente sous l'aspect d'un sirop à peine fluide.
Elle est insoluble dans l'éther, mais très goluble dans l'eau et l'alcool absolu.
De même que la mannitane, elle se volatilise en partie à 1-20 degrés.
Abandonnée au contact de l'air, elle absorbe peij à peu de l'eau et régénère des cristaux lie dulcite, sans que la transformation puisse jamais être totale.
Cette transformation est bien plus rapide à 100 degrés, surtout quand elle s'opère
SUC
»ous l'influence de la baryte ou de l'oxyde ie plomb.
Les dérivés de la dulcite présentent une analogie frappante avec ceux de la mannite.
PlOTTE, C6H«0*.
La pinite est une sécrétion d'ane certaine espèce de pin, le Pinus Lambertiana. On la regarde comme un isomère de la dulcitane.
Préparation. — Pour l'obtenir, il faut épuiser par l'eau tiède additionnée de noir animal des petits amas concrétionnés que l'on trouve torut formés au pied de ces arbres, et abandonner la dissolution à l'évaporation spontanée. Cette solution se concentre peu à peu et, au bout de plusieurs semaines, on trouve, adhérant fortement aux parois du cristallisoir, de petits mamelons radiés, très durs, formés par des cristaux de pinite. On redissout ces cristaux dans l'eau froide et on les purifie par deux cristallisations successives. Malgré la lenteur avec laquelle marche cette préparation, on ne peut espérer de la rendre plus rapide, car toute tentative faite pour bâter les évaporations conduit toujours à un produit amorphe et coloré.
Propriétés. — La Pinite se présente à l'état de cristaux incolores, dont on n'a pu encore déterminer la forme précise; cependant au microscope ces cristaux paraissent terminés par des pyramides smbaissécs.
Inodore, la pinite est très sucrée ; elle se dissout en forte proportion dans l'eau, à peine dans l'alcool absolu et un peu plus dans l'alcool ordinaire bouillant. Sa densité est une fois et demie celle de l'eau. La pinite dévie le plan de polarisation vers la droite, elle ne réduit pas le réactif de Frommherz. Elle fond vers 130 degrés, un peu au delà de cette température, elle se décompose en abandonnant un liquideemiiyreumalique. Jusqu'à 2a0degrés, la plus grande partie n'est cependant pas atteinte et peut cristalliser de nouveau sien la reprend par l'eau. Quand, sans avoir égard à la température, on chauffe fortement la pinile, elle se détruit cofiiplétcnient. On a remarqué que dans !e vide barométrique, elle peut supporter une température de 340 degrés sans être altérée.
suc
La levAre de bière est sans action sur la pJDJte, même après qu'on l'a fait bouillir avec un acide.
Voici comment elle se comporte avec divers réactifs:
Les alcalis à froid, ou même à 100 degrés, ne lui font subir aucune altération, mais ils la décomposent à une hante température, en dégageant une vapeur acre.
L'acétate neutre de plomb et même l'acétate tribasique ne précipitent pas la pinite; il faut pour la précipiter recourir à l'acétate de plomb ammoniacal.
L'acide chloihydrique fnmant n'altère pas ce principe sucré, du moins au-dessous de 100 degrés. L'acide sulfurique concentré, chauffé très doucement avec la pinite, paraît former un acide pinisulfurique ; mais ce corps est très instable eî se détruit pour peu que la température s'élève. L'acide azotique à chaud engendre des dérivés nitriques peu nets, et aussi un peu d'acide oxalique.
Le nitrate d'argent ammoniacal est réduit à chaud parla pinite.
La pinite donne avec les acides stéarique, benzoïque et tartrique des combinaisons isomériques avec celles de la mannitaneet de la dulcitane.
On a préparé et analysé les suivantes:
1° Pinite mono-stéariquo. . .
2* — di-stéarique
3° — mono-benzoïque. . .
4* - di-beiuoique
5* Acide pinitartrique ....
dont la formule équivaut à :
Ac. stéarique.
-j- 2C36H3604 Ac. stéarique.
C14H604 Ac. benzoïque. Eau.
+ 2C14H604 — 2H0 Ac. benzoïque. Eau.
-f 3C8H601Ï 6H0 Ac. tartrique. Eau.
QuBHaTE, C6H605.
La quercite préexiste dans le gland do rhêae.
SUC