TERRAIN CRÉTACÉ
Syo. : Terrain crayeux ; groupe cre'tace.
Ce Terrain est, comme le précédent, très étendu et très puissant. Il se présente, dans un grand nombre de localités, avec des caractères variés. L'origine de son nom est due au Calcaire blanc, tendre et traçant qu'on appelle Craie et qui en occupe la parlie supérieure.
On peut dire, en général, que ce Terrain repose sur la plupart de ceux qui l'ont précédé. En Angleterre, on le voit s'appuyer sur la formation oolithique , mais, sur quelques points de la France, il repose, non seulement sur le Terrain houiller, mais même sur le Terrain cumbrien, le plus ancien, comme on sait, des Terrains sédimentaires.
Le Terrain crétacé se divise généralement en trois étages distincts, qui sont, d'après leur ordre d'ancienneté : 1° Ve'tage des sables ferrugineux, 2° Vêlage glauconieux, 3" l'élage ci'ayeux.
Étage des sables ferrugineux.
Syi).: Groupe wealdien; Formation wealdienne Terrain ou Étage néocomien , compieuiiat la Terrain aplien de M, Aie. d'Oibigny.
Cet étage n'est connu dans tout son développement qu'en Angleterre, où on le Qomnie Terrain de Weald^ nom qui dé-
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signe diverses parties des oomtc^s deKent, de Surrey et de Sussex, où il a été parliculièrementobservé. 11 y acquiert une puissance de 2 à 300 mètres, et se divise en trois assises, disposées comme il suit, en allant toujours de bas en haut :
1° Le Calcairede Purbeck, coLU^osé, dans la presqu'île de ce nom, de Calcaire arénifère 'pétri (le Paludina vivipara et autres coquilles d'eau douce. Ce Calcaire alterne fréquemment avec des couches de Marnes plus ou moins schisteuses. La puissance moyenne de cette assise est d'environ 75 mètres.
2° Les sables de Ilaslings {Ilastings-sand), du nom d'une ville du comté de Sussex, aux environs de laquelle ils acquièrent une importance considérable. Cette assise est formée de sables, de grès, de marnes et de conglomérats presque toujours ferrugineux, avec amas dHydrate de Fer. Sa puissance moyenne est d'environ 130 mètres.
3" L'Argile wealdienne proprement dite, qui alterne avec des lits marins de sable et de Calcaire coquillier. Ces diverses assises contiennent un certain nombre de coquilles presque toutes lacustres et fluviatiles, telles que Paludina vivipara, Melania tricarhtala, Unio anliquus, Cyclas membranacea, Cypris spinigera, Valdensis et tuberculala. On y a trouvé des végétaux continentaux (Cycailées, Fougères, etc.), des Poissons d'eau douce, des débris d'Oiseaux , et divers genres de Reptiles parmi lesquels nous citerons seulement le Plesiosaurus , \e Megalosaurus et VIguanodon, monstrueux Saurien qui devait avoir plus de 20 mètres de long
L'étage des sables ferrugineux existe aux environs de Beauvais (Oise), avec des caractères à peu près semblables; mais, en général, il est représenté en France, en Suisse et dans plusieurs autres localités , par un dépôt correspondant auquel on a donné le nom de Néocomien. Ce dépôt est ordinairement composé de Marnes et de Calcaires arénifères, «vec couches subordonnées de Sable et Grès quartzeux, souvent très ferrugineux. Ces dernières couches, contrairement à celles du groupewealdien que nousvenonsd'indiquer, sont essentiellement marines. Elles contiennent YHolaster complanatus ; la Trigonia alœformis; la Gryphœa aquila; la Plicatula asperrima ; les Nerinea Renauxiana cl giganteaj le Cerilhixtm npocomiense ; la Nalica
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Coquandina; le Pterocerapeîagi; le Nauti. lus neocomiensis ; les Ammonites asper, angulicostalus, asperrimus, bidichotomus,veo' comiensis, Deshdyesi,Duf,enoyi elGuetlardi; les Crioceras Duvalii et V iUiersianus ; les Toxoceras Requienianus, elegans et annularis; les Ancyloceras Renavxianus et sim~ plex.
Étage glanconieux.
Sjn. : Formation du Grès vert; Greensand (Je» Anglais, comprenant le GauU des Anglais ou Jerrain allnen <le M. Aie. dOibignv. el le Terrain tttronien du iiiènie auteur.
Cet étage, nommé Grès verts par divers géologues, atteint quelquefois jusqu'à 200'* de puissance; mais, ordinairement, il n's pas plus de 20 à 30'" d'épaisseur. Il peut se subdiviser en deux assises très distinctes par les fossiles qu'elles renfennent.
Vassise inférieure, nommée d'abord Gault, puis Terrain albien par M. Al. d'Orbigny, comprend la Glaucome sableuse de M. Brongniart, les Grès verls inférieurs de la perte du Rhône (Ain) et du cap de la Hève (Seine- Inférieure), les calcaires noirâtres de la montagne des Fis (Savoie), etc. Cette assise est généralement composée de sables quanzeux plus eu moins chargés de Glauconie ou Sili- Cite de Fer , qui leur communique une couleur verdàtre. Les principales rochei subordonnées à ces sables verts qui , dans quelques localités, les représentent, sout des sables quartzeux micacés ou ferrugineux; des Grès quartzeux coquilliers ( Quadersandstein des Allemands i ; des Argiles et des Marnes d'un bleu grisâtre , que les Anglais nomment GauU ou Galt.
Les débris de fossiles sont excessivement nombreux dans ce Terrain, caractérisé surtout par l'abondance des Céphalopodes qu'il renferme, tels qu'Ammonites, Hamites, Scaphites et Turrilites. Parmi ces fossiles, nous citerons les Ammonites Archiacianus, aurilus , Michelinianus, tuberculatus , mo- »u'/e, alpinus, Beudanti , etc. ; les Hanùles allenuatus, fiexuosus, Raulinianus, elegans et piinclatus; le Scaphiles Jlugardianus ; le Turrilites asterianus; le Crioceras cristatus; le Nautilus Bouchardianus , etc.
Vassise supérieure de l'étaeeglauconieux, nommée Terrain turonien par M. Aie. d*Or-
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bigny , comprend , suivant ce géologue , la Craie chloritée ; la Glauconie crayeuse de M. Brongniart; leGrès vert supérieur d'Uon- Qeur (Calvados), d'Uchaux (Vaucluse) et de la Sarthe ; la Craie tufau de Rouen , du Havre et de la Sarthe ; la Craie à Baculites de Valogne (Manche), etc.
Parmi les nombreux fossiles que renferme ce Terrain, nous citerons : \esNaulilus angulalus, Archiacianus , radiatus; les Ammoniles Deaumonlianus, Mantellii, Rhotomageiisis, varians; les Hamites cylindraceus et simplex; le Scaphiles œqualis; les Baculiles anceps et bif'rons; le Peclen quinquecostalus 'iow. (ou Janira quinquecoslata d'Orb.); la Trigonia scabra; VExogyra columba (ou Ostrea columba), etc. On y trouve aussi des végétaux appartenant aux genres Fucoïde, Zostérite, etc., des débris de Poissons et de Reptiles, et de nombreux Alcyons de formes très variées, tels que le Syphoniapyriformis, VHallirhoa costata, etc.
Étage crayenx.
La Roche dominante de cet étage est la Craie blanche ou Craie proprement dite, presque entièrement composée de Carbonate de Chaux. Cette Craie, massive, tendre et traçante, présente, aux environs de Paris, une puissance qui dépasse 200 mètres ; souvent elle est mélangée d'une quantité plus ou moins considérable de Sable dont on la débarrasse facilement par le lavage pour en fabriquer du blanc d'Espagne. Ordinairement elle renferme, à sa partie supérieure, de nombreux Silex pyromaques, soit en rognons, soit en lits, qui fournissent la pierre à briquets et à fusils; mais, dans sa partie inférieure, la Craie cesse de contenir des Silex et devient marneuse. Elle prend alors graduellement une certaine dureté cl passe même à l'état de pierre solide, susceptible d'être employée dans les constructions.
La Craie blanche est, suivant M. Constant Prévost, un précipité formé, probablement, loin des côtes et après le dépôt des particules grossières suspendues dans les mêmes eaux. Elle renferme un nombre considérable de coquilles, parmi lesquelles on remarque, surtout aux environs de Paris, le Belemniles mucronatus , le Plagiosloma ^inosum, VOsireavesicularis, les Terebra-
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tula Defrancii et ocloplicala , le Crania Parisiensis, le Catillus Cuvieri (ou Inoceramus Cuvieri), V Ananchiles ovatus , le Spalangus coranguinum.
Les caractères généraux de la Craie sont variables, suivant les contrées ; ainsi la Craie de Maëstricht, qui forme la partie la plus supérieure de l'étage crayeux, est un Calcaire grossier, jaunâtre, friable ou endurci, renfermant quelques rognons de Silex calcédonieux. On y trouve le Belemniles mucronatus, la Terebratula Defrancii, la Crania Parisiensis, VOslrea vesicularis, et un Reptile gigantesque, le Mosasaurus Hoffmanni, ensemble de fossiles qui rattachent évidemment cette assise à l'étage crayeux.
On rapporte aussi à l'étage qui nous occupe d'immenses dépôts de Calcaires formant une zone qui existe sur divers points de la France, et qu'on retrouve en Espagne, en Morée, dans l'Asie mineure, et même dans les deux Amériques. Ces Calcaires divers, plus ou moins solides, auxquels sont quelquefois subordonnées diverses autres roches, telles que Craie grossière , Argile , Lignite, Anbydrite, Gypse, Soufre, etc. , sont caractérisés sur quelques points, soit par de nombreux Rudisles (Hyppurites, Sphérulites, etc.), soit par une grande abondance de Nummuliles. Toutefois les géologues ne sont pas d'accord sur l'âge de ces derniers terrains nummulitiques, et par conséquent sur leur véritable position géologique, M. Raulin , qui a fait récemment un travail sur ce sujet, pense, avec MM. Tallavignes, Alcide d'Orbigny, etc., que la plupart des terrains nummulitiques correspondent à VÉlage parisien ou Éocène, et que, par conséquent, ils n'appartiennent point à VÉlage crayeux ( partie supérieure) , ainsi que l'admettent d'autres géologues.
Enfin, la craie des environs de Paris, que les géologues considéraient autrefois comme immédiatement recouverte par l'Argile plastique , en est réellement séparée par un dépôt distinct, que nous avons décrit ailleurs avec soin , et pour lequel nous avons propos le nom de Calcaire pisolilliique , qui a été adopté. Ce dépôt consiste à Meudon , à Bougival, à Port-Marly, à Vigny, au Mont- Aimé, et dans beaucoup d'autres localités plus ou moins éloignées de Paris , en Cal-
Caire rréquemment pisolithiqtie , quelquefois arénacé, alternant avec des marnes, etc. Nous y avons trouvé et fait connaître, d'a- ^ piès la délerminadon de MM. Deshayes et ':d'Archiac, divers débris de fossiles marins, I (els <j(ie quelques zoophyles et une vingtaine d'espèces de Mollusques, considérés tons comme plus ou moitis caractéristiques ' du Terrain paléolliérien {Crassalella lumida, Cm bis lamellosa, Lucina grata, etc.). Ces coquilles, pour la plupart à l'clalde fragments, fiaient en général difficilement délerminabies; mais, depuis cette époque, de nouveaux sisetnenls de Calcaire pisoliiliiqueont permis de découvrir un (à falaise, etc.) plus «rand nombrede ces fossiles, dont beaucoup iont mieux caractérisés. D'après un premier examen de M. Alcide d'Orbigny, qui prépare un travail à cet égard, il paraît évident que la plupart des. fossiles du Calcaire pisoliihique se rapportent à des espèces nouvelles, caractérisant ainsi un petit ho-, rizon géologique distinct , et qu'il faut probablement placer dans l'échelle geognoslique, au-dessus de la Craie de Maëstricht, à la partie la plus supérieure du Terrain crétacé, ainsi que le pensent plusieurs géologues, tels que MM. Élie de Beaumont, Aie. d'Orbigny, Grave, Hébert, etc.
En général, l'étage crayeux, et particulièrement la Craie blanche, abonde en coquilles marines. On y a trouvé quelques \cgétaux {Conferves, Algues, Cycadées, elc ), plusieurs espèces de Poissons {Squalus, Diodon, Murœna, etc.), des Reptiles {Tortues, Mosasaurus, Crocodiles, etc. ), et quelques traces d'Oiseaux; mais il est entièrement privé de Mammifères , et ce n'est que dans le Terrain suivant que nous verrons les dépouilles de ces animaux plus parfaits se prétenter avec une abondance qui ne fera que l'accroître, à mesure que nous avancerons vers les formations postérieures.
TERRAIN PALÉOTHÉRIEN.
Syii. : Terrains super ou supra crétnce's; Terrains tertiaires et quaternaires de divers gio- Jùgues; Terrains de la périole paleolliérienne de RI. Cordiei ; Terrains rie séilimenis supérieurs de M, Riongniarl; Terrain tertiaire de M. d'Omiilius d'Halloy; Croupes éocène, miocène et pliocène .le M. Lyell, qui exprime pur ce, mois le plus ou le moins dVninIngir q.ie les lluHusfjn.-s
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fossiles de ces trois dépôts offrent avec les MoU lusques acluellement vivants.
Le Terrain paléolhérien, ainsi nommé à cause des nombreux débris de Paleotherium qu'il renferme, comprend cette longue série de formations qui commence au-dessus de la Craie blanche et se termine aux alluvinns. Quoique très complexe et très puissant , il présente, toutefois, moins d'étendue et dépaisseur que le Terrain précédent sur lequel il s'appuie. Les divers étages qui le composent n'ont pas la grande continuité des étapes antérieurs, lis sotit disposés en bassins isolés et inilépeniJants, présentant entre eux une composition sensiblement dilTérente. et ne se rapportant les uns aux autres que comme dé.Kjls parallèles et équivalents; en. sorte que, pour en développer tous les caractères , il faudrait décrire chaque bassin en particulier, ce qu'il ne nous est pas possible de faire dans les limites de cet article: aussi clierciierons-nous seulement à embrasser = d'une manière générale, l'ensemble des divers étages qui constituent le Terrain paléothérien.
Ces dépôts, n'étant recouverts que par des couches d'alluvion , sont plus sujets à se montrer sur un grand nombre de points de la surface du globe; au-ssi sont-ils mieui connus. Ils odrent d'ailleurs un intérêt spécial par la prodigieuse abondance et la grande variété de fossiles qu'ils recèlent, et dont la nature organique commence, pour la première fois, a présenter des espèces analogues à celles de l'organisation actuelle.
Le Terrain paléolhérien a été divisé en dois formations, dont nous formons quatre étages distincts.
r La partie inférieure (formation Éocène), composée de l'étage parisien, dans lequel les coquilles fossiles ne comprennent, d'après M. Lyell, que 3 à 4 p. 100 d'espèces fossiles ideniiquesà des esiièces actuellement \ivantes (1).
(i) Cette proportion àes espèves fossiles ayant leurs a. in. Ii'gues à lVi.it vivant lésuUi- d.s ta h li» dressées pm- M. D.sl,.-.yfs en 180, , t pul.litcs pur M. Lyell en i833, clans s.s Principes de géologie. t.\MS, ilepuis cette époque, un 11 ej fiaiRl nomliie de nouvelles csperej fn.ssiles ayant élé (IK-...Ivrrtfs et CunipardS avec suiii aux coquilles léi entes par divers concliylioligues, etnot.-.niment |iar M. AI.. dOilngi.y, on a été amené à roni lui e que la pioiiunion des espères vivantes trouvées à l'état fossile dans les groupes éorene, œiorene et pliocène, est bien moins ronsidéralile que l'ind!qu.nt ies chillres que nons dmiruns ui d"3pirsr<iior.iu, ,j.t
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2° La partie moyenne {formation Miocène), comprenant l'étage de la Molasse et celui des Faluns , qui recèlent environ 17 p. lOU d'espèces ayant leurs analogues à l'état vivant.
3° La partie supérieure {formalion Pliocène), représentée par l'étage du Crag , où les espèces fossiles ont, toujours d'après M. Lyell, plus d'analogie encore avec les espèces actuelles, puisqu'elles présentent environ 33 à 50 p. 100 d'espèces identiques à celles qui existent actuellement.
Ces quatre étages ont été subdivisés, à leur tour, en plusieurs stjus-étages et assises divers , afin de grouper convenablement les dirrérents dépôts qui leur appartiennent, et dont l'ensemble ne se trouve réuni sur aucun point. Nous conTinuerons à en indiquer sommairement les traits les plus caractéristiques.
Etage parisien iDférlenr (l).
3ya. : Formalion ou Système Éocène de M. Lyell; Terrain tertiaire inférieur.
La partie inférieure de l'étage parisien est composée de diverses assises d'Argile plastique, au-dessous desquelles se trouve presque toujours le Calcaire pisolithique. Celte Argile, qui présente des teintes très variées , doit son nom à la propriété dont elle jouit de faire pâte avec l'eau , et de prendre ensuite facilement les formes qu'on lui donne. Elle alterne souvent avec des couches de Sables, des Grès, des Poudingues et des Lignites , qui, dans le Soissonnais , con.siiiuent des lits assez puissants pour être exploités très avantageusement. Ces diverses couches contiennent parfois de J'Hydrate et du carbonate de Fer, du Succin, des cristaux de Gypse, de la Webstérite et 1111 certain nombre d'espèces de coquilles d'eau douce et marines, telles que les Cyrena antiqua et cuneiformis , Melanopsis bucci-
M Lyell, en attendant que les roncliyliologuesse soient mis cl'acford sur les véntjbles nombres proportionnels.
. (i) L'objet de cet article étant de donner une idée sommaire de Tt-nsemble des terrains qui ronstilnent l'écorre terrestre, nous ne pouvons dire que quelques mots de l'étuge parisien; mais les personnes qui désireront plus de détails liir resujet pourront ronsult<r l'article généial que nous •vons inséré (au mot Pakis) dans le Vielionnaire pilluresgue i'Hisloirt naturelle, ainsi que l'excellente Carte géographique
du plateau tertiaire parisien, publiée par M. Victor Raulin, et qu'on peut se procurer ebez Bertrand, libraire, rue Saint- 4udrë>des-Arts, 6S,
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noidea, Planorhis Prevostinus , Planoibis rolundalus, Nerila globulus, Cerithium variabile, Ostrea bellovacina et inceiia , Teredina personata, etc A la base de ce dépôt, nous avons constaté la présence d'un conglomérat composé de Craie et de Calcaiio pisolithique, dans lequel nous avons trouvai (au bas Meudon, au lieu dit les Montalets] des débris de plusieurs genres de Reptiles et des dents de divers Mammifères , tels que Anlhracolherium , Lophiodon , Loutre,' Renard, Civette, Écureuil. Cette découverte indique non seulement que divers genres de Mammifères terrestres existaient lors du dépôt de l'Argile plastique , mais encore que, selon toute probabilité, leur apparition a dû précéder la période pa« léothérienne.
Après l'Argile plastique, dont la puissance varie entre 10 et 60 mètres , et à la partie inférieure de laquelle nous rapportons le Calcaire lacustre à Pbyses de Rilly, viennent trois assises marines très riches en coquilles, savoir :
1° Les Sables glauconifères, caractérisés organiquement par la Nerita conoidea , el qui, aux environs de Laon, atteignent jusqu'à 26 mètres de puissance.
2° Le puissant dépôt de Calcaires grossiers, composé de nombreuses couches marines, à l'exception toutefois de quelques petits lits présentant un mélange de coquilles marines et de coquilles d'eau douce, {Corbula, Nalica, Cerithium, Faludina, Lymnœa, etc.).
Le Calcaire grossier, avec lequel sont bâtis une partie des édifices de Paris, contient un nombre prodigieux de Millioliles et de coquilles parmi lesquelles nous indiquons seulement les suivantes , comme les plus fréquentes ou les plus caractéristi< ques : Cerithium giganieum , lapidum et inutabile; Turritella imbricalaria ; Nalica epigloltina et spirata; Ampullaria acuta; Terebellum convolutum; Ancillaria bucci' noides; Fusus Noe; Volutacylhara et musicalis; Rostellaria columbaria; Pyrula lœvigala; Trochus agglutinans; Cardium po-^ rulosum ; Venericardia imbricala ; Chaîna lamellosa; Pinna margaritacea; Peclunculus pulvinatus ; Corbis lamellosa ; Crassalella tumida; Lucina mutabilis , gigantea et lamellosa; Nummuliles lœvigatUf etc. On y
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trouve aussi des débris de Végétaux (Zostera, Phyllites), de Reptiles (Tortues) et de Mammifères { Palœotherium , Lophiodon , Anoplotherium ).
3° Les Sables et Grès dits de Beauchamps. Cette assise, dont la puissance dépasse quelquefois 40 mètres, se compose principalement d'une masse de sable contenant, vers sa partie supérieure, des rognons ou même des bancs de Grès exploités depuis longtemps à Beauchamps, pour le pavage. M. d'Archiac, |ui a fait un mémoire fort intéressant sur ce dépôt, y a reconnu 321 espèces de Mollusques. Sur ce nombre, 166 se retrouvent dans les assises inférieures, et 155 sont, propres aux Grès dits deBeauchamps. Parmi les espèces les plus caractéristiques, nous citerons la Corbula angulata; la Cylherea cuneata; la Venericardia complanata; le Pectunculus depressus; VOstrea arenaria; le Trochus patellatus ; les Cerilhium mutabile, Hericarti, thiarella, tricarinalum et Lamarckii; les Fusus minor, svbcarinatus et scalaris ; la Pyrula lœvigata; VAncillaria buccinoides ; VOliva Laumonliana, etc.
Au-dessus du Grès de Beauchamps se présente d'abord une assise de Calcaire d'eau douce {Calcaire de Si-Ouen, ou Travertin inférieur), très développée dans la Brie. Ce Calcaire contient un grand non)bre de graines de Charamedicaginula, divers genres de coquilles fluviatiles, telles que Lymnea longiscala , Planorbis lotundatus, Paludina pyramidalis, Cyclostoma mumia, etc., des débris de Poissons et d'Oiseaux, et des ossements de Palœotherium.
Enfin , l'étage parisien est couronné par un puissant dépôt de Gypse avec nombreuses couches de Marnes et d'Argiles de diverses couleurs, où se trouve quelquefois intercalée une nouvelle assise de Calcaire d'eau douce {Travertin moyen ) , avec Silex caverneux ou meulières, qu'on exploite à La Ferté-sous-Jouarre pour en faire d'excellentes meules de moulin. Ces Marnes cervenl, dans quelques localités, à la fabrication des briques, des tuiles et de la poterie. C'est dans le Gypse parisien qu'ont été découverts les nombreux débris de iMammifères terrestres à l'aide desquels l'illustre Cuvier , le créateur de l'ostéologie fossile , est parvenu à déduire la forme et à proportion des autres parties de ces
animaux, et à reconstruire leurs squelettes entiers avec une précision telle, que les découvertes postérieures d'autres fragments de ces mêmes animaux sont venues confirmer tout ce que son génie avait pressenti. C'est ainsi qu'ont été restaurés les Palœotlierium , \es Anoplotherium , etc., pachydermes qui se rapprochent du Tapir et du Rhinocéros.
L'étage parisien est représenté dans diverses autres contrées par des équivalents offrant des différences notables avec les dépôts des environs de Paris. Ainsi, en Angleterre, ces équivalents sont formés par des Sables et des Argiles {Argile de Londres), bien reconnaissables pour appartenir à cette époque, puisqu'ils contiennent une partie des Mollusques du Calcaire grossier parisien. Il en est à peu près de même en Belgique ; mais dans leVicenlin, en Sicile et en d'autres lieux, ces équivalents, ou dépôts synchroniques , présentent des caractères plus différents encore, tout en appartenant au même âge.
Quelques auteurs rapportent, avec doute, à l'étage parisien le célèbre dépôt de sel gemme de Wielizcka , en Pologne, qui appartient peut-être à l'étage des Molasses, et mêmeà un niveau plus récent. « On estime, dit un géologue, que ce dépôt forme une masse de 400 kilom. de longueur sur 125 kilom. de largeur. Il y est déposé par couches stratifiées sur des lits d'Argile et de Grès. Les travaux d'exploitation vont jusqu'à 240 mètres de profondeur, s'étendent à 3,000 mètres en longueur et à 1,600 mètres en largeur. On y trouve des salles taillées carrément, soutenues par des piliers de sel et qui ont 100 mètres environ d'élévation. L'intérieur de ces souterrains si extraordinaires présente des chapelles ornées d'autels, de colonnes, de statues, de baucs en substance saline. Des écuries habitées par des chevaux, un escalier de plus de 1,000 degrés, sont également taillés dans le Sel. On y trouve plusieurs lacs d'eau salée, sur lesquels on peut se promener en bateau. 12 à 15,000 ouvriers, 40 à 50 chevaux, restent dans ces singuliers souterrains pendant plusieurs années sans en paraître incommodés. M