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consiste en Insectes, en fruits, eu baies, et, au besoin , en graines. En outre, toutes ont ce qu'on pourrait nommer un chant de gorge, au lieu d'un chant de bec ou chant flûlé; et toutes, soit pour rappeler, soit pour exprimer leur crainte ou tout autre sentiment, font entendre un cri qui dilTère, il est vrai, selon les espèces, mais qui chez toutes consiste en une sorte de clapotement «lue l'on peutjusqu'à un certain point imiter, en appliquant la langue contre le palais et en l'en détachant vivement. Enfin , l'on peut aussi dire que les Fauvettes ont encore entre elles cela de commun, que leur nid n'est jamais à l'appui du sol ; que toujours il en est à une certaine distance , alors même qu'il est fixé dans les herbes ou sur les plantes et que toujours aussi il est ouvert par le haut.
Si a ces considérations on ajoute les caractères généraux qui peuvent aider à distinguer les Fauvettes, tels par exemple qu'un bec menu droit, généralement comprimé dans sa moitié antérieure, plus large que haut à sa base, plus haut que large dans le milieu; des yeux de moyenne grandeur; des tarses médiocres, toujours recouverts en avant par cinq ou six scutelles; si, de plus, l'on considère, qu'en général, les jeunes Fauvettes, avant leur première mue, ne se distinguent point franchement des adultes par une livrée qui leur soit propre ; il nous semble possible , en procédant par voie d'exclusion, de circonscrire plus rationnellement qu'on ne l'a fait, la division que ces oiseaux composent.
On est conduit, par l'emploi de ces deux éléments, les mœurs et les caractères physiques, à ne comprendre dans la famille des Fauvettes que les espèces dont Boié, dans son Essai de classificalion , publié en 1822, avait composé les genres Calamoherpe et Curruca. Elle embrasserait ainsi, selon nous, la sous-famille des Calamoherpinœ du prince Ch. Bonaparte, et celle de ses Sylvinœ, dont il faut toutefois écarter les genres Pliyllopneusle (Pouillot), Regulus (Roitelet), Philomela (Rossignol), Iduna et Accenlor (Accenteur).
Ainsi établi, le grand genre ou la famille
saute que rarement; mais, sous tous les rapports, la Lorustelle est bien positivement une Fauvette. Voir, pour plus de 4étaUs sur ce f oint, l'art. &ovss£&oli.b,
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dei Sylvies ou Fauvettes correspond, à de très légères exceptions près, à cette division que G. Cuvier, dans son Règne animal, a consacrée aux Fauvettes proprement dites. Il ne doit et ne peut comporter dans son sein, ainsi que quelques auteurs l'ont voulu, le groupe des Rubiettes, les Rossignols, les Accenteurs, les Pouillots, les Roitelets, etc.
Les motifs de cette élimination sont, faciles à saisir. Toutes les Rubiettes, c'est-àdire les Rouge -Gorge, les Gorge-Bleueles Calliopes , les Rouge-Queue, auxquelles il faut joindre les Rossignols, indépendamment de ces caractères particuliers qui consistent dans des tarses longs, grêles, recouverts en avant et dans presque toute leur étendue par une grande scutelle; dans l'ongle du pouce moins robuste et plus droit; l'œil, plus largement ouvert que chez les Fauvettes; les Rubiettes, disons-nous, se distinguent encore, et surtout, par leurs mœurs à demi terrestres, par leur régime vermivore, par leur chant de bec ou chant flûlé, par la faculté qui leur a été départie de marcher plutôt que de sauter, par l'habitude qu'elles ont d'imprimer presque constamment à leur queue des mouvements convulsifs et vibratoires, et de donner pour appui à leur nid, le sol ou une autre base large et solide. Enfin , nous ajouterons que chez toutes les espèces, les jeunes, avant leur première mue, ont une livrée qui leur est propre et qui les distingue totalement des adultes, ce que nous avons dit ne pas être, en général, pour les Sylvies ou Fauvettes.
Il en est de même des Accenteurs : longtemps confondus avec les Fauvettes, ils en ont été séparés, pour, de nouveau, en être rapprochés.' Mais ces oiseaux ne sauraient en aucune façon conserver la place qu'on leur a assignée parmi les Sylviœ : leurs mœurs les en éloignent autant que leurs caractères extérieurs.
Quant aux Pouillots , aux Roitelets, aux Sylvicoles ou Figuiers, ils sont moins encore que les oiseaux déjà mentionnés, susceptibles de prendre rang parmi les Fauvettes. Une certaine analogie dans le système de coloration a bien pu contribuer à faire placer avec elles, même par des auteurs contemporains, les Pouillots; mais c'est là un caractère qu'effacent des considérations nom-
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brcnsos d'un ordre plus élevé ; du reste tous CCS oiseaux, itidépeiidamment des attributs physiques qui les caractérisent, se distinguent encore sous d'autres rapports. La forme qu'ils donnent à leur nid, le lieu où la plupart d'entre eux le posent, leur régime essentiellement insectivore, leurs cris, leur thant, les habitudes qu'ils ont de se rappeler, de vivre une partie de l'année réunis par petites troupes, comme font les Mésanges , et, comme elles, de se suspendre à l'extrémité des rameaux , pour y chercher leur nourriture, tout enGn s'oppose à ce qu'on persiste à les ranger parmi les Fauvettes (1).
Ainsi donc, en ayant égard, pour la circonscription de la division que forment les Sylvies ou P'auveltes, aux mœurs, au chant, aux circonstances de nidiûeation , etc., on est conduit à ne laisser dans cette division que des oiseaux qui ne parla;;ent point les habitudes en partie terrestres des Rubiettes et des Rossignols; qui n'ont point comme eux la faculté de marcher, et dont le nid , qui n'est jamais sphérique comme celui des Pouillots et des Roitelets , au lieu d'avoir lin point d'appui large et solide, se trouve fixé ou suspendu aux branches des arbres, des arbustes et même aux plantes herbacées. Or, nous le répétons, ces faits sont communs aux Calamoherpœ de Boié et ( si l'on excepte les Sylvia Philomela , et Luscinia) à tous ses Currucœ.
Tels sont, pour nous, les éléments qui composent la famille des Sylviadées ou Fauvettes.
Quelques auteurs, prenant en considération les conditions d'habitat, ont admis pour les Fauvettes, dont ils ne font qu'un grand genre, deux groupes: l'un pour les espèces qui vivent sur les bords des lacs , des rivières ; l'autre pour celles qui fréquentent les lieux alpestres, couverts de bois, d'arbustes, de broussailles. Les premières ont été particulièrement désignées sous le nom de Fauvettes ou Becs-Fins riverains; les secondes sous celui de Fauvettes ou Becs- Fins sylvains. C'est de ces deux groupes, que
(i) En consacrant aux Pouillots unf> place dans cet arti. le. nous nous menons en cunirailirtion évidente avec <e
J«s antécéilents nous lient. Les Pouillots étant un ren. Toi à Sylvie, nous devons en parler dans cet article , sous peine ie perdre l'occasion de pouvoir faire I
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le prince Ch. Bonaparte a composé ses sousfamilles des Calamoherpiiiœ et ûes Sylvinœ.
Convient-il de conserver ces divisions, en assignant à chacune la valeur que le prince Ch. Bonaparte leur donne, ou bien les Sylviadées doivent-elles former un genre unique lians lequel on introduirait, comme l'a fait M. Temminck, deux simples groupes établis d'après des considérations d'habitat? Nous n'hésitons pas à dire que notre opinion, sur ce point, a beaucoup plus de conformité avec celle de l'auteur de la Faune d'Italie, qu'avec celle de M. Temminck et de ses imitateurs. Nous allons, du reste, justifier cette manière de voir.
Quoique les Fauvettes riveraines et les Fauvettes sylvaines appartiennent bien réellement, selon nous, à la même famille, et que les unes soient liées aux autres par des caractères de transition, il faut reconnaître cependant que les unes et les autres offrent, quant à leurs habitudes et à leurs attributs, des particularités qui ne permettront jamais de les confondre.
Quant aux conditions d'habitat, sur lesquelles on a voulu établir une distinction, elles ne peuvent, à notre avis, être prises ici en sérieuse considération. A la vérité, les espèces que les ornithologistes ont comprises sous le titre particulier de sylvaines fréquentent particulièrement et presque exclusivement les bois, les coteaux, les lieux secs; tandis que les riveraines vivent sur le bord de l'eau; mais il est vrai de dire aussi que quelques unes, parmi ces dernières, telles que la Locustelle, la Verderolle, les Hippolais, sont presque autant sylvaines que riveraines; les Hippolaïs surtout n'abandonnent presque jamais les jardins, les bosquets, les vergers.
Mais, si l'on ne peut déduire rien de certain de l'habitat, il n'en est plus de Fnême lorsque l'on consulteles attributs physiques. Ici s'offrent des caractères delà plus grande importance, et qui séparent franchement les Fauvettes dites riveraines des Fauvettes sylvaines. Les premières ont toutes le sommet de la tète aplati et le front très anguleux; chez les secondes , ces mêmes parties sont arrondies; les unes ont les ailes généralement courtes, concaves, taillées sur le type obtus; les autres les ont plus allongées, plus pointues, peu concaves; la queue, chez le«
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premières, est presque toujours étagée et souvent conique; elle e«t ordinairement égaie, arrondie ou carrée, chez les secondes ; enfin toutes les Fauvettes riveraines ont le pouce pourvu d'un ongle fort et toujours au moins aussi long que ce doigt; toutes les Fauvettes sylvaines ontce même ongle beaucoup plus faible et plus court que le pouce.
Nous pourrions encore trouver, dans le genre de vie, dans les habitudes, quelques différences caractéristiques. Ainsi les unes se nourrissent presque exclusivement d'insectes à élytres, de Tipules, de vers et de larves qu'elles cherchent le plus souvent en grimpant le long des liges verticales, soit des roseaux, soit des arbustes ou des plantes aquatiques; les autres sont autant et plus frugivores et baccivores qu'insectivores, et jamais on ne les voit escalader, pour ainsi dire, les tiges verticales des arbres.
On peut donc, ce nous semble, en ayant égard à certains attributs, établir pour les Fauvettes, non plus une simple distinction d'habitat, comme l'a fait M. Temminck, mais des groupes d'une valeur plus élevée. Nous croyons que les Sylviadées peuvent être distribuées dans deux sous-divisions, deux sous-familles, si Ton veut adopter la méthode du prince Ch. Bonaparte : l'une comprenant les espèces dites riveraines, que nous nommerons fausses Fauvettes ou Rousserolles; l'autre, les espèces dites sylvaines, qui sont pour nous les Fauvettes vraies ou Sylvies. Les premières, ayant fait le sujet d'un article à part {voy. rolsserole), nous n'aurons à nous occuper ici que des Fauvettes vraies ou proprement dites , auxquelles nous associerons les Pouillots pour le motif que nous avons indiqué plus haut.