‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 2)Chapitre 34 sur 147 · I. Fadvettes proprement dites · texte numérisé non relu

I. Fadvettes proprement dites

Nous assignerons aux Fauvettes proprement dites ou vraies, les caractères suivants : Bec mince, comprimé dans sa moitié antérieure, à mandibule supérieure échanctée vers la pointe, à sommet formant un angle mousse et dessinant une ligne légèrement concave au niveau des narines, courbe dans le reste de son étendue ; narines oblongues, operculées, ouvertes de part en part; tête et froniarrondis; tarsesde longueur moyenne mais assez forts, recouverts en avant par une Viie de scutelles; doigts médiocres; ongles

SYL

faibles, recourbés, celui du pouce étant toujours plus court que ce doigt ; ailes et queue allongées, celle-ci inégale, arrondie ou carrée.

Leurs couleurs sont uniformes ou distribuées par grandes masses et le plus généraletnent ternes. Chez quelques espèces, le niâle porte un plumage en partie différent de celui de la femelle; chez le plus grand nombre, les deux sexes se ressemblent. Les jeunes, avant leur première mue, n'ont pas de livrée particulière, ou sont semblables à la femelle, lorsque celle-ci diffère iln mâle.

Les fauvettes proprement dites sont aimables, gaies, vives, d'une extrême mobilité. Cependant, malgré leur pétulance , elles n'ont point ce caractère acariâtre et querelleur des Fauvettes aquatiques. Elles sont, au contraire, douces et aimantes. Quoiqu'elles ne se réunissent jamais en troupes, ainsi que le font beaucoup d'autres oiseaux, pourtant elles se plaisent assez en société de leurs semblables et ne se fuient pas, ne se pourchassent pas, comme le Rouge-Gorge et les Rossignols. Il n'est pas rare de voir, vers l'arrière-saison, les individus, provenant d'une même nichée, vivre ensemble, se suivre d'arbre en arbre, de buisson en buisson, et se rappeler lorsqu'ils sont trop éloignés les uns des autres. Du reste , les Fauvettes apportent dans la captivité ce naturel doux et aimant, cet attachement pour leurs compagnes, et ces qualités semblent s'accroître par l'éducation. Jamais celles qu'on retient en cage, quelque étroite que soit leur prison, n'ont entre elles la moindre querelle; elles vivent dans la paix la plus profonde, se rerherchent et aiment à se jucher les unes à côté des autres. Elles donnent, à la personne qui prend soin d'elles, des témoignages très expressifs de leur affection, et ce que M"' Descartes disait de la Fauvette à tête noire, se pourrait dire de toutes , car toutes ont du sentiment; aussi bien celles qui demeurent dans le voisinage de l'homme que celles qui, par leur nature, sont appelées à vivre loin de lui, dans des lieux solitaires.

Si quelques espèces montrent de la confiance, leplusgrand nombre ont un caractère craintif, timide. Ces dernières se tiennent le plus souvent cachées au milieu d'un buisson, d'un massif; elles ne se montrent que par instant à découvert, et, à l« moiadre

SYL

aiipaience de danger, ou à la vue d'un objet qui leur inspire de refTroi, elles cherchent nn refuge dans l'endroit le plus touffu de l'arbre où elles se trouvent.

Les mêmes circonstances d'habitat ne ronviennent pas à toutes les Fauvelles; tandis que les unes, comme la Fauvette des jardins, la Fauvette à tête noire, se plaisent dans les bosquets, les vergers, les taillis de moyenne grandeur; les autres, comme la Fauvette Orphée, n'aiment que la lisière des grands bois, les lieux les plus agrestes. Celles-ci fréquentent les haies, les buissons, les arbres qui bordent les chemins, les jeunes taillis, les champs semés de pois, de fèves; de ce nombre sont les Fauvettes babillarde et grisette ; celles-là, telles que les Fauvettes pitchou, Passerinette, à lunettes et mélanocéphale, vivent de préférence dans les garigues, sur les coteaux incultes, couverts de Chênes nains, de Genévriers, de Ronces et d'autres arbustes.

On peut dire, d'une manière générale, que les Fauvettes vraies ont à peu près toutes le même régime ; elles sont à la fois insectivores et fructivores. Mais, à l'époque où les fruits abondent, par exemple de juillet en octobre, elles font, de ceux-ci, leur nourriture presque exclusive. Ceux dont elles sont le plus friandes, sont les fruits sucrés, tels que les figues, les mûres, les groseilles; aussi s'en sert-on comme appât pour les attirer dans les pièges qu'on leur tend. Elles aiment également beaucoup les baies de Sureau et de Pistachier lenlisque. Soumises pendant quelques jours au régime frugivore, elles prennent un embonpoint extrême, acquièrent une graisse délicate qui donne à leur chair le goût le plus exquis. Dans le midi de la France où elles sont communes, et où toutes les espèces portent indistinctement le nom de Bec Figue, les Fauvettes sont fort recherchées comme aliment, et sont, en cette qualité, autant et plus estimées que les Ortolans.

Il est excessivement rare de voiries Fauvettes descendre à terre; elles diffèrent en cela des Rubieltes, des Accenteurs, des Rossignols qui y sont presque toujours. Elles sont aussi gauches, aussi embarrassées en marchant, qu'elles sont légères et gracieuses lorsqu'elles sautent de branche en branche. Pour franchir les distances, quelque petites

SYL

qu'elles soient, elles n'emploient donc point la marche; c'est en volant qu'elles gagnent le but qu'elles veulent atteindre. Elles ne fournissentd'ailleurs jamais de longue traite, et leur vol est ordinairement bas, irrégulier, sautillant, vif, et s'exécute au moyen de brusques et fréquents battements d'ailes.

Si les Rubietles, si les Rossignols nous offrent des espèces dont la voix est des plus mélodieuses, nous trouvons aussi, parmi les Fauvettes proprement dites, des espèces dont le chant a le mérite d'être doux, agréable, varié et continu. La Fauvette à tête noire et la Fauvette des jardins sont justement recherchées comme oiseaux chanteurs; la première a des sons purs, légers , des phrases courtes mais modulées, flexibles ; la seconde, avec une voix moins suave, mais plus éclatante, a cependant des reprises plus variées. Le chant de la plupart des autres Fauvettes, sans être aussi doux, aussi parfait que celui des espèces que nous venons de citer, ne manque pourtant pas d'agrément. Celui de la Fauvette babillarde consiste en une sorte de babil continuel , qui lui a valu le nom qu'elle porte; celui de la Fauvette Orphée, éclatant et sonore, a quelque analogie avec le sifflement de la Draine; il n'y a bien que les Fauvettes pitchou, sarde, mélaliocéphale, dont la voix soit stridente et les reprises peu variées, peu suivies. Quelques espèces, telles que les Fauvettes grisette, épervière et à lu» nettes , chantent en volant, et cela surloiA. à l'époque des amours. On les voit alors s'élancer droit en l'air jusqu'à 5 ou 7 mètres , y rester quelque temps comme suspendues, pirouetter et redescendre ensuite lentement, en battant des ailes comme le Pipit dej buissons, et s'abattre sur l'arbre d'où ellej étaient parties.

Les Fauvettes, en outre du chant, fond encore entendre des cris particuliers, qu(] sont l'expression de leur inquiétude ou de leur joie. Elles en ont un au moyen duquel elles s'appellent : celui-ci consiste , pour la plupart des espèces, dans la syllabe tac ou tec répétée plusieurs fois de suite avec vivacité. Lorsque quelque chose les affecte, beaucoup d'entre elles produisent des sons rauques que l'on pourrait exprimer par les syllabes châa et trée, «dites gravement, lentement, et à des intervalles égaux. Une pantomime très expressive ac

SYL

compagne d'ordinaire ces cris; quelques unes, en les poussant, relèvent la queue, qu'elles agitent, et impriment à leur corps de petits mouvements brusques : toutes renflent leur gorge et hérissent les plumes de cette partie, ainsi que celles de la tête.

C'est dans les localités, et au milieu des conditions dans lesquelles les Fauvettes proprement dites vivent le plus habituellement, qu'elles se propagent. L'Orphée établit son nid sur les branches basses et touffues des arbres qui forment lisière, sur les Oliviers, et, chose assez singulière, en même temps qu'inexplicable, elle le pose fort souvent à côté de celui de la Pie-grièclie rousse. La Fauvette à tête noire niche dans les buissons d'Aubépine, d'Églantier, de ronces; la Fauvette piichou sur les Bruyères, les Genêts, les Chênes nains; les Fauvettes passeriuette, babillarde, sarde, à lunettes, dans des broussailles épaisses ; la Babillarde, à peu près partout : dans les haies épineuses, les taillis, les charmilles, les grandes herbes; sur les plants de Fève, de Vesse, sur la Vigne, etc. : il en est de même de la Fauvette des jardins. On peut préjuger , d'après ces indications, qu'aucune d'elles ne»doit fixer son nid à une grande élévation. En elTet, celui de la Fauvette Orphée, qui, cependant, choisit d'assez grands arbres , n'est jamais à une hauteur de plus de 2 ou 3 mètres ; quant à celui des autres espèces, sa dislance du sol varie de 30 cent, à 1 ou 2 mètres.

La plupart des Fauvettes mettent aussi peu de soin à cacher leur nid qu'elles en apportent peu à le construire. Les brins d'herbes qui le composent à l'extérieur, faiblement liés ensemble, soit avec des toiles d'araignée, soit avec de la laine, laissent entre eux beaucoup de vide, et forment assez souvent, sur un ou plusieurs points, une sorte de claire -voie. L'intérieur est toujours garni de crins et d'un peu de laine.

Toutes les Fauvettes vraies font deux couvées par an, et pondent chaque fois de quatre à cinq œufs , très rarement six. Ces œufs, assez semblables quant à la forme, varierai sensiblement, chez quelques espèces, quant aux couleurs et à leur disposition.

Le niàle, non seulement aide la femelle à faire le nid. mais partage avec elle les

SYL

charges de l'incubation, et ne l'abandonne jamais pendant qu'elle couve.

Les petits naissent pour ainsi dire nus, car ils n'ont pour tout vêtement que quelques rares bouquets de poils sur la tête et les épaules. Ils quittent le nid d'assez bonne heure, et avant d'avoir acquis tout leur développement, et de pouvoir voler.

Les Fauvettes, comme tous les Insectivores, se déplacent aux deux époques habituelles des migrations. Au printemps, elles se portent du sud au nord, et à l'automne, du nord au sud. La plupart de celles qu'on rencontre en Europe ne font qu'un séjour de quelques mois dans les pays où elles se répandent pour se propager; de ce nombre sont les Fauvettes épervière, orphée, babillarde, grisette, des jardins, à lunettes. Leur apparition , au printemps, a lieu vers les premiers jours d'avril ; leur départ s'accomplit dans les mois d'août et de septembre. Elles passent probablement alors sur les Iles de l'Archipel, et de là en Afrique. D'autres espèces , telles que les Fauvettes à tête noire, passerinetle , mélanocéphale, émigrent aux mêmes époques; mais beaucoup d'individus, en abandonnant les pays septentrionaux, se dirigent versle midi de l'Europe, en Italie, en Sicile, en Provence, s'y arrêtent et y choisissent des quartiers d'hiver. Les Fauvettes pitchou et .sarde sont, de toutes, cellesqui sont le plus fidèles à la contrée qui les a vues naître.

Le départ des Fauvettes se fait sans bruit, pour ainsi dire. Comme les Rossignols, les Rouge-gorge , elles voyagent isolément, s'éloignent peu à peu, et par petites journées, en se portant successivement de bosquet en bosquet , jusqu'au lieu de leur destination , et en suivant les vallées. 11 est absolument impossible de dire, même approximativement, combien de temps ces oiseaux mettent à effectuer leur voyage, par la raison qu'on ne peut ni les surveiller, ni les suivre dans leurs migrations, car ils ne se déplacent que le matin, quelques heure^ avant et après le coucher du soleil , et durant les nuits éclairées par la lune. Les Fauvettes que l'on retient captives éprouvent à l'époque des migrations, aussi bien que celifcS qui vivent en liberté, le besoin impérieux de voyager. Elles sont alors, surtout pendant la nuit, dans une agitaiioo

SÏL

cxlrôriic, q"«58 l'oh.>ciiiiié la plus profonde est sfiile capable de culiiier.

Toutes les espèces que nous rapportons à celle division apparliennent à l'ancien continent, et loules se rencontrent en Europe, mais plus par.iculièrement dans le midi que dans le nord.

Les Fauvettes vraies ont été réunies, sous le iio;n générique de Curnica, par Boié, dans un travail qu'il publia en 1822 (Isis , p. 552). Plus lard , dans une révision de ce même travail, il adopta le genre Mclizophilus établi par Leach sur le Sylcia provincialis. Ei\ 1833, dans la Liste comparative des oiseaux d'Europe et de l'Amén'iue du nord, le prince Ch. Bonaparte composa, comme nous l'avons dit, avec la plus grande partie des Currucœ de Boié, sa sous-famille des Silvinœ, et y admit le genre Melizophilus , et un genre Curruca, dans lequel il conserva les Sylv. hortensis , alricapilla , orphea et Rupellii. Mais, en outre, il proposa deux genres nouveaux : l'un, sous le nom de Sylvia, pour les Sylv. melanocephala, sarda, conspicillala, curruca, subalpina et cinerea; l'autre sous celui de Nisoria, pour \eSylv. nisoria. Ce dernier avait déjà été créé par Kaup sous le nom de Adophoneus. Ainsi , les Fauvettes vraies, dont Boié n'avait d'abord fait qu'un genre, se sont trouvées, dès lors, distribuées dans quatre coupes génériques. Mais la ne se sont pas arrêtées les modiQcalions auxquelles leur classification a donné lieu. Le prince Cb. Bonaparte, dans un catalogue méthodique des oiseaux d'Europe, publié quelques années après sa Liste comparative, a encore augmenté le nombre des divisions qu'il avait précédemment admises. Les Sylv. melanocephala, sarda, conspicillala et subalpina, distraites de son genre Sylvia, ont été réunies, les deux premières, sous le nom générique de ' Fyrophihalma , et les dernières, sous celui •Je Sireparola , les Syl. curruca et cinerea conservant seules celui de Sylvia.

Nous sommes loin d'admettre toutes ces divi.sions; il nous paraît impossible de les fonder sur des caractères de quelque valeur. H n'y a bien que la forme de la queue , sa longueur, relativement à celle des ailes, et son système de coloration qui puissent servir à les grouper. Or ce n'est jamais sur de pareils attributs, surtout lorsqu'ils sont à

SYL

peu près uniques , que l'on doit établir une caractéristique de genre. On peut tout au plus, selon nous, en prenant principalement en considération les caractères quo fournit la queue, admettre pour les Fauvettes proprement dites, trois sections ou groupes , correspondant à trois des genres créés par les auteurs modernes.

1" Espèce dont les ailes atteignent le milicit de la queue , qui est unicolore , médiocre, égale, carrée.

Genre : Sylvia (I), Nob.; Curruca, Briss., Ch. Bonap. ; Monachus, Kaup; Ador^ nis, G. R. Gray.

Fauvette a tète noire, Syl. alricapilla, Scop. (Buir., pi. enl., 580, fig. 1 et 2). De l'Europe tempérée; commune en France.

Fauvette des jardins, >^'yl. hortensis, Bechst; (BuIT., pi. enl., 579, fig. 2). De l'Europe tempérée, mais particulièrement dans les contrées méridionales. Elle est répandue dans toute la France.

2" Espèces dont les ailes atteignent le milieu de la (jueue , qui est bicolore {la penne exlC' rieure étant toujours blanche ou en partie blanche], assez allongée, arrondie.

Genres : Curruca, Nob; Sylvia, Sireparola, AdopJioneus , Pyrophthalma , Ch. Bonap.

Fauvette babillarde, Curruca garrula, Briss. (Buff., pi. enl., 580, fig. 3). Des contrées tempérées de l'Europe et de l'Asie. En France, on la rencontre surtout dans les départements méridionaux.

Fauvette orphée, Curr. orphea, Boié; Sylv. orpliea, Temm. (Bulf. pi. ; enl., 579; tig. 1). Très abondante en Provence, dans le Piémont, la Lombardie, la Dalrnatie; plus rare en Suisse , dans les Vosges , dans les Ardennes; se montre, selon M. Nordmann, dans le midi de la Russie.

Nota : Le prince Ch. Bonaparte range cette

(i) Un cliangemeiit de nom, qui n'est point justifié par la nécessité, est toujours une chose iàclieuse; aussi n'aulioiis-uous point propose de substituer celui de Sylvia à celui de Curruca. que quelques auteurs modernes ont adopté pour ce premier groupe, s'il n'y av.iit là un inotiX à erreur. Le nom de Curruca a>ant été donné siiéciflqm ment par presque tous Us ornithologistes à la Fauvette lj;.lj.liarde, ne sauriÉit s'appliquer génériqueineiit a une section dont cette espèce ne fait pjint partie. C'est pourquoi, dans le seul but de prévenir l'erreur, nous avons cru pouvoir Conserver à ce groupe la dénomination de Srlvia . et restituer a la jui. vante, a laquelle appartient la Babillarde, celle de

SYL

espèce dans son genre Curruca à côté des Sylv. hortensis et atricapilla. Un tel rapprochement n'est pas admissible. Les unes ont la queue unicolore, chez celle-ci elle est bicolore. Du reste, s'il étaiit possible de réduire d'un tiers la taille de l'Orphée, on en ferait une vraie babillarde, ayant, à de très légères nuances près, les mêmes couleurs, et dans la même disposition. Nous ne voyons donc dans l'Orphée qu'une babillarde de forte taille.

Fauvette grisette, Curr. cinerea Boié; Sylv. cinerea Lath. ( Buff. , pi. enl., 579, fig. 3). Commune dans toute l'Europe.

Fauvette passerinette , Curr. passerina Boié; 51/ L passerina Lath. ; 5. leucopogon Mey.; S. subalpina Bonelli (Atlas de ce Dictionnaire, pi. 37, Bg. 2). Dessus de la tête et du corps d'un gris de plomb, inclinant au bleu; joues, côtés du cou et milieu du ventre blancs; gorge, devant du cou, poitrine, flancs et couvertures inférieures de la queue d'un roux de brique. ( Mâle en amour.)

Dessus de la tête et du corps d'un cendré clair nuancé d'olivâtre; devant du cou, poitrine et flancs teints d'un gris roussâtre ou jaunâtre clair. ( Femelle et jeunes de l'année.)

Dans l'un et l'autre sese les franges des rémiges secondaires sont d'un brun gris , et les pieds couleur de chair.

De l'Europe et l'Afrique. Abondante en Algérie, en Egypte, en Sardaigne, en Italie , en Dalmatie , en Silésie et jusque dans les steppes de la nouvelle Russie, et dans le Ghouriel. En France, elle est très commune dans certaines contrées de la Provence, où elle vit sédentaire.

Nota: Kaijp a pris cette espèce pour type de son genre Erythroleuca , et a établi sur le Syl. leucopogon (Mey), qui n'en est qu'un double emploi, un second genre sous le nom de Alsoecus. C'est également de cette espèce , à laquelle il réunit le Curr. conspicillata , que le prince Ch. Bonaparte a composé sa division des Slreparola. Il nous est impossible de saisir lef, caractères sur lesquels cette division a pu être établie: nous ne voyons rien qui permette un pareil démembrement. Le Curr. passerina, aussi bien que le Curr. conspicillata , sont des «spèces excessivenaent voisines , sous tous

SYL

les rapports, des CMn-.g'arnj?a, ciHejea,etc., et ne doivent par conséquent pas en êtr séparées.

Fauvette a lunettes, Curr. conspicillata Boié; Syl. conspicillata Marmora (Tem., pi. col., 6, f. 1). Observée en Sardaigne, en Sicile, dans quelques contrées de l'Italie, et, en France, dans les départements du Midi.

Fauvette mélanockphale , Curr. melanocephala Boié , Syl. melanocephala Lath.

(P. Roux, Ornith. prov., pi. 214). De l'Afrique et des contrées les plus méridionales de l'Europe, telles que la Sicile, la Sardaigne, la Toscane, la Dalmatie, les États romains, les départements les plus méridionaux de la France et le midi de l'Espagne. M. Nordmann dit qu'on la trouve dans la Bessarabie, sur les bords du Danube. Elle vivrait , dit-on aussi , dans l'Asie-Mineure.

Nota: Cette Fauvette, réunie au Syl.

sarda, compose le genre Pyrophlhalma du prince Ch. Bonaparte. Non seulement ce genre nous semble devoir être rayé, mais encore ces deux espèces ne nous paraissent pas pouvoir être associées ensemble. Chez la première les ailes atteignent le milieu de la queue qui est ample; chez la seconde, celle-ci est étroite et dépasse de beaucoup les ailes. Quoique ces espèces aient pour caractère commun des orbites nues (caractère qu'on rencontre du reste chez quelques autres), on est en quelque sorte contraint de les éloigner, lorsque l'on considère l'ensemble du système de coloration. Le Syl. sarda, sous ce rapport, et sous celui de la forme de la queue, se place naturellement à côté du Syl. provincialis. C'est donc a celle espèce qu'il faut l'associer, de même qu'il convient de réunir le melanocephala aux Currucœ , parce qu'il en a les habitudes et que ses couleurs ont une disposition fort analogue. Ce n'est d'ailleurs pas sur le caractère fourni par la nudité des orbites, qu'on pourrait le séparer génériquement, parce que dans ce cas, il faudrait lui réunir le Syl. conspicillata qui offre le même caractère. Or, il est impossible de ne pas voir dans celle-ci un Cmruca. Le fait est tellement saillant, que quelques auteurs, parmi lesquels nous citerons M. Nordmann, ont pu croire et même avancer, à tort évidemment, que les Curr. cinerea, passerina

SYL

et conspiciUata pourraient bien ne former qu'une espèce.

Fauvette Ruppel , Curr. Ruppellii Ch.

Bonap.; Si/l. Ruppellii Temm. {pi. col., 245, r. 1). Des bords de la mer Rouge et du Nil , dans les localités boisées ; se montre en Grèce où elle a été tuée plusieurs rois.

Nota : Cette espèce, rangée avec un point de doute, par le prince Ch. Bonaparte, à côté des Sijl. horlensis, alricapella et orphea, concourt à former le genre Curruca de cet auteur. La place que nous lui assignons ici nous parait lui mieux convenir.

Fauvette épervière, Cujt. nisoria Boié; Syl. nisoria Bechst. ; Adophoneus nisorius Kaup. (P. Roux.. Ornilh. prov., pi. 222, jeune). Du nord de l'Europe. A son passage d'automne, elle se montre en Provence, en Piémont et en Toscane. On la trouve aussi sur les côtes de Barbarie.

Nota: Cette espèce est le type du genre Adophoneus de Kaup , Nisoria, du prince Ch. Bonaparte : nous ne voyons pas sur quels caractères ce genre repose, quelque soin que nous apportions pour les découvrir. Abstraction faite de certaines dispositions dans les couleurs du plumage, le Cwr. nisoria ne nous paraît pas devoir être séparé génériquement des autres espèces de celte section. Il a les mœurs, les habitudes de la Grisette, et son chant a, avec celui de celte dernière, la plus grande analogie.

3" Espèces dont les ailes ne dépassent pas de beaucoup la base de la queue, qui est bicolore, longue, étroite, élagée.

Genre: Melizophilus Leacb; Pyrophthalma (partim) Ch. Bonap.

Fauvette pitchoo, Mel.provincialis Leacb; Syl. ferruginea Vieill. (Buff., pi. enl., 655, f. 1). Des contrées méridionales de l'Europe qui avoisinent la Méditerranée. Abondante en Espagne, en Italie, dans le midi de la France; visite aussi quelques uns de nos départements du centre et vit dans quelques parties de l'Angleterre.

Fauvette sarde, Mel. sarda Nob. ; Syl.

sorda. Ma rmora; Pyr. sarda Ch. Bonap.

(Temm., pi. col., 2 f. 2).

Elle n'a encore été trouvée qu'en Sardaigne, en Corse et en Sicile. Il est probable qu'elle doit se montrer quelquefois

SYL

en Provence; mais jusqu'ici nous ne sachions pas qu'elle y ait été observée.

Nota : Cette espèce fait partie du genre Pyrophthalma du prince Ch. Bonaparte; nous avons déjà exprimé notre opinion à ce sujet, au nota qui concerne la Fauvette mélanocéphale. (Voir plus haut.)

Nous avons dit à l'article Rousserolle que la Fauvette rubigineuse nous paraissait ap partenir plutôt à la division des Fauvettes vraies ou sylvaines, qu'à celle des Fauvettes riveraines, par la raison que celte espèce, d'après des indications de M. Temminck, habitait les bois, qu'elle avait le front moins anguleux que les Rousserolles, et l'ongle du pouce plus court que le doigt. Cette opinion , fondée sur des éléments incomplets, nous l'exprimions avec un doute que nous conservons encore; la place que nous assignons ici à celte Fauvette doit donc être considérée comme un incertœ sedis.

La Fauvette rubigineuse, Syl. rubiginosa Temm. (pi. col., 28, f. 1), a été séparée génériquement par Boié sous le nom d'.^edora, par Smith sous celui de Erythropygia, et parSwuinson sous celui de Agrobates. Meyer la rangeait parmi les Merles. Il est de fait qu'elle se distingue assez des autres espèces, pour qu'on puisse en faire le type d'une section générique. Elle a le bec sensiblement recourbé dans toute son étendue, des tarses plus allongés que ceux des Fauvettes proprement dites, l'ongle du pouce plus court que dans les Rousserolles, le front un peu anguleux, et la queue longue, large et très arrondie. Des vallées raonlueuses de l'Andalousie et de l'Egypte.

Quelques espèces douteuses, formant double emploi ou mal connues, ont été rangées parmi les Fauvettes vraies ; de ce nombre sont :

Les Syl. ieterops et Afystaceo Ménetr. {Cat. des Ois. du Caucase, p. 34). La première, d'après MM. Keyserling et Blasins ( Die Wirbelt, p. 56), ne différerait pas du Curr. conapicillata.

La Fauvette brunftte, Syl. fuscescens Vieill. ( Faun. Franc, et Tab. Encyclop. ). Le sujet qui a servi à établir cette espèce existe encore dansia collection de M. Bâillon, à Abbeville: nous l'avons reconnu pour fe« melle du Curr. melanocephaia. L'espèce est donc purrement nominale.

Page 1