‹ Dictionnaire universel d'histoire naturelle (volume 2)Chapitre 50 sur 147 · DU SYSTÈME NERVETIX DES INVERTÉBRÉS · texte numérisé non relu

DU SYSTÈME NERVETIX DES INVERTÉBRÉS

Le cerveau des Mollusques céphalopodes , celui, surtout, des Poulpes , des Seiches et des Calmars, parait se rapprocher, à quelques égards, de celui des animaux vertébrés. Le cerveau du Poulpe se compose d'une masse antérieure, aplatie, de forme carrée , d'une couleur blanchâtre , et d'une masse globulaire de couleur grisâtre. Le collier médullaire sort des parties latérales de ces deux portions : c'est une masse aplatie , dont la partie antérieure produit quatre gros nerfs , qui , avec les quatre pareils de l'autre côté, vont se rendre en devant dans' es huit pieds. Indépendamment de ces huit branches, les prolongements de la moelle allongée fournissent un collier dit œsophagien, d'où parlent des nerfs qui donnent lieu au ganglion étoile. De chaque côté de l'origine du collier, au point où il sort du cervelet , naît le nerf optique. Après cela, la partie antérieure du cerveau donne trois paires de ïierfs ; les deux plus internes se partagent en plusieurs filets, qui s'irradient dans les téguments de la bouche et du pied. L'externe contourne l'œsophage , va former à la base de la masse buccale un ganglion bilobé , et complète ainsi , en avant du grand collier œsophagien, un dernier collier antérieur qu'on retrouve dans un grand nombre

SYS

de Mollusques. La partie inférieure du collier donne aussi naissance aux nerfs acoustiques et à une espèce de plexus , d'où partent les nerfs qui se rendent aux organes de la circulation et à ceux de la respiration.

Dans les l'iéropodes et les Gastéropodes , il n'y a plus de collier antérieur complet , mais seulement un demi-collier, ou plutôt un ganglion sous- œsophagien simple ou double, uni au cerveau par deux filets. Quant au système nerveux central , il est formé par trois ordres de ganglions qui complètent, au moyen des cordons qui les réunissent , une espèce de double croissant autour de l'œsophage, sur lequel un savant anaiomiste , M. Souleyet , a plus particulièrement porté l'attention.

' Les ganglions supérieurs constituent , chez les Ptéropodes, le cerveau proprement dit; ils fournissent les nerfs des tentacules, ceux des yeux et ceux de la bouche. Deux des ganglions inférieurs fournissent les nerf» aux organes de la locomotion et de la sensibilité générale. Enfin , la seconde paire inférieure envoie des nerfs aux branchies.

Dans les Gastéropodes, le cerveau se trouve placé sur l'œsophage , derrière une masse ovale de muscles, qui enveloppe, comme chez l'Escargot, par exemple, la bouche et le pharynx. Tous les nerfs qui partent de la masse souvent bilobée du cerveau vont à la bouche , à la peau voisine de la bouche , au tentacule supérieur, au tentacule optique , à l'appareil sexuel.

Du ganglion sous-œsophagien , qui est presque égal en volume au cerveau, partent les nerfs de la tête, ceux du pied , un petit nerf qui va se distribuer aux environs de l'orifice de la respiration, un autre à l'enveloppe générale , etc.

Dans les Acéphales testacés, le cerveau est formé sur un plan beaucoup plus uniforme que celui des Gastéropodes. Chez tous , depuis l'Huître jusqu'à la Pholade et au Taret, il ne présente aucune différence essentielle. On n'y retrouve plus le demi-collier antérieur ou sous-buccal, et les deux paires de ganglions. Deux ganglions écartés, situés de chaque côté de la bouche et réunis par un cordon, composent le cerveau. Celui-ci fournit deux branches en avant qui se portent dans le manteau , et d'autres branches qui vont aux lèvres, au cpJlier, etc.

SYS

Dan» Iss Acéphales sans coquilles , on trouve un ganglion oblong placé entre la production qui donne entrée aux branchies, et celle où répond l'anus. Parmi les branches qu'il donne, on en dislingue deux qui remontent vers l'œsophage, et l'entourent d'un anneau qui représente l'anneau cérébral ou œsophagien.

De ce qui précède, il résulte que le système nerveux des Mollusques consiste en un cerveau placé sur l'œsophage, ou en un nombre variable de ganglions tantôt très rapprochés du cerveau , tantôt séparés par des commissures qui forment un , deux ou même trois colliers autour de l'œsophage; que les nerfs qui émanent de ses ganglions se renflent souvent en d'autres ganglions avant de donner des fllets aux dilTérentes parties du corps ; enfin qu'il n'y a aucune partie qui puisse être comparée à la moelle épiniere proprement dit.

Système nerveux des Ai-liculés. — Les Annélides présentent un système nerveux très simple, et disposé à peu près comme celui des Crustacés et des Insectes ; il règne le long de la ligne médiane ventrale, et consiste en une chaîne de ganglions plus ou moins, séparés en double série, dont le nombre égale celui des anneaux du corps , et en un ganglion sus-œsophagien ou cérébral, lié à la chaîne ou aux chaînes intestinales par deux cordons latéraux.

Les Crustacés ont un système nerveux semblable à celui des Insectes ; le cerveau est ordinairement rassemblé en un seul ganglion.

Les A7-achnides ont un cerveau sus-œsophagien et une double chaîne ganglionnaire ventrale, réunis par des cordons qui entourent l'œsophage.

^ Les larves d'Insectes et les Insectes parfflits offrent des particularités assez remarquables ; et d'abord, nous dirons qu'à l'égard de la métamorphose des Insectes , il s'opère un travail qui tend à éloigner, dans le sens de la longueur, les ganglions nerveux qui étaient rapprochés dans la larve , ou à rapprocher et même à confondre ceux qui étaient éloignés. De sorte qu'on ne les irouve pas toujours en même nombre dans /es deux états. Outre ce mouvement longitudinal de concentration ou d'écartement , il en existe un autre transversal , qui rao -

proche sur la ligne médiane les éléments de la double chaîne sous-intestinals; leur rapprochement est plus ou moins complet, et quelquefois il devient tel qu'il ne reste plus qu'un sillon longitudinal pour témoigner de leur division première (Cuvier). Mais ce qu'il y a de plus remarquable chez les Insectes, c'est le système tout particulier de nerfs destinés aux organes de la vie organique ou végétative. Cet ensemble de nerfs a reçu les noms divers de système sympathique, d'appareil des nerfs stomato-gaslriqucs , norfs du pharynx, nerfs intestinaux , etc. Là ne se bornent pas les dilTérences que présente l'appareil nerveux ou les appareils nerveux des Insectes , comparativement à celui des Mollusques et à celui des Articulés en général. En effet, on retrouve chez les Insectes des nerfs sensitifs et des nerfs moteurs, comme chez les Mammifères et les autres Vertébrés.

Ainsi le grand sympathique, qui, chez les Vertébrés, subit, en passant de l'Homme aux Poissons, une véritable dégradation, et qui Gnit même par disparaître entièrement chez les Mollusques, les Annélides, etc., reparaît tout à coup chez les Insectes , et cela avec un grand développement.

Du, système nerveux chez les animaux rayonnes. — Dans ce dernier embranchement du règne animal, le système nerveux «îst réduit à une extrême simplicité : c'est tantôt un cordon annulaire d'où partent quelques filets rayonnants, tantôt un simple cordon longitudinal plus ou moins^renflé de distance en distance, ou fusiforme.

Dans les Échinodermes , il y a un filet nerveux très fin qui entoure la bouche , et présente cinq petits renflements gaaglionnaires, d'où partent un rameau pour chaque bras, des filaments pour les pieds , et deux filets pour l'estomac.

Dans les Oursins , le cordon nerveux entoure l'origine de l'œsophage et représente un pentagone. Les branches qui en partent accompagnent les principaux vaisseaux.

Même chose à peu près s'observe chez les Holothuries.

Dans les Vers intestinaux , on ne trouve qu'un filet nerveux sur la région antérieure du corps, composé de deux cordons qui se séparent en avant pour embrasser l'œsophage, et. dIus loin, pour embrasser l'orifice génital.

SYS

Dans les Acalèphes , le système nerveux reprend sa forme radiée. Il y a quelquefois un ganglion unique d'où partent les principaux nerfs, ou bien une espèce de double collier autour de la bouche. De celle espèce de cercle, présentant plusieurs renflements, parlent des ramifications qui se distribuent aux difl'érenies parties du corps.

Dans les Polypes, ei.fin, il y a sous l'enveloppe musculaire, entre la cavité iniesiinale et la base par laquelle ces animaux se fixent, un anneau qui olTre cinq petits ganglions, desquels parlent des filaments nerveux destinés aux divers organes. Quant aux animaux microscopiques, surtout ceux qui, par leur substance uniforme et gélatineuse, semblent se rapprocher de la nature des Hydres , il est douteux qu'on y rencontre des filets nerveux bien distincts ; chez eux la substance nerveuse serait plutôl à l'état de dilïusion dans tout le corps gélatiniforme de l'animal , ainsi que Garus le pense, pour tous les êtres mous et homogènes en apparence. La confirmation de ce fait établirait une analogie de plus entre les animaux en voie de formation , et avant qu'ils aient subi des métamorphoses notables.

Page 1